Formation obligatoire des 16-18 ans - Passer d'un droit formel à un droit réel

Formation obligatoire des 16-18 ans - Passer d'un droit formel à un droit réel formation obligatoire des 16 18 ans

Auteur(s) : Sylvie Charrière - Patrick Roger

Premier ministre pdf Gratuit - 8.57 Mo (nouvelle fenêtre) Jeune Formation Politique de la formation Enseignement Jeune Formation Lire la lettre de mission (pdf - 1.96 Mo) (nouvelle fenêtre)

L’obligation de formation pour les jeunes de 16 à 18 ans figure dans la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté présentée par le président de la République en octobre 2018. Consacrée par l’article 15 de la loi du 26 juillet 2019 pour une École de la confiance, l’obligation de formation pour tout jeune à l’issue de la scolarité obligatoire, et ce jusqu’à sa majorité, s’applique à compter de la rentrée 2020. Ce rapport étudie la mise en œuvre de cette obligation et formule 30 propositions visant à améliorer le repérage des jeunes qui relèveront de l’obligation de formation (estimés à environ 4 à 5 % de la classe d’âge, soit autour de 70 000 jeunes) et à faire en sorte que les pouvoirs publics puissent leur proposer des solutions de formation.

ÉLÉMENTS CLÉS

NOS 30 PRÉCONISATIONS

SYNTHÈSE

1 UNE ÉTAPE HISTORIQUE QUE CONSTITUE LA MISE EN PLACE D’UNE OBLIGATION DE FORMATION JUSQU’À 18 ANS PERMETTANT L’ACCÈS DE TOUS LES JEUNES À LA QUALIFICATION ?

1.1 L’accès de tous les jeunes à la qualification : une ambition qui n’est pas nouvelle et qui a fait des progrès incontestables…

1.2 … mais qui nécessite une exigence accrue de la Nation à l’heure où trop de jeunes sont encore « laissés sur le bord du chemin »

1.3 C’est d’abord sur les pouvoirs publics que pèse l’obligation de formation jusqu’à 18 ans


2 UNE ÉDUCATION POUR TOUS, UN PARCOURS POUR CHACUN - LA MISE EN OEUVRE DE L’OBLIGATION DE FORMATION DES 16-18 ANS COMMENCE PAR LA PERSÉVÉRANCE SCOLAIRE

2.1 L’obligation de formation implique d’amplifier les efforts en matière de prévention du décrochage scolaire

2.2 La poursuite d’une transformation structurelle du système éducatif s’impose si l’on souhaite amener tous les jeunes jusqu’au diplôme


3 DES DYNAMIQUES TERRITORIALES NÉCESSAIRES ET DES ÉVOLUTIONS MÉTIERS À METTRE EN PLACE POUR MIEUX REPÉRER ET RACCROCHER LES JEUNES SUIVANT LA LOGIQUE DE « LA FORMATION D’ABORD »

3.1 Les modalités actuelles de repérage des jeunes sortis du système de formation doivent être améliorées

3.2 Le raccrochage des jeunes décrocheurs : une exigence qui implique une évolution de la démarche des missions locales en direction de ce public spécifique

3.3 Si la palette de solutions de formation doit être la plus large possible sur les territoires, des modalités innovantes de retour en formation initiale doivent être privilégiées

3.4 Compte tenu de la vocation universelle de l’obligation de formation, tous les publics de moins de 18 ans doivent en bénéficier


4 UN PLAN D’ACTION SYSTÉMIQUE - METTRE EN OEUVRE UNE OBLIGATION QUI ENGAGE L’ENSEMBLE DES POUVOIRS PUBLICS

4.1 Lancer le chantier de la transformation numérique

4.2 Accompagner l’évolution des pratiques professionnelles dans les missions locales

4.3 Expérimenter des dynamiques territoires ambition 16-18 ans

4.4 Mobiliser le plan d’investissement dans les compétences en priorité et clarifier à terme la répartition des compétences entre État et régions

4.5 Tous les acteurs concernés devront se mobiliser pour contribuer à la levée des freins périphériques

4.6 Assurer l’effectivité et la mise en oeuvre partenariale de l’obligation de formation sous l’égide du Premier ministre

CONCLUSION

LETTRES DE MISSION

LISTE DES PERSONNES AUDITIONNÉES

PERSONNES RENCONTRÉES LORS DES DÉPLACEMENTS

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES 1-7

SIGLES UTILISÉS

Rapport officiel 141 Premier ministre 204000068

La participation et l'écoute de la parole des enfants dans la transition écologique - Travaux du HCFEA et droits de l'enfant 2019 - Trentenaire de la C.I.D.E

La participation et l'écoute de la parole des enfants dans la transition écologique - Travaux du HCFEA et droits de l'enfant 2019 - Trentenaire de la C.I.D.E La participation des enfants dans la transition écologique Haut Conseil de la Famille, de l'Enfance et de l'Âge pdf Gratuit - 2.31 Mo (nouvelle fenêtre) Ecologie Enfant Droits de l'enfant Jeune Education Enseignement Ecole Protection de l'environnement Jeune Protection de l'environnement

