La puissance est une notion centrale et structurante des relations internationales. Selon les courants, plus l’anarchie est considérée comme indépassable, plus  la puissance est parée de vertus régulatrices (en concurrence avec le droit).

La puissance est une capacité traditionnellement liée à l’État. Pour Raymond Aron, elle est « la capacité d’une unité politique d’imposer sa volonté aux autres unités ». Le juriste Serge Sur la décline alors en une capacité positive (celle de faire ou de faire faire à d’autres) et négative (refuser de faire ou empêcher de faire). Il s’agit donc à la fois pour un État de pouvoir garantir sa liberté d’action, et d’être capable de peser sur le comportement des autres dans le sens de ses intérêts.

La puissance est en outre définie comme une interaction. On retrouve cette idée chez Kenneth Waltz, pour qui « un agent est d’autant plus puissant qu’il affecte les autres plus que ceux-ci ne l’affectent ». Autrement dit, elle ne vaut pas dans l’absolu mais dans une situation donnée et pour une relation particulière. Selon l’adversaire et le contexte, une population dense ou un territoire vaste peuvent être soit un atout, soit une faiblesse. De même, les dépenses technologiques peuvent assurer une avance stratégique déterminante, ou au contraire peser sur le budget de l’État au point de le fragiliser. Cette approche dynamique de la puissance permet de saisir ses évolutions.

Elle est enfin multidimensionnelle. La genèse des relations internationales a donné au concept une connotation d’abord militaire. Il y aurait donc une hiérarchie entre les différents éléments constitutifs de la puissance : militaire, démographique, géographique, économique, politique, culturelle, technologique… Pour les réalistes, ces différentes dimensions de la puissance s’additionnent, alors que d’autres auteurs défendent une vision plus cloisonnée au risque d’éclater et donc de diluer la notion. Ces derniers postulent qu’un acteur peut être dominant dans un secteur donné, sans l’être dans les autres. Cette position ne fait pas pour autant de lui un acteur doté de « la » puissance. Susan Strange propose quant à elle la notion de « puissance structurelle », distincte d’une puissance relationnelle, et se déclinant en matières sécuritaire, financière, productive et scientifique.

Dans le contexte de guerres asymétriques, la prépondérance militaire est remise en cause, le recours à la force étant à la fois coûteux et incertain. Bertrand Badie parle ainsi de l’« impuissance de la puissance ». L’aspect économique de la puissance est quant à lui croissant. On note enfin l’attention portée à ce que Joseph Nye a appelé le soft power désignant la capacité d’attraction et à peser sur l’adoption de normes.