Pourquoi la citoyenneté est-elle toujours en construction ?

Si le statut juridique de la citoyenneté est relativement stable, en revanche la signification concrète qui lui est donnée est en construction perpétuelle.

Selon la conception du philosophe Ernest Renan (1823-1892), une nation est un "plébiscite de tous les jours", c’est-à-dire que la volonté de vivre ensemble doit être sans cesse réaffirmée. De ce point de vue, la citoyenneté, qui lie les nationaux d’un même pays, n’est jamais définitivement acquise et se construit au quotidien.

La citoyenneté est aussi une construction permanente car elle est un élément important d’intégration.

Intégration d’abord pour des étrangers résidant sur le sol national depuis un certain nombre d’années et qui demandent la naturalisation. Par l’acquisition de la nationalité et des droits politiques qui y sont attachés, ils vont pouvoir s’intégrer davantage à la communauté nationale, notamment par l’octroi du droit de vote.

Intégration aussi pour des personnes exclues par leur faible niveau de revenus, ou par des problèmes médicaux ou familiaux. Une attitude citoyenne de solidarité à leur égard peut être de nature à les aider. La réaffirmation de leurs droits de citoyens, comme par exemple dans la loi de 1998 relative à la lutte contre les exclusions, peut être un élément de nature à faciliter le sentiment d’appartenance à la communauté nationale.

Ces processus d’intégration et les réalités auxquelles ils se confrontent peuvent conduire aujourd'hui à une redéfinition de la notion de citoyenneté et de sa portée.

Par ailleurs, l’émergence de nouvelles citoyennetés – locale, européenne, voire mondiale – nourrit cette réflexion et participe à l’évolution de la définition de la citoyenneté, notamment dans son lien avec la nationalité.