L'étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée le 1er avril 2026, s’intéresse aux raisons de cette non-couverture, ainsi qu’aux caractéristiques des contrats dont bénéficient les personnes couvertes.
Elle s’appuie sur les données de l'enquête Statistiques sur les ressources et conditions de vie 2023 de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Le critère financier comme barrière à la souscription d'une complémentaire santé
En 2023, 96,6% des personnes vivant en ménage ordinaire sont couvertes par une complémentaire santé en France (hors Mayotte). La part de la population non couverte diminue de façon régulière. En 1960, plus des deux-tiers de la population n’étaient pas couverts par une assurance maladie complémentaire (AMC). En 1996, cette proportion tombait à 13%. Les nouvelles législations qui obligent respectivement les salariés du secteur privé et les agents de la fonction publique d’État à se munir d’une AMC, ont fait diminuer la part de la population non couverte à 3,4%.
Toutefois, en 2023, 7% des 20% les plus modestes ne sont toujours pas dotés d'une complémentaire santé, contre seulement 1% des 20% les plus aisés. Ce taux de non-couverture relativement élevé, malgré la mise en place, fin 2019, de la complémentaire santé solidaire (C2S) accessible aux personnes disposant de revenus modestes s'explique par :
- un manque de moyens ou de stabilité des revenus pour assumer la participation financière éventuelle ;
- une méconnaissance du dispositif ;
- des critères d’éligibilité jugés complexes.
Le critère financier est cité par 41% des personnes modestes interrogées pour expliquer l'absence d'AMC. 7% d'entre elles déclarent ne pas savoir comment faire pour être couverts.
Quelles sont les catégories les plus concernées ?
Les chômeurs et les étrangers constituent les catégories les moins couvertes, avec respectivement 11% et 10% des personnes interrogées ne disposant pas de complémentaire. Là aussi le critère financier est le plus mentionné.
Les indépendants ont un taux de couverture qui est inférieur à celui de la moyenne nationale (5% contre 3,4%). Ils ne disposent pas d’une adhésion quasi-automatique.
L’absence de complémentaire concerne aussi davantage les 25-34 ans (5%) et les ménages monoparentaux (5%), souvent plus fragiles économiquement. Au sein des ménages monoparentaux ou parmi les personnes vivant seules, le taux de non-couverture des hommes est plus élevé alors qu’ils disposent pourtant, en général, de revenus plus élevés que les femmes.
Les populations les plus fréquemment couvertes sont les salariés et les 50-64 ans.
Parmi les personnes couvertes, trois quarts des bénéficiaires d’une complémentaire d’entreprise sont satisfaits de leurs remboursements, que cela soit pour les dépassements d’honoraires de spécialistes (80%), les lunettes (78%) les prothèses dentaires (74%) soit sensiblement plus que l’ensemble de la population. En revanche, les souscripteurs d’une complémentaire individuelle sont moins satisfaits de l'ordre de dix points de moins et seulement la moitié des souscripteurs à une complémentaire de la fonction publique se déclarent satisfaits