Selon l'article 6 de la Déclaration de 1789 "la loi est l'expression de la volonté générale". Elle a longtemps été considérée comme la norme suprême, seule capable de limiter la liberté, en ce qu'elle exprime la souveraineté exercée par les représentants du peuple.
La loi ne se définissait alors que par son auteur, le Parlement, et son domaine était sans limite. Cette doctrine est qualifiée de "légicentrisme".
La Ve République a rompu avec cette conception. La loi ne peut plus intervenir que dans les domaines énumérés par l’article 34 de la Constitution, les autres matières relevant du pouvoir réglementaire, c’est-à-dire de l’exécutif. La loi se définit donc aussi par son contenu.
De plus, la loi devient contestable, puisque le Conseil constitutionnel peut contrôler sa conformité à des normes supérieures (bloc de constitutionnalité).
Aujourd'hui, la loi est de plus en plus concurrencée par l’essor du droit international et du droit de l’Union européenne, dont le respect s’impose au pouvoir législatif. Ainsi, la place de la loi dans la hiérarchie des normes est redéfinie.
La loi est aussi affaiblie du fait de l’inflation législative : quantité croissante de textes, grand nombre d’articles, durée de vie faible, dispositions excessivement techniques ou simples pétitions de principe sans portée normative.
Malgré cela, par sa symbolique et l’étendue des domaines qu’elle couvre, la loi reste encore la norme qui se trouve au cœur de l'édifice juridique.