Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, à BFM TV le 13 mars 2020, sur l'impact économique de l'épidémie COVID-19.

Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, à BFM TV le 13 mars 2020, sur l'impact économique de l'épidémie COVID-19. Bruno Le Maire 13/03/2020 Coronavirus

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité ce matin, Bruno LE MAIRE. Bonjour.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ministre de l'Economie et des Finances, avec des réponses attendues, à des questions et à des sujets évoqués hier soir par le président de la République. "Nous vivons la plus grave crise sanitaire depuis un siècle", c'est ce qu'a dit Emmanuel MACRON. Plus grave que prévue, Bruno LE MAIRE ?

BRUNO LE MAIRE
Oui, plus grave que prévue, parce qu'on voit bien que l'épidémie progresse vite. On voit bien les inquiétudes des Français et puis on la connaît mal, c'est ce que le président la République a parfaitement expliqué hier. Alors, on a derrière nous et avec nous des responsables médicaux, des médecins, des scientifiques, d'une qualité exceptionnelle, des personnels soignants d'une qualité exceptionnelle, un hôpital d'une qualité exceptionnelle, c'est ce qui nous protège aujourd'hui le plus, ce qui protège notre Nation, c'est ce qui protège nos compatriotes, c'est ce qui protège nos familles. Mais effectivement, nous avons une épidémie qui est mal connue, et qui aujourd'hui accélère fortement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous appelez, est-ce que le président de la République hier soir a appelé à une forme de mobilisation générale, d'union sacrée ?

BRUNO LE MAIRE
Oui, oui, il a employé ce mot "d'union sacrée", je pense qu'il a parfaitement raison. Nous sortirons de cette crise sanitaire et du choc économique qui va avec, que si nous mettons au coeur de tous nos comportements, de tous nos choix personnels, de tous nos choix collectifs, un principe simple : la solidarité. Une solidarité nationale, totale, au niveau économique, au niveau financier, évidemment entre nous, humainement, nous devons retrouver le sens de la solidarité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, nous allons entrer dans le concret. Tous les établissements scolaires fermeront à partir de lundi, au moins jusqu'aux vacances de printemps, c'est ce qu'a dit le ministre de l'Education nationale. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les enfants du personnel soignant, des personnels soignants par exemple, ou des personnels de crèches, par exemple, vont devoir, les enfants, être gardés, puisque les parents vont continuer à travailler. Des mesures seront prises par le gouvernement, pour aider ces parents ?

BRUNO LE MAIRE
Des mesures seront prises, d'abord pour tous ceux qui sont obligés de garder, toutes les femmes seules qui gardent leurs enfants…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Toutes les femmes seules…

BRUNO LE MAIRE
... qui ne sont pas forcément en activité partielle. On aura des indemnités journalières, et il y aura le montant d'indemnités journalières qu'il faudra, pour que ces femmes seules puissent garder leurs enfants, sans être pénalisées. Il faut que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà. C'est-à-dire que ces femmes, ces femmes seules, toucheront des indemnités journalières.

BRUNO LE MAIRE
Bien sûr, et le président de la République l'a dit très clairement : nous ferons tout ce qu'il faut.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quoi qu'il en coûte.

BRUNO LE MAIRE
Tout ce qu'il faut, quoi qu'il en coûte, et notamment pour ces femmes seules, qui vont garder leurs enfants, qui ne seront pas forcément en chômage partiel, donc qui ne bénéficieront pas forcément du chômage partiel, et qui ont besoin d'être indemnisées. Je pense également qu'il faut prévoir des dispositifs spécifiques pour les aides-soignantes. Regardez, sur la seule ville de Paris, pour prendre une grande agglomération, vous avez beaucoup de femmes soignantes qui du coup sont obligées de garder leurs enfants, regarder ce que nous pouvons faire comme dispositif spécifique, pour les aides-soignantes, pour les infirmières…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des indemnisations pour elles ? Des indemnisations journalières ?

BRUNO LE MAIRE
Des indemnisations, des indemnisations journalières, des modalités peut-être de garde spécifiques, pour qu'elles puissent aller travailler, parce que la priorité…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais des indemnisations journalières, ça peut être prévu, quoi qu'il en coûte ?

BRUNO LE MAIRE
Ça peut parfaitement être fait. Quoi qu'il en coûte.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça va revenir sans cesse, le "quoi qu'il en coûte", je peux vous le dire.

BRUNO LE MAIRE
Mais ça va revenir sans cesse, mais je pense que le président de la République a été d'une clarté limpide hier, quoi qu'il en coûte nous ferons tout le nécessaire pour passer ce moment difficile pour la Nation française.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Les salariés qui sont forcés de rester chez eux, seront indemnisés.

BRUNO LE MAIRE
Ils seront indemnisés. Alors, ils le sont déjà à hauteur d'un Smic, mais là où notre système d'indemnisation du chômage partiel ne fonctionne pas, c'est qu'il est plafonné à un Smic. Hier j'étais dans une entreprise de traiteurs, BUTARD ENESCOT, il y a beaucoup de salariés qui sont à 2 000, 2 200 € par mois, donc s'ils restent chez eux en activité partielle, ils perdent de l'argent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais oui.

BRUNO LE MAIRE
L'Etat prendra à sa charge l'intégralité de l'indemnisation des salariés qui seraient placés en chômage partiel. Je dis bien : l'intégralité de ce salaire, quel que soit le niveau de salaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous arrête. Aucun salarié ne perdra un centime.

BRUNO LE MAIRE
Aucun salarié ne perdra un centime. L'Etat prendra à sa charge l'indemnisation de tous les salariés placés en chômage partiel, quel que soit leur niveau de rémunération, alors qu'aujourd'hui c'est plafonné à un Smic. Alors évidemment, s'il y a des niveaux de rémunérations, extraordinairement élevé et il est peut-être envisageable du fixer une limite, mais pour tous les salariés, les 99% de salariés qui ont des niveaux de rémunération qui aujourd'hui vont se retrouver en chômage partiel et qui pourraient perdre de l'argent, nous prendrons cela à notre charge. Ce sera probablement le dispositif le plus coûteux pour l'Etat, mais c'est aussi, j'en suis convaincu, le dispositif le plus efficace. Parce qu'on ne perd pas de formation, on ne perd pas de compétences, et surtout on peut redémarrer l'économie, dès que la crise sera derrière nous, c'est ça l'énorme avantage. Le bien le plus précieux d'une entreprise, Jean-Jacques BOURDIN, ce sont ses salariés, ses femmes et ses hommes qui ont des compétences, qui ont un savoir-faire, qui se sont dévoués pour l'entreprise. Il ne faut pas les perdre ces salariés, il ne faut pas qu'on les perde ces compétences, donc il faut leur permettre, quel que soit leur niveau de rémunération, vous touchez 2 smic, 2,5 Smic, 3 Smic, 4 Smic, vous êtes en activité partielle, vous êtes indemnisé par l'Etat, et dès que c'est fini, vous pouvez retrouver votre activité et tout de suite l'entreprise redémarre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quoi qu'il en coûte à l'Etat, on est bien d'accord ?

