Le renoncement aux soins est une notion qui vise à identifier les facteurs objectifs et subjectifs de non-recours à un soin ou à un professionnel de santé. Cette notion est difficilement mesurable. On essaie le plus souvent de l’appréhender au moyen d’enquêtes déclaratives.

Ainsi, en 2019, dans un sondage réalisé par l’Institut Opinionway pour le journal Les Échos et Harmonie Mutuelle, 59% des personnes interrogées affirmaient avoir renoncé à des soins médicaux au cours des douze mois précédant l’enquête, dont 29% pour des raisons financières. Parmi les répondants, les jeunes actifs de 25 à 34 ans étaient les plus nombreux (37%) à invoquer ce motif. Ce renoncement aux soins touchait avant tout les personnes disposant des revenus les plus faibles ou qui avaient un pouvoir d’achat en baisse. Les soins qui faisaient l’objet de plus de renoncement étaient les soins dentaires (61%), le changement de montures (55%), les bilans de santé complets (34%) ou les consultations en cardiologie (22%).

Au-delà de cette étude, on peut trouver deux séries de facteurs qui expliquent le renoncement aux soins. Une première série est liée à l’environnement (absence de complémentaire santé, dépassements d’honoraires, augmentation de la participation financière des patients, organisation territoriale de l’offre…) et une seconde, aux individus (rapport personnel à la santé, possibilité de se tourner vers d’autres thérapies…).
C’est à partir de ces données et de ces analyses que les pouvoirs publics mettent en place plusieurs dispositifs pour lutter contre le renoncement aux soins. Ils visent à :

  • maîtriser le reste à charge des ménages en matière de santé, en ne recourant pas ou plus aux dispositifs de "responsabilisation" à destination des ménages qui passent par des contraintes financières ou un moindre remboursement (franchises, forfaits, déremboursements de soins ou de médicaments, par exemple) ;
  • solvabiliser les ménages, notamment les plus modestes, afin qu’ils aient accès à une complémentaire santé (via des dispositifs comme la complémentaire santé solidaire) ;
  • peser sur les offreurs de santé, afin qu’ils maîtrisent leurs coûts (par des dispositifs comme le "100% santé", ou ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires.