Quelle est la signification de l’abstention ?

L’abstention est le fait de ne pas se déplacer pour aller voter alors que l’on est bien inscrit sur les listes électorales.

L’abstention peut être ponctuelle et conjoncturelle : indifférence à telle élection, à tel enjeu, refus de départager les candidats, incapacité à se reconnaître dans les candidatures proposées, ou bien encore préoccupations personnelles qui éloignent des enjeux du scrutin… La citoyenneté contemporaine est souvent une citoyenneté par intermittence.

L’abstention présente aussi une dimension structurelle. Ainsi observe-t-on, dans certains groupes, peu de curiosité pour la politique en général et les élections en particulier : les jeunes, les non-diplômés, les personnes présentant un faible niveau d’intégration sont quelques-unes des catégories au sein desquelles l’abstention est forte, au point d’apparaître comme une quasi-norme sociale.

Dans des milieux populaires touchés par la crise, l’abstention est aussi une façon de signifier sa défiance à l’égard de la classe politique dans son ensemble, voire du jeu démocratique dans son principe.

C’est sans doute la raison pour laquelle l’abstention augmente en France depuis plusieurs décennies, seule l’élection présidentielle échappe à cette tendance (l’abstention n’y est jamais supérieure à 30%). Mais pour les autres élections, la barre symbolique de 50% des inscrits est souvent franchie : 59% d’abstentionnistes aux européennes de 2009, 54% au premier tour des régionales de 2010, 56% au premier tour des cantonales de 2011… L’abstention est sensiblement moins forte aux élections législatives et aux élections municipales.