Conseil des ministres du 7 novembre 2019. Résultats. L'intéressement et la participation.

Conseil des ministres du 7 novembre 2019. Résultats. L'intéressement et la participation. Conseil des ministres 7/11/2019 Intéressement participation salariés

Le ministre de l'économie et des finances a fait un point relatif à l'intéressement et la participation.

Avec la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, le Gouvernement a souhaité favoriser l'association des salariés à la réussite de l'entreprise et contribuer ainsi à soutenir le pouvoir d'achat des salariés, tout en fournissant des outils pérennes de performance aux entreprises.

Dans un contexte où les instruments de partage de valeur – en premier lieu l'intéressement et la participation – sont aujourd'hui peu utilisés dans les petites et moyennes entreprises, le Gouvernement a fixé l'objectif qu'à la fin du quinquennat, au moins 3 millions de salariés puissent bénéficier d'un dispositif de partage de la valeur dans les petites et moyennes entreprises, contre 1,4 million aujourd'hui.

Le Gouvernement a donné une impulsion forte à la mise en place ou au renforcement d'un dispositif de partage de la valeur au sein des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises (TPE/PME), avec la suppression du forfait social, effective depuis le 1er janvier 2019, ainsi qu'avec les différentes mesures de simplification et de sécurisation des accords d'intéressement prévus par la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises. Des accords d'intéressement et de participation "clés en mains" ont été mis en ligne sur le site dédié www.interessement-participation.gouv.fr pour aider les TPE/PME à mettre en place des accords d'épargne salariale.

Afin d'amplifier la diffusion de ces différents dispositifs au sein des petites entreprises, le Gouvernement déploiera de nouveaux outils dans les prochains mois.

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 prévoit que le bénéfice de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat en 2020 sera conditionné à la signature d'un accord d'intéressement avant le 30 juin 2020. Il permet d'inscrire ainsi dans la durée le partage de la valeur dans l'entreprise.

Afin d'apporter plus de souplesse aux entreprises, le projet de loi ratifiant diverses ordonnances de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel et portant diverses mesures d'ordre social prévoira la conclusion d'accords d'intéressement pour une durée comprise entre un et trois ans. Les branches seront encouragées à négocier dans les meilleurs délais un accord d'intéressement qui permettra aux entreprises de mettre en oeuvre rapidement ces accords.

Gestion d'entreprise Communication gouvernementale Participation aux benefices Participation des salaries Pouvoir d'achat TPE PME Accord d'entreprise 196002267

Interview de Mme Sibeth Ndiaye, secrétaire d'État, porte-parole du Gouvernement, à LCI le 23 septembre 2019, sur les mobilisations des Gilets jaunes et les abattements fiscaux pour les personnes âgées dépendantes.

Interview de Mme Sibeth Ndiaye, secrétaire d'État, porte-parole du Gouvernement, à LCI le 23 septembre 2019, sur les mobilisations des Gilets jaunes et les abattements fiscaux pour les personnes âgées dépendantes. Sibeth Ndiaye 23/09/2019 Gilets jaunes personnes âgées dépendantes
  • Sibeth Ndiaye - Secrétaire d'Etat, porte-parole du gouvernement

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Sibeth NDIAYE.

SIBETH NDIAYE
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d'être sur LCI, vous êtes donc porte-parole du gouvernement. D'abord, quelle leçon vous tirez de la 45e mobilisation des Gilets jaunes samedi, en particulier à Paris.

SIBETH NDIAYE
Je crois que c'est une mobilisation dont on voit qu'elle diminue par rapport aux samedis qu'on a connus il y a bientôt 1 an au mois de décembre et au mois de novembre, donc c'est malheureusement, je crois, je dis malheureusement… une mobilisation qui se poursuit parce que je pense que le gouvernement a apporté des réponses importantes, à la fois en matière de pouvoir d'achat, mais aussi des réponses sur les questions de citoyenneté, de démocratie représentative, à travers la réforme qu'on présente sur la réforme des institutions, et donc, de mon point de vue, c'est une mobilisation qui n'a plus lieu d'être compte tenu des réponses que nous avons apportées, des réponses importantes, je crois, que nous avons apportées.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc pour vous il n'y a plus de motifs légitimes, pour les Gilets jaunes, de se mobiliser ?

SIBETH NDIAYE
Après, ça c'est le sentiment que moi j'en ai compte tenu des avancées qu'a produite le gouvernement. Je comprends, en revanche, que des Gilets jaunes, et c'est la liberté de chacun, en France, que de manifester, moi je souhaite à chaque fois que ça se fasse sans qu'il n'y ait de dégâts, malheureusement on a vu hier que des Black blocs avaient réussi à s'infiltrer, en particulier dans la Marche pour le climat, et donc à bouleverser, en quelque sorte, ce qui était, ce mouvement, extrêmement pacifique, très digne et très engagé, donc je le regrette évidemment.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais vous dites, je regrette ces manifestations parce qu'on a répondu aux Gilets jaunes, et pourtant dans l'interview qu'Emmanuel MACRON a consacré au magazine Time, dans sa version internationale, il a eu une formule, d'ailleurs assez curieuse, il a dit qu'il était dans "la vallée de la mort", qui est cet espace où on attend les résultats d'une politique. D'abord, "la vallée de la mort", un petit mot quand même de la violence de l'expression, qu'est-ce que ça traduit, et puis ensuite ça veut bien dire que les résultats ne sont pas encore là.

SIBETH NDIAYE
Alors, deux choses. D'abord sur l'expression elle-même, ça renvoie à une sémantique qui est celle des start-up en Californie où on explique ce moment où on a beaucoup investi, et en l'occurrence pour nous ça correspondrait à un moment où on a fait énormément de réformes et où on n'a pas encore les fruits totalement de cet investissements-là, et on est encore dans ce moment-là où on a des premiers résultats, je pense en particulier sur le front du chômage, où on a vu que depuis le début du quinquennat le chômage a baissé de 1 point quasiment et on a créé 500 000 emplois, donc…

ELIZABETH MARTICHOUX
300 000 chômeurs en moins globalement !

SIBETH NDIAYE
Exactement, et donc on voit bien…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est modeste, c'est une baisse modeste.

SIBETH NDIAYE
Non, c'est important. Pardon de vous le dire, mais depuis plus de 10 ans on n'avait pas obtenu des chiffres aussi bons, donc je peux quand même me permettre de mettre sur la table le fait que ce sont des résultats qui sont encourageants. Après, toutes les mesures que nous avons prises ne donnent pas encore pleinement leur effet, donc c'est pour ça que le président de la République indiquait que nous étions dans ce moment très particulier d'un quinquennat, où beaucoup a été fait, et où il y a une attente très forte sur les résultats, qui commencent tout doucement à se faire voir. Et puis, vous m'interrogez sur les Gilets jaunes. Oui, je crois que nous avons produit un certain nombre de mesures qui sont de nature à répondre aux interrogations qui se sont faites jour au début de la crise des Gilets jaunes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais qu'est-ce que vous leur dites encore une fois, puisque vous dites… un peu de patience ?

SIBETH NDIAYE
Ce que je dis c'est que nous avons fait un certain nombre de choses en matière de pouvoir d'achat, et donc le pouvoir d'achat des Français n'aura jamais autant augmenté que sous l'action de ce gouvernement, depuis les 10 ou 12 dernières années, donc ça ce sont des choses qui sont tangibles, je crois que c'est une augmentation de 850 euros, en moyenne, sur l'année 2019, du pouvoir d'achat. En revanche, ce qui a été, dans le fond, à l'origine de la crise des Gilets jaunes, au-delà de l'étincelle qu'on a eue sur la taxe carbone et, au fond, le pouvoir d'achat, c'est-à-dire des racines qui sont très profondes, qui sont là depuis des dizaines d'années, sans doute cela on ne va pas le résoudre d'un claquement de doigts, la disparition des services publics dans les régions rurales, le sentiment d'être un peu sur le bord du chemin pour la mondialisation, ça ce n'est pas d'un coup de baguette magique qu'on va le résoudre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les fractures, les problèmes de fractures territoriales, ou autres fractures tout court, vous dites : donnez-nous du temps.

SIBETH NDIAYE
Mais je dis tout simplement que, on ne va pas reconstruire ce que 30 ans de politiques publiques ont défait, en 2 ans.

ELIZABETH MARTICHOUX
Un peu de patience.

SIBETH NDIAYE
Mais nous nous y attelons.

ELIZABETH MARTICHOUX
A propos de pouvoir d'achat, question précise, réponse courte s'il vous plaît Sibeth NDIAYE. Vous confirmez la baisse de la redevance d'1 euro l'an prochain ?

SIBETH NDIAYE
Alors, c'est effectivement parmi les pistes du projet de loi de Finances pour l'année prochaine, oui, effectivement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous confirmez que Gérald DARMANIN va le proposer au budget ?

SIBETH NDIAYE
Ah, moi je ne sais pas ce que sera l'arbitrage définitif du projet de loi de Finances, qui sera présenté par Gérald DARMANIN…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vendredi en Conseil des ministres.

SIBETH NDIAYE
Exactement, en Conseil des ministres, mais effectivement on pourrait logiquement se dire que, là où nous avons pu faire réaliser des efforts à la sphère de l'audiovisuel public, on puisse, à un moment donné, répercuter cela. Il y a aussi des arbitrages à réaliser parce que, je veux juste le dire très rapidement, mais l'audiovisuel public français a à faire face à de très lourdes transformations, des transformations pour l'avenir, qui permettront d'améliorer le service public, donc il faut peut-être aussi lui donner des marges de manoeuvre, c'est au ministre du Budget de trancher, on ça vendredi.

ELIZABETH MARTICHOUX
Budget toujours. Selon les Echos ce matin, le gouvernement souhaite limiter sérieusement un avantage fiscal dédié aux personnes âgées à partir de 70 ans, elles ont droit à une exonération totale des cotisations patronales, et ce serait, à partir de l'an prochain sans doute, dans le budget en tout cas 2020, réservé aux personnes handicapées ou en perte d'autonomie. Est-ce que vous confirmez cette intention du gouvernement ?

SIBETH NDIAYE
Oui, cela je vous le confirme tout à fait parce que, il s'agit de faire en sorte… l'abattement dont vous parlez vous permet aussi bien d'avoir quelqu'un qui vient vous accompagner à domicile, quand vous êtes dans la difficulté ou dans la dépendance, que de vous payer un jardinier, et donc on voit bien que, lorsque notre propos est d'accompagner les personnes âgées en situation de dépendance ou en situation de handicap, nous souhaitons, au final, recentrer les choses pour que, les aides, quand elles existent, elles s'adressent aux personnes qui en ont le plus besoin.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est un nouveau coup porté aux retraités.

SIBETH NDIAYE
Non, ce n'est pas un nouveau coup…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est un risque de…

SIBETH NDIAYE
Ce n'est pas un nouveau coup porté aux retraités. Quand votre propos il est d'utiliser un abattement fiscal, ou un abattement social, pour des travaux, par exemple de jardinerie, je ne crois pas que ce profondément la chose la plus importante…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, mais c'est par ailleurs une aide à domicile à laquelle ont recours beaucoup de personnes de plus de 70 ans, qui consiste à être aidé pour le ménage, pour la cuisine, pour l'accompagnement, même pour une compagnie.

SIBETH NDIAYE
Oui, bien sûr, et donc il y a aujourd'hui des aides qui permettent d'employer des personnes à domicile, il y a des abattements, comme pour n'importe quel Français, qui existent, si vous vous avez une nounou pour raccompagner vos enfants depuis l'école, vous bénéficiez d'abattements fiscaux, de la même manière ces abattements fiscaux perdureront, y compris pour les personnes âgées, ce qui vient en supplément…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous voulez dire que d'autres dispositifs prendront le relais ?

SIBETH NDIAYE
D'autres positifs existent déjà, ne seront pas modifiés, ce que nous souhaitons c'est que cet abattement social, en particulier, on puisse le cibler davantage sur les personnes âgées qui sont dépendantes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous n'avez pas peur que les seniors se sentent une nouvelle fois attaqués par une politique qui les vise eux en particulier ?

SIBETH NDIAYE
Non, il n'y a pas de politique…

ELIZABETH MARTICHOUX
Parce que ça fait faire une économie de 300 millions, donc quand même, ça veut dire que certains perdront.

SIBETH NDIAYE
Vous savez, il faut pouvoir faire des choix. Nous, nous considérons que, un budget se construit en faisant des choix, et donc on considère, en l'occurrence là, que les aides sociales, cette forme d'aides, ce n'est pas vraiment une aide sociale, mais cette forme d'aides à travers des abattements fiscaux ou sociaux, doivent pouvoir se concentrer sur ceux qui en ont besoin du point de vue de la dépendance, et donc on fait ce choix-là, un budget c'est toujours des choix. Et il n'y a pas de politique anti-vieux qui soit menée par ce gouvernement, je dis les choses de manière très cash, bien au contraire, nous sommes tout à fait conscients que, aujourd'hui dans notre pays il y a des petits retraités, qui ont très peu de moyens, et ceux-là nous les accompagnons, et le président de la République, au mois de décembre dernier, avait déjà réduit l'augmentation de la CSG pour tous ceux avec des revenus sous 2000 euros.

ELIZABETH MARTICHOUX
En tout cas vous confirmez l'information des Echos sur le ciblage de cette exonération fiscale. Il y a une semaine, Sibeth NDIAYE, Emmanuel MACRON a remis le débat sur la politique migratoire au centre des débats, le lendemain sur LCI voilà ce que répondait Valérie PECRESSE, la présidente de la région Ile-de-France, écoutons.

VALERIE PECRESSE, PRESIDENT DE LA REGION ILE-DE-FRANCE
Je dis bon constat, mais où sont les solutions ? Comme d'habitude il y a un décalage total entre le regard, je pense assez lucide, que le président de la République jette sur la situation, et l'absence totale de solutions.

ELIZABETH MARTICHOUX
"Absence totale de solutions" dit Valérie PECRESSE qui enfonce le clou hier dans le Journal du Dimanche, qui dénonce un double langage, une duplicité présidentielle sur ce sujet, elle a tort, il n'y a pas de double jeu ?

SIBETH NDIAYE
Oui, je pense qu'elle a évidemment tort. Permettez-moi de dire à Valérie PECRESSE que, je crois que dans notre pays, malheureusement, le débat sur l'immigration est un débat qui emporte trop de passion, c'est un débat dans lequel vous êtes systématiquement dans le fantasme, dans la contre-vérité, et on voit bien, d'ailleurs, fleurir çà et là, dans le débat, depuis qu'il a été lancé par la majorité, on voit bien qu'il y a des choses fausses qui sont dites.