BRUNO LE MAIRE
Je vais être très clair avec vous, Jean-Jacques BOURDIN. Nous ferons…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça va coûter combien à l'Etat ? Parce que l'Allemagne avait mis en place…

BRUNO LE MAIRE
Je vais vous répondre, Jean-Jacques BOURDIN…

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'Allemagne avait mis en place ce système en 2008, ça avait coûté 7 ou 8 milliards d'euros.

BRUNO LE MAIRE
Je veux être très clair avec vous : nous ferons tout ce qui est nécessaire, et même plus que ce qui est nécessaire, pour soutenir notre économie et pour soutenir nos entreprises. Ce dispositif de prise en charge de l'intégralité du chômage partiel…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça va coûter des milliards d'euros.

BRUNO LE MAIRE
L'intégralité des mesures que nous prenons, que ce soit sur l'indemnisation du chômage partiel, que ce soit sur le soutien aux entreprises, que ce soit les mesures de couverture des prêts…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais y venir.

BRUNO LE MAIRE
... je rappelle que j'ai annoncé que l'Etat allait couvrir les prêts des banques pour les PME et pour les entreprises de taille intermédiaire, à hauteur de 90%. Normalement c'est 40%. J'ai porté le niveau à 90%. Normalement c'est que pour les PME la couverture de la Banque publique d'investissement, je l'ai élargie aux entreprises de taille intermédiaire. Donc vous voyez, nous ferons tout ce qui est nécessaire et plus que ce qui est nécessaire, pour soutenir notre économie et nos entreprises. Combien ça coûtera ? Des dizaines de milliards d'euros. Soyons clairs, cela coûtera à l'état des dizaines de milliards d'euros. Que ce soit sur l'activité partielle, que ce soit sur les garanties de prêts portées à 90%, que ce soit sur le fonds de solidarité que je mettrai en place et auquel j'invite tout le monde à participer, les régions ; le président des Régions, Renaud MUSELIER, m'a dit qu'il était prêt à le faire. Les grandes entreprises, je les invite à participer à ce fonds de solidarité qui a vocation à soutenir tous ceux qui sont les plus petits, qui n'ont pas forcément de solutions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les grandes entreprises du CAC 40 par exemple.

BRUNO LE MAIRE
Les grandes entreprises du CAC 40, je les appelle à la solidarité et à participer à ce fonds de solidarité qui aura vocation à aider tous ceux pour qui on n'aura pas trouvé de solution, le petit entrepreneur qui a un ou deux salariés, qui ne peut pas les mettre dans l'activité partielle…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les banques !

BRUNO LE MAIRE
Et les banques également. J'appelle à la solidarité nationale, pour notre économie. Et je le redis, ça coûtera, au bout du compte, des dizaines de milliards d'euros. C'est le montant que nous pouvons envisager, mais l'unité de comptes, aujourd'hui face à la crise, elle est en milliards, elle n'est pas en centaines de millions ou on millions, elle est en milliards. Et les chiffres que je vous annonce aujourd'hui, je ne veux pas être plus précis, je dis simplement : ce sera des dizaines de milliards d'euros.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, Bruno LE MAIRE, je me mets à la place d'un patron de PME, qui a des difficultés énormes, dans certains secteurs notamment, il a droit à des reports de toutes ses charges et impôts au mois de mars, dus au mois de mars, on est bien d'accord ?

BRUNO LE MAIRE
Au 15 mars pour être très précis, c'est-à-dire lundi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Au 15 mars, à partir de lundi. Report pendant combien de temps ?

BRUNO LE MAIRE
Il envoie un mail, nous dit : « Je ne peux pas payer ». Il nous dit : "Voilà, il y avait une échéance d'impôt sur les sociétés, je ne peux pas payer, ou je ne peux en payer qu'une partie", il envoie un mail et on reporte. C'est aussi simple que cela. Et tant que la crise durera, nous reporterons. Parce que quand je vous dis que cela coûtera des dizaines de milliards d'euros, ce qui coûterait le plus cher…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tant que la crise durera, il y aura report.

BRUNO LE MAIRE
Tant que la crise durera, il y aura report. Et nous…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc si la crise dure trois mois, il y aura report pendant trois mois.

BRUNO LE MAIRE
Exactement Jean-Jacques BOURDIN. Parce que, ce qui coûterait le plus cher, beaucoup plus cher que des dizaines de milliards d'euros de dépenses publiques, c'est l'effondrement de ce tissu d'entreprises, de PME, de commerçants, d'artisans, de grandes entreprises aussi, qui seraient abandonnées ou laissées à elles-mêmes pendant cette crise économique. C'est ça qui nous coûterait le plus cher. Je pense que c'est un bon investissement de mettre des dizaines de milliards d'euros pour soutenir les salariés, les formations, les qualifications, les entreprises, c'est un bon investissement pour la France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quoi qu'il en coûte.

BRUNO LE MAIRE
Quoi qu'il en coûte, et je le redis, je ne peux pas être plus clair, nous ferons tout ce qui est nécessaire, et même plus que ce qui est nécessaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, je suis patron de PME, je suis dans une situation très difficile, j'en ai eu ce matin, au bord des larmes, je suis en situation très difficile, je vais voir mon banquier, est-ce que le banquier doit accorder des prêts aujourd'hui ? Parce que là c'est bien, c'est les charges, les impôts dus, mais est-ce que les banquiers doivent aider les trésoreries de ces entreprises ?

BRUNO LE MAIRE
Les banquiers, je les reverrai aujourd'hui Je les ai déjà vus en début de semaine. Je vais leur dire une chose très simple : nous vous soutenons, nous apportons des garanties, des garanties d'Etat, de la Banque publique d'investissement. A partir du moment où vous êtes couverts, vous avez des garanties, où l'Etat garantit vos prêts, vous n'avez aucune raison de prêter à une petite entreprise, même une petite entreprise en difficulté. Parce que je suis aussi…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aucune raison de ne pas prêter.

BRUNO LE MAIRE
... au contact quotidien de dizaines et de dizaines de PME, aucune raison de ne pas prêter. Je sais très bien la réalité de ce qu'elles vivent. Elles vont dans leurs succursales, de telle ou telle banque, et on leur dit : "Ecoutez monsieur, vous faites une activité évènementielle, vous faire une activité sonorisation ou traiteur, vous n'avez aucun devis devant vous, je suis désolé, je ne peux pas vous prêter d'argent". Eh bien si, eh bien si il faudra que les banques soutiennent la trésorerie, parce qu'elles ont la garantie de l'Etat et parce que Christine LAGARDE, présidente de la Banque centrale européenne, a annoncé hier qu'elle allait débloquer, à partir du mois de juin, des fonds massifs, à un taux de - 0,75%, destinés spécifiquement au financement des PME.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, Christine LAGARDE qui a été épinglée par le président de la République hier soir, franchement, Bruno LE MAIRE…

BRUNO LE MAIRE
Je pense qu'elle a pris…

JEAN-JACQUES BOURDIN
... non, oui, enfin bon.

