Présentation

Représentant seulement 1% de la surface des océans, la mer Méditerranée relie 22 États, abritant près de 520 millions d’habitants. Pont entre plusieurs continents et civilisations, la Méditerranée contribue à sceller une communauté de destins entre ces pays. L’espace méditerranéen est relativement petit : un jour de navigation suffit pour parcourir les 700 kilomètres du Nord au Sud et quatre jours pour les 3 600 kilomètres d’Est en Ouest. La Méditerranée est également un bien commun mondial, en raison notamment de son insertion dans les flux économiques internationaux. Elle constitue le lieu de transit de 25% du trafic maritime mondial, de 30% du transport pétrolier mondial et de 65% des flux énergétiques vers l’Union européenne. La Méditerranée est également un des trois principaux axes mondiaux pour le passage des câbles sous-marins de télécommunication par lesquels transite 99% du flux d’information mondial et dont la sécurisation constitue un défi majeur pour les États. Or, ce bien commun est aujourd’hui menacé. D’espace partagé, la Méditerranée est devenue un espace toujours plus contesté, cristallisant les tensions, les rapports de force et les rivalités entre puissances. D’espace relativement permissif pour les forces armées françaises, la Méditerranée est devenue l’épicentre des stratégies de sanctuarisation territoriale et de logiques de déni d’accès. D’interface rapprochant les pays des deux rives, la Méditerranée est plus que jamais devenue le foyer de crises multiples.

Les évènements de ces dernières années sont symptomatiques de cette résurgence des tensions dans l’ensemble du bassin méditerranéen : conflit en Libye, instabilité de certains pays de la rive Sud, remise en cause du statu quo dans les conflits gelés de Chypre et du Sahara occidental, contestation des frontières maritimes, escalade des tensions en Méditerranée orientale, dans un contexte de découverte d’importantes ressources énergétiques. Si cette dégradation sécuritaire en Méditerranée est naturellement multifactorielle, elle est néanmoins alimentée par un fait majeur et relativement récent : le retour des stratégies de puissance en Méditerranée. Ce phénomène concerne aussi bien les puissances régionales, telles que la Turquie, qui développent une politique d’affirmation illustrée par un réarmement massif, que les puissances extérieures, telles que la Russie, qui s’implantent de façon croissante en Méditerranée. Cette affirmation des logiques de puissance dans l’espace méditerranéen intervient en outre dans un contexte de relatif retrait des États-Unis, qui a créé un vide stratégique dans la zone dont ont profité les compétiteurs mondiaux. Certes, d’autres foyers de tension que la Méditerranée concentrent actuellement l’attention politique et médiatique. 

C’est dans ce contexte que la commission de la Défense nationale et des forces armées a créé cette mission d’information relative aux enjeux de défense en Méditerranée.

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Sommaire

INTRODUCTION

PREMIÈRE PARTIE : UN ESPACE CRISOGÈNE

I. DES ÉTATS DE LA RIVE SUD FRAGILISÉS
A. LA LIBYE : LE SPECTRE D’UN ÉTAT FAILLI
1. La crise libyenne, foyer de déstabilisation
2. Une situation encore précaire
3. Les menaces en cas de résurgence du conflit

B. DES ÉTATS SOUS TENSIONS
1. L’Algérie à un tournant : transition ou bouleversement ?
2. La Tunisie face au risque de décomposition politique
3. Le Maroc, un pôle de stabilité en proie à des tensions persistantes
4. L’Égypte face à des défis sociaux et sécuritaires

C. LA MULTIPLICATION DES FLUX ILLICITES
1. Des flux migratoires illicites en forte recomposition
2. Le trafic d’armes : le risque de prolifération


II. DES TERRITOIRES DISPUTÉS
A. CHYPRE : AU CŒUR DES TENSIONS RÉGIONALES
1. Un conflit ancien et non résolu
2. Une île stratégique pour les puissances régionales
3. Une récente résurgence des tensions

B. LE SAHARA OCCIDENTAL : ENJEU DES RIVALITÉS AU MAGHREB
1. Un conflit gelé, en l’absence de règlement politique
2. La montée des tensions entre le Maroc et l’Algérie


III. DES ESPACES MARITIMES CONTESTÉS
A. LA RÉACTIVATION DES DIFFÉRENDS FRONTALIERS
1. La délimitation contestée des espaces maritimes
2. Le nouvel enjeu de l’appropriation des ressources gazières

B. LE RISQUE D’ESCALADE : LA CRISE DE L’ÉTÉ 2020
1. Une stratégie turque de la montée des tensions
2. L’intervention décisive de la France
3. Le scénario à venir le plus réaliste : des tensions, mais pas de conflit

