Le communiqué de la Commission européenne du 10 mars 2026 présente le volet énergétique de la stratégie de développement de l'Union européenne (UE) dans un contexte de ralentissement de la productivité européenne et de hausse des coûts de l'énergie. Il s'inscrit dans le prolongement du rapport Draghi relatif à la compétitivité de l'Europe, présenté en septembre 2024.
Parmi les pistes évoquées dans le communiqué de la Commission figurent les petits réacteurs modulaires nucléaires (SMR) et les réacteurs modulaires avancés (AMR), des technologies nucléaires de plus petite taille que les centrales nucléaires classiques.
Quelles sont les technologies à privilégier ?
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime qu’environ 35% des réductions d’émissions de gaz à effet de serre requises d’ici à 2050 dépendront de technologies qui ne sont pas encore disponibles sur le marché.
Pour l'UE, la technologie des petits réacteurs modulaires (SMR) est l’une des pistes de développement vers la transition énergétique. Ces réacteurs de nouvelle génération, notamment développés par la France, devraient être commercialisés au début des années 2030.
Parmi les autres solutions avancées par la Commission européenne pour accélérer la transition énergétique figurent :
- le stockage d'énergie à longue durée (LDES) ;
- l'éolien flottant et le solaire flottant ;
- l'énergie océanique (houlomotrice et marémotrice) et l'éolien aéroporté ;
- les nouvelles formes de déploiement des énergies renouvelables comme l'agrivoltaïsme, les solutions renouvelables biosourcées avancées, le captage et le stockage du carbone (CSC) et le captage, l'utilisation et le stockage du carbone (CUSC).
Financer la transition énergétique par l'investissement privé
La Banque européenne d'investissement (groupe BEI) doit renforcer son soutien aux investissements privés. Elle investira plus de 75 milliards d’euros de financements au cours des trois prochaines années pour soutenir les objectifs de la transition énergétique et de la stratégie d'investissement pour les énergies propres.
Cette somme est présentée par la Commission européenne comme un levier de mobilisation des acteurs privés car les sommes devant être investies dans le développement des technologies d’avenir sont de grande ampleur et ne pourront être supportées par les seules capacités de financement public, les budgets nationaux ou le Cadre financier pluriannuel (CFP) ou le groupe BEI.
La stratégie européenne en matière d'énergie consistera à faciliter la mobilisation des investissements privés en renforçant le lien entre les capitaux privés disponibles et le portefeuille de projets énergétiques européens. La Commission estime à 33 700 milliards d'euros les actifs gérés par le secteur privé en Europe. Les investisseurs institutionnels (assureurs et fonds de pension, par exemple) contrôlent plus de 12 000 milliards d'euros d'actifs en Europe.