Quels sont les différents types de droits des citoyens ?

On peut distinguer plusieurs catégories de droits reconnus aux citoyens, apparus successivement dans le temps. Ces droits sont tous garantis par l’État et par l’Union européenne.

Les droits-libertés (droits de première génération)

Les premiers droits reconnus sont les "droits-libertés" (liberté d’expression, d’opinion, de réunion, d’association...). Ils peuvent être individuels ou collectifs et offrent aux individus une certaine autonomie et la possibilité d’agir sans soumission.

Ce sont ces droits que reconnaît la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, leur conquête ayant nécessité de longs combats. Parmi eux, les droits politiques (droit de vote et d’éligibilité) permettent une participation au pouvoir. Ils sont repris dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2000, qui s’impose à la fois aux États membres et aux institutions de l’Union européenne. Ils sont également protégés par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme de 1950, un texte international qui s’impose à ses 47 signataires membres du Conseil de l’Europe.

Les droits-créances (droits de seconde génération)

Le stade suivant du développement des droits des citoyens a concerné les "droits-créances". Ils contribuent à la dignité de l’individu, mais à la différence des droits-libertés, ils ont un coût. Leur appellation souligne la nécessité de l’intervention de l’État pour leur mise en œuvre concrète.

Il s’agit de droits économiques et sociaux, tels que le droit à l’instruction, le droit à la santé, le droit au travail, le droit d’appartenance à un syndicat. En France, ils sont inscrits dans le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946. Cette affirmation de droits nouveaux a coïncidé avec la création de l’État-providence, à savoir d’un État plus interventionniste économiquement et socialement. Ces droits sont aussi repris dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Les droits de troisième génération

Plus récemment, est apparue une troisième génération de droits de l’homme. Ils concerneraient non seulement les citoyens d’un même État, mais impliqueraient une solidarité internationale (ex : droit à un environnement sain, droit des générations futures, droit d’ingérence humanitaire). Ils ne sont pas encore toujours justiciables (autrement dit, dotés d’une effectivité les rendant "opposables"). On parle de fondamentalisation du droit national, sous l’influence de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ratifiée en 1974 par la France, ou encore de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.