Quelles évolutions peut-on observer dans la profession médicale ?

Les difficultés d’accès aux soins dans les territoires les moins dotés en professionnels de santé, et plus spécifiquement en médecins, risquent de perdurer et même de s’accentuer pour des raisons à la fois conjoncturelles et structurelles.

Ainsi, parmi les médecins, on peut prévoir des départs en retraite en nombre élevé du fait de la moyenne d’âge de ces professionnels. En 2014, elle est de 53 ans pour les hommes et de 49 ans pour les femmes. Cela risque de provoquer des difficultés de remplacement de ceux qui exercent dans des zones peu attractives (rurales et défavorisées), accentuant de fait l’inégalité territoriale.

Par ailleurs, on assiste à une évolution des mentalités. Longtemps considérées comme un « métier à part » fondé sur le « dévouement » aux patients, ces professions se banalisent. Elles se rapprochent, dans leur manière d’appréhender leur activité, des autres professions. Ainsi, pour les jeunes médecins, l’intérêt qu’ils portent à leur travail s’accompagne d’une volonté de préserver leur vie familiale. Cette dimension est particulièrement prégnante à un moment où les professions de santé, et notamment les médecins, se féminisent (55 % des médecins de moins de 40 ans sont des femmes).

De même, le dévouement passe moins par une durée de travail importante. Le souhait de s’aligner sur les temps de travail communs (35 heures), de pouvoir bénéficier des mêmes durées et des mêmes périodes de vacances est fort.

Enfin, l’attractivité d’une région en termes de situation géographique, de contexte économique et d’offres de services ou de loisirs est déterminante pour le lieu d’installation, accentuant de fait les inégalités de présence territoriale.