Traditionnellement, la fonction principale du budget de l’État était d’assurer le financement de l’État et des administrations. La gravité de la crise de 1929 va conduire les pouvoirs publics à considérer le budget de l’État comme un levier de la politique économique. Ceci ressort des travaux de l’économiste britannique J. M. Keynes qui montrait que l’utilisation du budget pouvait avoir une influence sur la demande des agents économiques (consommation, investissement) et, par conséquent sur le niveau de l’activité et l'emploi.
La politique budgétaire est un levier contracyclique de la politique de régulation de la conjoncture dans deux situations opposées. En période de ralentissement de la croissance ou de crise, elle va servir à soutenir l’activité économique. On parle de politique de relance budgétaire (aides aux entreprises, hausse des allocations ou de l'emploi public, etc.). Au contraire, dans les phases de forte croissance, pendant lesquelles la surchauffe de l’activité économique peut provoquer de l’inflation (hausse des prix) ou des déficits extérieurs importants (déséquilibre des échanges avec le reste du monde), elle permet de freiner l’activité en comprimant la demande. On parle de politique de rigueur budgétaire.
L’État utilise l'outil budgétaire également pour agir sur certains comportements des agents économiques, en poursuivant un objectif de santé (hausse de la fiscalité sur le tabac ou l'alcool), d'écologie (prime pour l'achat d'une voiture électrique), etc.
L’atténuation des variations de la conjoncture grâce aux recettes et aux dépenses publiques peut s’exercer de deux façons, mécanique ou volontaire.
En cas de ralentissement de l’activité économique, les dépenses publiques (indemnités chômage, certaines prestations sociales, etc.) tendent à augmenter spontanément, alors que les recettes perçues par l’État diminuent. Cette situation entraîne une dégradation du solde budgétaire. Mais ce transfert de revenus de l’État qui s’opère au profit des ménages et des entreprises permet de compenser mécaniquement les effets négatifs du ralentissement économique comme la baisse des dépenses des agents économiques. Ces derniers perçoivent des revenus supplémentaires dont une partie viendra alimenter la consommation et l’investissement et stimulera la création d’emplois. On parle de stabilisateurs automatiques du cycle économique.
Les pouvoirs publics peuvent aller plus loin que cette stabilisation automatique et décider des mesures spécifiques en termes de dépenses, d’impôts ou de transferts sociaux afin d’influer volontairement sur la conjoncture. L’État peut augmenter certaines dépenses comme la rémunération des fonctionnaires, les subventions aux entreprises, les dépenses d’investissement dans des infrastructures, etc. ou diminuer certaines recettes (réduction de l’impôt sur le revenu pour les ménages, remises d’impôts pour les entreprises, etc.). Le déficit budgétaire permet ainsi de stimuler l’activité économique à court terme en favorisant la demande et l'investissement.
Dans un contexte d’ouverture croissante des économies, une politique de relance budgétaire ne se limite pas aux seules entreprises nationales, mais profite également à l'étranger. Elle peut se traduire alors par une hausse des importations et un déséquilibre de la balance commerciale. Si la relance budgétaire est financée par un recours à la création monétaire, elle peut provoquer de l’inflation.
Une hausse des dépenses publiques peut aussi conduire à un effet d’éviction : l'activité du secteur public se supplante à celle du privé (sans garantie d'une efficacité supérieure). Si cette hausse est financée grâce à des emprunts auprès des agents économiques, elle peut pousser à la hausse le niveau des taux d'intérêt (car la demande de capitaux s'accroît), pesant potentiellement sur des projets d'investissements sensibles aux intérêts.
Une autre limite de la politique budgétaire financée par le recours à l’emprunt est qu'elle constitue une dette. La dette publique implique le versement d’intérêts. Cette dépense peut aggraver le déficit, conduire à un nouvel endettement public et entraîner une hausse des taux d’intérêt. Un cercle vicieux de la dette ou effet boule neige peut s'installer.
Afin d'éviter une telle situation, certains pays adoptent des règles contraignantes pour la politique budgétaire comme des freins à l'endettement ou des limites de déficit. Ces règles budgétaires strictes visent à atteindre un équilibre à long terme des dépenses et des recettes du budget de l’État. Au sein de l’Union européenne, l’utilisation de la politique budgétaire est contrainte, via la pacte de stabilité et de croissance, par la fixation d’un niveau maximal autorisé de déficit des administrations publiques (3% du produit intérieur brut).