ELIZABETH MARTICHOUX
Par exemple, qu'est-ce qui a été dit de faux dans la majorité ?

SIBETH NDIAYE
Non, pas au sein de la majorité. Je vous dis, depuis que la majorité a fait le choix de porter sur la place publique un débat qu'il est normal d'avoir dans une grande démocratie comme la nôtre, compte tenu des mouvements migratoires que l'on peut anticiper, à cause du réchauffement climatique, à cause des troubles militaires qui existent…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous avez dit que la France devait "s'armer" d'ailleurs, c'est votre mot.

SIBETH NDIAYE
Mais bien sûr nous devons, mais évidemment que nous devons nous armer.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et alors, quelles sont les contre-vérités, pardon, que vous dénoncez… ?

SIBETH NDIAYE
Eh bien par exemple, il y a des choses qui sont dites sur l'aide médicale d'Etat, qui ne correspondent pas à la réalité, ou tout du moins pas à une réalité que nous ayons mesurée à ce stade. Moi ce que je dis en la matière, c'est qu'il est d'abord nécessaire d'avoir ce débat, il est nécessaire parce qu'il faut anticiper l'avenir, ce que je vous disais avec les mouvements migratoires qui auront lieu à l'échelle de la planète. Il important d'avoir ce débat aussi parce que nous avons une forme d'atypie française sur les questions migratoires, et en particulier sur la demande d'asile, puisque partout en Europe, depuis 2015, depuis la crise 2015, on voit le nombre de demandeurs d'asile diminuer, alors qu'il augmente fortement dans notre pays, et donc il y a une question à se poser. Et la dernière chose, et je veux le préciser, c'est que, aujourd'hui, les gens qui majoritairement demandent l'asile en France ne viennent pas de pays d'origine non sûre, ils viennent en particulier de pays d'Europe…

ELIZABETH MARTICHOUX
Albanie, Géorgie…

SIBETH NDIAYE
Qui demandent leur adhésion à l'Union européenne, donc on voit bien que le sujet on est légitime à le poser.

ELIZABETH MARTICHOUX
Sibeth NDIAYE, le président prenant acte effectivement des chiffres que vous dites, de la relative inefficacité de la politique, y compris la loi Asile Immigration de Gérard COLLOMB à juguler ces flux migratoires des pays sûrs, mais bref, est-ce que c'est un virage stratégique, est-ce que c'est un changement de pied politique d'Emmanuel MACRON sur le sujet ?

SIBETH NDIAYE
Mais absolument pas. Le président de la République maintient évidemment les propos qu'il a eus au moment de la vague migratoire qui a touché l'Allemagne, lorsque nous avions beaucoup de réfugiés venant de Syrie, mais rappelons le cas allemand jusqu'au bout.

ELIZABETH MARTICHOUX
On rappelle quand même, pardon, parce que c'est vrai que ça tremble aussi au sein de votre majorité, qu'à l'époque, avant même qu'il soit en campagne, et pendant qu'il était en campagne, il a surtout mis en avant le caractère humanitaire de la politique d'Angela MERKEL. Ça c'est du en même temps quand même caractérisé ! En même temps, il y a 2, 3 ans on met l'humanité devant, et aujourd'hui on dit attention, les bourgeois sont très contents de ce qui se passe en matière migratoire parce qu'ils ne le voient pas, et les classes populaires sont percutées de plein fouet. C'est un langage assez réminiscent si vous voyez ce que je veux.

SIBETH NDIAYE
Alors, permettez-moi de poser les choses à plat. Quand des centaines de milliers de réfugiés syriens se sont présentés aux portes de l'Allemagne, une chancelière conservatrice, Angela MERKEL, a fait un choix extrêmement courageux en ouvrant les portes et en les accueillant. Quelques années plus tard, le bilan que nous avons c'est que moins de la moitié de ces personnes ont été régularisées au titre du droit d'asile, le reste n'ont pas été régularisées.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et donc ?

SIBETH NDIAYE
Et donc, qu'est-ce que ça nous apporte comme enseignement ? le premier c'est qu'il vaut mieux se préparer aux mouvements migratoires importants qui auront lieu à la surface de la planète, plutôt que de le faire dans l'urgence, et on a vu ce que ça a pu donner en Allemagne, et évidemment dans les pays qui ont été traversés, notamment à l'Est de l'Europe…

ELIZABETH MARTICHOUX
Deuxièmement ?

SIBETH NDIAYE
Et deuxièmement, c'est que, une fois qu'on est préparé, il faut que le droit, dont on dispose en matière d'asile, soit adapté pour absorber les choses et il faut qu'on soit dans une réponse qui soit européenne, parce que la réalité c'est que les plus de 500 000…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais au niveau français ?

SIBETH NDIAYE
Les plus de 500 000 personnes qui sont arrivées en Allemagne et qui n'ont pas été régularisées, elles n'ont pas disparu d'un coup de baguette magique, donc elles sont toujours en Allemagne, en situation irrégulière, ce qui pose d'autres problèmes, ou bien elles se sont dispersées dans d'autres pays. Donc on a une législation européenne qui n'est pas opérante aujourd'hui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Sibeth NDIAYE, est-ce qu'au niveau français, puisqu'Emmanuel MACRON parlait aussi de la France, est-ce que les Français attendent plus d'ordre et plus de fermeté sur ce thème ?

SIBETH NDIAYE
De toute évidence… vous savez, je suis très régulièrement l'objet d'attaques racistes sur les réseaux sociaux, de mon point de vue qu'est-ce que ça signifie au fond ? ça signifie que dans notre pays, même si les réseaux sociaux sont une forme de concentré qui ne reflète pas forcément le pays, mais ça veut bien dire quelque part que, il y a quelque chose qui n'est pas digéré dans notre pays avec l'immigration, il y a quelque chose où une partie de nos compatriotes ne se sentent pas complètement à l'aise avec ce que signifie l'immigration, ont la crainte de voir des vagues ou des hordes d'immigrés débarquer en France, je ne crois pas que ça corresponde, en aucun cas, à la réalité, ça c'est ma conviction. Mais, à un moment donné, quand vous avez des craintes qui s'expriment dans votre pays, il faut pouvoir les affronter, donc il faut pouvoir poser à plat les choses, dire ce qu'est la vérité de l'immigration, dire d'où viennent les gens, poser la question de ce que nous voulons, de ce que sont nos préférences collectives, et le débat que nous allons avoir, d'ici quelques jours, nous permettra de le faire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et donc, ce que vous dites, ce que vous expliquez, ce que vous contextualisez, c'est que les Français effectivement attendent plus de fermeté.

SIBETH NDIAYE
Je ne dis pas qu'ils attendent plus de fermeté, on voit bien qu'il y a des endroits, des moments où les Français sont dans beaucoup d'empathie, où on vient accompagner les réfugiés, puisqu'il y a des associations qui se mobilisent, mais on voit bien dans le même temps qu'il y a de la crainte qui s'exprime, donc on peut faire comme les petits singes et mettre les mains devant les yeux, ou bien on peut affronter les choses, mettre à plat, dire ce qui fonctionne bien, ce qui ne fonctionne pas bien.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous dites il faut ouvrir ce débat, Sibeth NDIAYE.

SIBETH NDIAYE
Une des choses qui ne fonctionnent pas bien, par exemple, c'est l'intégration. Aujourd'hui, pardon de vous le dire, mais aujourd'hui il y a des personnes qui viennent, qui sont d'origine étrangère, et dont on voit bien qu'on les a concentrées dans certains territoires et que, du coup, on n'a pas mis en place les bonnes choses pour leur permettre de s'intégrer.

ELIZABETH MARTICHOUX
Je vous parle immigration, vous répondez intégration, ça renvoie effectivement aux états d'âme des parlementaires de votre majorité. Est-ce que, s'il y a des députés qui quittent la majorité par désaccord politique, comme certains l'ont déjà témoigné dans une lettre, notamment une quinzaine, est-ce que vous dites c'est le prix à payer pour ouvrir ce débat et pour assumer ce débat ?

SIBETH NDIAYE
D'abord on n'est pas dans cette situation, donc moi qu'il y ait des parlementaires de La République en Marche, ou des parlementaires du MoDem, donc des parlementaires de la majorité, qui expriment des positions et qui souhaitent contribuer au débat par la Tribune tels qu'ils ont pu l'avoir pour un certain nombre d'entre eux, je pense que c'est positif, et je pense que, au contraire, on doit faire en sorte, et c'est ce qu'on a fait depuis le début, sur d'autres sujets par exemple, sur la bioéthique en particulier, sur la PMA, je pense qu'on doit pouvoir avoir…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes prêts à assumer jusqu'au bout…

SIBETH NDIAYE
On doit pouvoir avoir un débat. Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ce pays où il y a des sujets qui seraient tabous ?

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous leur dites quoi à ces parlementaires ?

SIBETH NDIAYE
Il n'existe pas de sujets tabous.

ELIZABETH MARTICHOUX
Qu'est-ce que vous dites aux parlementaires, en un mot Sibeth NDIAYE, en un mot, à ces parlementaires qui, quand même, ne comprennent pas ce qu'ils perçoivent eux, et beaucoup sont issus par exemple du Parti socialiste, perçoivent eux comme un changement stratégique de ligne ?

SIBETH NDIAYE
Alors, je leur dis d'abord qu'ils se trompent, il n'y a pas de changement stratégique de ligne, notre ligne elle est identique depuis le début, c'est de traiter les sujets migratoires à la fois avec humanité et avec fermeté. Humanité ça veut dire qu'on doit être capable d'intégrer les gens, de les accueillir dans de bonnes conditions, moi je ne souhaite pas qu'il y ait de camps aux portes de Paris qui puissent perdurer, donc il faut qu'on puisse trouver les moyens de faire en sorte que les gens soient bien accueillis dans notre pays, mais il faut aussi trouver les moyens de faire en sorte que lorsqu'il ne relèvent pas du droit d'asile, ils soient reconduits, et puis on pourra poser une autre question qui est celle de l'immigration légale, de celle de l'immigration qui n'est pas l'immigration liée à la demande d'asile, mais ayons le débat, bon sang de bon sang, ayons le débat.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ne dites pas non au débat, ne fermez pas le débat avant même qu'il soit ouvert.

SIBETH NDIAYE
Ne fermons pas le débat avant même qu'il ait lieu.

ELIZABETH MARTICHOUX
Si vous ouvrez le débat, qu'il n'y a pas de décision, ça n'aura pas de sens…

SIBETH NDIAYE
Bien sûr, ça n'aura pas de sens, donc…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc il va y avoir des décisions dans les semaines, les mois qui viennent, dans le cadre du budget, pour limiter certains dispositifs qui peuvent créer des appels d'air, en un mot ?

SIBETH NDIAYE
Je ne sais pas si ce sera dans le cadre du budget.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça peut.

SIBETH NDIAYE
Ça peut être le cas. Si on discute, c'est bien pour essayer de voir ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et qu'est-ce qu'on veut, et avant même de nous poser la question sur des mesures, posons-nous la question du débat stratégique, de l'orientation que nous voulons avoir sur les questions migratoires, et ensuite on peut savoir s'il faut du réglementaire, s'il faut du législatif, s'il faut pousser les deux au niveau diplomatique pour pouvoir avancer. Mais moi je dis, on fait un état des lieux, on décide ensemble de ce qu'est notre préférence collective en matière migratoire, et ensuite on prend des mesures s'il y a lieu.

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà pour la méthode, message à la majorité. Edouard PHILIPPE prendra la parole le 30 septembre prochain…

SIBETH NDIAYE
Je ne sais pas vous le dire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dans une semaine, devant l'Assemblée nationale ?

SIBETH NDIAYE
Je ne sais pas vous le dire. Il y a aujourd'hui trois ministres qui sont en charge, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves LE DRIAN, celui de l'Intérieur, pour la question de gestion des flux, c'est évident, c'est Christophe CASTANER, et sur les questions sanitaires Agnès BUZYN.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et Edouard PHILIPPE pourrait prendre la parole…

SIBETH NDIAYE
Je ne sais pour vous dire aujourd'hui…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne savez pas, vous ne voulez pas le dire.

SIBETH NDIAYE
Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que je ne le sais pas.

ELIZABETH MARTICHOUX
Un mot du maire "décrocheur", on en a beaucoup parlé ce matin dans "La matinale" de LCI, le maire de Vienne a décidé de décrocher le portrait du président de la République de la mairie, c'est un maire LR, conseiller régional, pour le "prêter" à une manifestation de Gilets jaunes, ils l'ont utilisé d'ailleurs, ils doivent le rapporter aujourd'hui. Est-ce qu'il est dans son rôle, est-ce que ça vous choque ou pas ?

SIBETH NDIAYE
Oui, bien sûr, moi ça me choque énormément.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pourquoi ?

SIBETH NDIAYE
Je crois, d'autant plus peut-être parce que j'ai été naturalisée, j'ai un attachement très profond à tous les symboles républicains. Moi je n'ai aucun problème avec le fait qu'on puisse ne pas être d'accord avec la politique d'Emmanuel MACRON, en revanche le fait qu'il y ait un portrait du président de la République française dans toutes les mairies, au même titre qu'il y a un drapeau dans toutes les mairies de la République française, pour moi c'est aussi important. Les symboles de la République on leur doit respect, et je considère que ce type d'action n'est pas de nature à prouver votre opposition politique à un gouvernement et à une majorité…

ELIZABETH MARTICHOUX
Un manque de responsabilité ?

SIBETH NDIAYE
Je pense que ce n'est pas très responsable de le faire, et moi il me semble qu'on doit avoir systématiquement le respect de nos symboles républicains.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous condamnez sa décision, est-ce que ça vaut une sanction?

SIBETH NDIAYE
Ça c'est à la justice de le voir, moi je crois qu'il ne faut pas non plus donner trop d'importance à ces éléments-là, mais je pense qu'il faut qu'il y ait une parole publique et politique qui le condamne.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour finir, on a quelques secondes. La veille du 13 septembre, à la veille d'une manifestation vous avez dit "je prends ma voiture de fonction", en gros ça a choqué parce que vous disiez moi je n'ai pas de problèmes de transport, j'ai une voiture de fonction. Il y a une grève demain, est-ce que c'était une maladresse de votre part d'avoir dit ça ? Beaucoup de gens l'ont perçu vraiment comme quelque chose d'assez insultant à leur égard, ceux qui prennent le métro ou qui sont en galère quand il y a une grève dans les transports.

