Quelle est la définition de la laïcité ?

Inscrite dans la Constitution, la laïcité constitue aujourd’hui un des fondements de la République française. Elle repose sur deux principes : l’obligation de l’État de ne pas intervenir dans les convictions de chacun et l’égalité de tous devant la loi, quelle que soit leur religion.

Un principe républicain

La laïcité est un des principes définissant la République qui est "indivisible, laïque, démocratique et sociale" (art. 1 de la Constitution). Inscrite dans la Constitution depuis 1946, la laïcité figure parmi les droits et libertés fondamentaux garantis par celle-ci, au même titre que l’égalité ou la liberté.

Selon le Conseil constitutionnel (décision du 21 février 2013), résultent du principe de laïcité :

  • le respect de toutes les croyances et l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction de religion ;
  • la garantie du libre exercice des cultes ;
  • la neutralité de l’État ;
  • l’absence de culte officiel et de salariat du clergé.

La loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État est la clé de voûte de la laïcité en France.

 

Un concept en constante évolution

Déjà au XIXe siècle Ferdinand Buisson, premier théoricien de la laïcité, soulignait qu’elle résultait d’un "lent travail des siècles" (Dictionnaire de pédagogie, 1883-1887). Depuis, la laïcité continue d’évoluer. Ce n’est pas un concept figé dans son acception d’il y a cent ans. Elle se nourrit des transformations de la société. En cela, elle donne aussi lieu à des interprétations diverses.

Histoire d’un mot

Le mot laïcité a été formé au XIXe siècle. Il vient du grec laos (peuple). Il est apparu en 1871 à propos de l’enseignement public. Il ne figure pas dans la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905. Il est parfois jugé intraduisible dans certaines langues comme l’anglais (political secularism est considéré comme un équivalent).
Source : Conseil d’État, rapport Un siècle de laïcité, 2004.

Le gallicanisme ou la préhistoire de la laïcité

Il s’agit du mouvement qui, à partir de la fin du Moyen Âge, vise à limiter l’ingérence du pape dans la vie religieuse en France et à conforter l’autonomie de son Église vis-à-vis de Rome et son lien avec le souverain français. Ce mouvement est concrétisé par le Concordat de Bologne de 1516, signé par François Ier et le pape, par lequel le roi exerce un pouvoir temporel sur l’Église de France. Ce texte restera en vigueur jusqu’à la Révolution française.

Laïcité antireligieuse, gallicane, séparatiste, ouverte, identitaire : de quoi est-il question ?

Des représentations divergentes sont portées par les acteurs sociaux. Pour certains, la laïcité combat les religions ou se situe dans la filiation du gallicanisme, où l’État exerce un certain contrôle. D’autres mettent en avant le principe de séparation, appliqué de façon stricte ou plus inclusive. Les autorités religieuses défendent une « laïcité ouverte », où existent des collaborations entre l’État et les religions. Une conception identitaire valorise les « racines chrétiennes » de la France, face à l’islam.