Qu'est-ce que la dissuasion nucléaire ?

La dissuasion nucléaire est une doctrine défensive qui se fonde sur une crainte réciproque des conséquences liées à l’emploi en premier de l’arme nucléaire. Ainsi, l’avantage d’un tel recours risque fort d’être inférieur aux pertes subies en retour. Cette crainte est liée au risque de destruction mutuelle (stratégie de la mutual assured destruction – MAD) et des conséquences à long terme (dégâts irréversibles pour la planète, et même pour la vie sur Terre). La dissuasion ainsi conçue comme un équilibre de la terreur est celle qui a prévalu pendant la Guerre froide ; elle a pu contribuer à éviter une confrontation directe entre les deux blocs.

La dissuasion se fonde sur la capacité de seconde frappe, c’est-à-dire de riposte en cas d’attaque nucléaire. Cet impératif conduit à privilégier les plateformes de lancement mobiles telles que les aéronefs, les sous-marins ou les postes mobiles terrestres, au détriment des silos identifiables par satellite. Le développement de capacités d’interception des missiles ou de détection des sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) affaiblit le principe de dissuasion. En revanche, la mise au point de vecteurs hypervéloces, susceptibles de disqualifier les capacités actuelles d’interception, pourrait constituer un nouveau palier technologique pérennisant le principe de dissuasion.

Depuis la fin de la Guerre froide, si la notion de dissuasion concerne toujours la défense des intérêts vitaux des États, elle tend désormais à prendre en considération les États proliférant, en violation du traité de non-prolifération (TNP), le terrorisme nucléaire ou le risque d’attaques bactériologiques ou chimiques dévastatrices.