Le Nutri-Score en cinq questions

Mis en place en France en 2017, l'étiquetage nutritionnel Nutri-Score s'applique aujourd'hui dans sept pays et s'appuie sur une gouvernance transnationale. En juillet 2022, cette gouvernance a adopté une mise à jour de l'algorithme du Nutri-Score. Le point en cinq questions.

Qu'est-ce que le Nutri-Score ?

Le Nutri-Score trouve son origine dans la loi Santé du 26 janvier 2016. À sa suite, le ministère de la santé a chargé Santé publique France de créer un système d’étiquetage nutritionnel à l’attention des consommateurs. Cet étiquetage vise à les informer rapidement de la qualité des produits pour les orienter vers des achats plus favorables à l'équilibre nutritionnel.

Un arrêté pris le 31 octobre 2017 fixe les modalités de calcul du score nutritionnel d’un aliment, qui détermine son classement dans une échelle de cinq couleurs.

L’indice correspondant à un produit alimentaire donné, sur l’échelle du Nutri-Score, figure sur l’emballage. Il prend la forme d’un étiquetage nutritionnel coloré, conçu pour être aisément et rapidement compréhensible pour tous les consommateurs.

Les aliments sont indexés en cinq catégories, allant de la catégorie A, figurée en vert, à la catégorie E, sur fond orange foncé. Le principe du logo du Nutri-Score rappelle celui du feu de circulation : du vert au rouge, la qualité nutritionnelle des aliments se dégrade, en fonction des critères de classement retenus.

Les critères du Nutri-Score favorisent les fibres, les fruits et légumes, les protéines, les légumes secs, etc. En revanche, les acides gras saturés, le sucre ou le sel en excès, et d’une façon globale, les aliments trop caloriques, figurent en fin de classement.

L'étiquetage des produits selon le Nutri-Score n'est pas obligatoire. Les entreprises qui souhaitent le voir apposé sur leurs produits s'inscrivent sur une plateforme.

Depuis 2017, quels résultats pour le Nutri-Score ?

Comme prévu dans la loi de 2016, un bilan de l’Observatoire de l’alimentation (Oqali) et de Santé publique France, publié le février 2021, a été consacré à l’impact de cette réglementation, trois ans après sa mise en place.

Il en ressort que, en septembre 2020, 500 entreprises de l’agroalimentaire sont entrées dans le système du Nutri-Score. Cela équivaut à 50% des volumes commercialisés. Ce sont les marques de distributeurs et les marques nationales qui affichent la progression la plus notable. Parmi les étiquetages, la catégorie A prédomine, avec près d’un tiers des références.

Si l’usage du Nutri-Score n’est pas imposé aux industriels, il s’est rapidement répandu depuis 2017. Nombre de consommateurs ayant modifié leurs achats en fonction du Nutri-Score, l’industrie agro-alimentaire a été incitée à adopter cette logique d’information nutritionnelle.

Le dispositif est identifié par 93% des consommateurs. Un tiers des Français interrogés le jugent déterminant dans leurs achats. Plus d’un sur deux déclare même avoir changé ses habitudes de consommation depuis sa mise en place. Enfin, le bilan met en avant l’impact de ce logo sur la santé, pour les personnes consommant des aliments mieux classés.

Le Programme national nutrition santé 2019-2023 recommande la poursuite du développement du Nutri-Score, notamment en l'étendant aux produits vendus en vrac et à la restauration collective.

Existe-t-il un étiquetage nutritionnel européen ?

Depuis 2017, en plus, de la France, plusieurs États européens ont adopté le dispositif du Nutri-Score : la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suisse.

Un mécanisme de coordination transnational s'est mis en place pour l'utilisation du Nutri-Score :

  • un comité de pilotage réunit les représentants des autorités nationales chargées de la mise en œuvre du Nutri-Score. Il coordonne le déploiement de l'étiquetage ;
  • un comité scientifique est chargé d'évaluer les évolutions possibles du Nutri-Score (révision de son algorithme).

En octobre 2021, le Parlement européen, dans le cadre de la stratégie "De la ferme à la table", a voté pour un système harmonisé et obligatoire d’étiquetage nutritionnel sur les emballages au niveau de l’Union européenne. À partir des recommandations de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA), la Commission européenne doit présenter un étiquetage qui s'imposera à tous les États de l'Union. Il n'est pas acquis que le Nutri-Score soit retenu.

Pourquoi une modification de l'algorithme en 2023 ?

C’est une classification des produits, selon divers critères, qui permet l’étiquetage Nutri-Score, tel qu’on le trouve en rayon. L’application de ces critères repose sur un algorithme sous-jacent.

Pour attribuer son index à un produit commercialisé, l’algorithme se fonde sur la quantification des nutriments qui le composent. Concrètement, il s’agit de l’analyse nutritionnelle d’une quantité de 100 g, ou 100 ml, de céréales pour le petit déjeuner, de yaourts, de biscuits….

Cet algorithme n’a pas été retouché depuis le lancement du dispositif Nutri-Score. Le comité scientifique de la gouvernance transnationale a présenté des pistes d’évolution de l’algorithme pour une meilleure classification des aliments, en cohérence avec les recommandations alimentaires. Il ne s’agit pas de révolutionner l'algorithme, mais plutôt d’affiner, de nuancer son fonctionnement.

Changement de l'algorithme : quel impact ?

La gouvernance transnationale a adopté la révision proposée de l'algorithme le 26 juillet 2022. Quelles sont les changements attendus avec ces modifications de l’algorithme ? Il s’agit, dans cinq domaines, d’aider :

  • à mieux identifier les poissons gras et le saumon comme des aliments sains ;
  • à mieux différencier produits laitiers non sucrés et sucrés, mais aussi les différents types de fromage ;
  • à mettre en avant les huiles moins riches en graisses saturées (olive, noix, colza…), ainsi que les aliments qui en contiennent ;
  • à mieux distinguer les aliments complets riches en fibres et les produits raffinés (riz, pâtes, pain…) ;
  • à identifier les produits selon leur teneur en sucre ou en sel : ainsi, les céréales à teneur en sucre élevée passent de A à C.

Certains produits transformés, plats prêts à réchauffer ou pizzas congelées par exemple, ne pourront plus obtenir un Nutri-Score vert (A ou B).

Fin 2022, le comité scientifique doit présenter des propositions de révision de l'algorithme pour l'étiquetage des boissons.