SIBETH NDIAYE
Alors, vous savez, j'ai été nommée le 31 mars… j'ai été nommée il y a quelques mois, avant ma nomination, et le jour, d'ailleurs, où j'ai été nommée, je suis venue à l'Elysée en bus, avant ce jour-là je venais tous les jours au travail en métro ou en bus, le jour où je ne serai plus ministre, peut-être dans une semaine, peut-être dans 2 mois, peut-être dans 1 an, je reprendrai les transports en commun. Donc les procès qui consistent à dire que je serais quelqu'un qui n'aurait aucune espèce de lien avec la réalité sont des gens qui me connaissent assez mal.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci d'avoir été ce matin sur LCI.

SIBETH NDIAYE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 septembre 2019 
 

Situation sociale Climat social Pouvoir d'achat Personne retraitee Aide a domicile Deduction fiscale Politique de l'immigration 193001947

Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à BFMTV le 14 février 2019, sur la réforme de la fonction publique.

Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à BFMTV le 14 février 2019, sur la réforme de la fonction publique. Olivier Dussopt 14/02/2019 réforme de la fonction publique
  • Olivier Dussopt - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier DUSSOPT, bonjour.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes chargé de la réforme de la fonction publique, et ça va nous occuper une bonne partie de cette interview, mais vous êtes aussi au ministère de l'Action et des Comptes publics. C'est clair, il n'y aura pas de retour de la taxe carbone ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous voulons baisser les prélèvements obligatoires, nous l'avons toujours dit, et le président de la République a rappelé hier qu'on ne répondait pas à une crise née de la hausse de la fiscalité, par une nouvelle hausse de la fiscalité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pas de retour de la taxe carbone ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce qu'il faut qu'on regarde c'est comment on accompagne la transition énergétique et comment on tient cet engagement sur les prélèvements obligatoires. La taxe carbone a un intérêt, c'est un intérêt de transition, elle accompagne un modèle énergétique et elle accompagne une transition énergétique, ce qui a rendu la taxe carbone insupportable aux yeux de beaucoup de nos compatriotes c'était son augmentation et le poids dans le pouvoir d'achat des ménages, il faut trouver un système qui garantisse la transition écologique, la transition énergétique, sans obérer le pouvoir d'achat des ménages.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, donc pour l'instant, pas de retour de la taxe carbone ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous l'avons voté en 2019, nous avons voté sa suspension, la loi de finances pour 2019 s'applique, à nous de construire les solutions pour qu'il y ait transition sans augmenter…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Peut-être un retour en 2020 quoi !

OLIVIER DUSSOPT
A une seule condition, c'est que ça ne brise pas le pouvoir d'achat des ménages.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Moins d'impôts, c'est ce que vous dites, vous répétez tous moins d'impôts. Moins d'impôts ça veut dire quoi ? Parce que, il y a la suppression de la taxe d'habitation pour tous, on est bien d'accord, je ne vais pas revenir là-dessus…

OLIVIER DUSSOPT
Cinq milliards.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais quels sont les autres impôts qui pourraient baisser, puisque vous dites moins d'impôts, la TVA, la TVA avec certains taux de TVA à 0 % ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est une hypothèse qui a été ouverte à l'occasion du débat public, qui est défendue par certains parlementaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous la défendez ?

OLIVIER DUSSOPT
Je la défends, avec un point d'attention. Lorsqu'on baisse la TVA, il faut s'assurer d'une chose, c'est que la baisse de la TVA se traduise par une baisse des prix.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il pourra y avoir une TVA taux 0 ?

OLIVIER DUSSOPT
Ça a été évoqué, ça fait partie des pistes de travail, ce n'est pas arbitré…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous travaillez dessus ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas arbitré aujourd'hui, mais je le répète, nous avons déjà, sur les produits de première nécessité un taux de TVA réduit autour de 5%, si ce taux de TVA devait baisser ou disparaître, c'est à une seule condition, ça se voit sur les prix. On a tous en tête les évolutions du taux de TVA sur la restauration, ça ne s'est pas toujours traduit par une évolution favorable.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il faut que ça se voit sur les prix…

OLIVIER DUSSOPT
Exactement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous êtes pour.

OLIVIER DUSSOPT
Si nous avons cette garantie-là et si c'est une des suites du grand débat, il faut que nous puissions creuser cette hypothèse.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Creuser cette hypothèse, c'est intéressant, taux de TVA à 0 %. Tiens, au passage, puisqu'on parle de finances publiques, et qu'il faut faire des économies quand même, Olivier DUSSOPT…

OLIVIER DUSSOPT
C'est vrai.

JEAN-JACQUES BOURDIN
ADP sera bien vendu au privé ou pas, AEROPORTS DE PARIS ?

OLIVIER DUSSOPT
Bruno LE MAIRE a indiqué qu'il travaillait à la cession d'une partie des parts détenues par l'Etat dans le capital…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Malgré l'opposition de certains parlementaires ?

OLIVIER DUSSOPT
Malgré l'opposition de certains parlementaires, les mêmes qui, par ailleurs, avaient pu voter d'autres privatisations dans les années précédentes. Il a surtout dit que, si ça se faisait, ça devait se faire avec des règles, avec des engagements, et en veillant à ce que l'Etat garde toutes ses prérogatives, de police, de puissance publique et de protection de nos frontières.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la FRANÇAISE DES JEUX aussi ?

OLIVIER DUSSOPT
Et la FRANÇAISE DES JEUX il a eu exactement le même raisonnement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui pourrait être…

OLIVIER DUSSOPT
Une partie des parts, en tout cas des actions détenues par l'Etat, pourrait être vendue.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'Etat doit faire des économies, on est bien d'accord, est-ce qu'il y a trop de fonctionnaires en France ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas qu'il y ait trop de fonctionnaires, je pense que nous avons…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous voulez en supprimer, vous voulez supprimer des postes.

OLIVIER DUSSOPT
Je pense que nous avons une fonction publique qui gagne à être rénovée, qui gagne à être modernisée, et c'est le sens de la réforme que je porte. C'est une réforme d'ampleur qui vise à faciliter le quotidien des agents et des services, puisqu' aujourd'hui, c'est un constat que nous pouvons faire, depuis 40 ans on demande aux fonctionnaires de s'adapter, aux nouvelles technologies, à de nouvelles organisations, à des nouvelles politiques, on ne leur donne pas les moyens de construire une seconde carrière. On ne donne pas aux cadres, aux dirigeants, chefs de service, l'autonomie suffisante pour être plus efficaces au plus près du terrain. Il y a des paralysies, il y a des lourdeurs, et nous, ce que nous considérons, c'est qu'on peut maintenir le statut de la fonction publique, mais le moderniser pour donner aux agents publics des perspectives, aux cadres de l'autonomie, et aux usagers un meilleur service.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, on n'a pratiquement pas parlé de cette réforme de la fonction publique, ou assez peu, et là, ce matin, vous êtes là pour nous dévoiler la réforme, l'avant-projet de loi, que vous allez proposer. Vous nous présentez cet avant-projet de loi. La réforme ne sera reportée après le grand débat, on est bien d'accord ?

OLIVIER DUSSOPT
La réforme que je vous propose, que j'ai présentée aux organisations syndicales hier après-midi, ainsi qu'aux employeurs publics…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils ont claqué la porte d'ailleurs !

OLIVIER DUSSOPT
Après deux heures de débat, ils n'ont pas souhaité assister à la présentation technique des articles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Moi je veux entrer dans les articles.

OLIVIER DUSSOPT
C'est ce qui m'intéresse d'ailleurs, mais il faut souligner que la réunion d'hier ne venait pas de nulle part. Je mène une concertation avec les organisations syndicales et les employeurs depuis le 1er février 2018, il y a plus d'1 an, nous avons eu des dizaines de réunions, et par ailleurs, dans chacun de mes déplacements, j'ai rencontré des dizaines, des centaines, d'agents publics, sur la base du volontariat, sans filtre, pour les écouter, discuter, répondre à des interrogations et parfois des inquiétudes. Donc portons cette réforme et nous avons…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous portez, pardonnez-moi, je vous interromps parce que nous allons entrer dans le détail Olivier DUSSOPT, mais vous portez un projet de loi de réforme de la fonction publique, avant la fin du grand débat, alors à quoi sert le grand débat ?

OLIVIER DUSSOPT
Une précision. L'avant-projet je l'ai présenté aux organisations syndicales hier, il est soumis à des instances de représentation, des conseils supérieurs, des conseillers communs, où la parole des organisations syndicales est portée, et la parole des agents est ainsi portée. Le projet de loi sera présenté au Conseil des ministres à la fin du mois de mars/début avril.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand ?

OLIVIER DUSSOPT
Fin mars/début avril.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire, vous avez une date déjà ?

OLIVIER DUSSOPT
Pas tout à fait, parce que le calendrier peut bouger, et généralement, quand on s'engage sur une date ça peut bouger.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dernière semaine de mars, début avril.

OLIVIER DUSSOPT
Par contre, cela signifie que ce projet de loi sera présenté au Conseil des ministres après le grand débat, que nous aurons tant d'introduire, d'intégrer dans ce projet de loi, des conséquences, des conclusions du grand débat, si les sujets que je porte devaient être abordés. Et puis, par ailleurs, une fois que le texte sera passé au Conseil des ministres, il sera soumis à l'Assemblée nationale et au Sénat, il y aura aussi un travail d'amendement. Nous, notre objectif, c'est que ce texte puisse être enrichi, qu'il puisse être enrichi par la concertation, que je poursuis avec les organisations syndicales et les employeurs publics, et enrichi, éclairé, à l'aune du grand débat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, entrons dans ce texte, qui ne plaît pas aux syndicats, pour l'instant, je vais commencer par les traitements. Avec votre réforme, est-ce que, je vais prendre un exemple, les aides-soignantes, ou les aides-soignants, les douaniers, les enseignants, vont gagner plus ?

OLIVIER DUSSOPT
Pas avec ce texte-là, mais avec d'autres dispositions que nous mettons en place. Dans ce texte il n'y a pas de disposition qui fixe la rémunération…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Rien sur la rémunération. Pas de prime exceptionnelle, on est bien d'accord, dans la fonction publique, suite à la crise des gilets jaunes, on est bien d'accord, pas de dégel du point d'indice, on est bien d'accord, ça, écarté.

OLIVIER DUSSOPT
Par contre application d'un protocole, c'est un peu technique, le protocole « parcours, carrière, rémunération », c'est un protocole qui a été signé par le gouvernement précédent, en 2016, qui s'applique jusqu'en 2022, et qui coûte, en termes de dépenses publiques, 11 milliards d'euros. Pour 2019 c'est 1 milliard d'euros. Par exemple, depuis le 1er février, les travailleurs de la branche socio-éducative, les éducateurs sociaux, qui étaient catégorie B, sont devenus catégorie A, ça concerne 70.000 personnes, c'est une revalorisation de leur carrière et de leur traitement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
70.000 sur 5 millions et quelques fonctionnaires !

OLIVIER DUSSOPT
L'application du protocole, que je viens de citer, va se traduire, par exemple pour les professeurs certifiés, par une augmentation, en dehors de l'ancienneté, en dehors de la progression de carrière, juste liée au protocole, de 1400 euros par an, c'est plus de 100 euros par mois, personne ne l'a jamais fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur la rémunération, après je parlerai du statut, rémunération au mérite, on est bien d'accord ?

OLIVIER DUSSOPT
Elle est possible dans la fonction publique et nous l'encourageons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous l'encouragez comment ?

OLIVIER DUSSOPT
Avec deux dispositions dans le texte de loi, une première disposition pour permettre que les contractuels, parce que nous avons 5,5 millions agents publics, mais 1 sur 5 n'est pas titulaire de la fonction publique, il est contractuel, ils n'ont pas droit à la part variable, et donc nous allons le permettre. Nous mettons aussi en place la possibilité de mécanismes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas droit, c'est-à-dire aux primes ?

OLIVIER DUSSOPT
Aux primes, à la question du mérite, ce qu'on appelle le mérite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire que les contractuels auront droit aux primes ?

OLIVIER DUSSOPT
Ils ont droit à un certain nombre de primes, mais aujourd'hui n'est pas prévu, ce qu'on appelle de part variable, c'est-à-dire en fonction des résultats ou autres, et donc nous allons le rendre possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais en fonction de quels critères, les résultats ?

OLIVIER DUSSOPT
Des critères de résultats, d'objectifs, l'essentiel c'est qu'il n'y ait pas de…

JEAN-JACQUES BOURDIN
De présence ?

OLIVIER DUSSOPT
Ça peut être le cas mais la jurisprudence montre que quand l'employeur public conditionne des primes à la présence, ça ne tient pas souvent la route. Ce que nous voulons, c'est faire en sorte de mieux reconnaître l'engagement, des titulaires comme des contractuels…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Là vous parlez des contractuels donc ?

OLIVIER DUSSOPT
Oui, parce que pour les contractuels ce n'est pas possible, alors que pour les titulaires ça l'est. Nous allons aussi prévoir des possibilités de mécanismes d'intéressement, parce que quand on demande…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Intéressement dans la fonction publique ?

OLIVIER DUSSOPT
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comment peut-on juger…

OLIVIER DUSSOPT
Vous savez, je vais prendre un exemple très simple.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De l'efficacité ?

OLIVIER DUSSOPT
Quand vous demandez à un service, un service de l'Etat, un service hospitalier, une collectivité, quand vous demandez aux agents de faire des efforts d'économies, on en a parlé tout à l'heure, qu'ils font ces efforts, parce 9 fois sur 10 ils les font les efforts, ils sont engagés, il est juste, à notre sens, que les agents qui participent à cette économie, qui participent à cette réorganisation, puissent être intéressés à bénéficier d'une partie des bénéfices…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais tous, les contractuels comme les titulaires ?

OLIVIER DUSSOPT
Les contractuels et les titulaires, en fonction des projets de restructuration.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous prévoyez de retarder les franchissements d'échelons ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas dans le texte, et il faut préciser une chose…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est pas dans le texte ?

OLIVIER DUSSOPT
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est bien d'accord, parce qu'il y a une inquiétude de la part des syndicats.

