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Cybersexisme : première forme de haine en ligne

Temps de lecture  4 minutes

Par : La Rédaction

L'Arcom le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique, s'interroge, dans un récent rapport, sur le rôle des plateformes numériques dans la diffusion et la circulation des discours sexistes. L'Arcom constate une recrudescence de propos sexistes à l'encontre des femmes.

Publié le 12 mars 2026, le rapport de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) analyse le rôle des plateformes en ligne dans la propagation du sexisme. Le rapport met en lumière les différentes formes de violences présentes sur internet et propose des mesures pour mieux encadrer les plateformes en ligne. Selon la Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, le cybersexisme est la première forme de haine en ligne, les femmes représentant 84% des victimes.

69 485 messages étudiés

Parmi les 69 485 messages recueillis à l'aide d'un modèle visant à détecter des propos problématiques, les analyses ont permis d'identifier 19 563 messages pouvant contenir des contenus sexistes ou vecteurs de stéréotypes. Parmi ceux-ci, 13 041 messages ont été classés selon sept thématiques distinctes, couvrant notamment le masculinité, l'anti-féminisme, la transphobie, le racisme, et d'autres formes de discours haineux. Parmi les thématiques les plus présentes, on retrouve d'abord la masculinité, la testostérone et la virilité, puis, dans un second temps, des propos liés à l'antiféminisme et à la critique des femmes progressistes.

 

Les 6 522 autres messages ne relevaient pas d’une catégorie particulière. L'Arcom souligne l'hétérogénéité des discours, qui se fondent dans des formes multiples, parfois ambiguës, revêtant un caractère polémique. 
 

Des messages provenant majoritairement d'hommes

Le rapport montre que 42% des messages ont été publiés par des comptes associés à des profils masculins, contre 32% pour des comptes de personnes se déclarant être des femmes, 26% des comptes ne pouvant être associés à aucun genre identifiable. Pour presque toutes les sept thématiques répertoriées, les hommes restent majoritaires et sont donc les plus souvent associés à des propos problématiques.

Une exception concerne la pornographie, où les femmes sont davantage présentes. L'Arcom note leur activité sur des plateformes spécialisées, comme OnlyFans ou Mym, où elles publient des messages visant à promouvoir des contenus pour adulte.

Quels leviers d'action pour mieux lutter contre ces pratiques en ligne ?

L'Arcom souligne que les messages discriminants varient selon les plateformes et qu'il est essentiel de comprendre leurs dynamiques pour mieux les réguler. L'Arcom encourage à : 

  • identifier davantage les contenus pouvant s'avérer préjudiciables et à analyser ces contenus présentant un risque, afin d’en évaluer l'impact et, le cas échéant, de mettre en évidence les mesures de modération adaptées ;
  • appliquer pleinement le règlement sur les services numériques (DSA) en renforçant le rôle des "signaleurs de confiance" et en adaptant la modération pour détecter les contenus illicites et leurs contournements, les plateformes n’étant obligées de les supprimer que s'ils sont signalés :
  • étendre l'analyse des contenus problématiques à toutes les plateformes et formats (textes, images, sons, vidéos) en tenant compte du contexte, pour mieux comprendre la diversité des discours sexistes ;
  • comprendre l’exposition des utilisateurs aux contenus sexistes, notamment via les recommandations algorithmiques et la répétition des contenus.

L'Arcom appelle à l'acquisition de compétences nécessaires dans l'accès aux données, utiles à l'exercice de sa mission, à travers des "outils automatisés de collecte de données accessibles au public et des comptes d'observation dédiés".