L’UE dispose-t-elle d’une armée commune ?

L’Union européenne ne dispose pas d’une armée commune telle que l’avait, par exemple, prévu le projet de Communauté européenne de défense (CED) rejeté par la France en 1954. En effet, elle ne se pense pas comme une puissance militaire et n’a pas vocation à le devenir, en tout cas à un niveau comparable à celui des États-Unis. L’UE se conçoit elle-même, depuis ses origines, comme une entreprise de pacification et comme un antidote à une expression violente de la puissance. Il semble dès lors logique qu’elle se contente de se doter de moyens lui permettant d’assurer un rôle de stabilisation politique ou de soutien aux processus de démocratisation de par le monde. Cela n’exclut pas pour autant une véritable communautarisation de ces moyens, qui n’est cependant pas à l’ordre du jour à l’heure actuelle.

En tout état de cause, l’Europe de la défense ne vise pas aujourd’hui à constituer une armée européenne qui se substituerait aux armées nationales. Dès lors, au sens premier du terme, la défense de l’Europe passe par les États et par l’OTAN : la protection d’un pays relève d’abord de l’échelon national puis de l’Alliance atlantique.

Néanmoins, la menace terroriste et l’attitude de la Russie lors de la crise ukrainienne depuis 2014 ont conduit le président de la Commission européenne à revenir sur cette question en proposant à nouveau, en avril 2015, la mise sur pied d’une véritable armée européenne. Restée lettre morte, cette proposition a cependant retrouvé un nouvel élan avec l’élection du président Donald Trump qui a manifesté ses réticences sur l’OTAN. Le sujet est donc encore débattu en 2018, mais sans grande chance de voir concrètement le jour dans un avenir proche.