Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État aux transports, à BFM Business le 24 février 2020, sur la préparation à l'épidémie de coronavirus et la mise en œuvre de la réforme des retraites dans le domaine des transports.

Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État aux transports, à BFM Business le 24 février 2020, sur la préparation à l'épidémie de coronavirus et la mise en œuvre de la réforme des retraites dans le domaine des transports. Jean-Baptiste Djebbari 24022020 coronavirus réforme retraites transport

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Les transports au cœur de la propagation de l'épidémie de coronavirus, au cœur aussi de la problématique de la croissance mondiale et des échanges. Jean-Baptiste DJEBBARI, le Secrétaire d'État aux Transports, est votre invité Hedwige CHEVRILLON. Bonjour.

HEDWIGE CHEVRILLON
Bonjour Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour à vous.

HEDWIGE CHEVRILLON
Merci d'être là effectivement. Le coronavirus, on le voit bien, ça se propage. Ça se propage partout de manière exponentielle. En Italie et les transports, la grande question se pose de savoir qu'est-ce qu'il faut faire. Il y a un impact déjà très fort. Est-ce qu'il faut fermer des vols ? Est-ce qu'il faut interdire des vols provenant d'Asie du sud-est, plus large que la Chine ? Est-ce qu'il faut fermer la frontière avec l'Italie notamment pour les trains ? Les transports sont effectivement au cœur de cette épidémie voire de cette pandémie du coronavirus.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bon, fermer des frontières ça n'aurait pas beaucoup d'intérêt parce que vous savez que la circulation du virus ne se fait pas selon les frontières administratives. Mais par contre effectivement…

HEDWIGE CHEVRILLON
Non mais dans un train qui vient d'Italie par exemple.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, bien sûr. Regarder les flux, il faut effectivement y être très attentif. Les compagnies aériennes, et notamment les plus grosses compagnies européennes, ont déjà suspendu leurs vols provisoirement jusqu'à fin mars mais cela pourrait évidemment…

HEDWIGE CHEVRILLON
De Chine.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vers la Chine. Et puis le trafic de la Chine vers l'Europe se tarit beaucoup puisque vous avez à peu près 40% d'avions en moins qui sont souvent à moitié remplis, donc il y a vraiment un tarissement du transport aérien et d'ailleurs un manque à gagner qui va être important. Je voyais que IATA annonçait trente milliards d'euros de manque à gagner pour l'année 2020 et AIR FRANCE-KLM, le groupe a annoncé une perte sèche pour l'instant estimée de cent cinquante à deux cents millions d'euros. Donc oui, l'impact est majeur pour l'aérien ; il est aussi majeur d'ailleurs pour le transport maritime puisque, vous le savez, beaucoup de ports chinois sont aujourd'hui fermés et c'est un peu quand même le berceau de la mondialisation et l'envoi d'un certain nombre de produits vers d'une manière générale et pour l'industrie du tourisme sur laquelle la France, vous le savez, compte beaucoup, c'est une contraction économique qui est tout à fait sérieuse.

HEDWIGE CHEVRILLON
Hier après-midi, vous étiez à Matignon.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui.

HEDWIGE CHEVRILLON
Il y avait une réunion justement pour savoir les conséquences de ce coronavirus. Qu'est-ce que vous avez décidé ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord, nous avons fait le point sur les mesures de prévention, sur notre stratégie de traitement du coronavirus. Nous visons vraiment à confiner le virus quand il est présent en France, un peu comme on isole un incendie si vous voulez, de manière à pouvoir éteindre les braises, le feu et nous avons aujourd'hui plus qu'un patient qui est traité mais l'ensemble des treize patients qui étaient rentrés à l'hôpital sont aujourd'hui sortis. Nous restons évidemment très attentifs à ce qui se passe à nos frontières notamment en Italie qui, semble-t-il, est dans un cas un peu différent puisqu'ils ont loupé ce qu'on appelle le patient 0, et donc ils ont du mal à tracer la circulation du virus. Nous sommes évidemment très attentifs à cela et nous essayons d'être en adaptation et en anticipation de manière à pouvoir prendre les meilleures mesures. Nous avons un sujet-là actuellement sur les masques. Autant les entreprises publiques sont bien couvertes mais nous avons recommandé des masques en nombre, des masques dits…

HEDWIGE CHEVRILLON
Combien ? Parce qu'on a dit "en nombre" mais je n'ai pas vu combien.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est plusieurs millions. Je crois qu'il y a une première commande de sept millions qui a été faite de manière à justement pouvoir anticiper l'épidémie si elle devait advenir en France. Donc vraiment un travail très sérieux, non pas d'alimentation de la psychose comme certains le font mais vraiment un travail sérieux de préparation si, le cas échéant, l'épidémie venait en France.

HEDWIGE CHEVRILLON
Mais puisque vous, vous êtes en charge des transports…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui.

HEDWIGE CHEVRILLON
Donc c'est vraiment le cœur, on vient de le dire, qu'est-ce que vous allez préconiser justement pour les entreprises de transport ? Quelles sont les directives que vous allez leur donner ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est vrai que tout ça est très cadré. Il y a ce qu'on appelle les plans de continuité qui permettent d'abord de regarder effectivement en préparation ce que l'on fait, est-ce que les grandes entreprises publiques ont suffisamment de masques par exemple. Et puis dans un moment où on imaginerait que le virus serait là, nous allons jusqu'à imaginer ce qu'on appelle des plans de continuité pour les besoins essentiels, c'est-à-dire de réduire le service pour simplement pouvoir limiter les contacts de voyageurs et continuer à alimenter l'économie française pour ces besoins essentiels.

HEDWIGE CHEVRILLON
On n'en est pas là.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Nous n'en sommes évidemment pas là, nous n'avons même pas commencé effectivement à voir l'épidémie réelle chez nous mais la préparation… Enfin, "gouverner c'est prévoir" comme disaient certains et donc nous tenterons de faire un travail très sérieux de préparation de manière à être prêts si, le cas échéant, le virus venait chez nous.

