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La Bulgarie prend la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne

le 4 janvier 2018

Comme tous les 1er janvier et 1er juillet, la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE) change de main. C’est la Bulgarie qui, dix ans après son adhésion à l’Union européenne, l’assume pour les six prochains mois. Une première pour ce pays de plus de sept millions d’habitants (soit 1,4% de la population totale de l’UE).

La devise de la Bulgarie : "L’Union fait la force"

La devise que la Bulgarie a adoptée pour sa présidence – "L’Union fait la force" – reflète pleinement l’actualité européenne. Un enjeu majeur pour cette période sera l’accompagnement de la nouvelle phase de négociations entre l’UE et le Royaume-Uni (période de transition post-Brexit et cadre des futures relations commerciales).

Deuxième dossier primordial : la gestion des flux migratoires. Contrairement aux pays du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Hongrie, Slovaquie), les Bulgares, très pro-européens, aspirent pour leur part à rejoindre l’espace SchengenEspace SchengenAu sein de l’Union européenne, espace de libre circulation des personnes entre les États signataires de l’accord de Schengen. et ne se sont pas opposés à la politique de relocalisation des réfugiés au sein de l’UE. Les instances européennes comptent sur cette attitude positive pour débloquer notamment la réforme du règlement Dublin. Dans ce contexte, les autorités bulgares plaident pour une amélioration des relations avec la Turquie, avec qui l’UE a conclu un accord migratoire en 2016.

Troisième dossier important pour la présidence bulgare : mener et réussir les pourparlers autour du futur budget pluriannuel de l’UE. Il sera notamment question de l’avenir de la politique de cohésion européenne dont la Bulgarie est bénéficiaire et dont la suppression est envisagée.

L’élargissement de l’UE à l’ensemble des pays de l’aire balkanique est également au menu de la présidence bulgare. Celle-ci peut apporter son expertise régionale à définir la stratégie européenne envers les pays issus de l’ex-Yougoslavie et l’Albanie. Un sommet UE-Balkans se tiendra en mai 2017 en Bulgarie.

La situation de la Bulgarie : un pays qui se redresse

Les autorités bulgares, qui agissent depuis 1997 dans le cadre d’une parité fixe avec les monnaies européennes (deutschemark puis euroEuroMonnaie unique de plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui forment la zone euro.), s’en tiennent à une stricte discipline budgétaire, qui permet de maintenir la dette publiqueDette publiqueEnsemble des dettes de l’Etat résultant des emprunts que ce dernier a émis ou garantis. à un niveau modeste.

Le pays, durement frappé par la crise de 2008, connaît depuis 2015 une embellie (croissance de 3% en 2015 et de 3,4% en 2016), soutenue par les exportations et une meilleure consommation des fonds structurels européens. Un faible taux d’imposition des entreprises et des revenus (flat tax de 10%) et un coût de la main-d’œuvre parmi les moins élevés d’Europe (salaire brut moyen de 488 euros mensuels en 2016), attirent des capitaux étrangers encore limités mais en croissance.

L’un des enjeux pour le pays reste de mener à bien le processus de rattrapage déjà entamé. En effet, son PIB par habitant demeure le plus faible de l’UE.

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