Ce rapport du Conseil de l'enfance du HCFEA "droits de l'enfants 2019" est la contribution aux célébrations du trentenaire de la Convention internationale des droits de l’Enfant (CIDE)1.Il a été engagé par le conseil dans un contexte particulier où les enfants et les jeunes ont décidé de se faire entendre et de faire entendre l'urgence des transformations pour ralentir et réduire les risques écologiques.
Le rapport aborde des questions relatives à la participation citoyenne des enfants, la mobilisation de la communauté éducative dans la transition écologique. Il propose des mesures pour l'éducation au développement durable.
Dans le tome II, le rapport du Conseil de l’enfance et de l’adolescence du HCFEA examine les moyens et outils nécessaires pour améliorer la qualité des modes d’accueil de la petite enfance.

Tome I : TRAVAUX DU HCFEA ET DROITS DE L’ENFANT 2019-TRENTENAIRE DE LA C.I.D.E

I-LA PARTICIPATION CITOYENNE DES ENFANTS : DES PRATIQUES VISIBLES ET PLUS ASSUMEES : L'EXEMPLE DE LA TRANSITION ECOLOGIQUE 
1. Une histoire longue de prise en considération de la parole de l’enfant et une histoire plus récente des droits de l’enfant 
1.1 DEMOCRATIE PARTICIPATIVE ET MODES DE RECUEIL DE LA PAROLE DE L’ENFANT 
1.2 LE COLLEGE DES ENFANTS DU HCFEA : UNE PARTICIPATION PERMANENTE, DES ENSEIGNEMENTS TRANSPOSABLES A D'AUTRES INSTANCES 
1.3 LES CONSULTATIONS D’ENFANTS EN 2019, TRENTENAIRE DE LA CIDE 
1.4 PASSER DES CONSEILS « ENFANTS » A UNE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE PLUS INTEGREE, EN RESPECTANT DES SPECIFICITES LIEES A L’AGE 

2. LES MOBILISATIONS DES JEUNES : PESER SUR LA TRANSITION ECOLOGIQUE 
2.1 L’EXPRESSION DES ENFANTS ET DES JEUNES EN FRANCE ET DANS LE MONDE : LA TRANSITION ECOLOGIQUE 
2.2. DE NOUVEAUX MODES DE MOBILATION DES JEUNES
2.3 LA GENERATION ANTHROPOCENE : ECO-ANXIETES ET RESPONSABILITES INTERGENERATIONNELLES 

II. DES CONNAISSANCES PARTAGEES : PREMIER LEVIER DE PARTICIPATION SUR LA TRANSITION ECOLOGIQUE 
1. DES ENSEIGNEMENTS ET DES CONNAISSANCES QUI SE SONT DEVELOPPES A L’ECOLE ET ENTRE PAIRS 
1.1 L’ÉCOLE ET LES ENSEIGNEMENTS : PERÇUS COMME 1ERE SOURCE D’INFORMATION DES JEUNES SUR L’ENVIRONNEMENT 
1.2 DE NOMBREUX OUTILS PEDAGOGIQUES DEPUIS 15 ANS A L’APPUI DE LABELLISATIONS 

2. UN NIVEAU DE CONNAISSANCE FRAGILE A AMELIORER 
2.1 DES CONNAISSANCES INSUFFISANTES ET UN CLIMATO-SCEPTICISME A TRANSFORMER 
2.2 FAIRE EVOLUER LES PROGRAMMES SCOLAIRES ET LES PRATIQUES ENSEIGNANTES POUR UNE PRISE EN COMPTE PLUS EXPLICITE DES CONNAISSANCES SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE POUR TOUS LES ELEVES 

III. PESER SUR DES CHOIX COLLECTIFS DANS LA COMMUNAUTE EDUCATIVE ELARGIE
1. UN CHANGEMENT D’ECHELLE S’OUVRE POUR LA PARTICIPATION DES ENFANTS 
1.1 LA CIRCULAIRE D’AOUT 2019 : LA COMMUNAUTE EDUCATIVE MOBILISEE 
1.2 LES ECO-DELEGUES : DES ECO-GESTES INDIVIDUELS A LA MOBILISATION DES CAMARADES ET DE LEURS INITIATIVES DANS LA TRANSITION ECOLOGIQUE 

2. VERS UNE PARTICIPATION AUX CHOIX COLLECTIFS DE TRANSITION ECOLOGIQUE AU NIVEAU DES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES 
2.1 L’EXEMPLE DE LA TRANSITION ALIMENTAIRE : DE LA RESTAURATION COLLECTIVE A L’AGRICULTURE 
2.2 VALORISATIONS DES INITIATIVES DANS LES CURSUS ET RECONNAISSANCES DES ENGAGEMENTS  
2.3 UN PILOTAGE INCLUANT LE SUIVI DE LA PARTICIPATION EFFECTIVE DES ENFANTS 