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas dans le texte, et par contre les syndicats savent que le fameux protocole, que j'ai évoqué tout à l'heure, a prévu une disposition lorsqu'il a été signé, et 6 des 9 syndicats l'ont signé, cette disposition fait que les franchissements d'échelons se font à la durée maximale et non plus dans une durée comprise entre la durée minimale et maximale.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Là c'est la durée maximale…

OLIVIER DUSSOPT
Voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est une façon de retarder, pardonnez-moi…

OLIVIER DUSSOPT
C'est le choix qui a été fait en 2015 et 2016, avec le protocole.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous savez pourquoi vous retardez ? Parce que vous allez faire des économies, ça va vous permettre de mieux rémunérer le mérite.

OLIVIER DUSSOPT
D'une part le mérite, mais le protocole PPCR…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais c'est vrai.

OLIVIER DUSSOPT
Je le répète Monsieur BOURDIN, le protocole a été signé et appliqué par le gouvernement précédent, et clairement, je l'ai soutenu, parce que je pense que c'est un bon protocole. Il y a un choix qui a été fait, c'est de retarder les franchissements d'échelons pour financer des mesures, pas seulement autour de l'intéressement ou de l'engagement, mais aussi les mesures que j'ai évoquées, sur la revalorisation des carrières. Un exemple tout simple. Pour des agents de catégorie C, avec des petits revenus, ce protocole permet progressivement de transformer des primes en points d'indice, et comme les points d'indice comptent pour la retraite c'est aussi un avantage pour les agents, c'est ça ce protocole…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais revenir aux contractuels, parce qu'il va y en avoir de plus en plus si j'ai bien compris.

OLIVIER DUSSOPT
Il y en a déjà 1 sur 5 vous savez, 20%…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il y en aura beaucoup plus…

OLIVIER DUSSOPT
Nous donnons la liberté aux employeurs de recruter plus facilement des contractuels…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, vous voulez plus de contractuels dans la fonction publique, et je vais vous parler du statut dans un instant, Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Et nous voulons qu'ils soient mieux traités, parce qu'il y a beaucoup de précarité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous pose une question très directe, est-il vrai que les syndicats n'auront plus leur mot à dire sur les carrières des fonctionnaires ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas tout à fait vrai, mais nous voulons…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est pas tout à fait, mais c'est en grande partie vrai.

OLIVIER DUSSOPT
Nous voulons changer la logique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire ?

OLIVIER DUSSOPT
Aujourd'hui qu'est-ce qui se passe. Vous avez trois types d'instances, vous avez des comités techniques où on parle organisation des services, réorganisation, et service rendu au public, vous avez des comités hygiène et sécurité, qui, par principe, parlent hygiène et sécurité, et vous avez des commissions administratives paritaires, qui examinent chaque dossier individuel…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, où siègent les syndicats de salariés.

OLIVIER DUSSOPT
Comme dans les autres instances, où on examine les promotions, les mutations, les mobilités. Nous ce que nous proposons c'est de changer la logique, c'est de dire que, dans une instance sociale, unique, la fusion des comités techniques et des CHS, on soit obligé, je dis bien obligé, les employeurs, les syndicats, de délibérer, de débattre, des règles de gestion, des règles générales qui fixent les promotions, les mutations, de débattre de l'évolution des métiers, de la gestion prévisionnelle des emplois, parce qu'on ne le fait pas ça, et pourtant c'est le coeur du métier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, d'accord, mais…

OLIVIER DUSSOPT
Non, mais je vais au bout de la démonstration, c'est le coeur du métier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que les syndicats pourront s'opposer…

OLIVIER DUSSOPT
Je vais au bout, parce que c'est un changement de logique ; une fois que ces règles de gestion des ressources humaines auront été fixées, nous pensons que les employeurs, que ce soit des chefs de service, des élus, des directeurs d'hôpitaux, puissent les appliquer sans passer par les commissions administratives paritaires, qui prennent du temps, qui ralentissent et qui…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc un directeur d'hôpital pourra décider, comme dans le privé, de la carrière d'un fonctionnaire, de l'évolution de la carrière.

OLIVIER DUSSOPT
J'ai précisé que dans 92 % des cas les commissions administratives paritaires valident les propositions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je suis bien d'accord, mais là c'est un vrai changement ça !

OLIVIER DUSSOPT
Par contre, je vous dis oui, mais j'ajoute un point qui est très important, c'est que nous prévoyons que les agents, comme les organisations syndicales, qui ne seraient pas satisfaits ou qui considéreraient que la règle, qu'ils ont discutée préalablement, n'a pas été appliquée, puissent avoir un droit de recours, et que ce soit fait en transparence. Et comme la réforme va être mise en place progressivement, nous allons construire les systèmes de transparence pour que, un agent public qui n'obtient pas sa mutation, ou qui n'obtient pas sa promotion, sache pourquoi, sache pourquoi c'est son collègue qui l'a eue plutôt que lui, parce qu'il faut qu'il y ait des critères, il faut qu'il y ait de la transparence, et il faut qu'il y ait des droits de recours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier DUSSOPT, puisque nous parlons des contractuels, parlons-en. Quand on est contractuel, pour obtenir un prêt, pour louer un logement, c'est beaucoup plus difficile que quand on a un statut de fonctionnaire.

OLIVIER DUSSOPT
Oui, c'est aussi pour ça que nous voulons que parmi les contractuels il y ait plus de CDI, et je vais aller plus loin, dans le sens de votre remarque. Aujourd'hui, je le disais, 1 agent public sur 5 est contractuel, et nous acceptons des choses dans le public, que l'on n'accepterait jamais dans le secteur privé. Nous avons…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, des renouvellements, des contrats…

OLIVIER DUSSOPT
Des renouvellements parfois, sur des durées indécentes. Je prends un exemple. Nous avons énormément de personnes, dans les communes notamment, des dames de cantine, je dis des dames, parce que 99 % des fois ce sont des dames, à qui, certaines sont titulaires, mais souvent ce sont des contractuelles, des emplois aidés de 6 mois en 6 mois, des vacataires…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elles vont rester contractuelles.

OLIVIER DUSSOPT
Des vacataires renouvelées tous les 3 mois…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais, elles vont rester contractuelles ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
Des femmes à qui dont dit, vous avez un contrat de 9 mois, revenez au bout de 3 mois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On sait, mais est-ce qu'elles vont rester contractuelles ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous allons proposer des CDI, nous allons proposer des contrats de 3 ans, parce que c'est plus intéressant d'avoir 3 ans que 6 mois, et surtout nous allons proposer une mesure très technique, mais qui marche pour les collectivités locales, c'est autoriser, les communes, les départements, à créer des emplois de titulaires, à temps non complet, ce qui n'est pas possible aujourd'hui, parce que si cette réforme doit avoir un objectif pour les contractuels, c'est que les contractuels soient mieux traités, soient respectés et qu'ils sortent de la précarité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'idée, si j'ai bien compris, c'est de moderniser la fonction publique et de la rapprocher du privé.

OLIVIER DUSSOPT
C'est de donner à la fois plus de souplesse aux services et aux chefs de service, plus de droits aux agents.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et de la rapprocher du fonctionnement du privé, vous rapprochez le public du privé.

OLIVIER DUSSOPT
Oui, parce que, très souvent, ce rapprochement il est à l'avantage des agents. Imaginez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Attendez, attendez, non, parce que je voudrais avoir des précisions. La rupture conventionnelle instaurée dans la fonction publique, oui, vous dites oui ?

OLIVIER DUSSOPT
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comme elle existe dans le privé.

OLIVIER DUSSOPT
Oui. Je vous ai dit il y a un instant que nous avons à peu près 300.000 personnes qui sont en contrat à durée indéterminée, en CDI, dans la fonction publique, ces personnes-là n'ont pas droit à la rupture conventionnelle, pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on les oblige à démissionner sans indemnités ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Très bien. Instauration aussi de contrats de mission, équivalent à des contrats de projet autorisé dans le privé.

OLIVIER DUSSOPT
C'est vrai.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Même chose.

OLIVIER DUSSOPT
C'est vrai, parce que quand vous êtes maire, je l'ai été pendant 10 ans, vous pouvez avoir un projet de rénovation urbaine, vous pouvez avoir un projet d'installation d'un nouveau système informatique, et pour ce projet vous pouvez avoir besoin d'une compétence très précise, pendant 4 ans ou pendant 5 ans, et pas à l'échelle d'une carrière, et il y a des hommes et des femmes, dans ce pays, qui sont compétentes, qui n'ont pas passé de concours de la fonction publique, mais qui sont compétents, qui sont prêts à s'investir, pour une collectivité, pour un service de l'Etat, pendant 4 ans ou 5 ans de leur vie, il faut permettre cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et après ?

OLIVIER DUSSOPT
Et après, soit ils retournent vers le secteur privé, soit ils passent le concours pour entrer dans la fonction publique, en retrouvant ce qu'on appelle le droit commun.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le statut.

OLIVIER DUSSOPT
Le statut, s'ils le souhaitent, parce que notre loi c'est une loi de liberté.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que c'est la fin du statut ?

OLIVIER DUSSOPT
Pas du tout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Enfin un début de fin.

OLIVIER DUSSOPT
Pas du tout parce que, nous l'avons dit dès le 1er février 2018, le président de la République l'a dit, le Premier ministre l'a répété, le statut c'est un formidable outil qui permet de…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a ce qu'on dit et ce qu'on fait.

OLIVIER DUSSOPT
Qui permet des souplesses, nous maintenons les articles essentiels du statut, nous maintenons les principes du statut. Nous faisons en sorte – et par exemple vous me parliez du statut et des recrutements – le propre du statut c'est le recrutement par concours et les postes de titulaires. J'ai proposé, et ils ont accepté, aux organisations syndicales, de travailler justement pour voir comment on fait en sorte qu'il y ait plus de candidats aux concours, que les métiers de titulaires retrouvent de l'attractivité, parce que force est de constater, parfois, que sur certains métiers le secteur privé attire plus que le secteur public, et il faut aussi que nous ayons des talents. Moi j'ai rencontré les fonctionnaires, je les rencontre tous les jours, ils ont envie de servir leur pays, ils ont envie de faire leur métier, ils ont envie de trouver de la souplesse…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous les caressez dans le sens du poil si je puis dire, évidemment, Olivier DUSSOPT, pour faire passer votre réforme…

OLIVIER DUSSOPT
Et ils ont envie d'une chose qui est extrêmement importante, parce que vous ne m'avez pas posé de question sur la partie formation. Les fonctionnaires nous disent une chose, ils veulent avoir droit à une deuxième ou une troisième carrière. Quand aujourd'hui vous rentrez dans la fonction publique, vous avez 25 ans, et que vous partez pour une carrière de 35 ou 40 ans, qui est capable de savoir quelles seront les évolutions technologiques ? Qui aurait imaginé, il y a 30 ans, quand d'autres sont rentrés dans la fonction publique, qu'aujourd'hui l'essentiel des déclarations d'impôts serait dématérialisé et que l'Internet aurait pris la place qu'il a pris ? Ça veut dire que des métiers sont interrogés, remis en cause, et nous notre responsabilité c'est de donner la possibilité à ces agents d'être utiles, d'être reclassés, d'avoir une deuxième carrière, plutôt que de les laisser au bord de la route comme nous le faisons aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier DUSSOPT, l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, là aussi vous avez…

OLIVIER DUSSOPT
C'est un cheval de bataille pour moi, ça sera dans le texte.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, dans la fonction publique il y a du boulot !

OLIVIER DUSSOPT
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Egalité dans la progression de carrière, égalité dans le traitement, il y a de grosses différences dans la fonction publique.

OLIVIER DUSSOPT
Il y a 13 % d'écart de salaire dans la fonction publique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
13 % d'écart, quel objectif vous vous fixez ?

OLIVIER DUSSOPT
Zéro, c'est de réduire les inégalités…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez y arriver, comment ?

OLIVIER DUSSOPT
Tout simplement par le dialogue. Le 30 novembre dernier j'ai signé un protocole sur l'égalité entre les femmes et les hommes, avec 7 des 9 organisations syndicales, et la totalité des employeurs publics, avec des engagements sur la réduction des inégalités, sur l'accès aux responsabilités.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que par exemple vous allez supprimer le jour de carence pour les femmes enceintes du service public ?

OLIVIER DUSSOPT
Oui, c'est dans la loi. Entre le moment où une femme déclarera sa grossesse et le moment où elle partira en congé maternité, nous considérons que son état de grossesse, qui n'est pas une pathologie, qui est un état propre aux femmes par définition, peut amener de la fatigue, des arrêts courts, et donc nous avions veillé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Suppression du jour de carence.

OLIVIER DUSSOPT
Nous avions veillé à ce que le jour de carence ne s'applique pas aux femmes qui connaissent une grossesse dite pathologique, mais dans la loi que j'ai présentée aux organisations syndicales hier, nous disons qu'entre le moment où une femme déclarera sa grossesse, et elle l'a déclaré quand elle le souhaite et quand elle le peut, ça relève d'une décision personnelle, et le moment du départ en congé maternité, il n'y aura pas application du jour de carence.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, plus grande attention portée aux personnes handicapées, et j'ai une dernière question, est-ce que certains hauts fonctionnaires sont trop payés ?

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas que l'on puisse dire que les hauts fonctionnaires sont trop payés, notamment quand on compare avec le secteur privé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Certains sont payés plus que le président de la République, par exemple.

OLIVIER DUSSOPT
Il y a des fonctionnaires qui sont très bien payés, ce qui compte pour nous c'est que ceux qui sont très bien payés servent la fonction publique, fassent un travail, à la hauteur de ce traitement. Il ne faut pas jeter l'opprobre sur celles et ceux qui ont des responsabilités énormes et qui sont rémunérés pour ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et le cumul ?

OLIVIER DUSSOPT
Par contre il faut veiller à interdire, c'est une position personnelle que je défends, le cumul entre un traitement de haut fonctionnaire et une autre forme de retraite, parce que ça relève de la décence, ça relève de la morale, et il faut faire en sorte…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ou une autre forme de traitement public, si je puis dire.

OLIVIER DUSSOPT
Il faut faire en sorte d'avoir un système de transparence. Pour le ministère que je connais le mieux, qui est celui de l'Action et des Comptes publics, nous avions un système avec ce qu'on appelle les administrateurs généraux des finances publiques, la Cour des comptes nous a demandé de diminuer les traitements les plus importants et de faire en sorte de mieux caler l'utilisation, en tout cas l'occupation de ces postes, avec les fonctions, nous avions jusqu'en 2021, ça sera fait en 2020 parce que nous voulons aller plus vite, et parce que encadrer cela, assurer la transparence, poser des critères, veiller à ce que ceux qui sont bien payés travaillent aussi fortement qu'ils le doivent, veiller à ce qu'il y ait, à tous les niveaux, une adéquation entre la rémunération et le travail, c'est aussi un engagement d'exemplarité pour la fonction publique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez du travail avec cette réforme de la fonction publique…

OLIVIER DUSSOPT
J'ai du travail, mais c'est une passion.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous dis ça Olivier DUSSOPT, parce que les syndicats sont vent debout !

