En quoi consiste la politique d’aide au développement de l’UE ?

Une politique d’aide au développement européenne a été mise en œuvre dès le traité de Rome de 1957 avec la création du Fonds européen de développement (FED) et la conclusion d’accords avec d’anciennes colonies ou dépendances des pays membres (conventions de Yaoundé de 1963 et 1969, conventions de Lomé de 1975, 1979, 1984 et 1989).

Mais c’est le traité de Maastricht (1992) qui fixe les objectifs de la "coopération au développement" (actuellement cinquième partie titre III chapitre 1 TFUE) :

  • favoriser le développement économique et social des pays aidés ;
  • développer et consolider la démocratie, l’État de droit, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ce qui conditionne l’aide au développement.

Avec le traité de Lisbonne (2007), l’objectif principal de cette politique devient "la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté" (art. 208 TFUE).

L’aide européenne au développement représente 0,5% du RNB de l’Union en 2017. Ceci reste certes encore éloigné de l'objectif fixé à 0,7% pour 2015 mais est bien supérieur à celui de l’aide au développement des États-Unis (0,18 %) ou du Japon (0,2 %). En 2017, l’aide cumulée de l’UE et de ses États membres constitue plus de la moitié de l’APD mondiale, ce qui fait de l’UE le premier bailleur de fonds aux pays en développement.

Néanmoins, cette aide est en diminution en 2017 (0,5 % du RNB) par rapport à 2016 (0,53 % du RNB), alors même que l’objectif de favoriser le développement durable est essentiel et que celui d’éradiquer la pauvreté est très loin d’être atteint. Par ailleurs, si 2015 avait été désignée "Année européenne du développement", l’objectif de 0,7 % n’a pas été atteint et la crise migratoire qui sévit depuis lors rappelle à l’UE combien, en dehors des questions d’asile et donc de stabilisation politique de l’Afrique ou du Moyen-Orient, la question du développement économique de ces régions est cruciale.