IV. S’IMPLIQUER DANS SON TERRITOIRE, A TRAVERS LES « TEMPS ET LIEUX TIERS » 
1. ETRE CONCERTE ET PARTICIPER.AUX PROJETS DE TRANSITION LOCALE
1.1 DEPUIS L’ECOLE ET AUTOUR : DES CONNAISSANCES, DES DEBATS, ET DES ENGAGEMENTS INTERGENERATIONNELS DE PROXIMITE SUR LA TRANSITION ECOLOGIQUE 
1.2 LA QUALITE DE L’AIR ET LES MOBILITES DOUCES : UN EXEMPLE D’IMPLICATION PLUS PARTICIPATIF 
1.3 DES COLLECTIVITES IMPLIQUANT DAVANTAGE LES ENFANTS, SELON L’AGE : LIENS ENTRE ECO-DELEGUES, CONSEILS DE JEUNES, INSTANCES PARTICIPATIVES LOCALES 
1.4 DES RENCONTRES SPORTIVES ET DES ACTIVITES SOCIO-CULTURELLES INTEGRANT UN VOLET TRANSITION ECOLOGIQUE ELABORE AVEC LES ENFANTS

2. FAIRE DES ACTEURS SOCIO-CULTURELS DES INCUBATEURS DE PROJETS LOCAUX PARTENARIAUX PORTES AVEC DES ENFANTS ET ADOLESCENTS 
2.1 DES MOYENS HUMAINS ET FINANCIERS DANS LES TLT POUR ACCOMPAGNER LES JEUNES 
2.2  FAIRE DES « CITES EDUCATIVES » DES PIONNIERES DE LA PARTICIPATION DES ENFANTS DANS DES PROJETS TERRITORIAUX PARTENARIAUX (LABORATOIRES, ENTREPRISES, AGRICULTEURS…)

ANNEXES

TOME II : Convergence des travaux  du Conseil Enfance du HCFEA avec la CIDE

1. LE RAPPORT « PILOTAGE DE LA QUALITE AFFECTIVE, EDUCATIVE ET SOCIALE DE L’ACCUEIL DES JEUNES ENFANTS » ET LA CIDE
1.1 Des droits dès la petite enfance dans le rapport 2018 du défenseur des enfants   
1.2 La qualité des services petite enfance centrée sur les enfants  
1.3 Un besoin de pilotage global : apport aux observations finales 9 et 10 du CDE  
1.4 Lutte contre la pauvreté et réduction des inégalités éducatives et culturelles (observations 70 et 72)  
1.5 Modes d’accueil favorisant l’égalité entre les filles et les garçons et observation
1.6 Handicap et observation 
1.7 Modes d’accueil bientraitants et observations 43 et 44 contre les violences 
1.8 Formation des professionnels et observation

2. RAPPORT « DES DONNEES ET ETUDES PUBLIQUES MIEUX CENTREES SUR LES ENFANTS » ET LES OBSERVATIONS FINALES DU CDE
2.1 La demande de données et d’un suivi plus argumenté et chiffré des politiques de l’enfance du CDE  
2.2 Un état des lieux des données disponibles dans l’appareil statistique public français  
2.3 Des propositions pour un écosystème et une infrastructure de données centrées sur les enfants  
2.4 Les suites du rapport : propositions  

3 La Mise en œuvre des observations du CIDE : piste d’évolution du suivi
3.1 L’outil de la DGCS sur le suivi des données administratives relatives à la mise en oeuvre des observations du CDE  
3.2 Au croisement du rapport « données » : une proposition

Rapport d'étude 144 Haut conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge 204000069

Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à RFI le 12 novembre 2019, sur les relations internationales, les partenariats et le rôle de l'éducation dans le monde.

Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à RFI le 12 novembre 2019, sur les relations internationales, les partenariats et le rôle de l'éducation dans le monde. Jean-Michel Blanquer 12/11/2019 relations internationales partenariats

FREDERIC RIVIERE
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour Frédéric RIVIERE.

FREDERIC RIVIERE
Vous avez été la cible de nombreuses attaques dimanche pendant la manifestation contre l'islamophobie, des banderoles, des slogans, par exemple « Notre France n'est pas celle de ZEMMOUR » et « notre République n'est pas celle de BLANQUER. » Comment vous vivez le fait d'être ainsi présenté par un certain nombre de personnes, comme non-respectueux de la laïcité, voire comme un adversaire de l'islam, pas seulement de l'islamisme, mais de l'islam ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je n'ai pas très envie de répondre à tout ça parce que le but de ceux qui font cela est de créer une espèce de spirale, de la nervosité finalement, et il faut en sortir. On a besoin d'une société fraternelle, d'une société où bien entendu il n'y a pas de racisme, bien entendu il n'y a pas de discrimination, et ce qui nous permet d'avoir ça c'est la République et la laïcité. J'ai peu de leçons de recevoir de République et de laïcité du fait de mon parcours, et donc voilà, je ne souhaite pas aller plus loin. Je crois qu'il y a, dans notre démocratie, un risque, qui est peut-être inhérent à la démocratie, c'est que les personnes outrancières cherchent par l'outrance à créer plus d'outrance, je crois que le calcul de l'outrancier c'est justement qu'on réponde par l'outrance, donc je ne répondrai pas par l'outrance.

