États et entreprises ont emprunté à un niveau record en 2025, 27 000 milliards de dollars, soit 23% du PIB mondial contre seulement 15% en 2007, avant la grande crise financière, provoquée par un excès d'endettement. Cette tendance à la hausse se prolongera en 2026 selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui vient de publier, le 4 mars 2026, son rapport annuel sur la dette mondiale.
93% du PIB mondial en 2025 contre 81% en 2015
Le marché mondial de dette négociable représente, avec 109 000 milliards de dollars, 93% du PIB mondial en 2025 contre 81% en 2015. La plus grande partie concerne la dette des États et de leurs administrations : l'encours de la dette souveraine atteint 61 000 milliards de dollars en 2025. Environ 5% de cette somme concerne la France : sa dette négociable a atteint 2 780 milliards d’euros au 31 janvier 2026 (environ 3 200 milliards de dollars).
Le total de la dette publique de la France est plus élevé, 3 482 milliards d’euros (environ 4 000 milliards de dollars) à la fin du troisième trimestre 2025 (117,4% du PIB). C’est inférieur à la dette des États-Unis (environ 38 000 milliards de dollars, ou 120% du PIB) ou du Japon (un peu plus de 8 500 milliards de dollars ou 230% du PIB), mais plus que celle de l’Allemagne ou de l’Italie.
Quelle différence entre dette négociable et non négociable ?
La dette de l’État est le total des engagements financiers de l'État. C’est un stock qui résulte du cumul des besoins de financement annuels de l'État. Elle comporte la dette négociable, celle contractée sous forme d'instruments financiers échangeables sur les marchés financiers (obligations et bons du Trésor) et la dette non négociable, correspondant aux dépôts de certains organismes (collectivités territoriales, établissements publics, etc.) sur le compte du Trésor et qui constitue, elle aussi, un moyen de financement de l'État.
Des emprunts qui devraient continuer à augmenter
En 2025, les emprunts bruts dans les pays de l’OCDE ont atteint le record de 17 000 milliards de dollars (contre 12 000 en 2022). Ils devraient continuer à augmenter en 2026 tout comme celles des entreprises dont les emprunts bruts s’élèvent à près de 14 000 milliards de dollars en 2025, notamment sous l’effet de l’essor de l’intelligence artificielle et des importants investissements qu'elle nécessite.
Combien emprunte la Commission européenne?
Entre 2020 et 2025, les émissions d'obligations et de bons du Trésor de la Commission européenne pour le compte de l'Union européenne (UE) ont été multipliées par cinq: elles sont passées de 40 milliards d'euros à plus de 200 milliards d'euros. L'encours total (le stock) atteint 700 milliards d'euros en 2025. Ceci correspond à 3,8% du PIB de l'UE (18 000 milliards d'euros en 2025).
Ces hausses s’inscrivent dans un environnement qui accumule les défis. Outre les tensions géopolitiques et les conflits commerciaux, les emprunteurs publics et privés sont confrontés à :
- la hausse des coûts du service de la dette: les dépenses d’intérêts, qui représentent en moyenne 3,3% du PIB, sont proches de leur pic historique. Pour alléger cette charge, les emprunteurs souverains et privés émettent de plus en plus de dette à court terme ;
- la mutation du profil d'investisseurs: depuis 2021, les banques centrales réduisent leur détention de dette souveraine afin de réduire la taille de leur bilan et de gagner des marges de manœuvre. Bien que les banques centrales restent les principaux détenteurs de dette publique, cette tendance entraîne une mutation du marché obligataire vers des investisseurs plus sensibles aux prix (tels les fonds de pension, les assureurs, les ménages ou d’autres investisseurs). Elle apporte de la liquidité, mais risque d’accroître la volatilité qui pourrait se prolonger sur le marché des obligations d’entreprises, selon l’OCDE.
Pour préserver la stabilité dans les années à venir, l’OCDE estime essentiel d’agir sur trois plans :
- remédier aux risques de volatilité générés par les transformations de la base d’investisseurs ;
- poursuivre des politiques budgétaires saines et durables ;
- améliorer les perspectives de croissance à moyen terme.