BRUNO LE MAIRE
Je pense qu'elle a pris les bonnes décisions, et que la présidente de la Banque centrale européenne a pris les bonnes décisions. Mais, de vous à moi, ce n'est pas facile de prendre des décisions quand on est présidente de la Banque centrale européenne, quand le matin le président des Etats-Unis d'Amérique vient d'annoncer la fermeture de ses frontières, pour 420 millions d'Européens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais y revenir. Oui. Je vais y revenir, Bruno LE MAIRE, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'après la crise, un plan de relance est prévu ?

BRUNO LE MAIRE
Un plan de relance est prévu et nous y travaillons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un plan de relance est prévu…

BRUNO LE MAIRE
Je pense qu'il est très important que chacun comprenne bien…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire qu'aujourd'hui vous avez déjà…

BRUNO LE MAIRE
... la stratégie économique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà.

BRUNO LE MAIRE
Bien sûr, mais que chacun comprenne bien que le ministre de l'Economie et des Finances, a proposé au Premier ministre et au président de la République, une stratégie de riposte face à la crise. Et cette stratégie de riposte, que j'ai proposée au président de la République il y a maintenant une semaine, elle tient en trois points : la réponse immédiate, nous venons d'en parler, c'est la réponse nationale, massive, directe, pour toutes les entreprises, avec du soutien à la trésorerie, du soutien à l'activité partielle. La deuxième réponse c'est de préparer maintenant un plan de relance massif, coordonné entre Européens, pour que dès que nous serons sortis de la crise, la machine économique redémarre le plus vite possible. Juste avant de vous voir, cher Jean-Jacques BOURDIN, j'étais au téléphone avec le vice-chancelier allemand ministre des Finances, pour préparer avec lui, ce que nous dirions lundi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les Allemands sont d'accord.

BRUNO LE MAIRE
... et croyez-moi, nous travaillons très bien avec l'Allemagne, main dans la main…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire que les critères de Maastricht vont voler en éclats, tout ça…

BRUNO LE MAIRE
Ce n'est plus le sujet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est plus le sujet.

BRUNO LE MAIRE
Le sujet, ce n'est pas Maastricht, le sujet c'est l'Europe du XXIème siècle. C'est comment est-ce que l'on fait pour redémarrer notre économie au lendemain de cette crise, c'est le deuxième temps de la réponse que j'ai proposé au président de la République et au Premier ministre. Et le troisième temps, c'est comment, et nous avons commencé à y réfléchir, comment est-ce qu'on réorganise nos chaînes de production, comment est-ce qu'on s'assure que nos médicaments vont être produits désormais en France…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà.

BRUNO LE MAIRE
Comment est-ce qu'on ne dépend plus de la Chine ou de l'Asie pour la fourniture nos batteries électriques, dans nos voitures électriques.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je reprends ce que disait Emmanuel MACRON hier soir, il y a des services qui doivent être loin, éloignés des lois du marché.

BRUNO LE MAIRE
Oui, il y a un mot qui est précieux Jean-Jacques BOURDIN, que vous m'avez souvent entendu prononcer, c'est le mot de souveraineté. Souveraineté, ça veut dire que nous sommes souverains sur nos décisions économiques les plus stratégiques, sur nos chaînes de valeur les plus importantes, pour pouvoir dire aux Français : si demain il y a une crise, une crise médicale, nos médicaments ils sont produits chez nous.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment faire pour cela ?

BRUNO LE MAIRE
Eh bien il faut faire ce que nous sommes en train de faire aujourd'hui, regarder toutes les chaînes de valeur stratégique, dans l'aéronautique, dans le spatial, dans l'industrie automobile, dans l'industrie du médicament, et voir à quel niveau nous dépendons de l'approvisionnement extérieur. Et si nous nous apercevons au terme de ce travail, que sur certaines filières nous dépendons à 70, 80 % de l'étranger, eh bien il faudra rapatrier un certain nombre d'activités, ou créer ces propres activités sur notre territoire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dites-moi, Donald TRUMP a fermé ses frontières aux Européens, de l'espace Schengen, ce qui est étrange d'ailleurs, parce qu'il y a plus de cas en Grande-Bretagne qu'en France, mais les Anglais peuvent toujours aller aux Etats-Unis, ça me paraît assez politique, non, qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il n'y a pas un peu de mépris de sa part, sans même vous prévenir ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais du point de vue sanitaire, c'est aberrant, et d'ailleurs je pense que nos amis Britanniques ne s'y sont pas trompés, ils ont accueilli avec je dirais un certain flegme britannique, pour ne pas dire une certaine froideur, la décision de Donald TRUMP. C'est aberrant de dire : je ferme les frontières à 420 millions d'Européens, sauf au Britanniques. C'est une aberration.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ou aux Irlandais, ou aux Bulgares ... dans l'espace Schengen…

BRUNO LE MAIRE
C'est une aberration sanitaire, et c'est dommage parce que les aberrations sanitaires provoquent des aberrations politiques et provoquent du chaos économique. C'est ce que nous avons vu hier sur les marchés. Moi je regrette la décision du président Donald TRUMP. J'aurai le ministre des Finances Steven MNUCHIN, au téléphone, le secrétaire au Trésor américain, aujourd'hui, et je lui redirai avec beaucoup de simplicité, avec toute l'amitié que je porte à Steven MNUCHIN, que nous regrettons cette décision, qui n'est pas coordonnée…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il n'y a pas eu peu de xénophobie sur cette décision ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne cherche pas à traduire les décisions, interpréter les décisions du président des Etats-Unis d'Amérique, je dis simplement que je regrette cette décision, qu'elle n'est pas coordonnée avec les alliés et qu'elle provoque du coup une panique sur les marchés. Parce que le message que reçoivent parfaitement tous les acteurs économiques, c'est qu'il n'y a plus de coordination entre l'Europe et les Etats-Unis d'Amérique, quand il s'agit de décisions stratégiques. Et c'est regrettable pour nous tous, et il faut en tirer toujours la même leçon, c'est que l'Europe doit se défendre seule, se protéger seule, être capable de faire face seule, et de faire bloc de manière souveraine, pour défendre ses intérêts économiques, car personne, y compris les Etats-Unis d'Amérique visiblement, ne les aidera.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Oui, sauf que...oui, seule... Je vais parler de l'Europe, parce que pour aider l'Italie, elle n'est pas vraiment là, mais enfin bon. Donc Donald TRUMP qui sera appelé, si j'ai bien compris, par Emmanuel MACRON. Quelle est l'initiative que le président de la République préparerait ou prépare ?

BRUNO LE MAIRE
Vous verrez, je n'ai pas dévoilé les initiatives du président de la République…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais d'accord, mais enfin, il va appeler Donald TRUMP, c'est ce qu'il a dit hier soir.

BRUNO LE MAIRE
Je voudrais simplement saluer la décision du président de la République…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, qu'est-ce qu'il va…

BRUNO LE MAIRE
... d'activer le G7, les 7 pays les plus riches de la planète…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire, qu'est-ce qui va se passer ?

BRUNO LE MAIRE
Le G20, les 20 pays les plus riches de la planète.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce qui va se passer ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne sais pas ce qui va se passer, et si je le savais, je ne vous le dirai pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon d'accord.

