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Economie : quelle stratégie adopter face à l’expatriation des talents

le 23 05 2016

Le Conseil d’analyse économique (CAE) a publié, le 17 mai 2016, une note intitulée "Préparer la France à la mobilité internationale croissante des talents". Dans un contexte de mobilité croissante des travailleurs qualifiés et d’une concurrence accrue entre les pays pour attirer les talents, les auteurs se penchent sur la question de l’expatriation des "cerveaux" et de ses conséquences.

Trois millions de personnes nées en France vivent à l’étranger selon les estimations de l’Insee. Après avoir noté le manque de données fiables en raison de statistiques parcellaires, les auteurs estiment que, bien que l’expatriation, en France, soit un phénomène moins marqué que dans les autres pays européens, le phénomène tend à augmenter lorsqu’on s’élève dans l’échelle des diplômes. Les universités françaises attirent un grand nombre d’étudiants étrangers mais la progression des effectifs d’étudiants étrangers est très en deçà de celle du Royaume-Uni, de la Suisse ou de l’Italie. En outre, la France retient peu ces étudiants à la fin de leurs études. Ces mouvements migratoires peuvent avoir un impact budgétaire. Les personnes nées en France mais travaillant hors du territoire se trouvent majoritairement dans les tranches d’âge 25-55 ans, soit un âge où les contributions nettes au système fiscal et social sont positives et importantes. Par ailleurs, cette émigration peut réduire le potentiel d’innovation du pays de départ, et pousser les États à moins investir dans l’enseignement supérieur, faute d’un retour sur investissement insuffisant.

Le CAE présente des recommandations visant notamment à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français par une amélioration de la qualité de son offre de formation, et à simplifier les procédures d’accueil des étudiants étrangers. Il préconise également de mieux coordonner le système de financement de l’enseignement supérieur au niveau européen. Pour réduire les freins à la mobilité, le CAE considère qu’il faut revoir les conditions de la portabilité des droits à la retraite. Enfin la France devrait consolider le lien qu’elle entretient avec ses nationaux non-résidents tout en améliorant leur suivi statistique.

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