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Déclin de la biodiversité : les alertes de l’IPBES

le 30 mars 2018

Du 17 au 24 mars 2018, les 129 pays membres de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (en anglais : Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services - IPBES) ont tenu leur 6e session plénière à Medellin (Colombie). Parmi les documents publiés à l’issue de la session figurent quatre évaluations régionales sur l’état de la biodiversité et des services écosystémiques dans le monde.

Un constat : la biodiversité continue de décliner dans toutes les régions du monde

L’IPBES a étudié l’évolution de la biodiversité dans les Amériques, l’Asie et le Pacifique, l’Afrique et l’Europe et l’Asie centrale. Les quatre études concluent au déclin de la biodiversité dans toutes les régions du monde. Pour l’IPBES, il est urgent d’agir pour arrêter et inverser la tendance de l’utilisation non durable de la nature.

Ainsi, selon le rapport consacré aux Amériques, en l’absence d’une correction de trajectoire, le changement climatique occasionnera les effets négatifs les plus importants avec une perte de la biodiversité qui pourrait atteindre 40% d’ici à 2050.

Pour le continent africain, le changement climatique sera la cause d’une perte de plus de la moitié de certaines espèces d’oiseaux et de mammifères d’ici à 2100. L’Afrique compte 1,25 milliard d’habitants et devrait doubler pour atteindre 2,5 milliards d’ici 2050.

En Asie-Pacifique, la biodiversité est confrontée à des phénomènes météorologiques extrêmes et à l’élévation du niveau de la mer. cette région doit lutter contre les espèces exotiques envahissantes et l’augmentation des déchets et de la pollution (le “7e continent de plastique”).

Pour l’Europe et l’Asie centrale, l’intensité croissante de l’agriculture et de la foresterie conventionnelles sont les facteurs principaux du déclin de la biodiversité. Dans l’Union européenne, 27% des évaluations d’espèces et 66% des évaluations de types d’habitats montrent un “état de conservation défavorable”.

Pour les experts de l’IPBES, des options politiques “prometteuses” restent possibles pour protéger et restaurer la biodiversité.

L’IPBES, une organisation et un mode d’action similaires à ceux du GIEC

Moins connu que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’IPBES a été créé en avril 2012 sous la tutelle des Nations unies.

Le comité français pour l’IPBES, en charge de la préparation des positions portées par la France vis-à-vis de la plateforme, est composé de représentants des organismes de recherche, des ministères concernés et de porteurs d’enjeux de la biodiversité, comme la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) et l’Agence française pour la biodiversité (AFB). Son secrétariat scientifique est hébergé à la FRB.

La France doit accueillir la 7e session plénière de l’IPBES, à Paris du 29 avril au 4 mai 2019.

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