BRUNO LE MAIRE
Je m'occupe simplement des sujets économiques et financiers, et croyez-moi actuellement, j'ai fort à faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, il y a du boulot.

BRUNO LE MAIRE
Nous avons proposé cette stratégie, elle va se mettre en oeuvre. Cette stratégie elle suppose aussi, et je pense que c'est le sens de ce qu'a dit le président de la République hier, qu'il y ait une meilleure coordination entre les 7 pays les plus riches de la planète. Vous voyez bien que la décision de Donald TRUMP hier, a provoqué un vent de panique sur toutes les Bourses de la planète. Alors, ce vent de panique ça paraît tout à fait abstrait, mais concrètement ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous avez des titres de grandes entreprises, vous le voyez sur les grandes entreprises bancaires, sur les grandes entreprises de transport aérien, qui du coup s'effondrent et qui peuvent se retrouver dans des situations financières difficiles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, vous allez aider AIR FRANCE.

BRUNO LE MAIRE
Nous aiderons toutes les entreprises dans lesquelles l'Etat a une participation : AIR FRANCE, RENAULT, toutes les entreprises dans lesquelles l'Etat a une participation et qui sont aujourd'hui violemment chahutées…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quoi qu'il en coûte.

BRUNO LE MAIRE
... sur toutes les Bourses mondiales, quoi qu'il en coûte, nous serons à leurs côtés et nous les soutiendrons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et vous allez les soutenir. L'Europe, qui est un peu absente dans la solidarité, franchement, et puis dites-moi, j'ai entendu le président de la République qui parlait du réflexe nationaliste hier, mais en Europe, il existe ce réflexe nationaliste, la Tchéquie, la Slovaquie, par exemple, qui ferment leurs frontières, totalement, à tous les étrangers…

BRUNO LE MAIRE
Mais, Jean-Jacques BOURDIN, nous ne découvrons rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Où est la solidarité européenne ?

BRUNO LE MAIRE
Nous ne découvrons rien, nous savons bien qu'il y a depuis des années un réflexe nationaliste qui se répand partout en Europe. Sur le plan économique, et sur le plan financier, pour éviter que cette crise économique devienne demain une crise financière, il faut que les Etats européens soient totalement unis, que leurs réactions soient coordonnées, que les réponses que nous apportons en sortie de crise, soient des réponses unies, et j'y travaille tous les jours, notamment avec mes homologues allemands. Nous verrons lundi si nous sommes capables de sortir une batterie de mesures qui coordonneront nos réponses immédiates nationales, et nos réponses de long terme. Prenez juste l'exemple du chômage partiel, qu'est-ce que nous faisons ? Nous adoptons le système allemand de couverture intégrale du chômage partiel. C'est bien une preuve de coordination étroite entre nos deux pays. Sur la relance, il faut qu'il en aille de même, sinon qu'est-ce qui se passera ? Les Bourses réagiront mal, les titres s'effondreront, les banques ne seront plus en mesure de financer l'activité économique, et d'un choc brutal massif, auquel nous pouvons faire face et auquel nous allons faire face, nous passerions à une crise économique et financière. Elle est là notre responsabilité. L'Europe est face à ses responsabilités.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais l'Europe a besoin de plus de solidarité, vous le savez bien, Bruno LE MAIRE, regardez l'Italie obligée de se tourner…

BRUNO LE MAIRE
C'est exactement ce que je vous dis ce matin, Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
... vers la Chine, pour obtenir, pour acheter des respirateurs ou des masques.

BRUNO LE MAIRE
Mais ça, ça prouve simplement que nous sommes tous face à une crise totalement nouvelle, un virus totalement nouveau. Nous avons besoin de rassembler nos forces, de reconstituer des stocks, c'est ce que nous faisons aujourd'hui. Mais le plus important à mes yeux, au-delà de la réponse sanitaire qui est évidemment l'urgence absolue, c'est que nous absorption ce choc le plus vite possible, et que nous montrions au reste du monde que l'Europe est ce qu'elle est, c'est-à-dire de continent le plus riche de la planète, avec des moyens d'intervention massifs, une vraie solidité financière, parce que nous avons tiré les leçons de la crise de 2008, et que nous sommes capables de ressortir forts, puissants et unis, de ce choc économique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, deux dernières questions. Trêve hivernale reportée de 2 mois, ça veut dire les expulsions locatives reportées de 2 mois.

BRUNO LE MAIRE
Bien sûr, c'est la trêve hivernale, ça veut dire que les expulsions sont reportées. Et il faut que nous fassions très attention dans cette période de crise. Je vous ai beaucoup parlé d'entreprises, de PME, de petits entrepreneurs, que nous fassions aussi attention aux plus fragiles, à ceux qui n'ont pas d'emploi, à ceux qui peuvent être mis à la rue demain, à ceux qui peuvent être des victimes de cette crise économique et de ce choc économique, c'est aussi le sens du message du président de la République hier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis une dernière question sur la privatisation d'ADP, reportée, on est bien d'accord ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne crois pas que les circonstances soient réunies pour engager une opération…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne renoncez pas à cette privatisation ?

BRUNO LE MAIRE
Nous en avons la possibilité désormais, et je ne crois vraiment pas Jean-Jacques BOURDIN, que les circonstances économiques soient réunies…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça j'ai compris, mais vous renoncerez ou pas ?

BRUNO LE MAIRE
Mais je ne change pas de convictions sur le fond…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, bon, non ?

BRUNO LE MAIRE
Je ne change pas mes convictions sur le fond et sur quel est le rôle de l'Etat dans l'économie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et reprise de la procédure quand ?

BRUNO LE MAIRE
Je vous dis simplement qu'aujourd'hui les conditions ne sont pas réunies pour engager une opération de ce type.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et reprise de la procédure quand ?

BRUNO LE MAIRE
Attendons que la crise soit dépassée, attendons que nous soyons sortis des difficultés actuelles. Croyez-moi, là aussi il y a du pain sur la planche.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, Bruno LE MAIRE, notre invité ce matin sur RMC et. BFM TV.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 mars 2020

Politique économique Epidemie Sante publique Aide aux entreprises 203000648
Date et heure de mise à jour

Déclaration de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, sur l'impact économique de l'épidémie de COViD-19 , à Paris le 9 mars 2020.

Déclaration de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, sur l'impact économique de l'épidémie de COViD-19 , à Paris le 9 mars 2020. Bruno Le Maire 09/03/22020 Coronavirus Réunion avec les acteurs économiques sur le coronavirus Covid-19

Bonjour à tous.


Nous avons tenu une nouvelle réunion avec la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et la secrétaire d'État, Agnès Pannier-Runacher, réunion de mobilisation pour toutes les entreprises qui sont touchées par l'impact du coronavirus sur notre économie, en particulier les PME, les TPE, les artisans, les commerçants, les plus petites entreprises.

Je voudrais d'abord vous confirmer, comme je l'ai fait auprès de ces entreprises, que l'épidémie de coronavirus aura un impact sévère sur l'économie française, qui se chiffrera en plusieurs dixièmes de point de PIB durant l'année 2020.