HEDWIGE CHEVRILLON
Oui, d'accord. Donc là, c'est une question de jours vous pensez ou vous…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, c'est difficile à dire.

HEDWIGE CHEVRILLON
Difficile à savoir.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
On a observé la cinétique du virus en Chine. Nous observons évidemment en Italie…

HEDWIGE CHEVRILLON
C'est juste à côté quand même.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Encore une fois, ils ont loupé le patient 0. Ils se sont mis à chercher par exemple hier soir des cas qui étaient en réanimation. Certains cas sont effectivement possiblement atteints par le coronavirus et donc, vous voyez, tout ça est assez évolutif. Mais, je le dis, les services sanitaires sont totalement mobilisés. Olivier VERAN a annoncé la mobilisation aujourd'hui non seulement des CHU mais d'au moins un centre hospitalier par département de manière à pouvoir accueillir…

HEDWIGE CHEVRILLON
Le Ministre de la Santé.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Voilà, le Ministre de la Santé. De manière à pouvoir accueillir les malades le cas échéant.

HEDWIGE CHEVRILLON
L'autre grand dossier, on va en dire un mot quand même, c'est la réforme des retraites avec ce blocus cette fois-ci à l'Assemblée nationale. On sent que le gouvernement est en route vers le 49-3. Je ne sais pas si vous en avez parlé hier à Matignon, mais on a l'impression que le piège se referme un peu sur le gouvernement parce que poussé par notamment La France Insoumise mais qui, du coup, vous oblige… En fait les deux perdants, c'est le gouvernement et c'est sans doute La France Insoumise aussi.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, je crois qu'ici on assiste vraiment à l'incohérence de La France Insoumise qui a d'abord crié un régime autoritaire, qui ensuite procède à l'obstruction parlementaire. Aujourd'hui ou hier, Jean-Luc MELENCHON commençait à ne plus assumer cette stratégie, et puis je note quand même une incohérence de fond. Jean-Luc MELENCHON dans son projet présidentiel, il promouvait la VIème République et donc un régime parlementaire, alors qu'il dévoie aujourd'hui assez largement le fond du débat parlementaire, le fond du débat qui doit permettre de s'éclairer, de se contredire et à la fin de voter. Il impossibilise ça et c'est bien dommage. Le 49-3, je l'ai toujours dit, c'est un outil constitutionnel…

HEDWIGE CHEVRILLON
Oui, mais dans le climat actuel c'est quand même…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, mais nos députés sont très combatifs. Ils l'ont redit hier soir au Premier ministre et ils souhaitent pour la plupart donner le maximum de chances au débat parlementaire.

HEDWIGE CHEVRILLON
Mais est-ce qu'il ne faut pas desserrer – c'est toujours la question que je pose – est-ce qu'il ne faut pas desserrer l'étau par rapport… Là en fait le problème, c'est qu'Emmanuel MACRON a dit qu'il faudrait que la première lecture soit terminée avant les municipales.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous savez que l'étau…

HEDWIGE CHEVRILLON
Donc sur un sujet aussi clef, on a envie de dire "prenons notre temps" puisqu'en plus, c'est dans longtemps quand même cette réforme des retraites.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous savez que l'étau est très largement desserré puisqu'il y a des séances de nuit, en tout cas qui finissent tard le soir. Il y a eu une séance ce week-end, samedi-dimanche.

HEDWIGE CHEVRILLON
Trente-deux mille amendements, Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, mais parce que chaque jour vous avez La France Insoumise et GDR qui par paquets de cent, de mille, remettent des sous-amendements pour changer des virgules ou des points virgules et pour simplement, il faut le dire, faire en sorte que rien ne se passe.

HEDWIGE CHEVRILLON
La décision sera prise avant les municipales, bien sûr.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
De toute façon, nous échangeons avec notre majorité parlementaire comme nous le faisons sur tous ces sujets et, je le redis, à l'instant la majorité parlementaire est déterminée et combative et souhaite se donner toutes les chances du débat parlementaire.

HEDWIGE CHEVRILLON
Oui.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je ne peux pas vous le dire autrement que ce qu'est la réalité et ce qui a été dit hier soir notamment des députés de notre mouvement au Premier ministre.

HEDWIGE CHEVRILLON
Qu'est-ce qu'il y a encore d'universel dans cette retraite parce que si on prend votre cas en l'occurrence, on voit que les pilotes ont obtenu gain de cause. C'est-à-dire qu'ils ont conservé leurs caisses de retraite complémentaire. Il y en a d'autres hein aussi qui ont obtenu ça, donc on n'est plus dans un système universel.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Deux points : philosophie et en pratique. La philosophie, nous avons dit que pour chaque corps de métier, pour chaque métier nous trouverions le chemin, ce que nous avons fait. Les pilotes, ils conservent la caisse complémentaire qui rentre bien dans le régime universel. Ils avaient une caisse complémentaire qui sont payées par eux…

HEDWIGE CHEVRILLON
Les complémentaires rentrent normalement. L'Agirc-Arrco par exemple rentre dans le système.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Qui sont payées par eux et les employeurs, uniquement par eux et les employeurs, et donc nous avons effectivement aménagé le fait que cette question puisse exister et que cette complémentaire puisse être à côté du régime universel dans lequel eux rentrent pleinement. Ça s'appelle trouver des chemins.

HEDWIGE CHEVRILLON
Oui, mais c'est une exception.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, mais vous savez, le compromis politique que vous faites n'est pas une compromission, n'est pas une aberration. C'est simplement le fait de dire que quand vous avez des sujets complexes avec des revendications complexes, vous ne transigez pas sur l'essentiel c'est-à-dire le régime universel, les pilotes comme l'ensemble du secteur des transports…

HEDWIGE CHEVRILLON
Oui, mais pourquoi pour les pilotes et pas pour d'autres ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais nous avons aménagé pour un certain nombre de métiers… Vous savez, on parle des catégories actives : les militaires, les surveillants de prison, bref, ceux qui sont particulièrement exposés à un risque, nous avons préservé ce qu'on appelle la catégorie active.

