Pourquoi résister à un pouvoir non démocratique est-il un devoir des citoyens ?

Par La Rédaction

La résistance à l’oppression figure à l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, qui dispose que : "Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression". Cette Déclaration des droits,reprise en préambule à la Constitution de 1793, fait de la résistance à un pouvoir arbitraire un devoir de chaque citoyen.

À l’origine de ce texte se trouve l’idée qu’une démocratie ne peut pas vivre sans le soutien de ceux à qui elle est destinée, les citoyens. Ils doivent non seulement jouir des droits qu’un régime de liberté leur assure, mais ils doivent également être en mesure de se mobiliser afin d’empêcher un pouvoir non démocratique de s’installer.

Le droit de manifestation, le droit d’expression, la possibilité pour les fonctionnaires de désobéir à des ordres manifestement contraires à la loi et de nature à compromettre gravement un intérêt public (art. 28 de la loi du 13 juillet 1983 définissant le statut général des fonctionnaires) sont autant de moyens d’expression prévus par un pouvoir démocratique qu’une autorité arbitraire, par nature, ne respecte pas. Celle-ci dispose d’ailleurs de pouvoirs (forces armées, contrôle éventuel des médias…) qui lui permettent de se maintenir en place et d’empêcher le développement d’une opposition. La résistance à l’oppression, par ces moyens démocratiques, peut donc être difficile à mettre en pratique.