Douze questions sur le coronavirus et le COVID-19

Des mesures de confinement ont été décidées pour endiguer la propagation du coronavirus. Pour mieux comprendre ce qu'est le COVID-19, l'essentiel en douze questions-réponses.

11 minutes

Coronavirus ou COVID-19 ?

Le coronavirus, ou "virus à couronne", tire son nom de l’aspect de ses particules virales qui évoque une couronne solaire. Il existe toute une famille de coronavirus, dont certains affectent différents animaux, d’autres l’homme. Chez l’homme, ces virus peuvent provoquer des infections respiratoires bénignes, comme un rhume, mais aussi conduire à des pathologies pulmonaires plus graves, de type pneumonie. Ils sont également à l’origine d’épidémies mortelles.

Le coronavirus responsable de la crise sanitaire actuelle est apparenté au syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV). Il a ainsi été désigné comme coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2).

Le 11 février 2020, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné un nom à la maladie provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Cette maladie s'appelle COVID-19, abréviation de " Corona Virus Disease 2019".

Où ce virus est-il apparu ?

C’est dans la sixième ville chinoise, Wuhan, dans la province de Hubei à l’est du pays, que le coronavirus a été détecté pour la première fois. D'après les informations transmises à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) par les autorités chinoises, le virus a pour point de départ un marché aux poissons de la ville. 

L'origine du virus serait une zoonose, c’est-à-dire une maladie animale qui aurait été transmise à l'homme. Selon l’OMS, 60% des maladies infectieuses humaines existantes ont pour origine des transmissions entre êtres humains et animaux.

L’origine est probablement due à des déjections de chauve-souris qui se sont retrouvées dans la nourriture consommée par d’autres animaux. Les virus de chauve-souris ne possèdent pas les récepteurs pour se fixer aux humains, l’animal intermédiaire identifié serait un pangolin, un mammifère beaucoup consommé en Chine. Il s’agit d’un des animaux les plus braconnés au monde. 

Comment le coronavirus se transmet-il ?

D'origine animale, le SARS-CoV-2 se transmet aussi d’homme à homme. La maladie COVID-19 se transmet par voie aérienne via les gouttelettes projetées en toussant ou en éternuant, par contacts directs avec des sécrétions ou liquides biologiques, ou encore par l’intermédiaire d’un objet contaminé.

On considère qu’un contact étroit avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie : même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou d’une discussion en l’absence de mesures de protection. 

Un des vecteurs privilégiés de la transmission du virus semble le contact des mains non lavées, c’est-à-dire, les mains sur des surfaces infectées qu’on pose ensuite sur la bouche, le nez ou les yeux. 

En fonction des températures et du taux d'humidité, le virus peut survivre quelques heures, voire quelques jours, sur des surfaces différentes si elles ne sont pas désinfectées.

Les animaux domestiques peuvent-ils transmettre la maladie ?

La question sur une potentielle transmission entre les humains et leurs animaux domestiques a été posée à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Selon un avis de l'Anses du 9 mars 2020 complété le 15 avril 2020, aucun élément ne permet de penser que les animaux domestiques (animaux d'élevage et de compagnie) jouent un rôle dans la propagation du virus, quand bien même le virus SARS-CoV-2 semble avoir, par sa structure génétique, pour source initiale un animal.

Quels sont les gestes barrières ?

Pour se protéger et protéger les autres d’un risque de contamination, il est nécessaire de respecter les gestes suivants :

  1. Se laver très souvent les mains
    Quand ? 
    Avant de préparer le repas, de le servir ou de manger
    Après s’être mouché, avoir toussé ou éternué
    Après toute sortie extérieure
    Après avoir pris les transports en commun
    Après avoir rendu visite à une personne malade
    Comment ?
    Avec un savon liquide ou une solution hydro alcoolique et pendant 30 secondes, frotter les ongles et le bout des doigts, la paume et l’extérieur des mains, les jointures des doigts et les poignets. Le séchage doit se faire avec une serviette propre ou à l’air libre.
  2. Tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir à usage unique, puis le jeter et se laver les mains
  3. Éviter de se toucher le visage (les yeux, le nez et la bouche sont des portes d’entrée pour le virus)
  4. Ne pas se serrer la main ou s’embrasser.

