Tout le monde a-t-il droit à une protection sociale ?

Par La Rédaction

La protection sociale est progressivement devenue universelle en couvrant tous les individus.

À ses origines (fin du XIXe siècle), la protection sociale s’est construite sur une logique d’assurance sociale professionnelle. Elle était liée à l’exercice d’une activité professionnelle et compensait le risque de perte du revenu due à l’inactivité forcée (accident, maladie, chômage, vieillesse) :

  • elle ne couvrait que les travailleurs et leur famille ;
  • le droit aux prestations sociales dépendait du versement de cotisations sociales, proportionnelles aux salaires ;
  • les non-salariés, ou les individus n’ayant pas cotisé au cours de leur activité professionnelle, n’avaient droit qu’à l’aide sociale, réservée aux cas de détresse extrême.

Dès sa création le 4 octobre 1945, la sécurité sociale affiche l’objectif de généraliser progressivement la protection sociale à l’ensemble des résidents du territoire. Une logique de solidarité fait son apparition. Chaque membre de la collectivité nationale a droit à la garantie d’un minimum vital, indépendamment de l’exercice ou non d’une activité professionnelle, ou de sa capacité à s’ouvrir des droits aux prestations sociales en versant des cotisations.

Ainsi, dès la loi du 22 août 1946, les allocations familiales sont étendues à pratiquement toute la population, puis à tous les résidents en 1978. La couverture du risque vieillesse est quasi universelle depuis la création du minimum vieillesse (1956) garantissant à chacun une retraite minimale. La couverture du risque maladie est devenue universelle par la mise en place de l’assurance personnelle en matière de maladie (1978) et surtout de la couverture maladie universelle (27 juillet 1999), permettant à chacun d’accéder à un minimum de soins.

Par ailleurs, les "minima sociaux", comme l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou le revenu de solidarité active (RSA), donnent une garantie minimale de ressources, afin de lutter contre le risque d’exclusion de la société.