Être chercheur aujourd’hui en France

Difficile accès aux postes, millefeuille administratif, complexité de gouvernance, mais chance de vivre une vraie passion avec un salaire, certes modeste, mais régulier : Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de physiologie ou médecine en 2008, s'exprime sur le métier de chercheur en France.

Par  Françoise Barré-Sinoussi - Virologue française, Prix Nobel de physiologie ou médecine (2008)

Chercheur, un métier particulier

Le métier de chercheur est-il un métier de passion ?

Je n’ai jamais considéré la recherche comme un métier mais effectivement, plutôt comme une passion. J’ai essayé de former en ce sens mes étudiants. J’exagérais volontairement en leur disant : « Vous avez d’énormes difficultés pour accéder à des postes, et vous avez des salaires extrêmement faibles, mais combien de personnes ont la chance de vivre leur passion dans une vie ? » Il me semble logique de faire des sacrifices. Est-ce que c’est d’ailleurs un sacrifice ? Je ne l’ai jamais considéré personnellement, mais au contraire que c’était une chance de pouvoir vivre sa passion, tout en ayant un salaire – certes modeste – à la fin du mois. Depuis l’époque où j’ai commencé, je crois que les mentalités ont évolué. La nouvelle génération aujourd’hui ne voit certainement pas les choses de la même façon.

Avez-vous rencontré des difficultés dans votre carrière, notamment en tant que femme ?

Bien sûr, quand j’ai commencé, j’ai eu des difficultés. À l’époque, les jeunes chercheurs ne pouvaient pas avoir de contrat. On pouvait donc travailler en tant que bénévole, et c’est comme cela que j’ai commencé, sans avoir le moindre salaire.
Les choses ont changé, aucun laboratoire aujourd’hui ne peut employer un jeune chercheur sans que celui-ci soit sous contrat. À l’époque, j’avais même dû souscrire une assurance privée parce que, n’étant pas salariée, je n’avais pas accès à l’assurance maladie. C’était dans les années 1970, et j’avais une bourse qui ne me rapportait même pas 600 francs par mois. Je pouvais à peine m’acquitter du loyer de ma chambre de bonne et je ne pouvais pas payer mes impôts. Je pense que les jeunes chercheurs aujourd’hui ne sont pas prêts à vivre les difficultés que nous pouvions connaître à l’époque.

Dans les années 1970, les femmes avaient d’énormes difficultés. Lorsque j’étais étudiante, je préparais ma thèse de sciences en envisageant d’aller faire un post-doctorat à l’étranger. J’ai voulu savoir s’il était possible d’accéder à un poste permanent à mon retour. Quelqu’un, à la direction de l’Institut Pasteur, m’a répondu : « Mais enfin vous n’y songez pas ! Une femme n’a jamais rien fait dans la recherche. Vous devriez envisager une réorientation de votre carrière. Vous n’aurez jamais de poste à l’Institut Pasteur. » À mon retour, j’ai obtenu un poste statutaire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et non pas à l’Institut Pasteur. Mais c’est malgré tout à l’Institut Pasteur que toute ma carrière s’est déroulée. Après la découverte du virus du Sida, la personne en question m’a téléphoné pour me féliciter, sans se souvenir de ce qu’elle avait pu me dire lorsque j’étais jeune. C’est moi qui lui ai rappelé « Ah, vous voyez, les femmes, ça peut aboutir dans une carrière de chercheur ! » Il s’est excusé.

Cela montre l’évolution qui a eu lieu dans les mentalités, mais aussi ce qu’était le contexte de l’époque et la perception des carrières des femmes dans le domaine de la recherche. D’ailleurs, à Pasteur, le nombre de femmes professeurs se comptait sur les doigts d’une main. J’ai tendance à dire aux plus jeunes que la vie d’un chercheur est un combat pour répondre à des questions scientifiques importantes, mais aussi un combat au sein de la communauté scientifique. Des difficultés qui existaient autrefois, certaines sont restées les mêmes – voire ont empiré, comme l’accès aux postes – et d’autres sont différentes, notamment les lourdeurs administratives et la complexité de la gouvernance de la recherche.