FREDERIC RIVIERE
C'est pour les mêmes raisons que vous n'avez pas réagi lorsque, ici même, à cette place, il y a 3 semaines, Yassine BELATTAR, qui venait de démissionner du Conseil présidentiel des villes, avait dit que s'il était vous il ne mettrait plus les pieds en Seine-Saint-Denis, il avait parlé d'un ministre de l'Education nationale qui n'était pas éduqué, vous avez tout de même entendu ces propos, de la part de quelqu'un qui avait été choisi par Emmanuel MACRON.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce qui montre bien qu'il n'est pas, d'ailleurs, exclu de quoi que ce soit au départ, qu'il n'y avait pas d'a priori négatif à son sujet… non, mais écoutez, c'est la même réponse, je ne vais pas répondre à l'outrance par l'outrance. La seule réponse que je peux faire c'est que depuis je suis allé deux fois en Seine-Saint-Denis et que je connais bien la Seine-Saint-Denis, et nous avons vocation à y faire encore beaucoup de travail pour améliorer les choses puisqu'on a besoin de travailler constructivement à l'avenir de ce département et d'éviter de lui donner cette image négative, qu'il a donnée tenant ces propos. Tout le monde a vocation à aller partout dans la République, c'est justement une définition de la République…

FREDERIC RIVIERE
A fortiori les ministres, non ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
A fortiori les ministres, mais chaque citoyen de la République doit pouvoir aller dans n'importe quel espace public, et moi je serai prêt à me battre pour que Monsieur BELATTAR puisse aller dans n'importe quel endroit, c'est justement ça la République, donc, si vous voulez, soyons républicains, c'est-à-dire à la fois sereins, fraternels, et en évitant l'outrance.

FREDERIC RIVIERE
Vous vous sentez suffisamment soutenu par votre majorité ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr, il n'y a pas de problème de ce côté-là. Vous savez, dans la vie, quand vous avez des principes et une colonne vertébrale, vous vous sentez soutenu, c'est l'essentiel, vous avez surtout besoin de votre colonne vertébrale pour être soutenu.

FREDERIC RIVIERE
Est-ce que les élus de la République, les députés, les sénateurs, les maires, qui ont participé dimanche à cette manifestation contre l'islamophobie, au cours de laquelle on a vu des personnes portant une étoile jaune, une petite fille notamment qu'on avait affublée de cette étoile jaune, avec l'inscription « muslim », est-ce que ces élus ont commis une erreur, voire une faute ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez, je vais vous répondre, mais je suis venu pour vous parler, pendant quelques pauvres minutes, de relations internationales, du Forum de la paix, du rôle de l'éducation dans un monde meilleur, je n'ai pas envie tellement d'alimenter ce qui fait un petit peu trop souvent le… je ne veux pas me dérober si vous voulez, mais je pense qu'il y a suffisamment d'éléments de nervosité…

FREDERIC RIVIERE
Dernière question sur le sujet et après on en vient au…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Tout le monde sait ce que je pense, j'ai déjà utilisé les qualificatifs négatifs qui s'imposent par rapport à ce type de manifestation, je ne veux pas à contribuer, encore une fois, à ce calcul des outranciers qui est de créer plus de nervosité dans notre société, là où on a besoin de créer plus de fraternité.

FREDERIC RIVIERE
Alors, c'est finalement la charnière entre les questions internationales, les partenariats, et ce dont nous venons de parler. La France a un regard, a un rapport très particulier à la laïcité, très passionnel. Quel regard pensez-vous qu'on a, qu'on ait plutôt, à l'étranger, sur ce sujet-là ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez, la laïcité c'est une passion de la raison, c'est une passion peut-être, mais c'est une passion pour la raison, c'est la passion pour l'esprit des Lumières, c'est-à-dire la passion pour l'égalité républicaine, la passion pour la raison, la passion pour la démocratie, la passion pour notamment le droit d'expression, la passion pour la non-violence, tout ça est corrélatif à la République et à la laïcité. On essaye souvent de décrire la laïcité comme quelque chose de désuet ou de comme quelque chose, de trop français en quelque sorte, ce n'est pas vrai, il n'y a rien de plus moderne que la laïcité dans le monde tel qu'on le voit, où il y a une très grande diversité, une très grande circulation aussi, on a plus que jamais besoin de cet outil politique démocratique pour justement bien vivre ensemble. Et d'ailleurs, il y a des pays dans le monde qui ont pratiqué, ou qui pratiquent la laïcité, pour moi qui connaît bien l'Amérique latine, je peux vous citer l'Uruguay, qui est un pays qui a bien des différences avec la France, mais qui est très à l'aise avec la notion de laïcité. La Turquie, jusqu'à une époque récente, a pratiqué la laïcité sans que ce soit incompatible avec sa culture. On voit bien que la laïcité peut parfaitement s'appliquer sous différentes latitudes, et c'est un concept extrêmement moderne. Moi je parle avec des collègues européens de différents problèmes qu'on peut rencontrer dans nos sociétés, ils voient bien que le la notion de laïcité peut être extrêmement utile pour tout simplement nous permettre de vivre avec nos différences dans une société.

