Démantèlement des centrales nucléaires : à quel coût et sur quelle durée ? [20170213]| vie-publique.fr | Actualités | En bref

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Démantèlement des centrales nucléaires : à quel coût et sur quelle durée ?

le 13 02 2017

La mission d’information de l’Assemblée nationale sur la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base a rendu public son rapport le 1er février 2017. Le parc nucléaire français se compose des 58 réacteurs en activité, et de neuf réacteurs anciens, déjà en cours de démantèlement.

Une sous-évaluation des charges et de la complexité du démantèlement

Pour le démantèlement des centrales nucléaires, EDF prévoit des économies d’échelle du fait de la standardisation de son parc, à partir d’une extrapolation de démantèlement tirée de la centrale de Dampierre. La facture totale du démantèlement est estimée par EDF à 60 milliards d’euros, dont environ 26 milliards pour la “déconstruction” des centrales et 29 milliards pour la gestion à long terme des déchets radioactifs. Or, selon la mission, l’effet d’échelle attendu par EDF “semble globalement apprécié de manière trop optimiste”.

La faisabilité technique que nombre d’exploitants considèrent comme maîtrisée n’est pas entièrement assurée. En témoignent les premières expériences de démantèlement entreprises par EDF (Brennilis, Superphénix et six réacteurs fonctionnant au graphite-gaz). Par exemple, le démantèlement de la centrale de Brennilis, exploitée pendant 18 ans et à l’arrêt depuis 1985, ne devrait être achevé qu’en 2032. La gestion des déchets issus du démantèlement, la saturation de certains sites de stockage et le recours important à la sous-traitance sont également source de délais et de coûts.

Contrairement aux premières prévisions, le démantèlement des installations nucléaires prendra vraisemblablement plus de temps que prévu. EDF a annoncé le report à l’horizon 2100 du démantèlement des plus vieux réacteurs fonctionnant à l’uranium naturel graphite-gaz (UNGG). Cette décision, non validée par l’Autorité de sûreté nucléaire, s’explique par le fait que la faisabilité technique n’est pas acquise pour ces installations qui ont été conçues sans la perspective de devoir les démanteler un jour.

Enfin, la Cour des comptes et l’Agence internationale de l’énergie mettent en évidence la faiblesse des provisions pour démantèlement d’EDF comparativement à celles des autres exploitants.

Les recommandations de la mission

  • Revoir les règles de prévision des coûts du démantèlement en établissant des provisions par réacteur, en prenant en compte les frais de remise en état des sites, le coût d’évacuation et de traitement du combustible usagé ainsi que le coût social du démantèlement.
  • Établir un agenda prévisionnel des réacteurs à démanteler afin de permettre la mise en place d’une filière “pérenne et solide” du démantèlement.
  • Faciliter la mise en concurrence pour démanteler par le biais d’appels d’offre.
  • Accélérer le démantèlement des réacteurs graphite-gaz, en prévoyant par exemple le lancement d’un appel d’offres fondé sur le prix et les délais et dans le strict respect des normes de sûreté et de sécurité.

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