HEDWIGE CHEVRILLON
Oui, ce n'est pas le cas des pilotes.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, ce n'est pas le cas des pilotes mais pour certains autres métiers qui avaient des dispositions particulières et qui pèsent pour beaucoup dans leur pension, nous permettons effectivement que ces dispositifs complémentaires persistent où perdurent tout en ne transigeant pas sur l'ambition qu'ils rentrent dans le régime universel.

HEDWIGE CHEVRILLON
Juste une question justement parce qu'il y a une grève chez HOP! qui est donc la filiale d'AIR FRANCE. Les pilotes demandent les mêmes droits, les mêmes avantages que les pilotes d'AIR FRANCE. Est-ce que vous comprenez cette démarche ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est une démarche, en tout cas c'est une revendication qui est ancienne depuis la création de HOP! et depuis la fusion…

HEDWIGE CHEVRILLON
Oui, parce que HOP! connaît des difficultés.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui. Le marché régional effectivement est plus en difficulté que certains autres marchés. D'ailleurs je crois que cette grève est peu suivie y compris chez HOP! et il y a effectivement cette demande de facilitation…

HEDWIGE CHEVRILLON
Mais elle est légitime cette demande ou pas ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Toutes les grèves sont légitimes.

HEDWIGE CHEVRILLON
Non, non, mais la demande. La demande.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais d'une manière générale, puisque là on parle beaucoup chez HOP !…

HEDWIGE CHEVRILLON
Non mais spécifiquement sur HOP!, est-ce que vous comprenez cette démarche ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le sujet, c'est de faciliter les transitions pour que les pilotes puissent intégrer le groupe AIR FRANCE.

HEDWIGE CHEVRILLON
Exactement.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est ça, le sujet. Et du fait qu'AIR FRANCE est en croissance et du fait qu'AIR FRANCE ait besoin de pilotes, ce mouvement se fait un peu naturellement. Mais vous savez que par exemple quand AIGLE AZUR ou XL AIRWAYS ont malheureusement fait faillite, un certain nombre de pilotes et d'ailleurs de personnels navigants ou commerciaux ont été embauchés par le groupe AIR FRANCE qui a des demandes naturelles chaque année. Donc naturellement les choses se font ; je comprends que certains soient peut être plus pressés que d'autres.

HEDWIGE CHEVRILLON
Donc quelque part c'est légitime parce qu'ils intègrent un peu de facto le groupe AIR FRANCE.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ils sont dans le groupe AIR FRANCE.

HEDWIGE CHEVRILLON
Encore une question, c'est un sujet qui vous tient à cœur, sur les petites lignes. Vous parliez des ligues régionales en avion ; là on va parler des lignes de la SNCF, des petites lignes.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui.

HEDWIGE CHEVRILLON
C'est votre grand combat, c'est de réhabiliter toutes ces petites lignes qui font le maillage de l'Hexagone. Une réponse peut-être sans doute aux Gilets jaunes. Qu'est-ce que vous cherchez ? Qui finance ? Et puis c'est un retour en arrière pour la SNCF. C'est un changement complètement de pied.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, c'est simplement rompre un cercle vicieux qui a longtemps prévalu. Vous savez, ces petites lignes n'ont pas été entretenues suffisamment parce qu'on a préféré les grands projets, et donc de moins en moins de personnes les ont empruntées, et tout ça a fait qu'à un moment s'est posée la question de savoir s'il fallait les garder ou pas. Moi je pense fondamentalement qu'il faut les garder. Et quand en Limousin vous avez Limoges-Angoulême fermée et Limoges-Brive fermée, je peux vous garantir que pour les gens qui sont obligés de prendre leur voiture, c'est un peu un crève-cœur, et donc il fallait trouver une solution. J'avais demandé un rapport comme député et comme ministre, j'ai redemandé à François PHILIZOT, le préfet en charge de ce sujet, de refaire un tour avec les régions et nous avons finalement remis de l'ordre dans la maison ferroviaire en faisant quelque chose de très simple. Les lignes les plus circulées sont reprises par l'État, les lignes les moins circulées sont reprises par les régions si elles le demandent.

HEDWIGE CHEVRILLON
Oui. Il y a deux régions pour l'instant. Il y a Grand-Est, c'est ça ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument. Il y a Grand-Est et Centre-Val de Loire mais des discussions sont avancées avec d'autres régions. Je pense notamment à la Bretagne, je pense notamment à PACA Donc nous pouvons aller très vite et l'idée, c'est exactement ça : c'est de redonner un avenir désirable, positif aux petites lignes ferroviaires et le faire dans la rationalité économique. Parce que, vous le savez nous avons désendetté très fortement la SNCF et il est évidemment hors de question que cela se reproduise.

HEDWIGE CHEVRILLON
Justement à la SNCF, le mouvement de grève aurait coûté un milliard d'euros ; en tous les cas, c'est ce que dit Jean-Pierre FARANDOU, le nouveau patron de la SNCF. Est-ce que vous pouvez confirmer ce chiffre ? Est-ce qu'aujourd'hui c'est plus ? Et surtout il y a un plan d'économies donc qui va se mettre en route, en marche. Est-ce qu'il y aura des suppressions d'effectifs ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Alors c'est effectivement le bon chiffre de l'ordre de…

HEDWIGE CHEVRILLON
Un milliard, ça reste un milliard.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est beaucoup, avec un coût également en image au moment même où la SNCF rentre en concurrence, et puis au moment où l'État s'est engagé fortement pour désendetter le groupe à hauteur de trente-cinq milliards euros. Il y aura un plan d'équilibre financier mais qui va concerner la grève et qui va concerner d'autres surcoûts qui n'étaient pas prévus. Je pense notamment par exemple aux alternatives pour le glyphosate et donc, je le dis, le sujet sera traité sérieusement en lien avec Jean-Pierre FARANDOU et l'équilibre général du groupe SNCF sera tenu.