À compter du 11 mai, l'État, en lien avec les maires, permettra également à chacun de se procurer un masque grand public.

Le saviez-vous ?

Pendant les courses alimentaires, il est important de laisser une distance d’un mètre entre deux personnes et de privilégier les horaires moins fréquentés du magasin. Le virus reste vivant quelques heures sur les surfaces (caddie, emballages alimentaires,  fruits et légumes etc.), il ne faut pas se toucher le visage et il faut se laver les mains en rentrant.

Pourquoi des mesures de confinement ont-elles été décidées ?

Le confinement limite les interactions sociales de manière contraignante. Il a pour objectif de "contenir la dissémination du virus et aussi de préserver les systèmes de soin" (Emmanuel Macron, 16 mars 2020). Il a été mis en place en France le 17 mars 2020 à 12 heures. D'après la déclaration du président de la République du 13 avril 2020, il doit s'appliquer jusqu'au lundi 11 mai 2020.

Six motifs ont justifié l'adoption de mesures de confinement : 

  • en l’absence actuelle de vaccin et de médicament antiviral fonctionnant efficacement contre le virus, le confinement est une alternative à la propagation du virus ;
  • il réduit le nombre de cas au pic de l’épidémie en faisant en sorte qu’un malade symptomatique ou asymptomatique contamine le moins de personnes ;
  • il limite le nombre de malades qui auront besoin de réanimation et permet de prendre en charge les malades sans que les services soient débordés ;
  • le coronavirus est un virus souvent invisible, les contacts entre individus rapprochés sont donc une aubaine pour le virus ;
  • le virus peut être mortel chez l’adulte à tout âge ; 
  • le confinement semble avoir fait ses preuves dans des pays fortement touchés par l'épidémie et qui l’ont appliqué, comme la Chine ou l’Italie.

Quels sont les symptômes ?

Toux, fièvre : tels sont les signes les plus courants de la maladie. Néanmoins, d'autres symptômes moins fréquents peuvent se manifester comme par exemple la perte de goût et de l'odorat.

Si le coronavirus peut infecter les individus sans déclencher de symptômes ou induire une simple fièvre, il peut, à l'inverse, impliquer des complications respiratoires de type pneumonie chez des personnes immunodéprimées et provoquer le décès de la personne infectée.

Selon le ministère de la santé, les premiers symptômes de la maladie apparaissent après une période d'incubation qui peut être variable. Ce délai a été estimé en moyenne de 3 à 5 jours, avec des extrêmes de 2 à 14 jours. Mais de plus longues périodes d'incubation ont été observées depuis.

Les symptômes s'installent de façon progressive et s'apparentent à des syndromes grippaux bénins. La maladie peut commencer par des symptômes peu spécifiques comme un simple rhume avec des maux de gorge, des maux de tête, des courbatures et de la fatigue. Puis, peuvent apparaitre les symptômes les plus courants du virus à savoir la fièvre et une toux sèche. C'est à ce stade qu'un diagnostic peut être établi pour le différencier de la grippe saisonnière.

D'après les premières études descriptives provenant de Chine, c'est à la fin de la première semaine en général, que la maladie peut aboutir à une infection pulmonaire avec des signes de difficultés respiratoires et une sensation d'essoufflement. Ces anomalies pulmonaires sont détectables radiologiquement et montrent presque toujours une pneumonie. Les cas sévères évoluent ensuite en détresse respiratoire qui nécessite des soins intensifs (oxygénothérapie, ventilation assistée…).

Quelle évolution du nombre de cas confirmés de COVID-19 en France ?

Y a-t-il un traitement pour soigner le COVID-19 ?

Il n’existe actuellement ni traitement, ni vaccin contre le COVID-19, selon le ministère de la santé. Le traitement est donc symptomatique, c’est-à-dire qu’il consiste à soulager les symptômes en prenant des médicaments contre la fièvre et les courbatures.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a pris des mesures pour favoriser le bon usage du paracétamol en respectant la posologie. La prise d’anti-inflammatoires (ibuprofène, aspirine) ou de corticoïdes (cortisone) est formellement déconseillée car ces médicaments pourraient causer une aggravation de la maladie.

