L’administration française se caractérise par une forte proportion de fonctionnaires de l’État, et par une fonction publique organisée selon le système des carrières.

  • L’État, en France, est le principal employeur d’agents publics (2,4 millions sur 5,5 millions d’agents publics au 1er janvier 2017), devant les collectivités territoriales (1,9 million) et le système hospitalier (1,2 million). Cette proportion est différente en Angleterre ou en Allemagne, où la fonction publique d’État est quantitativement minoritaire. Cette répartition, indice de la centralisation française, a évolué du fait de l’approfondissement de la décentralisation depuis 2002.
  • Par ailleurs, la fonction publique française est organisée selon le système des carrières à la différence notamment des États-Unis et de son système des emplois.

Dans le système des carrières, un fonctionnaire entre dans un corps de fonctionnaires (ensemble d’agents soumis au même statut particulier, ex : préfets, professeurs agrégés, attachés d’administration...) et y fait sa carrière. Ce système prévaut en Europe occidentale, mais des variantes sont possibles. Ainsi, en Grande-Bretagne, on constate, comme en France, une très grande continuité à certains postes stratégiques (ex : un même Secrétaire du cabinet du gouvernement britannique a servi successivement les Premiers Ministres J. Major, T. Blair et G. Brown). Toutefois, un fonctionnaire qui se présente à une élection doit démissionner.

Les différences avec les États-Unis et le système des emplois (aussi appelé spoil system ou système des dépouilles) sont plus marquées. D'abord, les fonctionnaires passent d’un emploi à un autre et n’ont pas forcément vocation à faire carrière dans l’administration (les va-et-vient avec le secteur privé – revolving door – sont fréquents). Ensuite, dans le spoil system, le parti remportant les élections choisit "ses" fonctionnaires : plusieurs milliers d’emplois changent alors de titulaires. Néanmoins, en contrepartie, les États-Unis ont depuis 1883 développé le merit system, destiné à garantir une forme de professionnalisation de leurs fonctionnaires.

Enfin, la comparaison avec le système italien est intéressante. En 1993, le gouvernement italien a entamé un processus de "privatisation" de l’emploi public qui est aujourd'hui achevé. Les lois et les décrets qui définissaient le statut des personnels de l’administration ont été remplacés par des contrats de travail. Seuls les diplomates, les magistrats, les préfets, les militaires et les forces de police relèvent toujours du droit public. Cette réforme a reçu l’accord des agents, des usagers, mais aussi des syndicats.