Votre prix Nobel a-t-il changé les choses ?

Quand j’ai eu mon prix Nobel en 2008, ma carrière était faite. J’avais organisé mon unité de recherche de telle sorte que j’y avais déjà des responsables d’équipe. Heureusement, le prix Nobel n’est pas accordé plus tôt dans une carrière parce qu’il désorganise totalement vos activités. J’ai été, et continue à être, sollicitée tous les jours, et plusieurs fois par jour, depuis la France et l’étranger. Mais finalement, cela correspond aussi une évolution naturelle de la vie d’un chercheur. J’ai regretté pendant longtemps de ne plus pouvoir travailler moi-même « à la paillasse ».

À partir d’un certain stade, notre rôle est d’encadrer et de former les jeunes, de rechercher des financements. Cela occupe la majeure partie du temps, jusqu’à devenir de l’administration de la recherche. Et il ne reste plus de temps, justement, pour se consacrer soi-même à des expérimentations. Il faut s’assurer que les plus jeunes évoluent, pour prendre des responsabilités. J’ai toujours estimé que je devais encadrer et former les jeunes pour que, pas à pas, ils deviennent eux aussi des leaders. Avec l’administration de la recherche, cela prend 100% du temps.

À cela s’ajoute la nécessaire participation à des conférences à l’étranger pour avoir de la visibilité et accéder ensuite à des financements. À la fin de ma carrière, au moment du prix Nobel en 2008, j’avais heureusement déjà des leaders qui pouvaient prendre le relais au sein de mon équipe.

La recherche en France et ses mutations

Est-ce plus difficile d’être jeune chercheur aujourd’hui ?

Deux grands points peuvent être évoqués. Le premier, ce sont les difficultés des jeunes chercheurs et des équipes pour obtenir des financements, pour être payés à la fin du mois. Un ministre de la Recherche m’a demandé un jour pourquoi les jeunes avaient de moins en moins d’attirance pour la recherche. « Est-ce parce que le grand public n’a plus confiance en la science ? », m’a-t-il demandé. Je lui ai répondu que je ne ressentais pas du tout de méfiance du public envers les scientifiques. Les choses ont peut-être évolué ces derniers temps, mais à l’époque, je ne le ressentais pas comme ça. Simplement, la recherche est un parcours du combattant pour un jeune qui, à 30 ans, voire plus, responsable d’une famille, n’a toujours pas de poste permanent et donc de salaire assuré.

Cela a évolué et s’est encore durci au fil du temps. La loi Sauvadet, qui était une catastrophe, est aussi un élément à prendre en compte qui n’existe pas à l’étranger. Quand les jeunes chercheurs ne peuvent plus rester dans les laboratoires à cause d’un épuisement des sources de financement de CDD et de l’impossibilité d’obtenir un CDI ou un poste statutaire d’un organisme de recherche, ils partent à l’étranger. Encore faut-il qu’ils y trouvent des laboratoires d’accueil. Sinon, ils doivent revoir leur plan de carrière. Cette situation est particulièrement grave en France.

Et quand les jeunes chercheurs arrivent enfin à avoir un poste statutaire, entre 30 et 35 ans, un décalage existe entre le faible niveau de leurs salaires et ceux de personnes qui travaillent dans le privé ou dans l’administration. Cela fait tristement sourire, d’autant plus que les heures de travail nécessaires pour être compétitif au niveau international ne peuvent être comptées.

