Le Premier ministre est le chef du Gouvernement : "Il [le Gouvernement] dispose de l’administration" (article 20 de la Constitution).
L’administration lui est donc subordonnée et doit exécuter les décisions gouvernementales. Le Premier ministre nomme aux emplois civils et militaires et exerce le pouvoir réglementaire, sous réserve des privilèges accordés au chef de l’État dans ces domaines (article 13).
Le président de la République dispose aussi de compétences administratives. Il a un pouvoir réglementaire : chaque ordonnance, ou décret, délibéré en Conseil des ministres doit porter sa signature.
L'article 13 de la Constitution réserve au Président la prérogative de nommer à certains "emplois civils et militaires de l’État" (conseillers d’État, conseillers maîtres à la Cour des comptes, ambassadeurs, notamment).
Mais il ne s'agit pas d'un pouvoir propre au chef de l’État. Le Premier ministre doit aussi signer ces actes de nomination : on parle de contreseing.
Une loi organique doit prévoir les autres nominations auxquelles le chef de l’État procède.
Depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, ce pouvoir discrétionnaire est mieux encadré. Avant la nomination d'emplois essentiels pour la garantie des droits et libertés ou la vie économique et sociale de la Nation (loi organique du 23 juillet 2010), la commission permanente compétente de chaque assemblée parlementaire doit rendre un avis public. En cas de vote négatif à la majorité des 3/5e au sein de ces commissions, la nomination est impossible.