Rapport d'information (...) sur le continuum entre sécurité et développement

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L’observation des guerres qui ont ponctué les vingt ou trente dernières années, montre que le conflit y naît moins de l’affrontement des volontés politiques symétriquement opposées de deux États que de facteurs de violence plus diffus, moins aisés à saisir et donc à traiter. Si les guerres «classiques» ne peuvent être totalement exclues, les «risques de la faiblesse», qu’identifiait bien le Livre blanc sur la sécurité et la défense nationale de 2013 pour les distinguer des «menaces de la force», constituent un prisme d’analyse pour nombre des crises actuelles, en premier lieu au Sahel. Dans celles-ci, les racines de la violence sont moins à rechercher dans des stratégies politico-militaires que dans des dysfonctionnements plus structurels, des déséquilibres dans le développement des États et des sociétés. Le développement n’est pas à voir seulement comme un phénomène économique : c’est un processus plus profond de transformation des sociétés, dans lequel l’existence d’une forme de «contrat social» et la construction d’institutions robustes tiennent une place primordiale.
Ce cadre d’analyse est fondamental pour la planification et la conduite des opérations de gestion de crise. Dès lors qu’une puissance comme la France décide d’intervenir dans le règlement de ce type de crises, elle ne peut espérer le faire efficacement sans en traiter les causes profondes, c’est-à-dire les déséquilibres qui affectent le développement de la région en crise. C’est dans cette optique que la France, comme d’autres puissances occidentales, a cherché à mieux articuler son action militaire, son offre de coopération, ses programmes d’aide au développement et sa diplomatie. La mise en oeuvre de la stratégie pour le Sahel élaborée en 2017 a constitué la première application de méthodes nouvelles de travail décloisonné, suivant une logique de continuum entre sécurité et développement. Les rapporteurs se sont attachés à en étudier les modalités et à en esquisser un premier bilan, sur la base duquel ils formulent plusieurs axes de recommandations.