HEDWIGE CHEVRILLON
Merci beaucoup Jean-Baptiste DJEBBARI, le ministre en charge des Transports. Merci beaucoup.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 février 2020 
 

Politique des transports Politique des transports Entreprise de transport Moyen de transport Virus Maladie contagieuse Projet de loi Retraite Relations Etat entreprise SNCF Ligne ferroviaire Strategie de l'entreprise 203000497
Date et heure de mise à jour

Interview de Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, à France Info le 6 février 2020, sur la gouvernance des grandes entreprises de l'énergie.

Interview de Mme Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, à France Info le 6 février 2020, sur la gouvernance des grandes entreprises de l'énergie. Emmanuelle Wargon 06022020 ENGIE Isabelle Kocher
  • Emmanuelle Wargon - Secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire

MARC FAUVELLE
Rarement le sort d'un grand patron, en l'occurrence d'une grande patronne n'aura à ce point mobilisé la classe politique, ces derniers jours des personnalités aussi diverses que Yannick JADOT, Xavier BERTRAND ou encore Anne HIDALGO sont tous montés au créneau pour défendre la patronne du groupe ENGIE, Isabelle KOCHER dont le sort devrait être scellé aujourd'hui lors d'un conseil d'administration extraordinaire. Bonjour Emmanuelle WARGON.

EMMANUELLE WARGON
Bonjour.

MARC FAUVELLE
Vous êtes secrétaire d'État à la Transition écologique et l'écologie justement il en est sans doute beaucoup question dans ce dossier, mais avant de vous entendre, je salue également Fanny GUINOCHET. (…) Alors justement toutes ces questions, on va vous les poser Emmanuelle WARGON, l'État est le 1er actionnaire d'ENGIE, quelle sera la position de l'État tout à l'heure au moment de débarquer ou non Isabelle KOCHER ?

EMMANUELLE WARGON
Cette discussion, elle aura lieu ce soir au conseil d'administration. On est dans une entreprise cotée, l'État a une participation dans cette entreprise, mais n'est pas le seul actionnaire et cette discussion elle doit se faire à l'intérieur du Conseil.

MARC FAUVELLE
Mais les votes des représentants de l'État seront sans doute très importants.

EMMANUELLE WARGON
Les votes des représentants de l'État seront importants, comme les autres représentants d'ailleurs et nous avons dit que État se positionnerait en fonction d'une vision globale.

MARC FAUVELLE
Ce n'est pas ce qu'a dit votre collègue Bruno LE MAIRE avant hier à l'Assemblée, il a dit, je vais le citer si vous le permettez, la décision sera prise uniquement en fonction de critères économiques. Ça veut dire que l'écologie comme le disait un ancien président, ça commence à bien faire ?

EMMANUELLE WARGON
Non ce n'est parce qu'il a dit, il a dit les résultats économiques, l'emploi, la création de valeurs et la capacité à mener la transition énergétique. Donc c'est bien tous ces critères qui seront pris en compte, mais surtout moi ce qui me paraît très important dans cette affaire, c'est de dire que ce qu'on attend d'une grande entreprise de l'énergie, qu'elle soit avec une participation publique ou pas, c'est vraiment d'affronter la transformation écologique et énergétique et ça c'est reconnu par tout le monde y compris dans ce débat.

MARC FAUVELLE
C'est ce qu'a fait Isabelle KOCHER semble-t-il depuis qu'elle est à la tête d'ENGIE, elle a revendu les activités les plus polluantes comme le charbon, elle a investi massivement dans l'éolien, dans le solaire, est-ce que vous lui faites payer aujourd'hui, si c'est le cas tout à l'heure, le fait d'avoir été trop verte ?

EMMANUELLE WARGON
Moi, je reconnais que dans cette entreprise chez ENGIE, Isabelle KOCHER a porté, porte cette vision de transformation énergétique écologique.

MARC FAUVELLE
Elle a un bon bilan carbone.

EMMANUELLE WARGON
Elle porte cette vision et cette stratégie et d'ailleurs je crois que c'est finalement reconnu par tout le monde. Après il y a une question de savoir si c'est la bonne personne pour que l'entreprise affronte les défis de demain, c'est une question d'équations managériale qui est à l'intérieur du conseil d'administration, mais moi j'espère, je souhaite que pour ENGIE comme pour les autres entreprises, y compris celles dans lesquelles l'État n'a pas un euro au capital, ces entreprises affrontent vraiment la transformation énergétique en allant vers les énergies renouvelables, en allant vers le gaz vert, en changeant progressivement leur modèle économique dans des conditions qui permettent non seulement d'atteindre de la rentabilité à court terme et à long terme, mais de répondre aux défis de la planète. Et c'est très bien qu'on ait cette discussion maintenant quand on parle du management et de la gouvernance des grandes entreprises de l'énergie. (…)

MARC FAUVELLE
Vous imaginez, Emmanuelle WARGON, un CAC40, 100% masculin aujourd'hui ?

EMMANUELLE WARGON
Moi, je trouve ça tragique ou pathétique qu'on n'arrive pas à avoir des femmes dirigeantes d'entreprises du CAC40 et qu'on en ait une seule.

MARC FAUVELLE
Surtout au moment où le gouvernement s'apprête sans doute à débarquer la seule.

EMMANUELLE WARGON
Et Isabelle KOCHER, j'ai eu l'occasion de le dire, c'est une femme que j'estime, c'est une femme de talent et donc au-delà du cas d'ENGIE, il faut qu'on arrive à faire monter des femmes vraiment aux postes dirigeants dans les entreprises du CAC40, parce que moi je suis d'accord avec vous une femme qui s'affirme, on dit assez vite qu'elle a management autoritaire ou qu'elle est cassante ou je ne sais pas quoi.

MARC FAUVELLE
Il y a une sorte de sexisme dans ce qui arrive aujourd'hui à Isabelle KOCHER.