OLIVIER DUSSOPT
Pas tous.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas tous, la plupart quand même ! J'ai regardé les réactions…

OLIVIER DUSSOPT
Et puis par ailleurs, il y a des points de désaccord, nous avons quelques semaines, encore, de concertation, il y a aussi beaucoup de points d'accord parce que les syndicats, comme les agents publics, ils veulent une chose, c'est le bonheur des agents et leur épanouissement professionnel, et c'est un objectif que nous partageons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a beaucoup de fonctionnaires en France, ce n'est pas pour ça qu'on est mieux administrés, il y en a plus qu'ailleurs en Europe, mieux administrés que dans d'autres pays d'Europe.

OLIVIER DUSSOPT
Le taux de fonctionnaires dans la population française n'est pas beaucoup plus fort qu'ailleurs en Europe, mais pensons aux services qu'ils nous rendent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je suis d'accord.

OLIVIER DUSSOPT
Il y a des pays où il n'y a pas d'école maternelle, où il n'y a pas de crèche publique, c'est bien aussi d'avoir des fonctionnaires comme cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 février 2019 
 

Fonction publique Fonction publique Politique gouvernementale Contrat a duree indeterminee Pouvoir d'achat Service public 193000335

Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à LCI le 17 janvier 2019, sur la politique fiscale et sur le Grand débat national.

Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics, à LCI le 17 janvier 2019, sur la politique fiscale et sur le Grand débat national. Olivier Dussopt 17/01/2019 Grand débat national
  • Olivier Dussopt - Secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Bonjour à tous. Notre invité ce matin va nous parler d'ISF, de taxe d'habitation et de TVA puisque c'est le Secrétaire d'Etat auprès du Ministre du Budget. Bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT, SECRETAIRE D'ETAT AUPRES DU MINISTRE DE L'ACTION ET DES COMPTES PUBLICS
Bonjour.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On a le droit de parler de l'ISF ou pas ? C'est tabou ou ce n'est pas tabou ce sujet ?

OLIVIER DUSSOPT
Il n'y a aucun tabou dans le débat. Le Président l'a dit, aucun tabou. Toutes les pistes sont sur la table, toutes les réflexions sont sur la table. Le Président de la République a lui-même fixé un certain nombre d'objectifs au débat. Il y a quatre thèmes autour desquels il souhaite avoir des réponses.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui, mais attendez. Restons sur l'ISF parce qu'il dit que ce n'est pas tabou mais, en même temps, il explique pourquoi il faut ne pas le réinstaurer. Vous, vous êtes un ministre de sensibilité de gauche, vous venez du Parti socialiste. Vous êtes pour ou contre le retour à une forme d'impôt sur la fortune où on intégrerait aussi les détentions de valeurs immobilières et pas seulement l'immobilier ?

OLIVIER DUSSOPT
D'abord, on n'a pas préempté la fin du débat pour commencer. Ensuite, il faut veiller à ce que…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais vous, votre avis à vous personnellement ?

OLIVIER DUSSOPT
Laissez-moi y venir. Tout ce que nous allons faire doit avoir un objectif qui est de préserver le niveau d'investissement dans le pays. Par ailleurs sur la question de l'ISF en particulier, la loi de finances pour 2018 qui a transformé l'ISF en impôt sur la fortune immobilière de manière à pouvoir flécher, espérer des gains en matière d'investissement…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On espérait que ça encourage l'investissement productif.

OLIVIER DUSSOPT
Oui. Et nous avons un niveau d'investissement productif qui est élevé. Par ailleurs, cette même loi de finances a prévu que ce dispositif soit évalué. Et le Parlement, tout le Parlement sera amené dans les semaines et les mois qui viennent à évaluer ce dispositif pour pouvoir en tirer les meilleures conclusions.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais est-ce que comme Marlène SCHIAPPA, qui est votre collègue qui vient de la gauche comme vous, vous dites que peut-être c'est un symbole qu'on n'aurait pas dû détruire ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons tous dit et nous savions tous que c'était une décision avec une portée symbolique.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
D'ailleurs vous aviez voté contre quand vous étiez encore député socialiste. Vous aviez voté contre. C'était en 2017, c'était le budget du gouvernement, le premier budget.

OLIVIER DUSSOPT
Contrairement à beaucoup de socialistes, j'ai toujours été fidèle et respectueux de la discipline de groupe. C'est peut-être une différence avec beaucoup des autres. Par contre sur la question de l'ISF, je le répète. Nous aurons évidemment le débat à l'occasion du Grand débat national qui est ouvert puisque les citoyens, les citoyennes s'en saisiront. Et s'ils ne le font pas, d'autres organisations le mettront dans le débat. Nous aurons une évaluation et à l'issue de cette période d'évaluation, nous prendrons toutes les décisions.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et vous, au fond de vous ?

OLIVIER DUSSOPT
Au fond de moi ? J'attends l'évaluation parce qu'en général, je crois ce que je vois.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous n'avez pas de convictions ? Vous ne dites pas que c'est une erreur de début de quinquennat peut-être d'avoir atteint ce symbole ?

OLIVIER DUSSOPT
Ne vous inquiétez pas de mes convictions. D'abord je crois ce que je vois. Je sais exactement ce que nous devons et ce que nous pouvons faire, y compris les marges de manoeuvre dont nous disposons, cette évaluation. Et puis, nous ne pouvons pas ouvrir un Grand débat en faisant comme si les conclusions étaient écrites d'avance. Ce n'est pas le cas. Nous avons dit, tous, le Président de la République, le Premier ministre, Bruno LE MAIRE encore il y a quelques heures, que toutes les hypothèses étaient sur la table, que toutes les questions étaient ouvertes.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Je ne suis pas d'accord avec vous. Quand on écoute Emmanuel MACRON lundi soir – on va le réécouter – sur l'ISF, je ne parle pas des autres sujets, je pense que ses convictions sont faites. On l'écoute.

EMMANUEL MACRON, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Pour moi, pas du tout. Pas du tout un tabou ni un totem si je puis dire. Beaucoup de gens qui disent : « Il faut remettre l'ISF parce que, comme ça, on serait juste », d'abord moi je leur demande est-ce qu'on vivait mieux avant ? Non, il ne faut pas raconter des craques. Ce n'est pas parce qu'on remettra l'ISF comme il était il y a un an et demi que la situation d'un seul gilet jaune s'améliorera. Ça, c'est de la pipe.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
« C'est de la pipe », il s'est déjà forgé une conviction.

OLIVIER DUSSOPT
Pas de tabou, pas de totem. Toutes les questions sont sur la table et dans tout ce que le Président de la République dit dans l'extrait que vous avez choisi, tout est vrai. Tout est vrai. Et nous aurons cette évaluation puisque, je le répète, cette réforme de la fiscalité en matière de patrimoine a un objectif : c'est de faire en sorte qu'il y ait plus d'investissement et qui dit plus d'investissement dit plus d'emploi.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Si on ne revient pas à l'ISF comme il était avant, est-ce qu'on peut imaginer un autre impôt symbolique ? Parce qu'on est dans l'ordre du symbole. Il y a ce que dit le Président, qu'on n'était pas plus heureux avant quand il y avait l'ISF. N'empêche que, vous l'avez vu dans les débats, il y a le sentiment d'injustice fiscale. Est-ce qu'on peut imaginer un autre mécanisme ? Certains commencent à évoquer par exemple une surtaxe foncière sur les grosses propriétés. Est-ce que les ordinateurs de Bercy sont en train de chercher une solution ?

OLIVIER DUSSOPT
Les ordinateurs de Bercy travaillent tout le temps. Ça, ça n'est pas une question ni une difficulté. Je pense qu'il faut laisser ce débat se dérouler. Evidemment il y a des enjeux symboliques. Il y a une volonté de justice sociale plus que la création d'un impôt nouveau, parce que ce n'est pas la ligne du Gouvernement que de créer des impôts nouveaux. Il faut veiller à la progressivité, il faut veiller à la justice des recettes fiscales et donc des prélèvements opérés sur l'ensemble des Français. Que ce soit les particuliers, les entreprises, les différents acteurs économiques. Veillons à cela, travaillons à cela. Expliquons aussi comment les choses fonctionnent et ne tombons pas tout de suite dans une espèce de concours Lépine de la fiscalité. Il faut y faire attention.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ç'a souvent été comme ça, le concours Lépine.

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas parce que ç'a été comme ça qu'il faut systématiquement répéter les mêmes erreurs.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce que vous nous dites ce matin est important. Même au nom de l'équité et de la justice fiscale, il n'y aura pas de nouvel impôt.

OLIVIER DUSSOPT
Je n'ai pas dit cela.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Si.

OLIVIER DUSSOPT
Non, je n'ai pas dit cela.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Si. Vous avez dit : « On ne va pas un nouvel impôt parce que ce n'est pas la politique du Gouvernement. »

OLIVIER DUSSOPT
J'ai dit qu'il fallait éviter de se précipiter dans le concours Lépine. Que nous avons un objectif qui est de diminuer les prélèvements obligatoires. Que nous avons une conviction, c'est que le débat doit être fructueux. Et parce que ce débat va être fructueux, nous verrons ce qu'il en sort. Nous verrons ce qu'il en sort d'un point de vue symbolique, d'un point de vue technique et en matière de justice fiscale.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais d'un point de vue symbolique, on peut avoir un nouvel impôt ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous ouvrons ce débat-là. Ne faites pas comme la plupart des commentateurs qui veulent, avant que le débat soit ouvert, en tirer déjà les conclusions. Laissez les Français parler. Laissez les Français échanger.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On vous réinvitera pour voir concrètement ce que vous proposerez.

OLIVIER DUSSOPT
Laissez les Français débattre et vous verrez qu'ils peuvent le faire dans le respect, qu'ils peuvent le faire en échangeant des convictions sur tous les sujets. Mais laissons-les débattre, c'est tout l'objectif de cette période.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors dites-moi, la taxe d'habitation, c'est vraiment terminé ? Parce qu'il y a eu un petit doute il y a quinze jours, notamment avec Bruno LE MAIRE qui disait que sur les 20 % des Français les plus riches, on pouvait se poser la question. Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?

OLIVIER DUSSOPT
Le Président de la République a pris un engagement dans la campagne présidentielle qui est de supprimer la taxe d'habitation pour 80 % des ménages. C'est voté, nous le faisons.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
En trois ans. Ça sera fait en trois ans.

OLIVIER DUSSOPT
En trois ans. 80 % des ménages ont vu leur taxe d'habitation diminuer à l'occasion de la dernière échéance, c'est-à-dire en septembre/octobre 2018.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
D'un tiers.

OLIVIER DUSSOPT
D'un tiers. Les mêmes ménages verront leur taxe d'habitation continuer à baisser en 2019 et disparaître en 2020.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et pour les autres ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons dit, après notamment les remarques du Conseil constitutionnel mais parce que ça paraît logique aussi, qu'il fallait trouver un point de sortie, une solution pour les 20 % restants. Et nous avons dit il y a déjà plusieurs mois que ces contribuables seraient traités, si vous me permettez cette expression un peu familière, en 2021 et 2022. Aujourd'hui, la question peut être posée. Nous avons vu, entendu dans des revendications que certains considèrent que les 20 % de ménages restants sont suffisamment riches pour continuer à payer. Je ne partage pas cet avis.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Les 20 % les plus riches, c'est ceux qui gagnent plus de deux mille trois cents euros par mois. Vous considérez qu'on est riche avec mille trois cents euros ?

OLIVIER DUSSOPT
Je viens de dire que je ne partage pas cet avis. Lorsqu'on est un célibataire avec un salaire de deux mille cinq cent un euros par mois, on n'est pas riche. Il y a un certain nombre de territoires, comme le mien en Ardèche, où on peut vivre correctement, décemment parce que l'immobilier, les prix de la vie quotidienne sont moins élevés qu'à Paris. Lorsqu'on est Parisien où lorsqu'on habite une grande ville, avec deux mille cinq cents euros par mois et avec le niveau de loyer, personne ne peut dire que ces contribuables sont riches.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
En tout cas, on vit bien mais on n'est pas riche.

OLIVIER DUSSOPT
Donc vous avez compris que pour moi, je considère que le mieux est d'aller au bout de cette réforme. D'aller au bout de la réforme, de supprimer la taxe d'habitation pour 80 % des ménages d'ici 2020, de la supprimer pour les 20 % restants d'ici 2020 et 2022. Parce que si un impôt est injuste pour quatre-vingts des ménages, il est injuste pour tous. Et ça signifie que dans ce laps de temps, nous devons travailler pour garantir aux collectivités locales, les communes, les intercommunalités, la compensation des recettes pour qu'elles aient des recettes aussi justes qui leur permettent de faire face.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais pas avec un nouvel impôt, la compensation.

OLIVIER DUSSOPT
Pas avec un nouvel impôt. Et nous avons travaillé sur ce sujet-là depuis maintenant plusieurs mois, notamment pour trouver des compensations, pour faire en sorte de diminuer les prélèvements obligatoires sur les ménages, rendre du pouvoir d'achat aux Français et garantir aux collectivités que l'engagement du Président de la République pris devant elles, devant les maires en novembre 2017 à l'occasion du Congrès des maires soit tenu. C'est-à-dire qu'elles disposent de ressources qui soient justes, qui soient pérennes et qui leur permettent de faire face à leurs besoins et à leurs politiques.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous voyez que vous pouvez être capable de dire des choses contraires du ministre de l'Economie. Vous avez des convictions. Mais sur l'ISF, vous ne nous avez pas donné vos convictions encore.

OLIVIER DUSSOPT
Si. Je vous ai donné ma conviction qui est que nous avons fait un pari. Nous avons pris un engagement qui est celui de permettre d'avoir plus d'investissement dans le pays. Et l'évaluation aura lieu pour vérifier si ce mécanisme a fonctionné.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
En tout cas, vous nous confirmez l'abandon, la fin de la taxe d'habitation d'ici la fin du quinquennat pour tout le monde.