FREDERIC RIVIERE
Alors, vous allez vous exprimer aujourd'hui au Forum de Paris pour la paix, vous accueillerez à partir de demain la CONFEMEN, la Conférence des ministres de l'Education des pays de la francophonie. Qu'est-ce que la France apporte à ses partenaires et qu'est-ce qu'elle attend d'eux dans le domaine de l'éducation ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
L'éducation est le sujet d'avenir par excellence, c'est le grand investissement que tous les pays du monde doivent faire pour faire face à tous les défis que nous avons, notamment les défis de développement durable, les défis de formation de tous. On est en train de changer de civilisation, on est en train de passer dans un monde de plus en plus technologique, et la grande question c'est de savoir comment ce monde de plus en plus technologique peut être quand même un monde de plus en plus humain. Pour cela on a besoin, plus que jamais, d'ancrer les enfants par l'éducation dans le réel, tout en les préparant aux compétences du futur, les ancrer dans le réel c'est déjà savoir écrire, lire, compter, c'est savoir aussi manier les choses concrètes, avoir un bon rapport avec la nature, tous ces sujets qui font qu'on se sent bien dans la vie et qu'on a les outils pour vivre. Et puis on doit aussi avoir les nouvelles compétences indispensables et en particulier les compétences numériques. Tout ceci fait qu'on a des défis communs à l'échelle de l'Humanité, qu'il faut investir, c'est pour ça que le président de la République, Emmanuel MACRON, s'était engagé il y a 1,5 an, au forum de Dakar, à multiplier par 10 la participation de la France au fonds mondial pour l'éducation, on est ainsi à 200 millions d'euros de participation française à ce fonds, qu'il travaille beaucoup à réunir les fonds nécessaires, plus de 3 milliards, pour que, notamment les pays d'Afrique puissent investir dans l'éducation. Et puis on s'est donné des priorités dans cette grande vision commune de l'éducation, le fait que garçons et filles aillent à l'école, la formation des professeurs, la formation professionnelle, voilà trois grands axes dans les politiques publiques qui sont à mener pour un avenir heureux, un avenir paisible et un avenir de prospérité de nos pays.

FREDERIC RIVIERE
Et la France a des compétences particulières à faire partager à ses partenaires ? J'ai cru comprendre notamment que son expertise était reconnue sur l'évaluation.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est amusant que vous parlez de ça parce que c'était mon sujet de réunion juste avant de venir vous voir, effectivement l'évaluation est un sujet sur lequel on a beaucoup travaillé, sur lequel il y a un savoir-faire français, mais de façon générale c'est aussi des échanges horizontaux, on a beaucoup à apprendre les uns des autres, c'est vrai par exemple en matière de formation des professeurs, en matière de formation à distance, et c'est par cette capacité à partager des visions communes et à échanger des savoir-faire qu'on peut y arriver. Je vous donne un exemple, les mathématiques, la France est très reconnue sur le sujet, j'ai demandé à Cédric VILLANI et à Charles TOROSSIAN un plan sur ce sujet, ce plan nous l'appliquons depuis 1 an, c'est un plan qui aujourd'hui est regardé par différents pays dans le monde pour revitaliser l'enseignement des mathématiques dans nos pays.

FREDERIC RIVIERE
Nous sommes cette semaine très exactement à la moitié du mandat d'Emmanuel MACRON, quel regard portez-vous sur votre bilan ? Est-ce que le moment de bravoure de votre action, et peut-être d'ailleurs de tout le quinquennat, puisque c'est la mesure, la réforme, que beaucoup de vos collègues ministres citent quand il s'agit de se retourner sur ces 2,5 ans, est-ce que ce n'est pas le dédoublement des classes de primaire en zone prioritaire ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est sûr que c'est une mesure extrêmement importante et que c'est une mesure à la fois emblématique et locomotive, elle concerne 300.000 élèves au moment où je vous parle, à la fin du quinquennat elle en concernera 450.000, parce qu'on va le faire aussi pour les grandes sections de maternelle. Elle entraîne tout un mouvement qui va au-delà du simple fait d'avoir des classes à 12 dans les territoires les plus défavorisés, c'est un mouvement pédagogique aussi, pour tout simplement être plus efficace pour que tous nos enfants maîtrisent les savoirs fondamentaux. Et c'est ce qui est en train de se passer, on a des premiers résultats, qui sont encore des bourgeons, des premiers petits résultats, mais qui sont des résultats de progrès extrêmement intéressants. C'est une mesure à la fois qui rehausse le niveau général du pays et qui est une mesure de justice sociale, puisqu'on est en train de réduire de façon importante l'écart qui existe entre territoires défavorisés et les autres territoires de la France. Donc c'est effectivement une mesure phare, mais ce n'est évidemment pas la seule que nous avons menée, sur l'école primaire il y a beaucoup de choses qui ont été faites, une grande réforme de l'école primaire pour la consolider, et ça va continuer, notamment avec l'école maternelle obligatoire et tout ce que cela signifie sur le plan de la qualité de l'école maternelle. Et puis il y a toute notre réforme du lycée, général, technologique et professionnel, qui est une réforme très profonde.

