Le contrôle des armes à usage civil

Remis le :

Auteur(s) moral(aux) : Cour des comptes

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La politique du contrôle des armes à usage civil a été mise en œuvre, de manière formalisée, en 2017, avec la création du service central des armes (SCA), devenu service central des armes et des explosifs (SCAE) depuis 2021.

Ce rapport de la Cour des comptes est un premier travail d'évaluation, pour mesurer l'impact de cette politique sur les conditions d'acquisition et de détention des armes et sur les atteintes aux personnes et aux biens commises par armes à feu. Environ six à huit millions d'armes circulent actuellement en France. Le nombre de décès par arme à feu (suicides, homicides et accidents) varie entre 1 445 et 1 767 par an, entre 2015 et 2022 ; les décès par arme blanche sont compris entre 246 et 308 par an, sur la même période. Chaque année, entre 4 000 et 5 000 armes sont déclarées comme volées.

Les acteurs de la politique de contrôle des armes à usage civil demeurent nombreux, tant au niveau central que déconcentré, et interviennent à différents stades de la mise en œuvre de cette politique. Le coût de cette politique est estimé au minimum à environ 161 millions d'euros en 2024.

La Cour des comptes formule sept recommandations afin, notamment, d'améliorer la prise en compte de la dangerosité des armes, d'optimiser les procédures de contrôles et le suivi des armes en circulation.

PROCÉDURES ET MÉTHODES
SYNTHÈSE
RÉCAPITULATIF DE RECOMMANDATIONS
INTRODUCTION

CHAPITRE I UNE POLITIQUE RÉCENTE, UNE RÉGLEMENTATION COMPLEXE

I - LA FORMALISATION TARDIVE D'UNE POLITIQUE PUBLIQUE
A - Un cadre règlementaire ancien mais qui ne constituait pas une politique publique
B - Le plan Armes de 2015, acte fondateur d'une politique publique de contrôle des armes à usage civil

II - UNE GOUVERNANCE RÉFORMÉE ET RATIONALISÉE
A - Une gouvernance unifiée autour d'un nouveau service à compétence nationale : le service central des armes et explosifs (SCAE)
B - Des acteurs de la politique de contrôle des armes à usage civil encore nombreux

III - UNE RÉGLEMENTATION COMPLEXE ET ÉVOLUTIVE
A - Un cadre réglementaire influencé par les directives européennes et portant de nombreux sujets
B - Une réglementation en constante évolution
C - Une règlementation difficile à assimiler

IV - LE DÉPLOIEMENT DE NOUVELLES BASES INFORMATIQUES : DES AMÉLIORATIONS À POURSUIVRE
A - Un outil informatique pour assurer la traçabilité des armes
B - Le SIA, un outil au cœur de l'écosystème "armes"
C - Une volonté de simplification reconnue mais à conforter

V - UNE POLITIQUE DONT LES COÛTS DIRECT ET INDIRECT SONT MAL CONNUS ET NON CONSOLIDÉS
A - Des effectifs et une masse salariale qui ne sont pas valorisés
B - Des coûts de fonctionnement et d'investissement qui ne sont pas isolés par la plupart des acteurs
C - Des organisations hétérogènes qui engendrent des coûts différents pour la destruction des armes
D - Une sous-évaluation du budget alloué au SIA

CHAPITRE II UNE MEILLEURE PRISE EN COMPTE DE LA DANGEROSITÉ DES ARMES, MAIS UNE LACUNE GRAVE DANS CERTAINS CONTRÔLES DE DÉTENTEURS

I - UN NOUVEAU CLASSEMENT DES ARMES QUI ENCADRE PLUS EFFICACEMENT LEUR ACQUISITION ET LEUR DÉTENTION
A - Une meilleure prise en compte des critères de dangerosité des armes
B - Un régime pénal renforcé

II - UNE AMÉLIORATION DES CONTRÔLES SUR LES DÉTENTEURS QUI RESTENT TOUTEFOIS GRAVEMENT FRAGILISÉS EN RAISON DE CERTAINES DONNÉES INDISPONIBLES
A - Le fichier des interdits, un outil de contrôle de plus en plus puissant et sensible
B - Une grave déficience à résorber dans le contrôle des antécédents psychiatriques d'hospitalisations sans consentement

III - UN IMPACT SIGNIFICATIF SUR LES CONDAMNATIONS PRONONCÉES ET LES FAITS CONSTATÉS
A - L'évolution à la hausse des condamnations prononcées impliquant une arme
B - L'évolution contrastée des faits constatés impliquant une arme

IV - UNE PART DE DÉCÈS PAR ARMES À FEU QUI EST RELATIVEMENT CONTENUE SAUF EN OUTRE-MER

CHAPITRE III DE NOMBREUSES DIFFICULTÉS DANS LA MISE EN ŒUVRE DES CONTRÔLES PAR LES PRÉFECTURES

I - UNE EFFECTIVITÉ ET UNE SIMILARITÉ DES CONTRÔLES SUR L'ENSEMBLE DU TERRITOIRE QUI DOIVENT ÊTRE CONFIRMÉES
A - Le SCAE et le SIA, facteurs d'une homogénéisation des décisions et des contrôles réalisés par les préfectures
B - Des délais de traitement des déclarations variables d'une préfecture à l'autre et des moyens préfectoraux disparates
C - Des contrôles à mieux coordonner entre le SCAE et les préfectures

II - UNE DIFFICILE APPLICATION DES POUVOIRS D'INJONCTION ET DES RISQUES DE CONTENTIEUX
A - Des pouvoirs d'injonction bien appréhendés, mais une pratique variable
B - Des contentieux de plus en plus fréquents qui nécessitent un appui renforcé du SCAE aux préfectures
C - Des difficultés récurrentes d'application et de suivi des procédures de dépossession

III - LES POINTS DE BLOCAGE LIMITANT L'EXERCICE DES CONTRÔLES DE POLICE ADMINISTRATIVE OU LEUR EFFICIENCE
A - Une coopération entre administrations à renforcer et une transmission d'informations à fluidifier
B - L'impossibilité de vérifier les conditions de stockage des armes des particuliers
C - Des auditions par les FSI qui gagneraient à être systématisées et améliorées
D - La difficile collecte des pièces justificatives à l'appui des dossiers de déclaration d'armes
E - Illectronisme et absence de connexion informatique : un risque d'absence de suivi de certains détenteurs

CHAPITRE IV UN DISPOSITIF DE CONTRÔLE À L'IMPACT MODESTE SUR LA CONNAISSANCE ET LE SUIVI DES ARMES EN CIRCULATION

I - UNE CONNAISSANCE APPROXIMATIVE DES ARMES LÉGALEMENT DÉTENUES

II - UNE CONNAISSANCE DES FILIÈRES DE TRAFIC D'ARMES QUI RESTE À AMÉLIORER
A - Un dispositif de suivi statistique à renforcer
B - Un dispositif de collecte et d'analyse du renseignement à parfaire
C - Des progrès à poursuivre dans les capacités d'examen balistique

III - UNE LUTTE CONTRE LES TRAFICS D'ARMES DONT L'IMPACT EST DIFFICILE À MESURER
A - Un cadre administratif et judiciaire amélioré
B - Un renforcement des actions de lutte contre les trafics depuis le plan Armes
C - Un suivi statistique des armes saisies à améliorer

LISTE DES ABRÉVIATIONS
ANNEXES

  • Type de document : Rapport d'étude
  • Pagination : 117 pages
  • Édité par : Cour des comptes