DEUXIÈME PARTIE : LE RETOUR DES STRATÉGIES DE PUISSANCE

I. L’AFFIRMATION DES PUISSANCES RÉGIONALES
A. L’ENHARDISSEMENT DE LA TURQUIE
1. Une politique du fait accompli, facteur de déstabilisation
2. Une modernisation de son armée, au service de son ambition régionale

B. UN RÉARMEMENT GÉNÉRALISÉ
1. Un réarmement qui couvre l’ensemble du spectre capacitaire
2. Un réarmement révélateur des tensions : l’exemple Algérie/Maroc


II. DES COMPÉTITEURS STRATÉGIQUES MONDIAUX À NOS PORTES
A. LE « RETOUR » DE LA RUSSIE
1. Le renforcement des moyens russes en Méditerranée
2. La présence russe : un défi pour nos forces
3. Une influence qui s’étend à l’ensemble du bassin méditerranéen

B. L’ÉMERGENCE DE LA CHINE
1. Une présence chinoise essentiellement économique à ce stade
2. La menace d’une militarisation de la présence chinoise


III. UNE PRÉSENCE OCCIDENTALE EN RETRAIT
A. LES ÉTATS-UNIS : ENTRE DÉSENGAGEMENT ET INTÉRÊT
1. Un relatif désengagement de la zone
2. Un acteur qui restera malgré tout présent en Méditerranée

B. L’OTAN À LA RECHERCHE D’UNE STRATÉGIE
1. La Méditerranée, une zone de responsabilité du SACEUR
2. L’opération Sea Guardian, révélatrice des tensions entre alliés

3. Une stratégie « Sud » qui reste encore à développer
C. L’UNION EUROPÉENNE, UN ACTEUR TROP PEU PRÉSENT
1. La mission IRINI, une opération exposée à de multiples défis
2. Les opérations de l’agence Frontex

TROISIÈME PARTIE : LA FRANCE FACE AU DÉFI SÉCURITAIRE MÉDITERRANÉEN

I. UNE PRÉSENCE PERMANENTE SUR L’ENSEMBLE DE LA MÉDITERRANÉE
A. DANS UN CADRE NATIONAL
1. En Méditerranée occidentale : protéger le territoire
2. En Méditerranée centrale et orientale : contrer les logiques de sanctuarisation

B. DANS UN CADRE INTERNATIONAL
1. Une présence intense au titre de nos engagements internationaux
2. Une contribution importante aux opérations de l’UE


II. L’INTENSIFICATION DE LA PRÉPARATION OPÉRATIONNELLE
A. LA PRÉPARATION AUX CRISES ET CONFLITS
1. Se préparer aux actions hybrides
2. Se préparer aux conflits de haute intensité : l’exercice Polaris

B. LE RENFORCEMENT DE L’INTEROPÉRABILITÉ AVEC NOS ALLIÉS
1. Une coopération avec l’ensemble de nos partenaires régionaux
2. Eunomia : un exercice aux fins de réassurance


III. LA CONSOLIDATION DES PARTENARIATS RÉGIONAUX
A. LES PARTENARIATS BILATÉRAUX
1. L’Italie : un partenaire incontournable
2. La Grèce : l’Europe de la défense en marche
3. La Croatie : nouvel acteur de la « communauté Rafale »
4. L’Égypte : une coopération qui s’est intensifiée

B. LES PARTENARIATS MULTILATÉRAUX
1. L’Initiative 5+5 Défense : des résultats mitigés
2. L’initiative Quad : une réassurance en Méditerranée orientale
3. EuroMed 7, un lieu de dialogue politique utile


IV. LES RECOMMANDATIONS DES RAPPORTEURS
A. À L’ÉCHELON NATIONAL, CONSOLIDER NOS EFFORTS CAPACITAIRES
1. Anticiper et prévenir les crises
2. Être prêt au combat
3. Consolider nos partenariats

B. CONSTRUIRE L’EUROPE DE LA DÉFENSE EN MÉDITERRANÉE
1. Faire de la Méditerranée une priorité stratégique
2. Renforcer la présence européenne

CONCLUSION

EXAMEN EN COMMISSION
ANNEXE : AUDITIONS ET DÉPLACEMENTS DES RAPPORTEURS

1. Auditions
2. Déplacements

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Fiche technique

Type de document : Rapport parlementaire

Pagination : 125 pages

Édité par : Assemblée nationale

Collection : Documents d'information de l'Assemblée nationale

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