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Parce qu'en face d'une femme décidée à interrompre sa grossesse, ils [les médecins, personnels sociaux] savent qu'en refusant leur conseil et leur soutien, ils la rejettent dans la solitude et l'angoisse d'un acte perpétré dans les pires conditions, qui risque de la laisser mutilée à jamais. Ils savent que la même femme, si elle a de l'argent, si elle sait s'informer, se rendra dans un pays voisin ou même en France dans certaines cliniques et pourra, sans encourir aucun risque ni aucune pénalité, mettre fin à sa grossesse. Et ces femmes, ce ne sont pas nécessairement les plus immorales ou les plus inconscientes. Elles sont 300 000 chaque année (...). C'est cette injustice qu'il convient de faire cesser. Extrait du discours de Simone Veil à la tribune de l'Assemblée nationale. |
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Le discours historique de Simone Veil sur l'avortement à l'Assemblée nationale
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Simone Veil est ministre de la Santé lorsqu'elle présente devant l'Assemblée nationale, le 26 novembre 1974, le projet de loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle doit convaincre 481 députés hommes et 9 députées femmes d'adopter son texte. Le débat dans l'hémicycle va durer trois jours, soit 25 heures d'échanges houleux. Dans la nuit du 29 novembre 1974, la loi est finalement votée par 284 voix contre 189. |
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