En 2025, près de la moitié (47,6 %) de la population adulte (18-60 ans) présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence constate un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), publiée le 25 mars 2026. Le rapport relève aussi "une imprégnation au cadmium préoccupante à tout âge, et cela dès le plus jeune âge".
Reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction, le cadmium est un "contaminant préoccupant pour la santé publique". Présent dans la nature, la toxicité du cadmium est liée à une trop forte quantité et à une dose cumulée dans le temps.
Réduire la teneur en cadmium des engrais minéraux phosphatés
Face à cette situation, l'Anses recommande notamment d’appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes épandues sur les sols agricoles, en particulier pour les engrais minéraux phosphatés.
L'Anses demande d'agir en priorité sur la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés utilisés en France. Les quantités atteignent 90 milligrammes (mg) par kilogramme d'engrais phosphatés sur certains territoires. Pourtant, le seuil réglementaire européen est de 60 mg et devra passer à 20 mg d'ici 2034. Limite également proposée par l'Agence. Toutefois, cette baisse ne suffira pas et devra aussi être accompagnée d'un changement des pratiques agricoles.
L'alimentation : source majeure de l'exposition au cadmium
Les aliments représentent jusqu’à 98% de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse (le tabac est une source supplémentaire de contamination). Les aliments les plus contributeurs sont à la fois des produits "fréquemment consommés et contaminés par le cadmium, notamment certains produits céréaliers", en particulier les céréales du petit-déjeuner, le pain, les viennoiseries, le riz, le blé et les pommes de terre, précise le rapport. Côté consommateurs, l'Agence recommande à la population de :
- limiter la consommation de produits à base de blé sucrés et salés (céréales du petit-déjeuner, gâteaux, biscuits, par exemple) ;
- privilégier les légumineuses à la place des aliments à base de blé comme les pâtes.