FREDERIC RIVIERE
Un mot sur la réforme des retraites qui va concerner évidemment énormément de monde au sein de l'Education nationale. Si je voulais faire un clin d'oeil au début de notre entretien, je vous demanderais si votre religion est faite sur la question de la « clause du grand-père », c'est-à-dire qu'on applique uniquement aux nouveaux entrants et pas à ceux qui sont déjà en poste ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ce sont des débats qui ont vocation à avancer dans les temps qui viennent. Moi je suis extrêmement pragmatique sur ce genre de questions, ce qui compte c'est d'être conforme aux objectifs qu'on se fixe. Vous savez, pour toute réforme, ce qui compte c'est le sens, et parfois on se perd trop dans la discussion autour des tuyaux, et le sens c'est quoi ? c'est plus de justice, c'est-à-dire avoir un système à la fois plus juste et plus simple, plus juste et plus simple parce que ce sera un système par points, lisible par tous, et pilotable, dans l'intérêt général, et en toute transparence pour l'ensemble du pays. Donc, tout ce qui permet d'arriver à cela, sans léser personne, est évidemment positif, et donc c'est ça qui va commander le délai d'entrée, donc la « clause du grand-père » c'est sans doute quelque chose qui mène trop loin dans le temps, en revanche qu'il y ait une vision du curseur, c'est justement ce qui se discute en ce moment avec les partenaires sociaux.

FREDERIC RIVIERE
Merci Jean-Michel BLANQUER, bonne journée.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci à vous, bonne journée à vous tous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 novembre 2019
 

Enseignement public Enseignement Politique de l'enseignement Contrat de partenariat Relations internationales Systeme scolaire Education 193002325

Rapport d'activité 2018 de l'Inspection générale de l'éducation nationale

Rapport d'activité 2018 de l'Inspection générale de l'éducation nationale Rapport d'activité 2018 de l'Inspection de l'éducation nationale Inspection générale de l'Éducation Nationale pdf Gratuit - 2.28 Mo (nouvelle fenêtre) Politique de l'enseignement Enseignement Inspection generale de l'education nationale Rapport d'activite Systeme scolaire Politique de l'enseignement

Le rapport d'activité 2018 présente les missions permanentes de l'Inspection générale de l'éducation nationale (IGEN) et ses activités illustrées par les principaux rapports qui ont marqué l'année. Il décrit son organisation et son fonctionnement.
Il passe en revue ses missions auprès des organismes ou opérateurs nationaux, ses rapports prédisciplinaires concernant les établissements et les personnels.

Édito 

Chiffres clés de l’année 2018 

Les missions permanentes au service du système éducatif 

Les missions auprès des directions d’administration centrale 

Les missions auprès des organismes ou opérateurs nationaux 

Les activités d’expertise liées à l’international 

Les rapports prédisciplinaires concernant les établissements et les personnels 

Les travaux de l’année 2018 

Les rapports liés au programme de travail annuel 

L’organisation de l’IGEN et ses ressources humaines 

La cartographie de l’IGEN 

L’organisation de l’IGEN 

Annexes 
Ressources humaines 
Liste des rapports 2018 
Statut particulier de l’IGEN 
Table des sigles et acronymes

Rapport d'activité Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse 194000823

Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à Europe 1 le 28 janvier 2019, sur le conflit social des gilets jaunes et les violences lors des manifestations.

Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à Europe 1 le 28 janvier 2019, sur le conflit social des gilets jaunes et les violences lors des manifestations. Jean-Michel Blanquer 28/01/2019 Gilets jaunes violences manifestations

AUDREY CRESPO-MARA
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER, MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE ET DE LA JEUNESSE
Bonjour.

AUDREY CRESPO-MARA
Jérôme RODRIGUES, un proche d'Eric DROUET, a été gravement blessé à l'oeil ce week-end. Une enquête est en cours mais depuis le début du mouvement, une centaine de manifestants ont été gravement blessés par des grenades de désencerclement ou par des LBD. N'est-il pas temps de revoir les moyens de maintien de l'ordre ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
D'abord, Christophe CASTANER et Laurent NUNEZ se sont bien exprimés sur ces questions en disant bien que l'objectif, c'est toujours une réaction proportionnée. Je crois que les réactions de la police depuis des semaines où elle est tellement sollicitée, tellement agressée aussi sont la plupart du temps proportionnées.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais on compte une centaine de blessés graves quand même. Des mains arrachées, des yeux en moins.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr. Mais sur des dizaines de milliers d'actions si vous voulez. Bien sûr, bien sûr. Et c'est très, très regrettable, bien entendu. Je rappelle qu'à chaque fois, il y a une enquête de l'IGPN, ce qui est le cas, là. On est dans une grande démocratie avec des forces de l'ordre républicaines. Mais le mieux, ce serait surtout qu'on arrête de les agresser.