EMMANUELLE WARGON
Diriger une entreprise, c'est difficile, les dirigeants qui arrive à ce niveau de responsabilités, il a fallu qu'ils ou qu'elles s'affirment et donc on ne peut pas avoir une appréciation à deux vitesses, selon qu'un homme s'affirme et que c'est bien, il a du charisme et qu'une femme s'affirme et qu'elle le fait dans des conditions qui sont jugées négatives. Donc on a une révolution culturelle à faire…

MARC FAUVELLE
Donc vous êtes d'accord pour dire que si Isabelle KOCHER état débarquée ce soit, Emmanuelle WARGON…

EMMANUELLE WARGON
Juste je finis, on a une révolution culturelle sur le management féminin parce que ce management féminin, il existe, il a plein de qualité, on a des femmes qui sont en capacité de prendre des postes de direction dans les entreprises du CAC40 et donc il y a la question d'ENGIE et il y a les 39 autres.

MARC FAUVELLE
Et la réponse donc ce soir lors de ce conseil d'administration extraordinaire chez ENGIE, merci Emmanuelle WARGON, sienne secrétaire d'État à la Transition écologique.

EMMANUELLE WARGON
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 7 février 2020 
 

Gestion d'entreprise Chef d'entreprise Femme Direction de l'entreprise Grande entreprise Relations Etat entreprise 203000338

Interview de M. Cédric O, secrétaire d'État au numérique, à Radio Classique le 22 janvier 2020, sur les entreprises du numérique.

Interview de M. Cédric O, secrétaire d'État au numérique, à Radio Classique le 22 janvier 2020, sur les entreprises du numérique. Cédric O 24/01/2020 Économie numérique
  • Cédric O - Secrétaire d'État au numérique

DIMITRI PAVLENKO
Le gouvernement s'affirme donc comme parrain de la French Tech, en octobre, il y avait eu le lancement – rappelez-vous – du Next40, et depuis lundi, ce club s'élargit à 83 autres sociétés innovantes, le French Tech 120. Bonjour Cédric O.

CEDRIC O
Bonjour.

DIMITRI PAVLENKO
Secrétaire d'Etat au Numérique. Alors le Next40 contenait des noms, les sociétés étendard vraiment de la French Tech, j'en donne quelques-unes, OVH, BLABLACAR, DEEZER, DOCTOLIB, maintenant, ce French Tech 120, 83 nouvelles sociétés, certaines sont connues, un BRUT, HEETCH, ou encore QONTO ; QONTO qui a fait l'actu lundi en levant 104 millions, on va en reparler. Tout d'abord, l'enjeu de ce French Tech 120, qu'est-ce que c'est, et quel est le soutien que vous, en tant que représentant du gouvernement, vous allez pouvoir leur apporter, puisque c'est ça, c'est cette idée que le gouvernement soutient la Tech française ?

CEDRIC O
Il y a deux objectifs principaux, le premier, c'est de mettre en valeur ces sociétés, et ce qui est intéressant à travers le French Tech 120, c'est qu'il y a un tiers des entreprises qui ne sont pas à Paris, quand on regarde Next40, c'était seulement 5 entreprises sur 40, et le French Tech 120, c'est un tiers des entreprises, vous avez des entreprises comme UBITRANSPORT à Mâcon, comme AKENEO à Nantes. Vous avez des entreprises dans toute la France. Et ce qui est très intéressant, c'est que ça vient incarner le fait que ces entreprises, ces startups, eh bien, elles créent de la valeur, des emplois et de l'activité sur l'ensemble du territoire et que ce n'est pas uniquement centré à Paris. Il faut savoir que cette année, elles créeront au total 25.000 emplois, c'est-à-dire entre 1 emploi sur 5 et 1 emploi sur 6 en France. Donc ça, c'est la première chose, c'est de mettre en valeur partout en France ces d'entreprises qui réussissent et qui participent du dynamisme des territoires. La deuxième chose, c'est effectivement qu'on veut faire en sorte que ces entreprises, elles puissent se développer encore plus vite, qu'elles puissent être au niveau de la compétition avec leurs compétiteurs étrangers, et donc, on va leur apporter un certain nombre d'aides, dans les relations avec l'administration, de facilitation pour que les choses aillent plus vite, pour que les chefs d'entreprise puissent se centrer sur leur activité, et faire en sorte de leur faciliter la vie pour qu'elles puissent se développer encore plus vite, et puis, créer encore plus d'emplois, créer encore plus de valeurs, mais encore une fois, partout en France. Et ce qui est intéressant par ailleurs, c'est que c'est de plus en plus à tous les niveaux de compétences, historiquement, la French Tech, les startups françaises créent surtout des emplois d'ingénieurs, de chercheurs ou assez qualifiés, et on voit que, de plus en plus, elles vont créer des emplois de commerciaux, des emplois dans des centres d'appels, et donc on tire l'emploi à tous les niveaux de compétence et partout en France.

DIMITRI PAVLENKO
En fait, ce soutien que vous allez leur apporter, c'est le soutien dont rêvent toutes les entreprises finalement Cédric O, faciliter les relations avec l'administration, de l'aide à l'exportation, etc ?

CEDRIC O
Tout à fait, alors, il est vrai que là, on commence par tester un certain nombre de relations entre l'administration, ça peut être les URSSAF, ça peut être l'accompagnement pour se coter en Bourse, ça peut être des discussions avec les impôts…

DIMITRI PAVLENKO
Elles vont essuyer les plâtres un peu ces entreprises aussi…

CEDRIC O
Enfin, plutôt, elles vont bénéficier d'un accompagnement particulier, ce qui est certain, c'est que dans l'esprit de la loi sur le droit à l'erreur et de nouvelles relations avec les administrations qui a été portée au Parlement en 2018, de mémoire, on veut faire en sorte que cette relation entre les entreprises et l'administration, cette relation de confiance, qui ne passe pas que par le contrôle, elle se développe pour toutes les entreprises, et j'espère que ce qu'on aura pu tester avec les startups françaises, on pourra le déployer dans les années qui viennent avec l'ensemble des entreprises françaises.