OLIVIER DUSSOPT
C'est un souhait. L'engagement présidentiel à hauteur de 80 % est évidemment tenu. Et avec Gérald DARMANIN, Ministre de l'Action et des Comptes publics, nous défendons cette position d'aller au bout de cette réforme parce que ça nous paraît la chose la plus logique.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
J'en profite parce que quand on vous pose des questions, il y a des réponses. Alors on va aller sur la hausse ou pas du taux du Livret A, parce qu'on a tous remarqué que le Livret A est à 0,75 %. C'était normal parce que l'inflation était très basse. Là, on a appris hier que l'inflation s'envole, 1,8 pour cent l'an dernier. Alors est-ce qu'on peut avoir un taux du Livret A à 0,75 et une inflation à 1,8, sachant que le Livret A, c'est l'épargne de tous les Français ?

OLIVIER DUSSOPT
Vous avez raison parce que ça interroge beaucoup et que, derrière le Livret A, il y a aussi des mécanismes de financement de l'investissement dans, par exemple, le secteur du logement social. La question du Livret A, elle soulève en réalité une méthode, une technique que tous les gouvernements successifs ont mise en place. C'est une technique qui consiste finalement à confier à des autorités indépendantes, à des mécanismes mathématiques, des formules mathématiques, la fixation d'un certain nombre de choses.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
J'ai l'impression que ça ne vous plaît pas trop, la manière dont vous le racontez.

OLIVIER DUSSOPT
Ça ne me plaît pas trop parce que je sais qu'il y a des contraintes, je sais qu'il y a des règles notamment européennes à respecter en la matière, des règles d'indépendance. Mais c'est vrai qu'avec ce type de mécanisme obligatoire…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est bureaucratique.

OLIVIER DUSSOPT
C'est non seulement un peu bureaucratique mais ça dessaisi les politiques de la responsabilité. C'est le cas du Livret A, c'est le cas aussi d'autres tarifs. Je pense notamment aux tarifs de l'énergie qui sont confiés soit à des autorités indépendantes, soit à des mécanismes.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Avec des mécanismes automatiques.

OLIVIER DUSSOPT
Aujourd'hui, nous sommes dans cette situation où l'épargne populaire du Livret A a un rendement, un taux d'intérêt, qui est effectivement inférieur aux derniers chiffres d'inflation constatés, ceux de 2018.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais ce n'est pas normal. Moitié moins, plus de la moitié moindre.

OLIVIER DUSSOPT
Ça interroge beaucoup. En tout cas, ça fait perdre de la valeur à ce placement-là.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que les politiques que vous êtes vont reprendre la main et vont dire : « Attendez, on ne peut pas avoir un taux du Livret A de 0,75. »

OLIVIER DUSSOPT
Il y a ce mécanisme qui a été fixé, qu'il faut respecter. Il faut regarder quelles sont les marges, quelles sont les latitudes que l'on peut avoir…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais le politique, c'est vous. L'autorité, la loi, c'est vous. Ce ne sont pas les autorités indépendantes.

OLIVIER DUSSOPT
Avec le Ministre de l'Economie des Finances pour voir comment on peut faire, éventuellement, pour accélérer les périodes de révision en fonction des possibilités qu'il y a. Mais le politique, comme vous dites, doit aussi respecter les lois et les règles qu'il fait voter. Sauf à changer les règles mais ça prend toujours un petit peu de temps. Donc nous sommes en train de regarder cela mais ça interroge.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous souhaitez qu'on accélère un peu quand même cette révision du Livret A.

OLIVIER DUSSOPT
A titre personnel, c'est un souhait évidemment.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Autre revendication qui émerge dans ces cahiers de doléances, c'est la TVA. Beaucoup de gens – vous allez nous dire si c'est possible ou pas – demandent que la TVA soit davantage modulée d'abord en fonction des produits qu'on achète et aussi en fonction des revenus des Français. Parce que c'est vrai que la TVA ; qu'on soit riche ou pauvre ; elle est la même pour tout le monde. Est-ce que c'est possible ça ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
La modulation en fonction des revenus n'est pas possible, y compris parce que la TVA s'inscrit dans un cadre européen qui nécessite des votes à l'unanimité ou avec des majorités qualifiées extrêmement dures à réunir. Et par ailleurs, c'est extrêmement compliqué au quotidien parce que vous imaginez le travail titanesque de celles et ceux qui encaissent, qui facturent, s'ils doivent en plus savoir le niveau de revenus de leurs clients pour adapter le taux de TVA. Ça n'est pas possible.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On ne pourrait pas à la caisse avoir sa feuille d'impôt pour savoir quel taux de TVA on paye.

OLIVIER DUSSOPT
Ça paraît un peu compliqué et par ailleurs assez indiscret pour les données personnelles et la vie quotidienne des Françaises et des Français.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que c'est un impôt juste ou injuste la TVA ?

OLIVIER DUSSOPT
La TVA est un impôt indirect qui s'applique sur tous les produits et qui par définition, comme beaucoup de contributions indirectes, a un caractère injuste puisqu'elle ne tient pas compte du niveau de revenus justement et elle perd son caractère progressif. Il faut dire et il faut rappeler que la TVA est déjà modulée, qu'il y a des taux de TVA réduits.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Cinq, dix, vingt.

OLIVIER DUSSOPT
Il y a des taux de TVA réduits notamment sur les produits de première nécessité. C'est important à rappeler parce que parfois on entend - et ça s'entend, ça se comprend - qu'il faudrait encore baisser la TVA sur les produits de toute première nécessité.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ceux qui sont à 5 %.

OLIVIER DUSSOPT
Ceux qui sont à 5 %. Je ne suis pas sûr que ce soit très efficace en termes de pouvoir d'achat. Si vous avez un taux à 5 % sur des produits de première nécessité et des produits alimentaires qui, par définition étant de première nécessité, ne sont pas des produits très chers dans le quotidien. Si vous avez un taux de TVA à 5 % sur des produits qui sont vendus deux, trois ou quatre euros, si vous diminuez le taux de TVA même de moitié, c'est quelques centimes. Peut-être peut-on dire : « C'est toujours ça de pris. »

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est ça.

OLIVIER DUSSOPT
Mais est-ce que c'est significatif ? Est-ce que ça se ressent dans le quotidien ? Je ne le crois pas. Je pense que nos mesures, les réformes que nous prenons, sont plus efficaces. Nous avons évoqué la taxe d'habitation. C'est un gain moyen de deux cents euros par an pour les ménages concernés par les 80 % d'exonérés. Nous pourrions évoquer l'augmentation de la prime d'activité, c'est cent euros par mois. C'est beaucoup plus significatif qu'une modulation, une nouvelle modulation sur des produits de première nécessité.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors le Grand débat, c'est parti dans toute la France. D'abord avec, on l'a vu, le chef de l'Etat pendant sept heures face aux élus de l'Eure. Il sera demain dans le Lot, il va faire toutes les régions de France ; on est d'accord. On voit les premiers chiffres, parce qu'il y a aussi un site Internet où on peut contribuer et ces premiers chiffres sont assez bons. Quatre-vingt mille visiteurs uniques sur la journée d'hier et trois cent quarante demandes de référencement de débats. Cent trente-six débats ont déjà été validés à ce jour. Pour vous, ça commence bien ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est encourageant. C'est encourageant et à la fois le nombre de débats déclarés. Nous espérons qu'il y en ait le plus possible, que des millions de Français puissent participer au débat. Qu'ils aient manifesté ou qu'ils n'aient pas manifesté. Qu'ils aient des revendications de telle sorte, des revendications de telle autre sorte. Il faut entendre tout le monde et les paroles se valent. Il faut aller à une confrontation démocratique au sens le plus noble du terme.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous serez à la hauteur de tout ce qui va vous être dit ? Vous allez écouter et vous allez en tirer les conséquences ?

OLIVIER DUSSOPT
Le Président de la République a montré pendant ce débat, que certains ont qualifié de débat-marathon mais qui a surtout un débat sans fard, sans esquive, face aux maires avec une connaissance extrêmement précise de l'ensemble des dossiers qui lui ont été soumis à l'occasion de ces quelques heures…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Il a réponse à tout, le Président. C'est peut-être un peu excessif d'ailleurs.

OLIVIER DUSSOPT
C'est d'ailleurs la preuve qu'il abat un travail phénoménal.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais il est plutôt là pour écouter, pas pour répondre à tout.

OLIVIER DUSSOPT
Quand vous êtes face à plusieurs centaines de maires et qu'ils vous posent des questions, la moindre des choses c'est de leur répondre. Il y aura d'autres réunions qui seront organisées, ouvertes à tous les publics, à tout le monde et partout. Nous allons travailler à regarder les comptes-rendus, voir quelles sont les convergences, voir quels sont les points les plus saillants, ce qui ressort de ces débats. Et l'objectif est justement de montrer que les Français savent débattre dans le respect, de montrer qu'ils savent se rassembler sur des valeurs et sur des fondamentaux. Et nous veillerons évidemment au sein du Gouvernement à ce que ces enseignements puissent être pris en compte. Nous avons un certain nombre de décisions qui ont déjà été prises et qui le permettent. Sur la question démocratique par exemple, la révision des institutions, le décalage de l'examen du texte…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Avec l'idée d'un référendum à la fin peut-être.

OLIVIER DUSSOPT
Ça fait partie des pistes et des choses qui sont évoquées mais pas seulement. Certains s'interrogent sur la composition, le fonctionnement des assemblées, sur la place de la démocratie participative, pas seulement référendaire, sur l'association des citoyens aux prises de décisions et à des délibérations permanentes. Il faut trouver l'équilibre entre cette délibération démocratique permanente et la nécessité d'agir. Nous avons reporté de quelques temps l'examen de la révision constitutionnelle, de la réforme des institutions justement pour nous garder la possibilité d'intégrer ce qui ressortirait de ce débat.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors est-ce qu'Emmanuel MACRON peut renouer le lien avec les Français. Ecoutez ce qu'à votre place Eric WOERTH disait hier matin. C'est une prise de position très dure, écoutez-le.

- Document LCI du 16/01/2019 :
CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais il a peur des Français, Emmanuel MACRON ?

ERIC WOERTH, DEPUTE LES REPUBLICAINS DE L'OISE
Oui. Je pense qu'il lit de la haine dans les yeux d'un certain nombre de Français. Il avait été habitué à lire plutôt une sorte d'admiration ou de respect et, tout d'un coup, ça s'est transformé. C'est un sentiment terrible, horrible, la haine.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Sentiment de haine à l'égard du Président dit Eric WOERTH.

OLIVIER DUSSOPT
Je ne crois pas. En tout cas, je pense que le débat va être l'occasion de recoudre et de retrouver ce lien extrêmement direct. Nous traversons une crise à la fois politique, démocratique, sociale qui vient de loin, avec une accumulation de rancoeurs, une accumulation de ras-le-bol et qui, parfois, peut aussi se cristalliser sur celles et ceux qui sont en responsabilité. Les parlementaires, les élus, les membres du Gouvernement et, évidemment, le premier d'entre eux, le Président de la République. Le Président de la République aujourd'hui fait face à cette difficulté, à cette accumulation et à cette crise qui vient de loin. Il lance ce débat mais il n'a pas fait que lancer le débat. Il a aussi apporté des réponses extrêmement fortes avec plus de dix milliards d'euros sur la prime d'activité, sur la diminution de la CSG pour les retraités les plus modestes, parce qu'il a considéré, et nous avec lui, que c'était allé trop vite. Par contre, juste un point parce que ça fait écho à la déclaration d'Eric WOERTH qui, par ailleurs, est un homme de qualité qui maîtrise bien ses dossiers. Beaucoup dans l'opposition, dans toutes les oppositions, ne souhaitent qu'une chose : c'est l'échec du débat, c'est que le chaos puisse perdurer. Parce qu'ils imaginent, pour certains, de pouvoir conquérir un pouvoir qui leur a échappé par les urnes et, pour d'autres, de jouer la revanche de 2017. Ça n'est pas l'objectif et ça n'est pas l'intérêt général. Ce débat doit être réussi pour tous les Français.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors vous parliez des dix milliards qui ont déjà été accordés, si je puis dire, et peut-être d'autres mesures. Est-ce que c'est l'acte II du quinquennat ? Est-ce qu'il y a un virage ? Est-ce qu'on a eu un « en même temps » plutôt à droite pendant deux ans et un « en même temps » plutôt à gauche ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous pouvons dire que nous entrons dans un acte II pour plusieurs raisons. D'abord le Président de la République a été élu sur un programme, sur un projet qu'il met en oeuvre, que le Gouvernement à ses côtés met en oeuvre de manière intégrale. Cet engagement, ces engagements et ce programme de Gouvernement, nous l'appliquons et aujourd'hui nous veillons à sa bonne exécution. Mais nous devons aussi continuer à avancer. Nous devons ouvrir de nouveaux champs. Nous devons ouvrir aussi de nouveaux débats et à la fois nous interroger - pour prendre des sujets qui me sont peut-être plus chers, plus directement dans mon périmètre de compétence - sur l'organisation de nos services publics, sur la manière dont on met en place les politiques dans ce pays.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
La baisse des dépenses de l'Etat. C'est encore reporté. La réorganisation de la Fonction publique, c'est encore reporté.

OLIVIER DUSSOPT
On va y revenir si vous le voulez bien.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Très vite.

OLIVIER DUSSOPT
Nous devons aussi écouter et entendre les Français pour avancer sur les sujets qui les rassemblent. Sur les sujets que vous évoquez, dépenses publiques et réforme de la Fonction publique…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce n'est pas mis sous le tapis.

OLIVIER DUSSOPT
Je suis le Secrétaire d'Etat qui, avec Gérald DARMANIN, porte cette réforme de la Fonction publique. Nous voulons de nouveaux droits, nous voulons plus de souplesse, des libertés. Nous examinerons ce texte dans les semaines qui viennent.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Après le débat.

OLIVIER DUSSOPT
Avant l'été. Parce que c'est un texte qui répond aux attentes des Français, à la fois pour un service public plus moderne, mais aussi pour les agents publics qu'il y ait des vraies perspectives de carrière, des vraies formations et qu'ils retrouvent le goût de ce qu'ils veulent faire, c'est-à-dire servir leurs concitoyens.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci beaucoup Olivier DUSSOPT d'avoir été notre invité.

OLIVIER DUSSOPT
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 janvier 2019 
 

Situation sociale Politique gouvernementale Politique fiscale Pouvoir d'achat Debat Fonction publique 193000107

Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à BFMTV le 16 janvier 2019, sur le Grand débat national, le glyphosate, la peste porcine et le prix de l'alcool.