Nous venons d'avoir les premiers chiffres du trimestre 2020 qui montrent que l'économie française s'était bien redressée au mois de janvier 2020, preuve que l'économie française repose sur des bases stables.

En revanche, dès la mi-février et a fortiori début mars, nous voyons un impact très direct de l'épidémie de coronavirus sur notre économie. Je donnerai une nouvelle évaluation chiffrée lors de la présentation des prévisions du Pacte de stabilité, c'est-à-dire le 15 avril, où j'aurai une nouvelle prévision chiffrée de croissance française. Mais, je le redis, l'impact se chiffrera en plusieurs dixièmes de points de PIB pour l'économie française.

Si on regarde secteur par secteur, on voit bien qu'un certain nombre de secteurs sont très durement touchés et l'impact est violent pour ces secteurs.

Je vous donne quelques chiffres qui m'ont été donnés par les professionnels, il y a quelques instants. Ce sont des baisses de chiffre d'affaires de 60% en moyenne pour les traiteurs, de 30 à 40% dans l'hôtellerie, de 25% en moyenne pour les restaurateurs et des chiffres encore plus forts pour tout le secteur de l'événementiel, puisque les annulations se font aujourd'hui en cascade dans ce secteur-là.
Vous avez également des secteurs qui sont structurellement touchés. Je pense au secteur de l'automobile et au secteur du transport aérien.

Nous avons donc décidé ce matin, avec Muriel Pénicaud et avec Agnès Pannier-Runacher, de simplifier et de muscler notre réponse économique. Nous voulons avoir le dispositif le plus efficace possible, en particulier pour les secteurs qui sont en situation critique.

Le 15 mars prochain, il y aura les prochaines échéances des charges fiscales et sociales pour les entreprises. Toutes les entreprises qui sont confrontées à des difficultés pourront demander le report de ces charges sociales par simple envoi d'un mail. Nous allons également demander la possibilité de reporter les charges fiscales de la manière la plus simplifiée possible.

Nous avons également prévu un dégrèvement pour les impôts directs au cas par cas pour toutes les entreprises qui seraient menacées de disparition en raison de l'impact économique du coronavirus.

S'agissant de l'activité partielle, qui est un des dispositifs essentiels de soutien aux entreprises dans la période actuelle, et un des dispositifs les plus efficaces, la ministre du Travail vous fera le point dans quelques instants, mais nous avons également décidé de renforcer et de simplifier ce dispositif d'activité partielle pour qu'il soit encore plus efficace pour les entreprises.

Nous souhaitons également que la solidarité nationale joue à tous les niveaux et nous ne passerons ce moment difficile pour l'économie française que si nous sommes tous solidaires. Ce n'est pas simplement l'Etat, les pouvoirs publics qui doivent répondre. C'est notre responsabilité au premier chef.

Je compte donc sur la solidarité nationale des donneurs d'ordre privé, des grandes entreprises vis-à-vis de leurs sous-traitants, de toutes les entreprises qui avaient fait des commandes d'événementiels et qui ont été contraintes de les annuler en raison de cette épidémie. Je souhaite qu'elles ne demandent pas le remboursement des arrhes et qu'elles payent la prestation dans toute la mesure du possible, quitte à obtenir ensuite un engagement de l'entreprise d'événementiel sur un prochain événement un peu plus tardif.

J'ai demandé également au médiateur des entreprises d'étudier le cadre juridique que nous pourrions mettre en place pour l'application du cas de force majeure dans l'exécution des contrats privés.

J'aurai également au téléphone le président de l'Association des maires de France et le président de l'Association des départements de France pour leur demander qu'ils appliquent ce cas de force majeure de coronavirus à l'ensemble de leurs marchés publics. Nous le faisons pour les marchés publics d'Etat. Je souhaite que ce soit le cas pour les marchés publics passés par les communes et par les départements.

Je rappelle que la semaine dernière, les présidents de région se sont engagés à ce que le coronavirus soit considéré comme un cas de force majeure pour l'exécution de tous les marchés publics passés par les régions. Cela veut dire que si vous avez une entreprise de bâtiment et de travaux publics, elle a un retard dans l'exécution de son contrat parce qu'elle n'arrive pas à se fournir en matière première ou parce qu'elle a un certain nombre de ses salariés qui sont confinés, elle exécute le contrat avec du retard, sans aucune pénalité.

C'est cela la solidarité nationale et, je le redis, elle doit jouer à tous les niveaux : l'État, les collectivités locales, les départements, les régions, les communes et les entreprises privées, en particulier les grands donneurs d'ordre privé.

J'appelle également, dans le même esprit, les bailleurs à faire preuve de compréhension dans leurs loyers vis-à-vis de tous les commerçants qui ont à régler leurs loyers dans les semaines ou dans les mois à venir.

Nous avons également prévu que les filières les plus concernées par l'impact économique du coronavirus soient reçues ici, au ministère de l'Economie et des Finances.

Agnès Pannier-Runacher recevra chacune des grandes filières qui nous ont dit être les plus impactées par cette crise : l'automobile, le transport aérien et le secteur de la mode et du luxe. Ces trois filières seront réunies par la secrétaire d'Etat dans les jours qui viennent et reçues l'une après l'autre pour faire un point précis sur leurs demandes.

S'agissant du transport aérien, je suis intervenu auprès du commissaire européen Paolo Gentiloni, que j'aurai à nouveau au téléphone aujourd'hui, pour lui demander que les compagnies aériennes puissent conserver leurs créneaux aériens sans avoir à faire tourner leurs avions à vide dans le ciel. Il est totalement absurde que cette réglementation s'applique dans les circonstances actuelles.

Je souhaite que la Commission européenne puisse confirmer que les compagnies aériennes garderont leurs créneaux aériens.

S'agissant des questions de trésorerie, nous avons à nouveau mobilisé la Banque publique d'investissement, qui est totalement mobilisée partout sur le territoire pour apporter des réponses de trésorerie aux entreprises qui en auraient besoin avec, je le rappelle, une garantie de prêt qui est portée de 40 à 70%.

J'ai également demandé à la Banque publique d'investissement qu'elle soutienne la trésorerie non seulement des PME, comme c'est son rôle, mais également des entreprises de taille intermédiaire. Nous allons donc élargir le champ d'action de la Bpi pour soutenir la trésorerie de toutes les entreprises en France.

Par ailleurs, je vous confirme que je suis en contact quotidien avec la Commission européenne, avec l'ensemble de mes homologues européens. J'ai eu longuement le vice-chancelier Olaf Scholz ce matin au téléphone, pour préparer une réponse forte et coordonnée de l'Union européenne à l'occasion de la prochaine réunion des ministres des Finances de l'Union européenne, le 16 mars à Bruxelles. Il est indispensable que nous travaillions ensemble sur un plan de relance coordonné, fort, qui nous permette de sortir le moment venu de cette crise du coronavirus et de l'impact économique sévère qu'il a sur nos économies.

