Comment la Banque mondiale a-t-elle évolué depuis sa création ?

Le premier objectif de la Banque mondiale fut de soutenir la reconstruction de l’Europe dévastée par la Seconde Guerre mondiale, notamment par le financement d’infrastructures. Aussi son premier prêt, en 1947, fut-il accordé à la France, affaiblie par le conflit.

Le relèvement des pays européens – entraînant la marginalisation de la problématique de la reconstruction – et le contexte de décolonisation font évoluer son rôle. En 1960, la création de l’Association internationale de Développement (AID) a pour objectif de s’adapter à la situation économique des pays en développement, en particulier ceux qui ont été récemment décolonisés. Elle s’intéresse à un nombre croissant de secteurs de politiques publiques, sur lesquels elle établit des indicateurs afin de mesurer la « performance » de la gouvernance des pays.

À partir de la fin des années 1980, critiquée, comme le FMI, pour ne pas prendre en compte dans ses mesures les méfaits sociaux de la mondialisation et pour mener des politiques indifférenciées aux effets parfois désastreux, la Banque mondiale s’est appropriée un nouveau rôle de lutte contre la pauvreté, soutenant les Nations unies pour les Objectifs du millénaire pour le développement. En 1990, elle en fait une mission prioritaire. Dans son rapport de 2000 (Rapport sur le développement dans le monde : combattre la pauvreté), elle évoque la pauvreté monétaire, mais aussi la vulnérabilité ou les problématiques liées aux domaines sanitaire et éducatif. Dans ce cadre, elle s’est fixé l’objectif de réduire, à l’horizon 2030, la part de la population vivant avec moins de 1,90 dollar par jour à moins de 3 %. Il s’agit parallèlement de promouvoir un allègement de la dette pour les pays les plus endettés.