Pour sa part, l’OMS a émis une mise en garde contre l'automédication et rappelle notamment que les antibiotiques sont inefficaces contre les maladies virales comme le coronavirus. Pour éviter la consommation excessive de médicaments, le gouvernement a publié un arrêté le 17 mars 2020  qui suspend jusqu'à fin mai leur vente sur internet (ibuprofène, aspirine, paracétamol…)

L’ANSM a annoncé que la vente de paracétamol serait restreinte à partir du 18 mars 2020 afin d’empêcher un stockage abusif. Les pharmaciens pourront désormais délivrer sans ordonnance une seule boîte de paracétamol aux patients sans symptômes, et deux boîtes à ceux qui présentent des symptômes.
 

Combien de déclarations de décès répertoriées en France en mars et avril 2018, 2019 et 2020 ?

Où en est la recherche contre le COVID-19 ?

En Europe et partout dans monde, les chercheurs travaillent sur plusieurs pistes de traitement contre le COVID-19. En France, vingt projets de recherche sont actuellement menés par les institutions scientifiques comme le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), l'Institut Pasteur ou encore l'Inserm.

Un grand essai clinique promu par l'Inserm a été mis en place à l’échelle européenne pour tester l'efficacité de quatre traitements, dont deux antiviraux (le remdesivir utilisé contre le virus Ebola et le Kaletra, une association de deux antiviraux, lopinavir et ritonavir, utilisée contre le VIH). Par ailleurs, sont également testés l’association lopinavir-ritonavir-interféron bêta et enfin l’hydroxychloroquine. Au total, 3 200 patients européens atteints du coronavirus vont être testés, dont 800 en France (au 24 avril, 620 patients ont pu être recrutés en France).

Il y a donc de nombreuses pistes thérapeutiques mais leur efficacité et leur innocuité doivent être encore démontrées. Par conséquent, à ce jour, aucune n’est favorisée et donc aucun traitement spécifique n’a été validé.

Par ailleurs, un essai clinique mené à l’institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, portant sur la chloroquine, un médicament utilisé dans le traitement du paludisme, a également été jugé "prometteur" par le gouvernement. Le ministre de la santé, Olivier Véran, a autorisé un essai plus vaste dans d’autres hôpitaux et sur un plus grand nombre de patients.

SRAS, H1N1, coronavirus, quelles différences ?

SARS-CoV, MERS, SARS-CoV-2 appartiennent tous à la famille des coronavirus. La grippe de type H1N1 n’en fait pas partie.

Il existe un grand nombre de coronavirus, la plupart n’entraînent que de simples rhumes, mais trois d’entre eux peuvent provoquer ou ont provoqué des maladies particulièrement graves :

  • le SARS-CoV : le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS en français), découvert en Chine en 2002 ;
  • le MERS-CoV : le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, repéré en 2012, en Arabie Saoudite ;
  • le SARS-CoV-2 : responsable de l'épidémie de COVID-19.

Tous les coronavirus ne produisent pas les mêmes effets. Dans le cas du COVID-19 comme dans le cas du MERS, les infections déclenchent des effets très différents selon les personnes affectées. 

Le virus A, de type H1N1 n’est pas un coronavirus. Selon l’Inserm, il est probablement issu d’un réassortiment entre plusieurs virus d’origine porcine, aviaire et humaine. Sa période d’incubation varie de trois à six jours alors qu’elle peut atteindre jusqu'à 14 jours pour le COVID-19. L’une des particularités de la grippe H1N1 réside dans le fait que les formes sévères ont surtout touché les 15-64 ans. Selon l’Inserm, cette tranche d’âge représente 66% des décès contre 7% en moyenne pour la grippe saisonnière. Depuis 2012, la souche H1N1 est intégrée au vaccin anti-grippal.

Pour suivre les informations officielles 

Le gouvernement propose un fil d'actualité sur le COVID-19