AUDREY CRESPO-MARA
En réaction à la blessure de RODRIGUES, Jean-Luc MELENCHON réclame la démission de Christophe CASTANER. Marine LE PEN l'a demandée avant lui. Craignez-vous un rapprochement entre Marine LE PEN et Jean-Luc MELENCHON ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je ne le crains pas, je le constate et je pense que c'est grave. Que ça fait maintenant un certain temps qu'on voit une dérive des deux côtés d'ailleurs. Chacun perd ses fondamentaux d'une certaine façon, tout simplement parce qu'ils ont la même idée de la démocratie peut-être et c'est ça qui est grave, parce que ce sont par ailleurs des élus parlementaires. Donc il est temps que chacun reprenne un peu ses esprits et dans une République qui est aussi une démocratie, en appeler à des formes insurrectionnelles, c'est quelque chose de grave. C'est d'ailleurs Jean-Luc MELENCHON qui dérive le plus sur ce point.

AUDREY CRESPO-MARA
Suite à la blessure de RODRIGUES, Eric DROUET appelle les Gilets jaunes à un soulèvement. Il avait déjà lancé un appel à investir l'Elysée, aujourd'hui il appelle à l'insurrection. Peut-on appeler à renverser le Gouvernement par la violence sans tomber sous le coup de la loi ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non. C'est totalement honteux. Ça tombe probablement sous le coup de la loi, ce n'est pas à moi de le dire ce matin, mais ça doit être étudié certainement. Nous sommes dans une République, une démocratie. Chacun doit comprendre qu'être Français aujourd'hui, au XXIème siècle, avec tous les droits que l'on a mais aussi les devoirs, c'est une chance formidable, une chance exceptionnelle, et que les gens comme lui qui en appellent à l'insurrection sont de dangereux personnages. Il faut évidemment condamner cela, ce que je fais maintenant, mais il faut aussi regarder la dimension juridique de ce problème.

AUDREY CRESPO-MARA
Jean-Michel BLANQUER, comme beaucoup de ministres vous vous frottez au Grand débat national. Emmanuel MACRON affirme qu'il tirera des conséquences profondes du débat. Que faut-il entendre par « profondes » ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il a dit quelque chose justement de très profond et de très vrai, de philosophique qu'en réalité. Il a dit quelque chose d'hégélien en Egypte, parce qu'il a dit quelque chose qui est très vrai. C'est-à-dire que nous sommes dans un mouvement historique, nous sommes dans une étape de l'histoire extrêmement profonde, qui se voit dans d'autres pays. La France est touchée comme tous les pays et c'est précisément pour ces raisons qu'il a été élu Président de la République. Il est tout à fait normal qu'à l'occasion de la crise que nous venons de traverser, nous cherchions à sortir de cette crise profonde en faisant de la France justement le pays qui sait inventer le modèle économique et social du futur. Donc c'est quelque chose de très…

AUDREY CRESPO-MARA
Mais « tirer les conséquences profondes d'un débat », ça signifie quoi concrètement ? Ça signifie par exemple revenir sur les 80 kilomètres/heure ? Concrètement ? Parce qu'HEGEL est loin.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ecoutez, ce sujet-là est important, ce sujet est important mais là on vient de parler de…

AUDREY CRESPO-MARA
Si vous pouviez être un peu plus concret.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je ne suis pas sûr que ce soient les 80 kilomètres/heure qui soient le principal sujet. Lorsque par exemple il déclare il y a deux semaines - c'est passé un peu inaperçu - que l'économie du futur doit reposer fortement sur les piliers que sont l'éducation et la santé, en ayant donc une vision économique et sociale de ce sujet, voilà typiquement quelque chose qui relève de nouveaux modes de fonctionnement de notre société. Lorsqu'on réfléchit à la façon dont on va avoir une justice territoriale dans le futur, avec peut-être la recherche de modalités du lien social, de vie associative, d'organisation différente du temps, voilà des évolutions profondes de la société qui nous permettraient de profiter plus de notre pays tel qu'il est avec ses atouts incroyables.

AUDREY CRESPO-MARA
Ça reste encore flou.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Des évolutions profondes, c'est soit on égrène des mesures, soit on réfléchit profondément à ce qu'est un pays au XXIème siècle, donc c'est ce que je vous dis. Maintenant on peut regarder ce que ça veut dire concrètement. Par exemple en tant que ministre de la Vie Associative que je suis aussi, j'ai des idées de budget participatif à l'échelle départementale pour avoir plus de moyens pour des actions d'intérêt général auxquelles les citoyens participent.

AUDREY CRESPO-MARA
Jean-Michel BLANQUER, alors que tout le week-end les réseaux sociaux se sont déchaînés contre Bilal HASSANI qui va représenter la France à l'Eurovision, vous lancez ce matin une grande campagne contre l'homophobie et la transphobie à l'école. Alors à l'école, des petits garçons comme celui que nous allons entendre, sont insultés, harcelés. Extrait d'un témoignage recueilli par Virginie SALMEN. 

UN ELEVE
Ils me disaient « sale pédé » et tout. Ils me disaient « tu aimes les hommes » et tout. Et moi quand ils me disent ça, j'ai envie de les frapper. J'ai presqu'envie de les tuer.

