En date du 26 mars 2026, la publication de l'Unédic sur les contrats temporaires ou atypiques met en lumière la spécificité française par rapport à d'autres pays européens. Les contrats à durée déterminée (CDD) et les missions d'intérim y jouent un rôle central dans le marché du travail. Par ailleurs, la régulation du recours aux contrats temporaires repose largement sur l'assurance chômage.
Qu'est-ce qu'un contrat temporaire ou atypique ?
Si le contrat à durée indéterminée (CDI) reste la norme en France, représentant 73% de l'emploi salarié en 2024, ce sont les contrats temporaires ou atypiques qui sont le plus souvent proposés à l'embauche. Ces contrats regroupent toutes les formes d'emploi ne correspondant pas à un CDI à temps plein chez un employeur unique. Ils incluent les contrats à durée déterminée (CDD), l'intérim ou le travail à temps partiel mais aussi certaines formes d'emploi indépendant.
Les contrats temporaires sont :
- pour les CDD, plutôt les métiers du secteur tertiaire, avec "l'hébergement médico-social, les arts, les spectacles et les activités récréatives, les services administratifs et de soutien, ainsi que l'hébergement et la restauration" ;
- pour les missions d'intérim, plutôt le "transport et l'entreposage, le commerce d'automobiles et de motocycles, la construction et la fabrication de denrées alimentaires."
Un taux d'emploi temporaire supérieur à la moyenne européenne
En 2024, le taux global d'emploi temporaire en France est resté au-dessus de la moyenne européenne. Le pays se distingue notamment par un recours particulièrement élevé aux CDD et à l'intérim, surtout parmi les jeunes (15-24ans) : 55% occupent un emploi temporaire, contre 46,8% pour la moyenne européenne. À titre de comparaison, 41,6% des jeunes ont un emploi permanent, contre 72,9% pour l’ensemble des actifs.
Ce phénomène touche des millions d'actifs et demeure ainsi l'un des éléments notable du marché du travail français. Au premier trimestre 2025, les contrats courts représentent plus de 81% des embauches (CDD ou missions d'intérim de moins d'un mois).
Malgré la précarité de ces contrats, l'Unédic constate que des réembauches fréquentes existent.
Quelle régulation des contrats courts ?
L'Unédic évoque des réformes récentes en France qui ont assoupli le recours aux CDD comme avec la loi Rebsamen en 2015, tout en créant de nouveaux dispositifs pour sécuriser les parcours professionnels. Mais l'encadrement visant à limiter les contrats temporaires repose lui, sur des réformes des droits et du calcul des allocations chômage, ainsi que des mesures financières pour les employeurs, plutôt que sur le droit du travail, note l'Unédic.
Ainsi, les fins de ces contrats représentent 52% des ouvertures de droits au chômage mais celles-ci ne représentent que 34% des dépenses d'allocations chômage car les salaires sont souvent plus faibles que ceux des CDI.
Les réformes concernant les bénéficiaires de l'assurance chômage visent à réduire le montant des allocations pour les parcours d’emploi discontinus. Côté employeur, il s'agit plutôt de favoriser l'emploi durable en pénalisant financièrement le recours aux contrats courts.