Le corps électoral est constitué de l'ensemble des personnes qui bénéficient du droit de vote lors d’un scrutin, quel que soit le type d'élection (politique, professionnelle, associative, etc.).
Le plus souvent, le corps électoral désigne l'ensemble des citoyens qui participent à l'élection de leurs représentants. Le président de la République, les députés et les maires, par exemple, émanent du corps électoral. Ils sont élus et peuvent être révoqués par lui d'une élection à l'autre.
On parle plus précisément de corps électoral inscrit pour désigner les personnes ayant fait la démarche de s'inscrire sur les listes électorales en vue de participer au scrutin. Cette démarche fait partie des conditions du droit de vote en France. Le corps électoral potentiel, quant à lui, renvoie plus largement aux citoyens en âge de voter.
Jusqu'en 2018, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) tenait, en coordination avec les communes, le fichier général des électeurs, ayant pour objet de contrôler l'unicité de l'inscription d'une personne sur une liste électorale et permettant de vérifier qu'elle remplissait les conditions pour voter. Les listes électorales étaient révisées sur une base annuelle.
La loi du 1er août 2016 rénovant les modalités d'inscription sur les listes électorales instaure le Répertoire électoral unique (REU), qui a remplacé le fichier général des électeurs à partir de 2019. Ce répertoire permet la mise à jour en continu des listes électorales sur la base des informations transmises par différentes administrations à l'INSEE. D'un point de vue statistique, le REU permet de décrire le corps électoral, ses caractéristiques démographiques (sexe, âge, etc.) et ses évolutions dans le temps.
En mai 2024, 49,3 millions de personnes étaient inscrites sur les listes électorales françaises, y compris les collectivités d'outre-mer, sauf la Nouvelle-Calédonie (Source : Inscrits sur les listes électorales - Données annuelles 2024 de l'INSEE). La Nouvelle-Calédonie est exclue du recensement des inscrits car les listes électorales y sont spéciales (une liste générale pour les élections nationales et une liste spéciale provinciale).
En France, la composition du corps électoral a varié dans l’histoire. Au moment de la Révolution française, sous la Restauration et sous la Monarchie de Juillet, le suffrage est censitaire (réservé à ceux qui paient le cens, impôt direct) et masculin, c’est-à-dire limité aux hommes disposant d’un certain niveau de revenus.
En 1848, le corps électoral s'élargit avec l'instauration du suffrage dit universel, bien que réservé aux hommes. Les femmes obtiennent le droit de vote et intègrent le corps électoral en 1944 en vertu de l'ordonnance du 21 avril (JORF du 15 août 1944). Le corps électoral est ensuite étendu aux militaires par une ordonnance du 17 août 1945. Les militaires en activité avaient été exclus du corps électoral au moment de l'instauration de la IIIe République.
La loi du 5 juillet 1974 fixant à dix-huit ans l'âge de la majorité a pour effet d'étendre le corps électoral à l'ensemble des citoyens âgés d'au moins 18 ans (et non plus seuls ceux de 21 ans et plus).
Pour élargir le corps électoral et encourager l'inscription des jeunes, une loi du 10 novembre 1997 prévoit l'inscription automatique sur les listes électorales des personnes atteignant l'âge de la majorité, alors qu'auparavant la démarche était volontaire.
Pour les élections municipales et les élections européens, le corps électoral comprend également les ressortissants de l’Union européenne (UE) résidant en France.