DIMITRI PAVLENKO
Alors c'est 123 sociétés, elles ne sont pas 120, elles sont 123. Est-ce qu'en fait, ce French Tech 120, il a vocation, entre guillemets, à faire tourner, à ce que certaines sociétés, une fois devenues…, que vous jugerez suffisamment matures, sortent de ces dispositifs d'aide pour laisser la place à de nouvelles entreprises, Cédric O ?

CEDRIC O
Eh bien, le classement, c'est comme l'index du CAC40, c'est-à-dire qu'il va tourner, et chaque année, on mettra à jour à la fois le Next40 et les French Tech 120, il y a des entreprises… je pense qu'il faut assumer très clairement le fait qu'il y a des entreprises qui vont exploser, devenir des championnes, il y a des entreprises qui vont se faire racheter, il y a des entreprises qui vont mourir ou avoir des difficultés, c'est le lot de cette économie-là, mais on a bon espoir que dans le lot, il y en ait un certain nombre qui fassent de vrais champions demain et qui créent beaucoup d'emplois et beaucoup de valeurs en France…

DIMITRI PAVLENKO
Alors, en parallèle de la création de ce French Tech 120, vous avez pris deux dispositifs – deux dispositions – qui sont alors d'ordre vraiment technique, mais qui sont fondamentales, très importantes, pensez-vous, pour, là, cette fois-ci, l'attractivité française, deux dispositifs, alors je vais vous laisser nous les commenter, mais je donne leurs noms pour qu'on voit un peu la technicité du sujet, c'est les avantages liés aux bons de souscription de parts de créateurs d'entreprises, on comprend les stock-options. Qu'est-ce que vous allez faire là-dessus ?

CEDRIC O
Alors, en fait, on fait deux choses, d'abord, c'est qu'on introduit une mesure technique qui permet de mieux partager la valeur dans ces entreprises entre les dirigeants et les salariés, et donc on modifie la valeur à laquelle elles sont exercées, ce qui permet de mieux partager la valeur, c'est la première chose, et la deuxième chose, c'est qu'on a ouvert ces BSPCE, qui sont, en gros, effectivement, des stock-options réservées aux startups, à des entreprises qui ne gagnent pas d'argent, aux startups qui sont des filiales d'entreprises étrangères, et on a également – j'en profite pour en parler – on a ouvert le French Tech Visa, qui est un visa spécifique aux startups, qui permet d'aller extrêmement vite pour faire venir des talents de l'étranger, on l'a ouvert aux entreprises technologiques étrangères. Quel est le but de ces deux annonces, c'est que la bataille pour la technologie mondiale, la bataille pour l'économie mondiale, aujourd'hui, est de plus en plus une bataille pour l'intelligence humaine et les talents, et nous voulons faire en sorte que la France, qui est devenue de plus en plus attractive, attire les meilleurs talents du monde entier. Et donc on facilite l'arrivée de ces talents, on facilite le fait que la valeur puisse se partager et qu'ils puissent trouver des modes de rémunération qui sont équivalents à ceux qu'ils voient à l'étranger, parce que quand un talent vient, d'abord, c'est du temps gagné pour l'écosystème, ce sont des entreprises plus performantes qui exportent mieux. Et puis, c'est de la valeur quelque part…

DIMITRI PAVLENKO
Je donne un exemple, un ingénieur danois, si une filiale de FACEBOOK, qui travaille en France, veut le recruter, lui, il va se dire : oui, d'accord, je vais aller chez FACEBOOK, mais après, si je veux circuler, si je veux changer de boîte, est-ce que rester en France, ça vaudra le coup, c'est ça en fait ce que vous souhaitez, c'est que l'écosystème France, au-delà des noms des grandes entreprises, notamment américaines, l'écosystème France…

CEDRIC O
Puisse bénéficier effectivement de ces talents étrangers. Ce qu'on voit, c'est souvent par exemple un chercheur star, qu'il soit nigérian, indien, il va peut-être hésiter dans un premier temps à aller dans une startup française, et il va se dire : moi, je vais préférer aller chez FACEBOOK ou DELIVEROO en France, parce qu'il y a plus la sécurité de l'emploi, et une fois qu'il sera en France, à ce moment-là, il va commencer à regarder autour de lui, découvrir les startups, découvrir que c'est extrêmement vivant et qu'il y a des opportunités extraordinaires, et donc dans ce cas-là, il pourra venir nourrir l'écosystème français. Et je pense que c'est extrêmement important, c'est la force des écosystèmes américains ou anglais, c'est que, là-bas, vous avez entre 30 et 40% de la main-d'oeuvre qui est étrangère, nous, on veut faire la même chose, et puis, on pense que, par ailleurs, il y a une très, très forte tension sur le recrutement des talents et des gens très qualifiés en France, et que ça permet de descendre cette tension, et ça bénéficie aux entreprises françaises également.

DIMITRI PAVLENKO
Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique, on a eu les chiffres des levées de fonds pour l'année dernière, alors c'est pas mal, 5 milliards en France, 736 sociétés qui en ont profité, c'est pas mal, mais c'est vrai que quand on se compare par exemple aux Anglais, à 5 milliards, les Anglais font 11,4 milliards, et en termes de levées de fonds, les grosses levées de fonds, la plus importante en France l'an dernier, c'était MEERO, qui levait 205 millions, MEERO, ça ne figure même pas dans le top 10 des premières des levées de fonds européennes, Cédric O. On a en France – vous le savez, vous – ce problème sur ce qu'on appelle le Gross Equity, ces gros tours de table, qui permettent aux sociétés vraiment de gagner en stature et d'aller conquérir l'international.

