La politique familiale a-t-elle une incidence sur la natalité ?

Avec près de 740 000 naissances enregistrées, la France a connu en 2020 la natalité la plus faible depuis 1945. Au-delà de ce chiffre fortement marqué par la crise sanitaire, notre pays connaît, depuis 2014, une baisse constante du nombre des naissances. Ainsi, elles passent à cette date sous le seuil des 800 000 : 798 900 en 2015 et 753 000 en 2019.

Malgré ce recul constant, la France reste le pays de l’Union européenne dont la fécondité est la plus élevée (1,86 enfant par femme en 2019). Elle est suivie par la Roumanie (1,77) et l’Irlande et la Suède (1,71). A contrario, les pays du Sud de l’Europe sont ceux dont la fécondité est la plus faible : Malte (1,14), l’Espagne (1,23), l’Italie (1,27), Chypre (1,33) et la Grèce (1,34).

Cependant, comment relier ce taux de fécondité et l’intervention publique et ainsi évaluer l’impact des politiques publiques ? L’exercice est loin d’être aisé, et ce, pour différentes raisons :

  • on manque d’études globales permettant d’apprécier les effets de l’ensemble complexe des mesures de politique familiale et socio-fiscale ;
  • l’évaluation se heurte au décalage temporel entre les arbitrages politiques et leurs conséquences sur la natalité. En effet, la décision, au sein des couples, d’avoir un enfant s’insère dans un processus faisant intervenir une pluralité de facteurs (désir d’enfant, stabilité du couple, fait d’avoir un emploi, un logement, etc.) dont la conjonction s’inscrit dans une durée plus ou moins longue rendant la mesure d’impact d’une politique compliquée ;
  • les politiques d’aide à la natalité relèvent d’un champ d’intervention publique très large (politiques fiscale, familiale, économique, du logement, de l’éducation, etc.). Elles sont donc peu explicites et souvent imbriquées, ce qui rend leur évaluation difficile.

Finalement, même si l’évaluation est peu évidente, il faut sans doute retenir que la politique d’aide aux familles, par son caractère multiforme allant de la politique fiscale de quotient familial aux aides directes sous forme d’allocations familiales ou au financement de modes de garde, contribue dans son ensemble au maintien en France, depuis plusieurs années, d’un taux de fécondité certes en baisse mais parmi les plus forts des pays européens.