Pour terminer, je voudrais vous dire ma conviction qu'il y aura un "avant" et un "après cette épidémie de coronavirus sur l'organisation de l'économie mondiale et que nous voyons bien, dans un certain nombre de secteurs, à quel point il est important de réfléchir à une meilleure organisation des chaînes de valeur, à une relocalisation d'un certain nombre d'activités stratégiques, en particulier dans le domaine de la santé, et à bâtir une mondialisation où les chaînes de valeur soient mieux protégées, plus indépendantes et évitent également des déplacements qui sont parfois inutiles, alors même que certaines productions pourraient être faites à proximité.


Je vous remercie et je laisse la parole tout de suite à la ministre du Travail.


Source https://www.economie.gouv.fr, le 11 mars 2020

Politique économique Epidemie Aide aux entreprises Politique commune 203000602
Date et heure de mise à jour

Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances, à France Info le 5 mars 2020, sur l'impact économique de l'épidémie de COViD-19 .

Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances, à France Info le 5 mars 2020, sur l'impact économique de l'épidémie de COViD-19 . Agnès Pannier-Runacher 05/03/2020 Coronavirus

MARC FAUVELLE
Est-ce un simple rhume ou une grosse grippe pour toute l'économie française, et surtout comment soigner les secteurs qui souffrent le plus en ce moment de la propagation du virus ? Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour Marc FAUVELLE.

MARC FAUVELLE
Vous êtes secrétaire d'Etat à l'Economie. Les bourses ont plongé ces derniers jours, en France le tourisme et l'hôtellerie, notamment, font grise mine, l'industrie, elle aussi, s'inquiète. Est-ce qu'on a raison d'être inquiet pour l'économie ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Il faut prendre la situation sérieusement. On a effectivement trois types d'impact aujourd'hui, un impact sur les entreprises françaises qui sont exposées en Chine, et aujourd'hui, sur les autres zones comme la Corée, comme le Japon, qui sont en train de traverser une crise plus en avance par rapport à nous, plus marquée. La deuxième chose ce sont les entreprises qui ont perdu des commandes, et qui ont perdu de la clientèle, c'est évidemment le tourisme, c'est donc l'hôtellerie, c'est l'évènementiel, puisqu'on annule des événements, et là les pertes de chiffre d'affaires sont très importantes.

MARC FAUVELLE
20 % nous disait l'autre jour, dans l'hôtellerie, l'un des responsables du secteur.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Et probablement plus dans l'événementiel.

MARC FAUVELLE
Le troisième secteur qui est touché ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Le luxe, parce que la clientèle chinoise représentait une part importante, non seulement en Chine, là on exporte des biens de luxe, mais également en France.

MARC FAUVELLE
Que peut faire le gouvernement, demander aux banques d'être un peu plus souples ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Le gouvernement prend déjà ses responsabilités, c'est-à-dire que nous avons réuni, le 21 février dernier, puis le 3 mars, c'est-à-dire mardi dernier, l'ensemble des activités, nous avons un plan, ce plan permet notamment de repousser le moment où vous payez vos charges sociales et vos charges fiscales, si vous en faites la demande, donc j'invite les entreprises qui ont des difficultés à se manifester le plus vite possible auprès de l'administration…

MARC FAUVELLE
Qui regardera leur dossier avec bienveillance ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui, et rapidement, c'est ce qui compte, il s'agit juste de matérialiser que vous êtes impacté par le coronavirus et que vous avez bien un lien avec cette crise.

MARC FAUVELLE
Il n'y aura pas un dossier de 100 pages à fournir dans ces cas-là, ce sera très simple…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Absolument pas.

MARC FAUVELLE
On fera confiance ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Absolument pas, et je rappelle une chose, on a, comme ça, injecté 400 millions d'euros dans l'économie au moment de la crise des Gilets jaunes, et à l'époque c'était un formulaire A4 recto qu'il fallait remplir.

MARC FAUVELLE
Agnès PANNIER-RUNACHER, certaines professions, les conducteurs de bus, les enseignants, ont fait jouer leur droit de retrait ces derniers jours, en refusant d'aller travailler, comme le prévoit la législation, est-ce que vous les comprenez ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je comprends qu'il y ait de l'anxiété, l'épidémie c'est une crainte qui est inscrite dans nos gènes d'humains, on est traversé, on a tous en tête des livres, des cours d'Histoire, on parlait de la peste, du choléra. Après, je crois qu'il faut aussi savoir raison garder. Si les experts médicaux précisent avec autant d'acuité que dans 80 % des cas c'est parfaitement bénin, que d'ailleurs vous risquez de passer à côté, en réalité, parce que vous allez avoir un petit syndrome grippal, ou un gros rhume, que lorsque vous êtes exposé à l'extérieur il faut respecter des mesures de précaution qui sont extrêmement efficaces, se laver les mains toutes les heures….

MARC FAUVELLE
Dans le cas précis de ces professions, certaines dans l'Oise, notamment ça a été le cas de certains enseignants, ils ont raison ou pas de faire jouer le droit de retrait, ou est-ce qu'ils ne vont pas être payés à la fin du mois ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ils expriment une crainte, mais aujourd'hui les experts vous disent, les experts sanitaires, que ce droit de retrait n'est pas réel puisqu'ils ne sont pas en danger.

MARC FAUVELLE
Ça c'est la règle dans toute la France aujourd'hui, ou il y a du cas par cas qui est possible, dans certains foyers par exemple ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
A ce stade, si vous voulez, tous les rassemblements dans certains foyers ont été limités, donc, à nouveau, il faut toujours apprécier les choses au cas par cas, vous aurez… si quelqu'un est diabétique, si quelqu'un est en hypertension, et vous savez que ce sont des situations où le virus peut être un peu moins bénin, il faut faire attention, donc… je ne me permettrais pas de faire une généralité, mais ce que je veux redire, ici, c'est qu'il faut écouter ce que disent les experts et ne pas rajouter de l'anxiété à l'anxiété, parce que ça risque d'approfondir la crise.

MARC FAUVELLE
Agnès PANNIER-RUNACHER, je ne sais pas si vous avez fait des provisions de masse, ou de gel en ce moment au ministère de l'Economie, mais pour les Français la règle a changé, désormais il faut une ordonnance pour acheter des masques de protection en pharmacie, quant au prix des gels hydro-alcooliques ils seront bientôt encadrés. En attendant, certaines pharmacies sont dévalisées, c'est une image évidemment, Grégoire LECALOT est allé le vérifier dans cette officine à Paris et on se retrouve juste après.
(…)
MARC FAUVELLE
Agnès PANNIER-RUNACHER, ce décret pour les gels, il est pour quand ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors, ce décret il a été transmis au Conseil d'Etat et au Conseil national de la consommation. On a fait une proposition, jusqu'à 2 euros les 50 millilitres, 3 euros les 100 millilitres. Cette proposition elle va être validée par les professionnels, puisqu'il ne faut pas qu'on leur demande de produire à perte, donc où va vérifier que nos hypothèses sont correctes, sur cette base-là, il est publié ce soir, et donc application demain.

MARC FAUVELLE
Donc, dès demain matin…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Il est signé ce soir et publié demain.

MARC FAUVELLE
2 euros les 50 millilitres, 3 euros les 100 millilitres, tous ceux qui dépassent ce prix sont hors la loi ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Exactement.

MARC FAUVELLE
Il y aura des sanctions pour ceux qui dépasseraient éventuellement ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Si c'est un décret vous avez la DGCCRF qui s'assure de sa mise en application.

