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Qu’est-ce que le libéralisme ?

le 16 août 2018 Archives.

Le libéralisme est une doctrine politique mais aussi économique. Ces deux formes de libéralisme sont cependant étroitement liées puisque si les libéraux désirent séparer l’économie et la politique (la gestion de l’économie n’entre pas dans les prérogatives de l’État), la liberté économique ne va pas sans la liberté des individus, et donc sans l’instauration de la démocratie libérale. "La liberté de produire et de consommer ne peut exister sans la liberté de choisir, faculté qui n’est précisément reconnue aux individus – producteurs et consommateurs – que dans le cadre du libéralisme politique." écrit Francis-Paul Bénoit, auteur de La Démocratie libérale (PUF, 1978).

La liberté politique et économique comme fondement

Le libéralisme en tant que doctrine politique est apparu au XIXe siècle en s’inspirant d’auteurs comme l’anglais John Locke (1632-1704) ou les philosophes des Lumières. Cette doctrine réclame la liberté politique, religieuse, économique, etc. des individus. Ces derniers incarnent le centre du projet politique en étant reconnus en tant qu’individualités et non plus en tant que membres de groupes ou corporations. Le principe fondamental du libéralisme est le respect des libertés et des droits individuels naturels inaliénables qui y sont associés. Pour les libéraux, le droit de propriété est le fondement même de la liberté, d’où son lien avec l’économie politique.

Le fondement du libéralisme économique est le marché, auquel s’ajoutent l’initiative privée et la libre concurrence. Pour les libéraux, il existe un ordre naturel tendant vers l’équilibre. L’objectif est d’arriver à l’harmonie naturelle grâce au libre fonctionnement de l’économie, souvent symbolisé par une "main invisible du marché", métaphore décrite par Adam Smith (1723-1790).

Pour Smith, la poursuite par chacun de ses intérêts mène à l’intérêt général, et donc à la meilleure organisation économique, fondée sur un marché autorégulateur.

Dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), Adam Smith utilise une autre métaphore pour présenter sa vision des échanges économiques. Dans la métaphore du boucher, du marchand de bière et du boulanger, il écrit : "Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu’ils apportent à la recherche de leur propre intérêt. Nous ne nous en remettons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme."

La loi de l’offre et de la demande, entre la production et la consommation ou l’offre et la demande de travail par exemple, est l’un des moyens d’atteindre cette équilibre. Pris dans un sens plus large, le libéralisme met sa confiance dans le marché partout où existent une offre et une demande, conçu comme un affrontement entre des intérêts divergents, pour parvenir à un arbitrage en suivant une voie pacifique.

Rôle de l’État

Le libéralisme économique est né en réaction au colbertisme, qui mettait l’État au centre de l’économie et de l’industrie. Au XVIIIe siècle, face aux règlementations et interventions conjoncturelles de l’État jugées comme un frein au progrès, des économistes (les physiocrates avec Quesnay, auteur du Tableau économique en 1758) démontrent qu’il existe un circuit économique naturel délimitant trois classes de travailleurs producteurs de richesses (les propriétaires de la terre, les agriculteurs et les artisans). Le rôle de l’État est alors de favoriser la liberté du commerce, du travail, de la production, la circulation des biens et la concurrence internationale, pour permettre l’existence du cercle vertueux production-vente-consommation.

L’État n’a pas à mener d’action économique conjoncturelle, mais une action de réglementation dans la mesure où cela est nécessaire pour assurer le respect par tous du libre jeu effectif des mécanismes économiques naturels.

Aujourd’hui, le terme libéralisme est majoritairement utilisé comme un synonyme de capitalisme, puisqu’il correspond aux exigences de ce dernier (libre circulation des capitaux, concurrence, initiative privée, etc.). Le libéralisme est aussi pensé comme opposé au socialisme, qui voit le droit de propriété privée non pas comme étant la condition nécessaire de la liberté mais comme la cause des inégalités.

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