Interview de M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à BFMTV le 16 janvier 2019, sur le Grand débat national, le glyphosate, la peste porcine et le prix de l'alcool. Didier Guillaume 16/01/2019 Grand débat Glyphosate Peste porcine

Didier GUILLAUME
Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

BFMTV, Jean-Jacques Bourdin – 8h30

16 janvier 2019


JEAN-JACQUES BOURDIN
Didier GUILLAUME, bonjour.

DIDIER GUILLAUME
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes ministre de l'Agriculture. Merci d'être avec nous ce matin. Revenons sur le Grand débat. Hier il y a eu cet exercice, Emmanuel MACRON au milieu de ces 600 maires, ça a duré 06 heures 40. Très bien. Non mais très bien, mais après ? Après, que va-t-il se passer ? Est-ce que le président de la République va aller au contact des Gilets jaunes ? Est-ce qu'il va multiplier ces réunions-là ? Que va-t-il se passer maintenant ?

DIDIER GUILLAUME
Eh bien après il y aura un deuxième débat, vendredi dans le Lot, puis un troisième, puis un quatrième, puis un cinquième…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez aller dans le Lot je crois.

DIDIER GUILLAUME
Et puis un treizième débat. Et lorsqu'il aura fait le tour de toutes les régions, lorsqu'il aura entendu ce que disent les maires, les citoyens, il est allé au Conseil municipal, lorsque le Grand débat qui est inédit dans une situation inédite, va marcher, j'ai entendu ce matin sur votre antenne que vous-même vous étiez débordé, j'ai entendu plus de 13 000…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre opération, oui.

DIDIER GUILLAUME
Votre opération, voilà, mais je suis sûr que ce débat sera un vrai succès, parce que les Français ont besoin de dire des choses. Donc il faut les écouter. Et puis après, il en tirera les conclusions qu'il souhaitera, qu'il présentera au gouvernement et au Parlement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, il dit, vous dites : les Gilets jaunes est une chance pour qu'on puisse réagir plus fort.

DIDIER GUILLAUME
Oui, je le dis, c'est assez surprenant, mais c'est une situation inédite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais réagir plus fort, ça veut dire quoi, Didier GUILLAUME ?

DIDIER GUILLAUME
Ce qui s'est passé en fait au niveau des Gilets jaunes, c'est que ce mouvement était inédit. Si vous trouvez un responsable politique qui vous dit : « J'avais prévu que ça se passerait comme », celui-ci il faut le mettre dans du formol et le garder, donc ça n'existe même pas. Donc la réalité c'est quoi ? C'est que nous avons été dépassés par ce mouvement, ce mouvement qui venait à la fois de loin et de très près. Qui venait de loin parce que depuis 10 ans les classes moyennes sont les vaches à lait de la fiscalité française, parce que depuis 10 ans la ruralité, et j'y vis, a eu tendance à être oubliée. On a toujours considéré qu'on était des moins que rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je rappelle que vous êtes élu de la Drôme à l'origine, Bourg-de-Péage, ancien maire de Bourg-de-Péage. Bon, oui, vous connaissez la ruralité.

DIDIER GUILLAUME
Bien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Vous êtes ministre de l'Agriculture, donc des mesures seront prises.

DIDIER GUILLAUME
Oui, il faudra que des mesures soient prises, et à la fois c'est compliqué à expliquer à nos concitoyens, c'est que le président de la République dit : « Moi j'ai été élu sur un programme, j'applique mon programme ».

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien oui, mais il va bien falloir qu'il modifie son programme !

DIDIER GUILLAUME
Mais attendez, non…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ou qu'il le fasse évoluer !

DIDIER GUILLAUME
Mais ça s'appelle la démocratie représentative. J'applique mon programme, mais dans une situation exceptionnelle comme celle-ci, alors je vais écouter le peuple et en fonction de ce que dira le peuple, je ferai évoluer mes orientations. Mais en aucun cas revenir sur ce qui fonde le macronisme, su ce qu'il fait. Par exemple, le sujet bateau qui est annoncé sur certaines, la peine de mort, je ne sais pas si les Français…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais…

DIDIER GUILLAUME
Ben voilà, non mais c'est ça que je veux vous dire, c'est-à-dire qu'il y a des sujets sur lesquels il faut que les Français comprennent qu'on ne va pas revenir sur des fondamentaux, le mariage pour tous etc., mais sur l'aspect économique social et fiscal, il y a des choses à avancer sur lesquelles il faudra avancer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, justement Didier GUILLAUME, vous dites : certains Français devraient payer moins d'impôts, parce que, qu'on le veuille ou non, les principales revendications sont toujours les mêmes et on se recentre au coeur du débat, sur le coeur du débat, c'est quoi ? C'est le pouvoir d'achat, la justice sociale et fiscale.

DIDIER GUILLAUME
Bien sûr, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est évident.

DIDIER GUILLAUME
Et la justice territoriale.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la justice territoriale.

DIDIER GUILLAUME
Parce qu'il y a vraiment là quelque chose qui touche nos concitoyens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On attend des actes de décentralisation, Didier GUILLAUME, que tout ne soit pas…

DIDIER GUILLAUME
On attend des actes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Que tout ne soit pas décidé de Paris. Dites-moi, vous dites : certains Français devraient payer moins d'impôts et d'autres devraient en payer un peu plus. Alors, qui devrait payer moins d'impôts ?

DIDIER GUILLAUME
Les classes moyennes. Moi je pense que les classes moyennes ont été depuis des années les vaches à lait de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais alors comment baisse-t-on les impôts, et quels impôts, des classes…

DIDIER GUILLAUME
Je vais essayer de vous répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors allez-y.

DIDIER GUILLAUME
Bon. On dit : 50 % des Français ne paient pas d'impôts, c'est faux, tout le monde paie des impôts : la TVA, la CSG, tout le monde paie des impôts. Ce qui ne va plus dans notre pays, me semble-t-il, c'est l'impôt sur le revenu. L'impôt sur le revenu a été créé pour dire : moins je gagne, moins je paie, plus je gagne, plus je paie, c'est un impôt républicain, progressif et redistributif. Or aujourd'hui il est toujours républicain mais n'est plus progressif et il n'est pas redistributif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire qu'on baisse l'impôt sur le revenu des classes moyennes.

DIDIER GUILLAUME
Ma position, c'est de baisser fortement l'impôt sur le revenu des classes moyennes. Ce gouvernement et ce président de la République a annoncé qu'il avait un objectif c'est que le travail paie et que ceux qui travaillent, tout travail mérite salaire, que ceux qui travaillent puissent dépenser des choses et vivre normalement, faire vivre leurs gosses.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc l'impôt sur le revenu des classes moyennes va baisser.

DIDIER GUILLAUME
Ah non, pas du tout, il y a un débat, on verra ce que diront les Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils le demandent.

DIDIER GUILLAUME
Eh bien vous m'interrogez moi, et moi je vous réponds…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà une solution.

DIDIER GUILLAUME
Je serai favorable à faire baisser très fortement l'impôt sur le revenu des classes moyennes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qui devrait payer plus d'impôts, un peu plus ?

DIDIER GUILLAUME
Eh bien les tranches supérieures. Les tranches supérieures. Parce que c'est toujours le problème. On vit dans une communauté qui n'en est plus une, parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais la France est peut-être le pays où même les tranches supérieures paient le plus d'impôts !

DIDIER GUILLAUME
Non mais bien sûr, mais alors après c'est un autre sujet. Parce que moi ce que j'entends dans les débats chez moi et ailleurs, et de mes amis, et de mes capteurs, de mes lanceurs d'alerte, c'est de se dire : on veut plus de service public, un hôpital quasiment dans chaque chefs-lieux de canton, j'exagère à peine et c'est normal, des médecins, des services publics, des écoles, la gratuité, mais on ne veut pas payer d'impôts. Ça n'existe pas. Il faut faire de la pédagogie, et moi je crois beaucoup à nos concitoyens. Vous savez, dans ce débat depuis le mois d'octobre, il y a les leaders, qui ont un objectif, c'est de faire péter le système, il y a les casseurs qui sont là pour foutre le bazar partout et qui sont en train de participer à abîmer l'économie, et puis il y a tous les autres, ceux que ma grand-mère appelait ces braves gens. Vous savez, pendant la guerre, mon père a fait la Résistance, il est allé au combat, et j'ai en souvenir cette phrase qu'il m'a dite : « De l'autre côté il y avait aussi des gens bien, mais on a fait la guerre contre eux ». Eh bien moi je ne veux pas stigmatiser les Français. Tous les Français qui ont des choses à dire il faut les écouter, parce que ce sont des gens biens, parce que ce sont notre communauté, ça pourrait être notre frère, notre soeur, notre mère, notre fils, notre fille, c'est ça la réalité, et ces gens souffrent, ils se sentent parfois délaissés ou oubliés, malheureusement parce qu'ils ont une idée de la politique qui indique : eh bien les politiques vous pensez à vous, vous vous en mettez plein les poches, mais vous ne vous occupez pas du peuple. Eh bien Emmanuel MACRON a été lu sur cette cassure. Si tout s'était bien passé ces 20 dernières années, MACRON n'aurait pas été élu !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a été élu sur cette cassure, mais il n'a pas gouverné sur cette cassure.

DIDIER GUILLAUME
Il a été élu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous comprenez ce que je veux dire ?

DIDIER GUILLAUME
Mais très bien. Il a été élu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a gouverné seul, depuis l'Elysée, en prenant des décisions seul…

DIDIER GUILLAUME
Avec des députés !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec des députés, oui.

DIDIER GUILLAUME
Ah ben avec des députés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec une majorité tellement large !

DIDIER GUILLAUME
Jean-Jacques BOURDIN, ça s'appelle la démocratie représentative. Il y a eu des élections, on ne va pas revenir sur les élections, mais la seule différence…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais je ne conteste pas les élections.

DIDIER GUILLAUME
La seule différence c'est ce qui se passe là…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sans être attentif aux Français, Didier GUILLAUME.

DIDIER GUILLAUME
Ça ne s'est jamais produit ce qui se passe là. Emmanuel MACRON dit, au bout d'un an et demi : bon, il y a un vrai sujet. J'ai été élu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il se rend compte qu'il y a un vrai sujet.

DIDIER GUILLAUME
Eh ben c'est bien, je pense qu'il y en a d'autres qui ne s'en sont pas forcément rendu compte, et lui dit : je vais évoluer, je vais changer, je vais écouter, je vais m'enrichir de ce que j'entends pour démarrer une deuxième étape, une deuxième séquence du quinquennat. Mais enfin c'est formidable qu'un homme politique, que le plus haut d'entre nous, le plus haut des Français, le président de la République dire : « Je n'ai peut-être pas tout bien fait, je suis fier de mon bilan, de mes orientations, mais il va falloir bouger ». Eh bien excusez-moi, c'est quand même pas rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les personnes en situation de pauvreté, on va davantage les responsabiliser, car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent, ça veut dire quoi ça ? C'est le président de la République qui a prononcé cette phrase. Ça veut dire quoi ? Qui déconne ?

DIDIER GUILLAUME
Je vais vous répondre très précisément, très précisément, mais on est à un moment où le pouvoir de la Vème République et du quinquennat, a tellement renforcé le pouvoir du président, que le président est sur tous les fronts et que ce président-là de 40 ans, il veut parler comme tous les Français…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais ça, non mais moi c'est le fond…

DIDIER GUILLAUME
… mais il y a des gens qui déconnent. Mais je vais vous répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui déconne alors ?

DIDIER GUILLAUME
Mais il y a des gens qui déconnent, ce n'est pas la majorité, une immense majorité de gens, ils veulent trouver du boulot, ils vont à l'ANPE, enfin à Pôle emploi, ils vont aux agences intérim ou ailleurs…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ou ailleurs pour trouver du boulot.

DIDIER GUILLAUME
Oui, parce que Pôle emploi ne fournit que 20 % des demandeurs d'emploi, mais ils vont dans les agences intérim ou dans le direct. Mais on sait très bien qu'il y a une infime minorité, c'est ça qu'il a voulu dire, dans un débat de 6 heures 30 quand même, un président de la République qui parle pendant 6 heurs 30 à des citoyens, à des maires, c'est un truc de dingue quand même. Et donc il y a, on sait très bien qu'il y a des gens qui ne cherchent pas du boulot, qui vont dans tel restaurant, qui disent : moi je veux être serveur, qui font tamponner leur feuille et qui repartent. Je ne stigmatise pas mais c'est ça, mais on sait très bien…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça existe.

DIDIER GUILLAUME
Il y en a d'autres qui déconnent, il y a aussi des gens très riches qui font de l'optimisation fiscale et qui ne déclarent pas en France, et qui trafiquent. Oui, mais Jean-Jacques BOURDIN, il y a en France des gens qui déconnent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sauf qu'on n'avance pas beaucoup dans la lutte contre l'évasion fiscale et l'optimisation.

DIDIER GUILLAUME
Mais évidemment que l'on avance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que vois, optimisation, évasion, enfin bon, on ne va pas entrer dans ce débat.

DIDIER GUILLAUME
Oui, parce que l'optimisation fiscale est légale, à partir du moment où tout est déclaré, mais il y en a qui ne déclarent pas, et c'est pour ça que quand le gouvernement et Bruno LE MAIRE dit : on va taxer les GAFA, ça ne s'est jamais fait, c'est excellent. Il n'y a pas de raison qu'il y ait des gens, des entreprises qui ne paient pas leurs impôts en France, qui fassent des bénéfices, quand l'artisan de chez moi, lui il a du mal à joindre les deux bouts, et à payer son compagnon.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça c'est sûr. Baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, vous êtes favorable ?

DIDIER GUILLAUME
Ça peut faire partie du débat, pourquoi pas, mais après, ce que je veux dire que même Jean-Jacques BOURDIN, c'est que ce n'est pas demain on rase gratis, c'est-à-dire qu'on peut bien tout baisser, mais à un moment il faut équilibrer un budget. Voilà. Donc il faudra regarder les choses. Donc si vous me faites la liste, est-ce que je suis favorable, favorable, favorable, je peux vous dire oui il y a plein de choses, mais d'une cohérence, après il faudra faire des choix. Moi je pense que le premier choix ce sont les classes moyennes, après…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La décentralisation. Vous, vous êtes un élu du de territoire…

DIDIER GUILLAUME
Ah oui de terrain, les pieds dans la terre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dites-moi, vous n'en avez pas assez de voir tout être décidé de là-haut, de Paris, d'une technostructure ? Non ?

DIDIER GUILLAUME
C'est légèrement exagéré ce que vous dites…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, enfin, légèrement.

DIDIER GUILLAUME
Légèrement, j'ai pas dit beaucoup, légèrement. Tout n'est pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc ça existe.