MARC FAUVELLE
Et on parle bien du prix en pharmacie, pas du prix à l'autre bout de la chaîne ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non.

MARC FAUVELLE
D'accord, merci beaucoup Agnès PANNIER-RUNACHER, secrétaire d'Etat à l'Economie, invitée ce matin de France Info.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 mars 2020

Politique gouvernementale Epidemie Aide aux entreprises Sante publique 203000623
Date et heure de mise à jour

Déclaration de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, sur l'impact économique de l'épidémie de COViD-19 , à Paris le 3 mars 2020.

Déclaration de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, sur l'impact économique de l'épidémie de COViD-19 , à Paris le 3 mars 2020. Bruno Le Maire 03/03/2020 Coronavirus Réunion avec les acteurs économiques nationaux sur le coronavirus

Bonjour à tous.


Nous avons réuni ce matin avec Agnès Pannier-Runacher les acteurs économiques nationaux pour faire un point sur la situation économique et leur apporter notre soutien face à l'épidémie de coronavirus.

Je voudrais d'abord avoir une pensée pour tous les chefs d'entreprise, tous les commerçants, tous les artisans, tous les patrons de PME, tous les salariés qui sont inquiets face à cette épidémie. Et je veux leur redire qu'ils ont notre soutien total et entier.

Nous sommes à leurs côtés, nous sommes là pour les protéger et nous sommes là pour apporter des réponses aux difficultés économiques qu'ils rencontrent ou qu'ils pourraient rencontrer dans les jours à venir. Nous répondrons aux attentes, nous répondrons aux besoins de tous les chefs d'entreprise sans exception. La solidarité nationale doit s'exercer sur tout le territoire à destination de tous les acteurs économiques.

S'agissant de l'impact du coronavirus sur notre économie, j'ai déjà eu l'occasion de dire que l'impact serait fort puisque désormais l'épidémie touche plus de 60 pays dans le monde et plus de 90 000 personnes sont contaminées. Mais notre responsabilité c'est de faire en sorte que cet impact soit le plus limité possible et que l'activité économique puisse redémarrer après le virus dans les meilleurs délais possibles.

Ce virus a évidemment un impact direct sur un certain nombre d'activités économiques spécifiques et nous avons fait un long tour de table tout à l'heure pour identifier les secteurs qui étaient le plus touchés : le tourisme, la restauration, l'hôtellerie, l'événementiel, les traiteurs et restaurateurs, le transport aérien, les vins et spiritueux, le secteur du luxe mais aussi le secteur des services à la personne qui commencent à être durement touchés.

L'impact est différent suivant les points du territoire, il y a quelques points du territoire qui sont particulièrement touchés. Je donne juste un exemple concret : pour des destinations qui sont importantes en termes de nuitées comme Tarbes ou Lourdes, il y a déjà eu 20 000 nuitées qui ont été annulées. Donc c'est un impact considérable sur deux villes comme Tarbes et Lourdes.

Sur l'ensemble de l'hôtellerie, c'est environ 20% du chiffre d'affaires qui est perdu pour le secteur de l'hôtellerie à l'échelle nationale, avec évidemment des disparités importantes d'un point à l'autre du territoire. Il y a donc un sujet de demande, il peut y avoir aussi un sujet d'offres dans les semaines à venir avec des difficultés d'approvisionnement sur certaines chaînes de production et vous savez que ça m'a conduit à rappeler la nécessité d'une relocalisation de certaines activités économiques et de certaines activités industrielles.

Je rappelle juste que nous n'avons pas attendu le coronavirus pour prendre cette orientation-là et que cela fait maintenant près de 3 ans que nous nous efforçons de relocaliser un certain nombre de chaînes industrielles. Cela prend forcément du temps mais c'est indispensable.

Nous l'avons fait par exemple dans le secteur automobile avec les batteries électriques. Ça doit être fait et ça sera fait dans le domaine du médicament où nous dépendons beaucoup trop de certains pays étrangers pour des principes actifs qui sont dans les médicaments. Nous dépendons à 80 % de la fourniture à l'étranger des principes actifs : 40% en Chine, 80% à l'étranger.

Cette orientation stratégique de long terme de relocalisation des activités économiques industrielles me paraît tout à fait essentielle. J'aurai l'occasion demain de rencontrer un certain nombre d'économistes pour poursuivre l'évaluation de cet impact économique sur l'économie française et sur l'économie de la zone euro.

Nous avons une école d'économie française qui est de très grande qualité, qui est l'une des meilleures au monde, je veux m'appuyer sur l'expertise des économistes pour avoir l'évaluation la plus précise possible de l'impact à court terme et également des conséquences à long terme de cette épidémie.

Face à ce phénomène, avec Agnès Pannier-Runacher, nous avons voulu apporter une réponse immédiate et puissante pour les entreprises. Il ne faut pas ménager nos efforts et nous considérons avec Agnès Pannier-Runacher qu'il faut mettre le paquet tout de suite pour apporter une réponse qui soit la plus efficace possible aux entreprises. Le plus tôt l'activité pourra rebondir, le mieux ce sera pour tout le monde et c'est donc maintenant qu'il faut agir, sans délai et sans négliger le moindre aspect que ce soit.

Nous avons déjà pris un certain nombre de mesures pour soutenir les entreprises, anticiper l'impact de cette épidémie sur leurs activités. Nous avons décidé de les compléter ce matin.

Nous avons déjà pris des mesures de trésorerie : l'étalement des charges fiscales et sociales qui pourra conduire dans certains cas où la survie de l'entreprise serait en jeu à des dégrèvements ; la possibilité de recourir au chômage partiel et d'y recourir, comme j'ai eu l'occasion de l'indiquer à la ministre du Travail Muriel Pénicaud dans les meilleurs délais possibles sans que les délais habituels soient nécessaires ; la dérogation aux heures supplémentaires pour certaines activités où il y a un besoin de production supplémentaire plus important.

Nous avons également avec Bpifrance décidé de la possibilité pour toutes les PME françaises d'obtenir ou de maintenir un crédit bancaire via le soutien de la Bpi qui se portera garante de tous les prêts de trésorerie dont les entreprises pourraient avoir besoin en raison de l'épidémie, avec une garantie qui sera portée de 40 % à 70 %. Cette garantie de la Bpi sur les prêts de trésorerie doit permettre aux PME qui auraient besoin de trésorerie supplémentaire d'avoir un accès sans aucune difficulté à des prêts de trésorerie, avec une garantie, je le rappelle, qui est portée de 40% à 70%.

Nous avons également décidé ce matin, avec le gouverneur de la Banque de France, de rétablir la médiation du crédit pour accompagner sur les territoires dans les départements toutes les PME qui auraient besoin de renégocier leurs contrats et de renégocier leurs crédits.

Avec l'ensemble de ces mesures de trésorerie — étalement des charges, recours au chômage partiel, garantie de BPIFrance sur les prêts de trésorerie, médiation du crédit à la Banque de France — je pense que nous avons un dispositif particulièrement solide pour qu'aucune entreprise de France, et en particulier aucune PME, n'ait de problèmes de trésorerie dans les semaines ou dans les mois à venir.