Je suis d’ailleurs surprise de voir les jeunes, aujourd’hui, essayer de respecter les 35 heures, car cela ne permet pas d’être un chercheur compétitif au niveau international. La législation en France est un frein à l’évolution d’une carrière de chercheur. J’ai reçu dans le passé des remontrances de direction des ressources humaines, parce que j’avais autorisé des chercheurs post-doctorants et statutaires de mon équipe à travailler au-delà de 21 heures, voire 22 heures s’il le fallait. Mais comment expliquer à des associations et à des représentants de patients que l’on a reçu des prélèvements de patients tardivement, et qu’on a dû les jeter parce qu’on n’est pas autorisé à travailler ces échantillons au-delà de certains horaires ?

Ces quelques exemples de situations rencontrées par un chercheur sont inadmissibles et démotivent les jeunes. Autrefois, un jeune chercheur pouvait, s’il le devait, travailler jusqu’à minuit, voire des nuits entières… Il m’est arrivé de dormir au laboratoire parce que je devais surveiller des expériences, et qu’il n’y avait qu’une heure ou deux entre chaque prélèvement. Aujourd’hui, cela ne serait pas possible selon la législation. Aux États-Unis, par exemple, ce sont souvent les plus jeunes qui travaillent tardivement le soir ou le week-end dans les laboratoires.

L’autre problème est celui du millefeuille administratif. L’administration de la recherche en France est incompréhensible et d’une lourdeur incroyable. Il faut faire des demandes de crédits, des rapports sur les contrats que l’on a obtenus, des rapports d’activité – les nôtres, en tant que chercheurs – mais aussi encadrer les plus jeunes pour qu’ils apprennent à faire leurs propres rapports d’activité.

Heureusement, ces rapports d’activité individuelle, qui étaient annuels, sont maintenant à rédiger le plus souvent tous les deux ans. C’est différent pour les rapports concernant les contrats, qui sont souvent d’une durée de trois ans maximum, et qui impliquent fréquemment un rapport intermédiaire d’état d’avancement des travaux en plus d’un rapport de fin de contrat. Mais il est impossible de n’avoir qu’un seul contrat, puisque ce sont des financements assez modestes. Il faut donc les multiplier pour faire vivre un laboratoire, et plus on multiplie les contrats, plus on multiplie les demandes, plus on multiplie les rapports… C’est une triste réalité de la vie au quotidien des chercheurs…

Il est impensable qu’en France les formats des rapports entre les organismes de recherche ne puissent être uniformisés. Un même rapport ne peut être utilisé pour deux organismes ou agences de financement, parce que les formats demandés ne sont pas les mêmes. Il faut repartir à zéro à chaque fois. Tout ce temps passé à rédiger de la « paperasse » ne peut pas être passé à la « paillasse », ni consacré à la réflexion scientifique. Aux États-Unis, les contrats de recherche impliquent des sommes beaucoup plus conséquentes, et peuvent s’étendre au-delà de trois ans sur des durées de cinq ans, voire plus.

Il y a encore la question de l’évaluation de la recherche. Lorsque je présidais les Assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 2012, des représentants du ministère de l’Économie et des Finances avaient avancé l’idée que les chercheurs étaient bien trop dépensiers et que la question de leur utilisation de ces financements de la recherche se posait… Ils semblaient donc ignorer tous les niveaux d’évaluation de la recherche incluant rapports sur les contrats, rapports d’activités des chercheurs, l’évaluation des entités de recherche tous les cinq ans par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), etc. Lors de cette évaluation par le Hcéres, les chercheurs doivent alors se remettre en question totalement, rédiger un rapport et une analyse stratégique en perspective pour les cinq ans à venir. Ensuite, un ensemble d’experts nationaux et internationaux donne son avis. Je vois la présence de ces chercheurs étrangers comme une très bonne chose, parce que cela permet plus d’objectivité. Ces experts donnent un avis, auquel on doit ensuite répondre. Je ne pense pas qu’il y ait autant de niveaux d’évaluation pour les personnes qui travaillent au ministère de l’Économie et des Finances.

