Qu’est-ce que le renoncement aux soins ?

Dans une enquête effectuée en 2012, près de 26% de la population métropolitaine âgée de 18 à 64 ans a déclaré avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois. C’était le cas de 32,6 % des individus non couverts par une assurance maladie complémentaire (AMC) en 2010.

À structures d’âges et sexes comparables, les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) sont 20,4% à renoncer, quand ceux protégés par une couverture privée sont 14,7%. L’écart entre ces deux taux semble se stabiliser entre 5 et 7 points depuis la mise en place de la CMU-C en 2000. Même si ces deux populations sont couvertes par une assurance complémentaire santé, les écarts de revenus demeurent un facteur de différenciation dans l’accès aux soins.

Parmi les soins qui sont le plus touchés par des attitudes de renoncement figurent les soins dentaires (10%), loin devant l’optique (4,1%) et les consultations (3,4%).

Ce renoncement aux soins touche avant tout les personnes qui disposent des revenus les plus faibles, même si l’écart entre les plus riches et les plus pauvres a diminué avec l’instauration de la CMU. Il est aujourd'hui stabilisé entre 9,1 et 10,5 points.

On peut trouver deux séries de facteurs qui expliquent le renoncement aux soins. Une première série est liée à l’environnement (absence de complémentaire santé, dépassements d’honoraires, augmentation de la participation financière des patients, organisation territoriale de l’offre…) et une seconde aux individus (rapport personnel à la santé et au monde médical, possibilité de se tourner vers d’autres thérapeutiques…).