Nous avons également, je le rappelle, décidé que l'État considérerait dans l'exécution des marchés publics le coronavirus comme un cas de force majeure justifiant des délais et des retards dans l'exécution des contrats sans qu'il n'y ait de pénalités.

J'ai écrit à l'ensemble des collectivités locales pour leur demander de pratiquer la même politique vis-à-vis des marchés publics qui seraient passés soit par les communes soit par les départements soit par les régions soit par les intercommunalités.

J'ai également demandé à tous les grands donneurs d'ordre de faire preuve de solidarité vis-à-vis de leurs fournisseurs ainsi que de leurs sous-traitants et de considérer eux aussi le coronavirus comme un cas de force majeure dans l'exécution des contrats pour les marchés privés.

Je suis également intervenu auprès des bailleurs pour leur demander de la compréhension sur les baux commerciaux. Vous savez que les commerces, en particulier les commerces de proximité ou les enseignes, sont très touchés par cette épidémie. Je souhaite donc que les bailleurs fassent preuve de compréhension sur les baux commerciaux.

Nous avons enfin décidé d'accélérer les procédures administratives pour certaines filières afin de les aider à diversifier leurs sources d'approvisionnement.

Nous avons également décidé ce matin d'activer la cellule de continuité économique. Cette cellule va nous permettre d'obtenir toutes les informations nécessaires sur la situation économique du pays en temps réel, de mieux gérer l'impact de cette crise sanitaire sur notre économie en prenant des décisions quotidiennes qui pourraient s'avérer nécessaires pour assurer la continuité économique du pays. Il est rare que nous décidions du fonctionnement de cette cellule de continuité économique mais nous estimons que les circonstances actuelles le justifient et doivent garantir à l'ensemble des Français la continuité économique de la nation.

Je recevrai jeudi après-midi les présidents de Région pour coordonner nos réponses économiques face à cette épidémie de coronavirus. Les régions ont une responsabilité particulière dans le domaine économique. Il est légitime, il est nécessaire que nous coordonnions nos réponses et également notre regard sur les conséquences économiques du coronavirus.

Je suis également, comme vous le savez, en contact étroit avec mes homologues du G7 Finances et l'ensemble des ministres des Finances européens pour coordonner notre réponse européenne et internationale. J'ai passé la journée d'hier à Berlin avec mon homologue allemand Olaf Scholz pour étudier un certain nombre de mesures de réponse à cette crise sanitaire.

J'ai eu ce matin au téléphone la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. J'aurai une conférence téléphonique à 13h avec l'ensemble des ministres des Finances du G7 sous la présidence du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin ainsi qu'avec l'ensemble des gouverneurs des banques centrales. J'aurai également demain une conférence téléphonique avec l'ensemble de mes homologues ministres des Finances de la zone euro. Et je peux vous assurer qu'au niveau du G7 comme au niveau de la zone euro nous avons des réponses coordonnées, fortes, rapides face à cette crise.

Je voudrais conclure par trois points pratiques qui nous paraissent importants pour tous nos compatriotes.

Le premier point pratique c'est que des informations me sont remontées indiquant que le prix des gels hydroalcooliques aurait doublé ou triplé dans certains commerces physiques ou en ligne. Il est inacceptable, et pour tout dire révoltant, qu'il y ait la moindre spéculation économique sur le coronavirus. Je suis garant de l'ordre politique économique et j'entends bien faire respecter les règles.

J'ai donc demandé à la Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes de lancer une enquête sur les prix qui sont pratiqués sur les gels hydroalcooliques ou sur les masques dans les commerces physiques comme dans les commerces en ligne.

Le cas échéant et s'il devait s'avérer que, effectivement, certaines pratiques inacceptables ont lieu sur le territoire français, je tiens prêt un projet de décret d'encadrement des prix sur ces gels et sur ces masques et je n'hésiterai pas à m'engager s'il s'avérait que les abus étaient nombreux sur le territoire français. Je veux redire que nous n'accepterons pas la moindre spéculation sur l'épidémie de coronavirus.

Deuxième point pratique que je tenais à faire c'est que j'incite tous nos compatriotes à éviter les achats de précaution dans la grande distribution. Il n'y a pas de risque de pénurie sur les biens essentiels dans la grande distribution et nous ne créerons la pénurie que si précisément chacun se précipite sur des biens essentiels qui continuent à être approvisionnés et à être fournis par la grande distribution.

Nous aurons dans les prochaines heures une réunion spécifique avec la grande distribution pour nous assurer que les circuits d'approvisionnement en biens essentiels de la grande distribution sont bien garantis. Il en va un peu différemment pour les produits électroménagers qui viennent de Chine où il peut y avoir des délais supplémentaires mais ça ne fait pas partie des biens de consommation essentiels.

Enfin troisième point pratique que je tenais à signaler, j'ai proposé au Premier ministre qu'une circulaire soit signée à destination des préfets sur les conditions d'annulation des foires et des salons dans les semaines à venir pour que nous donnions de la visibilité au secteur événementiel à la fois sur les conditions d'annulation et sur des délais qui seront pratiqués.


Je vous remercie.


Source https://www.economie.gouv.fr, le 9 mars 2020

Politique gouvernementale Epidemie Aide aux entreprises Politique economique 203000581
Date et heure de mise à jour

Bpifrance : rapport d'activité 2015

Bpifrance : rapport d'activité 2015 Bpifrance rapport d'activité 2015 BpiFrance (Maisons-Alfort, Val-de-Marne) PDF Gratuit - 1.44 Mo (nouvelle fenêtre) BPIFRANCE Rapport d'activite Financement des entreprises Investissement Aide aux entreprises Banque Investissement

Le rapport d'activité de Bpifrance présente ses actions et résultats de l'année 2015.
Au total, 6 000 entrepreneurs ont bénéficié de crédits d’investissement, 18 000 de crédits de trésorerie, 4 000 ont reçu une aide à l’innovation, et 1 000 ont reçu du capital de la part de Bpifrance. Les encours bancaires ont crû de 20 % et le ROE (retour sur equity) du métier Crédit de Bpifrance est de 7% .
 

Edito
2015 mois par mois

Janvier : LE CO-INVESTISSEMENT

Février : ÉVOLUTIONS DES MÉTIERS

Mars : Bpifrance 2.0

Avril : DES PRÊTS AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT DES ENTREPRISES

Mai : LE PARTENARIAT RÉGIONAL D’INNOVATION  EN PAYS DE LA LOIRE

Juin : VERALLIA

Juillet : UNE PARTICIPATION AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT DE LA CRÉATION FRANÇAISE

Août : LE FONDS FRANCO-CHINOIS INNOVATION

Septembre : UN CRÉDIT EXPORT pour les PME et les ETI

Octobre SPI : un fonds d’investissement pour promouvoir le renouveau industriel

Novembre : AVANCE+EXPORT favoriser le développement des entreprises françaises sur les marchés export

Décembre : PARROT accélère son développement dans les drones avec le soutien de Bpifrance

Rapport d'activité 77 Bpifrance 204000088
Date et heure de mise à jour