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Qu’est-ce que l’anarchisme ?

le 20 août 2018

L’anarchisme, (du grec an privatif et archè qui signifie pouvoir, autorité) est un mouvement philosophique et politique qui se définit comme anti-autoritariste et contre toute hiérarchie. Les anarchistes se disent libertaires c’est-à-dire qu’ils souhaitent une société sans dominations dans laquelle les individus émancipés et égaux coopèrent librement. Ils sont aussi internationalistes, ne considérant pas la distinction ethnique ou nationale émancipatrices.

Les libertés contre les institutions

Les libertés individuelles constituent le fondement de l’organisation sociale et des relations économiques et politiques dans la société anarchiste. Les individus sont pensés comme libres, égaux et à l’abri de tout dogme. La liberté de chaque individu et celle de la collectivité sont complémentaires. La propriété est collective, la propriété privée étant considérée comme le vecteur de l’exploitation et des inégalités.

Pour assurer l’autonomie et l’émancipation, les anarchistes désirent abattre toutes les institutions pouvant présenter une coercition ou un contrôle social qui ne proviendrait pas des individus eux-mêmes : l’État, le capitalisme, l’armée, la famille, la religion etc. Les anarchistes luttent également contre toutes les formes de dominations présentes dans la société et perpétuées par ces institutions : oppressions de classe, de sexe, ethnique, d’orientation sexuelle, d’apparence physique etc.

L’ordre moins le pouvoir

Contrairement aux idées reçues, l’anarchisme n’est pas synonyme de désordre ou de chaos. L’absence de structure de pouvoir n’est pas synonyme de désorganisation sociale pour les anarchistes. Pour Joseph Proudhon (considéré comme l’une des figures phares de l’anarchisme et auteur de Qu’est-ce que la propriété ? 1840) l’anarchisme est au contraire l’ordre social absolu, grâce au collectivisme anticapitaliste. Ce collectivisme s’exprime par une liberté politique organisée autour d’un mandatement impératif : celui de l’autogestion, du fédéralisme et la démocratie directe. C’est donc l’ordre moins le pouvoir.

L’autogestion, comme opposition à la hiérarchie et aux structures de pouvoir, est l’un des moyens et objectifs de l’anarchie. En autogestion, les individus prennent des décisions collectivement. Pour Mikhaïl Bakounine : "Quand les États auront disparu, l’unité vivante, féconde, bienfaisante, tant des régions que des nations, et de l’internationalité de tout le monde civilisé d’abord, puis de tous les peuples de la terre, par la voie de la libre fédération et de l’organisation de bas en haut, se développera dans toute sa majesté."

Le fédéralisme est un concept très important pour le mouvement anarchiste. Il s’agit d’un mode d’organisation, autour de la prise de décision qu’elle soit politique ou dans la sphère du travail, dans laquelle chacun des membres dispose d’une large autonomie et délègue certains de ses pouvoirs à un organisme commun, dit fédéral. Les membres participent collectivement et non individuellement aux décisions, au consensus, au vote selon une certaine majorité ou à l’unanimité (pour prendre en compte chaque individualité).

Différentes formes et courants

Il existe différents courants de pensée anarchistes, organisés ou non, qui vont de l’individualisme le plus spontané à l’organisation la plus stricte. Certains anarchistes comme les autonomes ou indépendants ne sont pas organisés en groupe.

Une liste non exhaustive des différents courants permet de distinguer :

  • l’anarcho-syndicalisme selon lequel les syndicats sont les meilleurs moyens de lutte pour accéder à la société libertaire et l’organiser. Les travailleurs doivent se réapproprier les moyens de production et les gérer collectivement ;
  • l’anarcho-individualisme qui insiste sur l’autonomie individuelle contre toute autorité. C’est une forme d’anti-autoritarisme centré sur l’individu qui entend mener sa vie comme bon lui semble, en résistance contre la société ou l’organisation qui entrave son individualité ;
  • l’anarchisme social : c’est un anarchisme qui, par la transformation sociale, vise à abolir les systèmes de domination et à remplacer le capitalisme, l’État et ses institutions par un système fondé sur l’autogestion et le fédéralisme. Il est aussi appelé anarcho-communisme. Il prévoit la création de communautés (communes), fédérées entre elles et autogérées où chacun travaillerait selon ses capacités et consommerait selon ses besoins. Erico Malatesta, auteur italien, disait "l’anarchisme c’est l’organisation, l’organisation, et encore l’organisation" en opposition à l’anarchisme individualiste.

En France, des organisations comme la Fédération Anarchiste ou la Confédération Nationale du Travail se réclament de l’idéologie anarchiste.

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