L’évaluation non plus n’est pas coordonnée entre les organismes de recherche. Par exemple, pour un chercheur qui relève du Centre national de la recherche (CNRS) et de l’Institut Pasteur, les évaluations des deux organismes n’ont pas toujours lieu au même moment. Il y a plus de concertation aujourd’hui, mais chaque organisme exige encore souvent d’être représenté pour l’évaluation du Hcéres, et que celle-ci soit ensuite validée devant son propre conseil scientifique. La gouvernance de la recherche en France manque de coordination. Sa complexité nuit à la visibilité internationale de la recherche française.

Pensez-vous qu’on puisse parler d’un déclin de la recherche française ?

Oui, il y a un déclin de la recherche française, qui n’en est qu’à ses débuts, à mon sens. De moins en moins de jeunes veulent rentrer dans un parcours de scientifique, parcours qui n’est pas valorisé. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut reconnaître un doctorat universitaire dans les grandes administrations françaises. Cela ne se fait toujours pas. Pour rentrer dans les ministères ou dans les grandes administrations, le doctorat d’État n’est pas bien reconnu, contrairement aux parcours dans de grandes écoles.

Au Royaume-Uni, les docteurs d’État sont mieux intégrés, mais ce n’est pas le cas en France. C’est un handicap pour l’avenir, parce que cela limite aussi les envies d’engager une carrière scientifique pour les jeunes, sachant que le nombre de postes est très limité et que les ouvertures vers les grandes administrations n’existent pas, ou très peu. Je ressens très bien qu’il y a de moins en moins de jeunes qui veulent rentrer dans ce parcours, et je les comprends.

Le rôle de l'Etat

Que pensez-vous des instances dont vous avez été membre ou que vous avez présidé ?

Quand je faisais partie du Conseil stratégique de la recherche, j’avais l’impression de venir dans une chambre d’enregistrement où tout était décidé à l’avance, et que nous étions là pour apporter notre signature à des décisions qui étaient déjà prises. Nous avions pourtant recommandé la mise en place de ce Conseil lors des Assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 2012, mais son fonctionnement n’était pas celui espéré.

Quant au Comité analyse, recherche et expertise (CARE), il n’a existé que quelques mois en 2020 pour formuler des avis ou conseils concernant les priorités scientifiques en réponse à la pandémie de Covid-19 auprès au ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et du ministère des solidarités et de la santé. Notre comité a rapidement constaté un bel élan de la part du monde de la recherche en réponse à cette épidémie mais un manque de structuration et de coordination des programmes et des financements. Ce constat lié, tout du moins en partie, à la complexité du système français de la recherche, déjà évoqué, nous a conduit à recommander à l’époque de transformer rapidement l’Agence nationale de la recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS), qui a largement fait ses preuves dans l’animation, le financement et la coordination de la recherche, en une Agence nationale de la recherche sur les maladies infectieuses émergentes (ANRS-MIE), intégrant le programme REACTing de l’Inserm. L’ANRS-MIE a été créée en janvier 2021 seulement avec un budget très limité et surtout non pérenne à sa création.

Est-ce que vous avez le sentiment qu’il y a quand même des responsables publics qui sont soucieux de cette question de la recherche ?

Oui, il y en a. Mais pour changer les choses, il faut surmonter des obstacles énormes, y compris au niveau des syndicats. Ce qui fait que les hommes et les femmes politiques s’arrêtent en cours de route, sachant que leurs mandats ne permettront pas à leur mission d’aboutir à court terme.

Est-ce qu’il existe des relais entre les générations de chercheurs ?

C’est très variable selon les chercheurs. Je n’ai jamais été enseignante à proprement parler. J’ai enseigné quand on me le demandait à l’université, dans mon domaine de compétences et toujours de façon à ne pas prendre trop de temps sur la recherche. Si un chercheur doit enseigner en plus des tâches administratives qui lui incombent, il ne pourra être ni un bon enseignant, ni un bon chercheur, à mon avis. Certaines personnes ne sont pas forcément de très bons chercheurs, mais seraient de très bons enseignants. Les deux filières devraient coexister, sans obliger la même personne à exercer deux métiers.

