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© Jean-Paul Bounine - stock.adobe.com

Pollution de l'air : des effets sur l'activité économique

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Une étude de la Direction générale du Trésor (DGT) s'est penchée sur le coût économique de la pollution de l'air. Au-delà des effets sanitaires chroniques, la pollution atmosphérique a aussi un coût socio-économique (dépenses de santé, pertes de qualité de vie et de production, baisse des performances scolaires...).

L'évaluation en termes monétaires des effets sanitaires de la pollution atmosphérique prend en compte deux aspects : 

  • la mortalité liée aux maladies respiratoires chroniques (la pollution de l'air serait à l'origine de plus de 40 000 décès par an en France) ;
  • la morbidité qui peut se traduire par des dépenses de santé, une baisse des performances des travailleurs et, par voie de conséquence, des pertes de production.

L'étude de la Direction générale du Trésor (DGT), publiée le 5 février 2026, évalue ces coûts et revient sur la façon dont les principaux polluants atmosphériques impactent la santé.    

Quel coût économique ?

Ce coût économique est évalué en prenant en compte différents effets à court terme de la pollution : 

  • baisse de la productivité des travailleurs (en particulier dans les secteurs à forte proportion de travailleurs qualifiés en lien direct avec les effets de la pollution sur les capacités cognitives) ;
  • absentéisme dû aux arrêts maladie ;
  • changements du comportement d'achat des consommateurs exposés à la pollution.      

Sur la période 2016-2019, Santé publique France a évalué, selon le type d'émissions, le coût économique annuel à : 

  • 12,9 milliards d'euros (Md€) pour les particules fines ; 
  • 3,8 Md€ pour les émissions de dioxyde d'azote

Au-delà des effets immédiats sur l'économie, l'étude relève les effets de la pollution de l'air sur le développement cognitif des enfants et sur les performances scolaires qui pourraient, à terme, se traduire par des baisses de productivité future.   

Une amélioration de la qualité de l'air à relativiser

Deux principaux indicateurs sont pris en compte pour évaluer la qualité de l'air : la concentration en oxyde d'azote (NOx), liée pour 32% aux transports routiers et la présence de particules fines (PM2,5) dont 57% est due au chauffage résidentiel, à l'eau chaude sanitaire et à la cuisson domestique. Les niveaux de pollution ne sont pas le seul fait de l'activité humaine : le vent et les conditions météorologiques peuvent aussi jouer un rôle. 

Les politiques de lutte contre la pollution menées depuis 20 ans ont conduit à une baisse importante des taux de polluants mesurés dans l'air (60% pour les oxydes d'azote et 54% pour les particules fines). En 2024, seules 1,2% des agglomérations ont enregistré un dépassement des seuils réglementaires en dioxyde d'azote (contre 19% en 2005).

Ce bon résultat est relativisé par le fait que les seuils sur lesquels il repose (valeurs limites européennes) sont moins ambitieux que ceux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).