DIDIER GUILLAUME
Oui, tout n'est pas décidé d'en haut, il y a quand même une décentralisation qui a eu lieu depuis des années, qui font qu'il y a l'autonomie des maires, des intercos, des…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment peut-on améliorer ?

DIDIER GUILLAUME
Ce que je veux vous dire, c'est que, aujourd'hui, là, pour la deuxième année consécutive, les aides de l'Etat aux collectivités locales n'ont pas baissé, c'est pas uniquement un problème financier, je connais très bien les collectivités locales qui ont beaucoup souffert, parce que nous avons baissé les dotations depuis des années, parce qu'il faut que tout le monde fasse des efforts, mais il ne faut pas stigmatiser, d'ailleurs le président de la République ne s'y est pas trompé, il a parlé hier devant 600 maires ou adjoints, parce que ce sont eux les hussards de la République, donc de quoi s'agit il ? Il faut laisser aux maires, aux présidents l'intercos, aux présidents de départements de régions, les moyens d'animer les territoires, parce que oui, tout ne peut pas se faire de Paris, tout ne peut pas se faire de Paris et tout ne peut pas être fait par les technocrates qui dirigent je ne sais pas quoi..

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça on est bien d'accord, c'est un retour sur terre.

DIDIER GUILLAUME
Donc c'est le politique qui doit reprendre la main, décider de ce qu'il a à faire et sur le terrain de continuer à travailler. Mais je ne veux pas moi que l'on garde cette défiance qu'il y a. Vous savez, quand je rencontre les gens chez moi, ils disent : « Vous là-haut à Paris », Oui mais ça c'est plus possible. Il faut que les gens comprennent que ce n'est pas vous à Paris… Nous faisons Nation, nous sommes un collectif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous là-haut à Paris, vous avez décidé un jour que sur toutes les routes françaises on roulerait à 80 km/h.

DIDIER GUILLAUME
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sans aménager, sans penser à de possibles adaptations locales.

DIDIER GUILLAUME
Exactement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Exactement. Eh bien le président de la République, vous allez revenir, vous allez revenir sur ces 80 km/h, quand il dit « on va adapter ».

DIDIER GUILLAUME
Quand les 80 km/h ont été mis en place, il a été dit : c'est pour faire baisser le nombre de morts, et là Jean-Jacques BOURDIN si vous me le permettez, baisser le nombre de morts, on ne discute pas. Par contre il a aussi dit : une évaluation. Et qu'est ce qui se passe en zone rurale dans ce débat ? C'est qu'on nous dit : mais c'est toujours pour nous. Moi ce que je souhaite faire, c'est qu'on soit dans une France apaisée, il faut réconcilier l'urbain et le rural, il faut réconcilier Paris et la province.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il faut adapter la limitation à certaines portions de routes.

DIDIER GUILLAUME
Mais il y a plein de départements chez moi, quand je suis dans le Vercors, où on ne roule pas à 80 km/h, il y a des virages où on roule à 50.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc est-ce qu'il faut adapter la limitation à certaines portions de routes ?

DIDIER GUILLAUME
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

DIDIER GUILLAUME
C'est possible, on va voir ce que va dire le débat, mais laisser aux présidents de conseils départementaux avec les préfets, le fait de dire sur telle route ce qui se passe, ce qui se passe, mais attention, il ne s'agit pas de faire de la démagogie, du populiste, de dire tout ça c'est nul on revient à 90 et on fonce. Non. Il y a des secteurs accidentogènes, moi je connais dans mon département des endroits où il y a eu beaucoup de morts, voilà. Ça peut faire partie des débats.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les Conseil départementaux diront…

DIDIER GUILLAUME
Ça peut faire partie du débat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable.

DIDIER GUILLAUME
Plutôt oui, et ça fera partie du débat. Il ne s'agit pas de revenir sur le fond même de faire baisser la mortalité, l'accidentologie des routes françaises, parce que là c'est une priorité, et moi je soutiens le Premier ministre d'avoir décidé cela parce que la priorité c'est que nos concitoyens ne meurent pas en voiture, mais s'il y a des adaptations à faire compte tenu que ce Grand débat va ouvrir une large concertation qui sera je l'espère un succès et qui nous permettra d'aller de l'avant, s'il y a des possibilités de le faire, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le Sénat transformé, dit le président de la République, ça vous inquiète, vous ancien sénateur ?

DIDIER GUILLAUME
Non non, ça ne m'inquiète pas, je pense que le bicamérisme en France il doit rester, quoi qu'en pensent…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que beaucoup de Gilets jaunes demandent la suppression du Sénat.

DIDIER GUILLAUME
Oui, mais en plus la suppression des élus, la suppression de ceci, la suppression de cela, peut-être même un jour la suppression des journalistes. Ne rentrons pas là-dedans, je pense que notre pays vit ce qu'on appelle sur un bicamérisme, il y a 2 chambres, que l'on adapte les choses, que l'on ne mette pas un an et demi pour voter la loi, ça me semble bien. Dans la campagne présidentielle comme dans toutes les campagnes présidentielles, il avait dit que nous baisserions le nombre de parlementaires, je crois qu'il faut le faire, baisser peut-être le nombre de membres du Conseil économique et social, peut être tirés au sort des Français qui pouvaient être amenés à faire des choses…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Fusionner le Sénat et le Conseil économique et social.

DIDIER GUILLAUME
Mais ce n'est pas le même rôle si vous permettez, le Sénat vote des lois, le Conseil économique et social essaie de faire des rapports et de regarder l'avenir, ce n'est pas le même, et je ne suis pas favorable à cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon. Interdiction de l'autorisation de mise sur le marché des Roundup Pro 360, qui contient du glyphosate, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation a commis une erreur d'appréciation, dit le tribunal administratif, au regard du principe de précaution. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tous les produits contenant du glyphosate sont donc possiblement ou probablement cancérigènes ?

DIDIER GUILLAUME
Non c'est uniquement le Roundup 360.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais qui contient du glyphosate.

DIDIER GUILLAUME
Oui mais c'est uniquement celui-là, tous les autres ne sont pas cancérigènes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce que dit le tribunal administratif pour l'instant.

DIDIER GUILLAUME
Oui oui bien sûr donc moi là-dessus, ma position comme ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, j'ai été pendant plus de 10 ans président du premier département bio de France la Drôme, là-dessus j'ai interdit les OGM, on a abaissé les pesticides, j'ai pas de sujet là-dessus. Je ne suis ni juge, ni scientifique, donc qu'il continue à faire les choses, moi je suis là pour proposer des choses.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je ne comprends pas, qui continue à faire les choses ?

DIDIER GUILLAUME
Non mais moi je ne peux pas commenter cette décision de justice, je dis, moi mon rôle c'est de protéger les Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais la justice dit quoi ? La justice dit que le glyphosate est possiblement dangereux, donc il faut l'interdire !

DIDIER GUILLAUME
Mais laissez-moi finir, on le sait, c'est la raison pour laquelle le gouvernement et moi-même sommes là pour protéger les Français, c'est la raison pour laquelle depuis le 1er janvier nous avons interdit l'usage du Roundup pour les particuliers, ça ne se sait peut-être pas assez, mais c'est interdit, que pour les agriculteurs, le président de la République, contrairement à l'avis de l'Europe contre laquelle nous avons bataillé, l'Europe voulait 15 ans, puis 10 ans, et l'Europe a annoncé 5 ans, le président de la République française a dit : en France ça sera 3 ans, en 2020 plus d'utilisation de glyphosate.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous confirmez, là.

DIDIER GUILLAUME
Je confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On n'accélère pas…

DIDIER GUILLAUME
On accélère oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non non, mais on n'accélère pas l'interdiction.

DIDIER GUILLAUME
Comment on n'accélère pas l'interdiction ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien on pourrait, je sais pas moi, interdire le glyphosate encore…

DIDIER GUILLAUME
Ce n'est pas possible !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je demande, mais j'ai même vu de nombreux agriculteurs…

DIDIER GUILLAUME
Ce n'est pas possible de l'interdire demain !

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai vu de nombreux agriculteurs qui demandent la levée de l'interdiction.

DIDIER GUILLAUME
Oui mais après c'est un autre débat. Vous savez, la transition…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça fait partie de l'agri-bashing disent les agriculteurs.

DIDIER GUILLAUME
Oui mais moi, vous savez, moi je suis le bouclier contre l'agri-bashing, je ne laisserai jamais les gens montrer du doigt les agriculteurs, ils travaillent 7 jours sur 7, ils travaillent au milieu de la nature, ils travaillent les pieds dans la terre et vous croyez qu'ils veulent empoisonner le sol pour s'empoisonner eux-mêmes ? Non. Mais il faut passer du XXème siècle, qui était le siècle du quantitatif, au XXIème siècle qui doit être le siècle qualitatif. Et donc cet agriculteur est en train de muter, la transition agro-écologique elle se fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est la plus durable au monde l'agriculture française.

DIDIER GUILLAUME
Nous avons la meilleure agriculture, nous avons une alimentation la plus saine de tous les pays européens, mais il faut aller encore plus loin, notamment sur la baisse des pesticides.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Encore plus loin dans les règlements ?

DIDIER GUILLAUME
Non non, dans la baisse... Non mais surtout pas, ne me dites pas ça à moi qui suis un affreux pragmatique, mais il faut continuer…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Surtransmission des règles européennes.

DIDIER GUILLAUME
Mais il n'y a pas de surtransposition des règles européennes en matière agricole, il n'y en a pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aucune ?

DIDIER GUILLAUME
Aucune je n'en sais rien, vous allez peut-être m'en trouver une mais je n'en sais rien, en tout cas moi je fais, je constate ce que je fais et il peut aller encore plus loin. Mais moi je parle de l'agriculture, il faut aller encore plus loin dans la transition agro-écologique, et moi je vous le dis, ce n'est pas par rapport à l'antenne, mais moi je veux saluer les agriculteurs, parce que s'il y a un secteur qui s'est autant remis en cause, qui a autant évolué, qui a autant changé ses pratiques agricoles que l'agriculture, on n'en trouve pas d'autres.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Est-ce que la peste porcine africaine a touché la France ?

DIDIER GUILLAUME
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Toujours pas…

DIDIER GUILLAUME
Attendez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Heureusement.

DIDIER GUILLAUME
Toujours pas, et j'espère qu'elle ne touchera pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
A 1 km.

DIDIER GUILLAUME
Là, si vous permettez, c'est un sujet gravissime.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Toutes les exportations de porc de France sont concernées.

DIDIER GUILLAUME
Je veux redire à vos téléspectateurs et à vos auditeurs : la France est indemne de peste porcine, c'est validé, c'est pas le ministre qui raconte des salades, il n'y a pas de peste porcine, par contre elle est en Belgique, et le 8 janvier 2 sangliers ont été tués à 2,6 km de la frontière française. Donc là il y a danger. Nous travaillons avec les Belges depuis 3 mois, les Belges ont construit des barrières, je suis allé en Belgique dans les Ardennes belges vendredi, deux barrières construites l'une à côté de l'autre pour empêcher que le sanglier passe. Du côté de la France, les chasseurs français ont construit une barrière électrique, une clôture électrique, pour l'empêcher. Ce que nous avons décidé, parce que j'ai décrété la mobilisation générale, à la demande et sous l'autorité du président de la République et du Premier ministre, nous allons faire un vide sanitaire au sud de la frontière belge. Et dans cette zone de 3 kilomètres de côté sur, je ne sais pas, 20, 30, 40 km de long, nous allons faire un vide sanitaire, plus aucun sanglier vivant, il en va de l'intérêt de la santé, de l'intérêt sanitaire de notre pays, la situation est très grave, c'est la mobilisation générale des éleveurs, des chasseurs, de l'ONF, de l'Office national de la chasse, de tout le pays nous ne pouvons pas accepter, nous sommes…, le troupeau de porcs français est le troisième troupeau, on ne peut pas accepter que cela ait des conséquences dramatiques. Mais la France…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, bien, peste porcine, aucun danger pour l'homme, je le rappelle…

DIDIER GUILLAUME
Aucun danger pour l'homme, aucun danger pour l'homme…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de transmission à l'homme…

DIDIER GUILLAUME
Non, non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai une dernière question : est-ce que le vin est un alcool comme les autres ?

DIDIER GUILLAUME
Eh bien, non, je ne crois pas que le vin soit un alcool comme les autres. Vous savez, les jeunes qui se tuent…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que les addictions…

DIDIER GUILLAUME
Oui, oui, non, mais attendez, je vais vous répondre, oui, oui, oui…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez vu la lutte contre les addictions, on ne parle pas de l'alcool, très peu…

DIDIER GUILLAUME
Moi, je vais vous répondre, l'addiction à l'alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le binge-drinking, etc, c'est dramatique. Mais je n'ai jamais vu, à ma connaissance, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côte du Rhône, du Crozes-Hermitage, du Bordeaux ou des Costières de Nîmes, jamais. Ils boivent d'autres, ils boivent des mélanges, ils boivent des rhums, des mix, ils boivent de l'alcool fort.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il faut augmenter les prix de ces alcools forts alors, pourquoi est-ce qu'on ne les augmente pas ?

DIDIER GUILLAUME
Mais ça, c'est autre chose, c'est déjà très taxé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes favorable à l'augmentation ?

DIDIER GUILLAUME
Non, non, mais ce matin, je ne vais pas vous dire… ce n'est pas moi qui vais augmenter le prix du Cognac ou de l'Armagnac !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais ce n'est pas vous, mais vous avez un avis…

DIDIER GUILLAUME
Ce que je veux dire, c'est qu'il faut lutter contre toutes les addictions, mais il faut éduquer les Françaises et les Français et la jeunesse au bon et au beau, mais l'alimentation française, je suis aussi ministre de l'Alimentation, notre alimentation, elle est formidable, les agriculteurs produisent des produits de grande qualité qui sont transformés, il faut éduquer à boire un verre de vin pour savoir ce que c'est, c'est la viticulture qui est un élément économique fort et d'aménagement du territoire de notre pays, mais je le redis : attention aux addictions, il n'y a pas que l'alcool, mais les addictions, que ce soit le vin, que ce soit l'alcool, etc., c'est dangereux pour la santé de tous les Français et des jeunes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Merci Didier GUILLAUME, d'être venu nous voir à RMC et BFM TV…

DIDIER GUILLAUME
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 janvier 2019 
 

Situation sociale Politique gouvernementale Debat Pouvoir d'achat Relations Etat collectivite locale Pesticide Alcool 193000098