Quant à mon équipe, j’ai toujours des liens avec elle. Ce n’est pas forcément pour des activités de conseil, parce que je m’y refuse. Bien sûr, ponctuellement, je réponds à leurs questions avec plaisir, mais j’estime qu’ils sont désormais des leaders eux-mêmes. Je considère les chercheurs de mon équipe comme faisant partie de ma famille, c’est dans ce sens que je garde contact avec eux. Je pense avoir toujours eu d’excellentes relations avec eux. Entre nous, gentiment, ils m’appellent « mamie Nobel ».

Selon vous, a-t-on manqué d’argent pour faire un vaccin contre la Covid-19 en France ?

L’ensemble des financements doivent-ils venir de l’État ? Je pense que oui, en tout cas pour la recherche fondamentale. Il faudrait sinon faciliter aussi l’accès aux financements au niveau de l’Europe. Beaucoup d’aspects sont à revoir pour favoriser l’accès à des contrats européens, qui sont eux aussi d’une grande lourdeur administrative au détriment de la partie scientifique. On peut se demander sur la base de quels critères il est possible de juger des programmes de recherche avec des volets scientifiques aussi faibles, mais énormément de volets administratifs. Finalement, un nouveau métier a été créé et il coûte cher aux chercheurs. En effet, pour faire des demandes de financements au niveau européen, ils font appel à de très coûteux consultants extérieurs qui ont les compétences administratives et économiques pour remplir leurs dossiers.

L’accès à des financements européens, voire internationaux, doit être facilité. Pour l’avoir expérimenté, et plus récemment certains de mes collaborateurs, on est bloqué quand on essaye de s’associer à des équipes à l’étranger. Par exemple, pour obtenir des fonds de l’agence de recherche des National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis, il est nécessaire d’être associé à des équipes américaines. Pour la France, c’est particulièrement difficile, là encore, à cause de la lourdeur de la législation française qui impose des memorandums of understanding entre les organismes de recherche. Parfois, plus d’une année ou deux sont nécessaires pour les obtenir des services juridiques des organismes de recherche français. Certains chercheurs perdent le contrat, alors qu’ils étaient associés à des équipes à l’étranger, parce qu’ils n’ont pas pu obtenir les autorisations juridiques de leur institution. Nous parlons de la recherche française, mais selon moi, c’est de la recherche tout court. La collaboration internationale est indispensable pour avancer aujourd’hui.

Concernant le vaccin contre la Covid-19 plus spécifiquement, plusieurs types de recherche entrent en jeu. La recherche fondamentale d’abord, qui ne peut donc être financée selon moi que par de l’argent public, sauf si on peut engager une collaboration avec une compagnie pharmaceutique dès l’initiation du projet. Pour cela, encore faudrait-il disposer de compagnies pharmaceutiques en France capables de jouer le jeu. Cela aussi limite les partenariats public-privé. Le Gouvernement aujourd’hui essaie de les multiplier, mais le temps est long pour que tout cela se mette en place… À l’étranger, il existe beaucoup plus de sociétés susceptibles d’intervenir dans ces partenariats, notamment aux États-Unis et dans les pays asiatiques.

Quant au développement des vaccins, cela ne peut être fait qu’au niveau des compagnies pharmaceutiques, donc privées. On en revient aux partenariats entre les laboratoires publics et privés. Cela explique peut-être en partie pourquoi on n’a pas de candidat-vaccin en France. Cependant, je ne sais pas si cela peut faire l’objet de critiques, parce qu’il n’est question que des candidats-vaccins qui ont abouti. Je pense justement qu’une des forces de la France serait la recherche fondamentale concernant la compréhension des mécanismes de protection qu’un vaccin peut induire. Mais là encore, si nous voulons aboutir, faisons des partenariats et travaillons en consortiums. La recherche du futur, ce sont les gros consortiums. Pas la petite équipe au fond de son laboratoire.