Des échanges renforcés
En 2024, l'Australie était le 20e partenaire commercial de l'UE pour les échanges de marchandises, tandis que l'UE occupait la troisième place parmi les partenaires commerciaux de l'Australie. Selon la Commission européenne, cet accord devrait avoir un impact positif sur l’économie européenne, notamment grâce aux nombreux domaines qu’il couvre en :
- supprimant plus de 99% des droits de douane sur les exportations de l'UE vers l’Australie. Une mesure qui devrait entraîner une augmentation de plus d’un tiers des exportations au cours de la prochaine décennie avec des gains dans le secteur des machines et du textile. L'Australie, pour sa part, supprimera notamment les droits de douane sur plusieurs produits industriels européens, qui s'élèvent actuellement à environ 5% ;
- améliorant l'accès aux matières premières critiques. L'Australie, grand producteur d'aluminium, de lithium et de manganèse, représente un partenaire clé et, dans ce cadre, permet de renforcer la coopération entre l'UE et l'Australie en approvisionnement, l'UE étant fortement dépendante de ces importations dans un contexte de hausse de la demande mondiale.
- Les effets attendus de la suppression de la plupart des droits de douane.
- 1 milliard d'euros d'économies pour les exportateurs européennes.
- +33% d'exportations UE par an dans les 10 ans.
- 4 milliards d'euros de hausse du PIB par an d'ici 2030.
Des réactions contrastées dans le monde agricole
Selon la Commission européenne, les agriculteurs de l'UE bénéficieront de nouvelles opportunités d'exportation, notamment grâce à la suppression des droits de douane sur les préparations de viande, le fromage, les confiseries ou encore le vin, des limites sont pointées.
De nombreux produits européens seront donc exonérés de droits de douane. Pour les produits sensibles en provenance d’Australie, comme certains produits laitiers, le sucre ou le bœuf, des quotas seront maintenus. L'accord protège les appellations de 165 produits alimentaires européens et de 231 spiritueux, mais l'Australie pourra continuer à utiliser, sous conditions, certaines dénominations comme celle du fromage de "feta" par exemple.
L'accord ne fait toutefois pas l'unanimité, notamment parmi les agriculteurs, qui restent méfiants après les récentes tensions liées au Mercosur. Certains syndicats d'agriculteurs, dénoncent les "concessions" faites à l'Australie pour le bœuf, la viande ovine, le sucre et le riz. Même avec des quotas limités, l'Australie devrait bénéficier d'un quota de bœuf autorisé à entrer dans l'UE qui serait multiplié par dix pour atteindre 30 600 tonnes.
Avant d’entrer en vigueur, l'accord doit cependant encore être approuvé par le Parlement européen et le Conseil de l'UE mais aussi ratifié par l'Australie.