Un rapport déposé le 25 février 2026 par la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale vise à "promouvoir une pratique de la pêche durable et respectueuse des ressources halieutiques et des océans" par le biais des aires marines de prospérité.
La protection de la ressource halieutique dans l'Union européenne
La Commission européenne dispose de larges compétences pour préserver les ressources halieutiques dans le cadre de la politique commune de la pêche (PCP). Concernant les aires marines protégées (AMP), la Commission peut fixer des orientations ainsi qu’un plafond et un niveau de protection à atteindre à une date précise. Les États membres ont ensuite vocation à transposer ces objectifs dans leur législation interne. La législation relative aux AMP relève toutefois d’un cadre juridique autre que celui de la PCP. Elle inclut le règlement sur la restauration de la nature (2024), qui prévoit de restaurer 30% des milieux terrestres et aquatiques dégradés d’ici à 2030, 60% d’ici à 2040 et 90% d’ici à 2050
Le traité international sur la haute mer, entré en vigueur en janvier 2026, vise notamment à préserver au moins 30% des océans de la planète d’ici à 2030 en accroissant le nombre d’AMP et leur niveau de protection.10% d’entre elles devront présenter une protection stricte, c’est-à-dire bannir toute forme d’activité humaine afin de laisser la nature reprendre ses droits. La protection forte, quant à elle, limite les activités ayant un impact trop important sur le milieu naturel à protéger.
La part des eaux européennes protégées est passée de 5,9% en 2012 à 12,3% en 2022. Début 2023, la France compte 589 AMP qui couvrent 33,4% de sa zone économique exclusive (ZEE). Toutefois, seules 0,1% affichent une protection forte, et la protection stricte reste rare.
Comment restaurer l'écosystème marin tout en équilibrant les usages ?
Passer d’une protection forte à une protection stricte conduit à interdire la pêche dans l’AMP concernée et ses zones limitrophes. Le rapport prône le concept d’aire marine de prospérité, "un outil de conservation […] qui privilégie la prospérité humaine plutôt que de compter passivement sur la restauration des écosystèmes pour catalyser le changement social et la croissance économique".
Dans cette approche, complémentaire de celle des AMP, la restauration de la ressource halieutique est assurée sur le long terme par une gestion dynamique associant tous les acteurs de l’aire protégée (pêcheurs, scientifiques, organisations non gouvernementales – ONG). Son expérimentation par la Commission permettrait de décider au cas par cas des interdictions ciblées, fondées sur des analyses scientifiques et, dès lors, acceptées par les parties prenantes.
Le rapport appelle aussi à faire de la PCP un modèle à l’échelle mondiale, ce qui implique :
- d’intensifier la lutte contre la pêche illégale, illicite et non réglementée (surveillance, sanctions) ;
- d’imposer les standards de durabilité européens aux produits de la mer et de l’aquaculture importés dans l’Union.