CEDRIC O
Oui, c'est tout l'ambition qu'on a, d'abord, d'être l'écosystème leader, donc de rattraper les Allemands et les Anglais, et il faut faire grossir nos entreprises. Alors si on regarde ce qui s'est passé dans les deux dernières années, nous accélérons extrêmement vite, c'est-à-dire que les montants levés, c'était 5 milliards l'année dernière, il y a trois ans, c'était de 2,5 milliards. Donc on a doublé en deux ans, et le nombre de très grosses levées, c'est-à-dire d'entreprises qui lèvent plus de 50 millions d'euros, a doublé autour de la vingtaine l'année dernière. Donc on accélère…

DIMITRI PAVLENKO
Il y en a déjà deux, là, pour janvier, on a eu QONTO, ECOVADIS, 200 millions quand même…

CEDRIC O
Exactement, on accélère. Et ce qui est intéressant, c'est qu'on accélère plus vite que les Anglais et les Allemands. Donc moi, j'ai bon espoir, d'abord, qu'on dépasse les Allemands réellement cette année, puisque la différence se fait sur deux levées, deux levées à 500 millions d'euros, et que dans les années qui viennent, on rattrape les Anglais ; je pense qu'aujourd'hui, notre écosystème est celui qui est le plus vivant, qui se développe le plus vite, mais il faut rattraper ceux qui sont devant, parce que le but, ce n'est pas d'être second, le but, c'est de faire en sorte qu'on soit l'écosystème leader, pour une raison simple, c'est que c'est la seule manière d'avoir la technologie, les emplois et la souveraineté ici et pas ailleurs.

DIMITRI PAVLENKO
Merci Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique, avec nous ce matin sur Radio Classique.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 janvier 2020

Economie numérique Entreprise Creation d'emploi Relations Etat entreprise 203000221

Communiqué des services du Premier ministre, en date du 15 janvier 2020, sur l'application progressive du système universel des retraites aux agents de la RATP et de la SNCF et l'accompagnement de la reprise de la circulation.

Communiqué des services du Premier ministre, en date du 15 janvier 2020, sur l'application progressive du système universel des retraites aux agents de la RATP et de la SNCF et l'accompagnement de la reprise de la circulation. Services du Premier ministre 15012020 retraite SNCF RATP reprise travail

Le Premier ministre a reçu Catherine GUILLOUARD, présidente-directrice générale de la RATP et Jean-Pierre FARANDOU, Président-directeur général de la SNCF, pour faire un point sur l'état de la mobilisation sociale au sein des deux entreprises, l'avancement du dialogue social et l'accompagnement de la reprise des circulations.

Le Premier ministre a rappelé que les propositions mises sur la table concernant l'application du système universel de retraites aux agents de la RATP et la SNCF prévoient une transition personnalisée pour les agents concernés, une convergence progressive vers l'âge d'ouverture des droits du régime universel et un maintien, pour les agents concernés, des droits acquis au moment de la transition vers le régime universel.

Le Premier ministre a par ailleurs noté le mouvement progressif mais sensible de retour au travail des agents de la RATP et de la SNCF, après plus d'un mois de grève qui a très largement perturbé le quotidien et les vacances de Noël des Français. Il a noté les conséquences financières importantes de ces mouvements pour les deux entreprises (proche de 200 M€ pour la RATP et environ 850 M€ pour la SNCF).

Enfin, le Premier ministre a tenu à remercier l'ensemble des agents des deux entreprises qui ont permis d'assurer la continuité du service : en particulier, les gilets verts de la RATP et les gilets rouges de la SNCF, ainsi que les services de sûreté des deux entreprises, la période dure de grève s'étant déroulée sans qu'aucun accident de personnes n'ait été déploré dans les gares et sur les quais. Les deux PDG ont présenté leur plan de retour à l'activité normale au Premier ministre qui leur a demandé de maintenir leur plus haute vigilance afin que cette reprise se fasse en toute sécurité pour les voyageurs.


Source https://www.gouvernement.fr, le 22 janvier 2020
 

Retraite Retraite Projet de loi Relations Etat entreprise RATP SNCF Reprise du travail 202000184
Date et heure de mise à jour

Conseil des ministres du 18 septembre 2019. Le soutien à la croissance des entreprises du numérique.

Conseil des ministres du 18 septembre 2019. Le soutien à la croissance des entreprises du numérique. Conseil des ministres 18/09/2019 soutien croissance entreprises start-up

Le ministre de l'économie et des finances et le secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances et du ministre de l'action et des comptes publics, chargé du numérique, ont présenté une communication portant sur le soutien à la croissance des entreprises du numérique.

L'ascension rapide et continue de la « French Tech » a fait de la France l'un des principaux écosystèmes technologiques au monde. Il connaît ces dernières années une très forte accélération :

- les montants levés par les start-ups ont été multipliés par quatre en cinq ans pour atteindre 3,6 milliards d'euros en 2018. Ce chiffre devrait être dépassé cette année avec déjà 2,8 milliards d'euros levés au premier semestre ;
- treize levées de fonds supérieures à 50 millions d'euros ont été réalisées au premier semestre 2019, contre douze sur l'ensemble de l'année 2018 et six en 2017 ;
- la France a vu naître 25 licornes (start-ups valorisées plus d'un milliard d'euros n'ayant pas encore effectué de sortie – revente ou introduction en bourse) dont quatre rien qu'au premier semestre 2019.

Cette accélération a largement été favorisée par l'action du Gouvernement ces deux dernières années (baisse de la fiscalité du capital, assouplissements réglementaires dans la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, plan relatif à l'intelligence artificielle, actions en faveur de l'attractivité internationale, etc.).

Illustration de cette réussite, le Next40, sélection des quarante start-ups françaises les plus prometteuses, a été dévoilé ce 18 septembre. Ces entreprises créeront plus de 7 000 emplois directs dans les douze prochains mois sur l'ensemble du territoire national.

L'écosystème français vient de dépasser celui de l'Allemagne, mais reste encore significativement derrière celui du Royaume-Uni. L'Europe dans son ensemble souffre d'un retard par rapport aux écosystèmes américains et chinois. Si elle compte pour près d'un quart du produit intérieur brut mondial, l'Union européenne ne représente que 10 % des indicateurs de technologie émergente.

