Qu'est-ce qu'un parti politique ?

Un parti politique est une association qui rassemblent des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune, avec pour objectif la conquête et l'exercice du pouvoir.

Quelle est la définition légale d'un parti politique ?

En France, les partis politiques se créent librement. L'activité politique peut s'exercer dans différentes organisations (associations, groupements politiques, clubs de réflexion, etc.). Un parti politique est une association loi 1901.

Sans apporter une définition légale à la notion de parti politique, la loi du 11 mars 1988 reconnaît comme parti politique "la personne morale de droit privé qui s’est assignée un but politique si elle est éligible à l'aide publique ou si elle a régulièrement désigné un mandataire financier".

Les partis politiques qui relèvent de la loi du 11 mars 1988 doivent déposer, chaque année, leurs comptes à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

Fin 2020, la CNCCFP décomptait ainsi 579 partis politiques en France. 

Le saviez-vous ?

Les partis politiques au sens moderne apparaissent en France au début du XXe siècle avec la loi du 1er juillet 1901, qui crée le statut d’association à but non lucratif. Le Parti républicain, radical et radical socialiste est créé dans la foulée, en juin 1901, suivi par la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) en 1905. 

Ce n’est qu’en 1958 que les partis politiques sont institutionnalisés, par l’article 4 de la Constitution, qui prévoit leurs droits (se former librement, se présenter aux élections, garantie du pluralisme politique) et leurs devoirs (respecter la souveraineté nationale et la démocratie). 

Comment les partis politiques sont-ils organisés ?

Un parti politique est libre de son organisation et il n'est pas obligatoire que les statuts déposés en préfecture traduisent l'organisation du parti en termes précis. Néanmoins, tout parti dispose d'un texte constitutif qui précise son organisation interne. On trouve généralement un président ou secrétaire général, un trésorier ainsi qu’un comité directeur. 

On distingue les sympathisants, qui constituent l’électorat traditionnel du parti, des adhérents, qui sont "encartés" (c’est-à-dire inscrits officiellement dans les registres du parti) et s’impliquent activement dans la vie du mouvement. 

Les adhérents peuvent être présents sur l’ensemble du territoire, au sein des entités locales (souvent appelées sections ou cellules) du parti. Ceux-ci effectuent un "travail de terrain" pour se faire connaître auprès des citoyens. Généralement, le parti possède des locaux pour réunir ses militants. 

Au niveau national, le comité directeur assure le pilotage stratégique du parti. Les adhérents sont appelés à se réunir périodiquement en congrès pour décider des grandes orientations du parti et élire ses représentants. 

Quels sont les différents types de partis politiques ?

Dans son ouvrage "Les Partis politiques", Maurice Duverger établit une distinction entre deux types de partis : 

  • les partis de cadres, apparus dès le XIXe siècle, sont constitués de notables issus, dans un premier temps, de la bourgeoisie ou de l’aristocratie. Ces partis sont en général assez peu structurés et centralisés, en raison du nombre d’adhérents, de la personnalité des membres (qui s’organisent selon les affinités de chacun) et de leur ancrage local. Ils disposent d’une certaine liberté d’action et d’une hiérarchisation relativement souple. Ce sont traditionnellement des partis de droite ; 
  • les partis de masse, nés au début du XXe siècle avec le développement du socialisme et du communisme, aspirent à la transformation de la société et la réalisation d’un ordre social nouveau. Pour cela, ils s’appuient sur une organisation structurée et hiérarchisée et sur un grand nombre d’adhérents. Ce sont traditionnellement les partis de gauche. 

À partir des années 1960 apparaît également la notion de partis de rassemblement ou d'électeurs, moins marqués idéologiquement. Le développement de ce type de partis est lié à l’affaiblissement de l’affiliation partisane et à la nécessité, pour les partis de séduire un électorat de plus en plus abstentionniste.