Qu'est-ce que le "soft power" ?

La capacité d'un État à exercer une influence sur la scène internationale ne se résume pas à sa seule puissance militaire. D'autres moyens lui permettent d'orienter la politique internationale en sa faveur.

Une stratégie d'influence

Le soft power se définit par la capacité d’un État à influencer et à orienter les relations internationales en sa faveur. L'État met en oeuvre une stratégie d'influence. Il renforce ainsi la légitimité de son action internationale, ce qui constitue également un facteur de puissance. Cette influence s’exerce autant à l’égard des adversaires que des alliés et vise tous les acteurs des relations internationales (organisations internationales, organisations non gouvernementales - ONG, firmes transnationales…).

Les principaux vecteurs du soft power sont :

  • la diplomatie ;
  • les alliances ;
  • la coopération institutionnelle ;
  • l’aide économique ;
  • l’attractivité de la culture ;
  • la diffusion de l’éducation;
  • le rayonnement d’un modèle politico-économique (économie de marché et démocratie par exemple) et de valeurs.

Prédominance de la langue anglaise, diffusion de son modèle culturel (American way of life), aides versées aux pays les plus pauvres, l'exemple des États-Unis est souvent cité pour illustrer la doctrine du soft power, même si ce modèle est régulièrement remis en cause.

Ces moyens pacifiques ont pour but de convaincre les autres acteurs des relations internationales d’agir ou de se positionner dans un sens donné.

À l'inverse, on utilise l'expression hard power (pouvoir de contrainte) pour désigner la menace ou l'emploi de la force par un État.

Hard et soft power : la combinaison des deux doctrines

L’efficacité du soft power d’un État est également liée à la puissance de celui-ci. D'autres éléments peuvent renforcer l'effectivité du soft power exercé par l'État :

  • l’image qu'il véhicule ;
  • le niveau de développement de ses réseaux ;
  • son histoire ;
  • l’autorité de ses dirigeants.

La garantie de sécurité qu'un État représente peut aussi influer sur cette capacité de persuasion. La notion de smart power (pouvoir de l'intelligence) est ainsi parfois employée pour évoquer les effets d’une combinaison utile entre soft power et hard power. Cette doctrine vise à choisir les meilleurs outils - diplomatiques, économiques, militaires, politiques, légaux ou culturels - en fonction d'une situation donnée.