Que sont les inégalités sociales de santé ?

Les inégalités sociales de santé couvrent les différences d’état de santé entre individus ou groupes d’individus, liées à des facteurs sociaux, et qui sont inéquitables, c’est-à-dire moralement ou éthiquement inacceptables et qui sont potentiellement évitables.

Il peut s’agir d’écarts importants concernant l’espérance de vie ou la plus forte probabilité d’être atteint de telle ou telle maladie selon le groupe social auquel on appartient ou la région dans laquelle on habite. Ainsi, par exemple :

  • à 35 ans un cadre peut espérer vivre 6,3 ans de plus qu’un ouvrier, cet écart étant de 3 ans pour les femmes ;
  • l’espérance de vie des hommes varie de 80,1 ans en Île-de-France à 75,4 ans en Nord-Pas-de-Calais (Drees, L’état de santé de la population en France, édition 2015).

Cette définition écarte ainsi les inégalités liées à l’état physique intrinsèque de l’individu (morphologie, constitution, etc.) pour s’intéresser à l’ensemble des déterminants sociaux qui ont un impact direct ou indirect sur la santé. Ces déterminants sont de plusieurs ordres.

Ils peuvent être structurels, d’ordre général : par exemple la nature et la portée des politiques économiques, sociales ou éducatives, les valeurs d’une société. Le choix de mettre en œuvre telle ou telle politique dans ces domaines, ainsi que les principes qui les fondent, ont des incidences sur l’existence ou l’absence d’un système de soins, mais également sur sa qualité, son accessibilité ou son usage.

Ces déterminants structurels peuvent également s’appliquer aux individus : le genre (homme ou femme), la position socio-économique, le niveau d’études, de revenus, etc. constituent des freins ou, au contraire, des facteurs favorables à l’accès ou la consommation de soins médicaux.

Des déterminants intermédiaires sont les conséquences des déterminants structurels. On peut citer les conditions matérielles (de travail, de vie), les comportements (consommation d’alcool, de drogues, nutrition, etc.), les facteurs de risques psychosociaux (stress des conditions de vie et de travail, etc.).

La lutte contre les inégalités de santé peut donc être de plusieurs ordres. Elle peut s’attaquer aux problèmes de manière « macro », en développant, par exemple, les infrastructures de santé accessibles à tous, en créant un système de protection sociale englobant une part importante de la population ou en mettant en œuvre des politiques de santé publique. Elle peut, à l’inverse, être « micro », en s’attaquant aux causes : par exemple, en interdisant l’usage de produits cancérigènes dans l’industrie, source de problèmes de santé pour les salariés qui y sont exposés.