AUDREY CRESPO-MARA
Bouleversant évidemment. Il existe des chiffres qui témoignent d'une recrudescence de ce type de comportement à l'école ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui. Malheureusement depuis le mois de septembre d'ailleurs, on a observé une certaine recrudescence de ces actions. Moi je pense à ce petit garçon et à des milliers d'élèves, garçons ou filles, qui peuvent vivre cela et c'est pour ça qu'on fait cette campagne.

AUDREY CRESPO-MARA
SOS Homophobie parle d'une hausse de 38 % des signalements en 2017. Vous confirmez ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, oui. C'est effectivement des chiffres que nous partageons avec les associations. Ça dit quelque chose de la violence de notre société. Les sujets ne sont pas déconnectés entre eux. Vous savez, quand on a du mal à se parler, quand on ne respecte pas autrui, ceci évidemment transfuge sur les enfants. Or lutter contre l'homophobie ou la transphobie, c'est évidemment lutter pour les valeurs de la République, lutter pour le droit à la différence, le fait qu'on doit accepter chacun comme il est et permettre à chacun son épanouissement. C'est une sorte d'évidence et c'est l'école qui est le premier lieu, avec la famille, où on doit dire ces évidences. Donc nous les disons et nous les disons avec une grande force.

AUDREY CRESPO-MARA
Pourquoi avoir choisi un lycée professionnel du 19ème arrondissement de Paris pour présenter cette campagne ? L'homophobie est-elle plus présente dans les lycées techniques des quartiers populaires ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je ne dirais pas ça, non. Elle est d'autant plus que notre action vaut aussi pour les âges qui précèdent. Il se trouve que je vais souvent en lycée professionnel en ce moment et j'y accorde une grande importance. Donc c'est le seul message de ce point de vue-là mais il n'y pas de problèmes spécifiques au lycée professionnel pour l'homophobie.

AUDREY CRESPO-MARA
Lutte contre l'homophobie et la transphobie, est-ce que le sujet sera abordé auprès des plus petits dans les écoles primaires ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui. Chaque âge doit avoir des messages spécifiques si vous voulez. Il ne s'agit pas de se tromper de message selon les âges. A l'école primaire, c'est surtout le respect d'autrui sur lequel on doit insister. Vous savez, je dis toujours : lire, écrire, compter et respecter autrui. Respecter autrui, c'est quelque chose qui s'apprend dès la maternelle par des choses assez simples, l'esprit d'équipe en particulier, l'acceptation de l'autre dans toutes ses différences. C'est ces choses-là que l'on comprend quand on est petit en fait. C'est très important de le faire passer. Et puis progressivement, c'est des messages de plus en plus nets qui doivent arriver, notamment à l'âge du collège parce que c'est à ce moment-là que l'on voit effectivement ce type de discrimination apparaître : l'humour stupide, les choses qui font mal et cætera.

AUDREY CRESPO-MARA
Il y a ce qu'on entend à la maison aussi qui joue un rôle fondamental.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Il y a ce qu'on entend à la maison bien sûr. Nous avons évidemment au collège le reflet de choses qui se disent à la maison. Donc quand vous avez des obscurantismes qui progressent, quand vous avez des pensées anti-lumières, antiprogrès dans la société, ça se reflète à l'école et l'école doit évidemment être en première ligne pour lutter contre ça et renverser la logique. Moi mon but, c'est que, si vous voulez, dans une cour de récréation on n'ait pas le jeune isolé qui se fait harceler par tous les autres, mais que ce soit celui qui a une pensée et un discours homophobe stupide qui se sente, lui, honteux. Et c'est ce qu'on va arriver à faire parce qu'on va s'en donner les moyens.

AUDREY CRESPO-MARA
Quand vous parlez de pensées obscurantistes, vous pensez à quoi précisément ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien entendu, on peut penser au fondamentalisme religieux. On peut penser aussi plus généralement au fait que progresse dans notre société le complotisme, encore une fois des pensées obscurantistes, c'est-à-dire des pensées opposées à la pensée des Lumières, qui estiment que la raison du plus fort est la meilleure par exemple, alors que nous nous défendons l'idée qu'on doit défendre chacun.

AUDREY CRESPO-MARA
Et quand les réseaux sociaux se déchaînent tout le week-end contre Bilal HASSANI, je le disais, qui va représenter la France à l'Eurovision, pas moins de mille cinq cents insultes homophobes, que pouvez-vous faire ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
D'abord rester très serein par rapport à tout cela. Vous savez, on peut lister toutes les bêtises qui sont sur les réseaux sociaux, ça n'est pas le reflet de ce qu'est réellement la société. Nous vivons maintenant avec des prismes cognitifs, c'est-à-dire que nous subissons des pluies d'information par les chaînes d'information, par les réseaux sociaux et ça finit par nous donner une perception du monde nerveuse. Moi j'essaye de lutter contre cette nervosité tout en disant les choses. Il faut dire les choses, être très clair et très calme et donc c'est l'attitude que l'on doit avoir. Donc c'est vraiment très malheureux de voir ce que vous venez de dire, évidemment je le condamne. Mais en même temps, je veux dire que l'immense majorité des gens ne sont pas comme ça.

AUDREY CRESPO-MARA
Merci Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 février 2019 
 

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