Pourtant, faire émerger des leaders technologiques de rang mondial est critique pour la France. Plus du tiers des emplois créés aujourd'hui aux États-Unis le sont directement et indirectement par le secteur technologique. Les start-ups françaises créeront près de 25 000 emplois directs dans les douze prochains mois. Le Gouvernement s'est donc fixé comme objectif de dépasser le nombre de vingt licornes d'ici 2025 mais également de faire émerger plusieurs entreprises valorisées plus de 5 à 10 milliards d'euros afin de s'imposer à l'échelle internationale. Pour y parvenir, s'attaquer aux freins qui entravent la croissance des start-ups françaises est une priorité. Ces freins portent principalement sur le financement, l'environnement réglementaire et administratif, ainsi que le recrutement.

Pour faire émerger des leaders technologiques de rang mondial, la stratégie du Gouvernement vise donc à lever ces freins, en :

- développant les investissements français et internationaux pour assurer le financement des derniers stades de développement (grosses levées de fonds et introduction en bourse) ;

- renforçant le soutien de l'État envers les start-ups, afin de créer un environnement réglementaire et administratif propice à leur croissance ;

- accroissant le vivier de talents disponibles pour les start-ups.

1. Renforcer les financements pour la french tech

Le rapport rendu par Philippe Tibi en juillet a mis en lumière les difficultés persistantes des start-ups à financer leurs phases d'industrialisation et d'internationalisation, c'est-à-dire à trouver des financements pour des levées supérieures à 50millions d'euros («late stage») et pour la cotation. Pour répondre à ces difficultés, sous l'impulsion du Gouvernement, les investisseurs institutionnels français (assureurs, banques, fonds de retraite, etc.) ont annoncé le 17 septembre se mobiliser, aux co?tés des acteurs publics (Caisse des dépôts, Bpifrance, programme pour les investissements d'avenir), pour combler cette faille de marché.

5 milliards d'euros seront alloués par les principaux investisseurs institutionnels français au financement des entreprises innovantes sur les trois prochaines années : 2 milliards d'euros dans des fonds de capital-risque spécialisés sur le segment du « late stage » et 3 milliards d'euros pour des fonds gérés par des gestionnaires d'actifs spécialisés sur l'investissement dans les valeurs technologiques cotées.

Par ailleurs, le Président de la République convie chaque année en France les meilleurs investisseurs étrangers dans la technologie pour une visite d'étude, le « Scale-up Tour », afin de les convaincre d'investir davantage en France.
 
2. Faire de l'État un partenaire de la croissance des start- ups

Les start-ups connaissent un développement souvent rapide fondé sur des disruptions de marché. Aussi, afin de favoriser leur croissance, l'environnement réglementaire et administratif doit pouvoir évoluer et intégrer ces spécificités. En octobre 2017, le Gouvernement a engagé une consultation des entrepreneurs de la « French Tech » (« Tour des start-ups ») destinée à identifier les difficultés auxquelles ils font face aux différentes étapes de développement de leurs entreprises.

à l'issue de cette consultation, plus de cent mesures ont été annoncées visant à transformer l'environnement réglementaire et législatif en faveur des start-ups. Au 1er septembre 2019, la moitié des cent mesures annoncées a été appliquée et la promulgation de la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises permet d'en mettre en oeuvre de nouvelles avec ses textes d'application.

En complément, le Gouvernement lance aujourd'hui un programme d'accompagnement public sur mesure pour les futurs champions de la « French Tech » : le « French Tech 120 » (FT120). Dans le cadre de ce programme, de nombreux services publics et administrations proposent à cent vingt start-ups françaises en hyper-croissance, y compris celles du Next40, des offres de services adaptées à leurs spécificités. Par ailleurs, ces 120 start-ups disposeront d'un accompagnement au quotidien par une équipe dédiée de « start-up managers » de la « Mission French Tech » chargés de répondre à leurs besoins prioritaires.

Enfin, le Gouvernement a décidé de déployer au sein de l'État un vaste réseau de « correspondants French Tech », reprenant une des mesures phares du « Tour des start-ups ». Dans les administrations et services publics, ces correspondants sont chargés de :

- proposer et faire évoluer, si nécessaire, les services dédiés offerts pour répondre aux besoins des start-ups, en particulier de celles du FT120 ;

- participer à l'identification de pistes d'évolutions réglementaires ou législatives susceptibles de libérer la croissance des entreprises ;

- accompagner localement les entreprises innovantes, par la mise en place de réseaux locaux de services publics adaptés aux start-ups (programme « French Tech Central »).

3. Attirer tous les talents dans les start-ups

L'un des autres enjeux clés des start-ups de la « French Tech » est de pourvoir à leurs besoins en matière de recrutement, afin d'être en mesure de poursuivre leur forte croissance. Dans le secteur du numérique, on dénombre aujourd'hui près de 80 000 postes non-pourvus. La stratégie du Gouvernement vise à supprimer plusieurs barrières en attirant des talents plus divers.

S'agissant des talents étrangers, depuis le 1er mars 2019, le Gouvernement a assoupli les conditions d'obtentions de visa pour les salariés souhaitant rejoindre des start-ups, en refondant le « French Tech Visa ». Désormais, toutes les start-ups françaises y sont éligibles.

Par ailleurs, le programme « French Tech Tremplin », lancé en juillet 2019, et doté de 15 millions d'euros, a pour objectif de permettre à des populations de tous les horizons socio-économiques, mais jusqu'ici éloignées des écosystèmes de start-ups, de les intégrer. En proposant des formations, un système de mentorat et en mobilisant des financements, le programme vise à rééquilibrer les chances de chacun.

Des propositions visant à orienter davantage les personnes vers des formations initiales et continues au numérique seront proposées dans le cadre du « Pacte productif 2025 ».
 

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