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Médicaments déremboursés : impact sanitaire et financier

le 12 10 2011 Archives.

Une étude sur les effets des déremboursements (suppression ou diminution du taux de remboursement) de "médicaments à faible efficacité thérapeutique" a été publiée par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) dans le numéro de la revue "Questions d’économie de la santé" paru en octobre 2011. Ces déremboursements sont décidés par le ministère de la Santé pour freiner la hausse de la consommation médicamenteuse, après avis de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de santé qui évalue le "Service médical rendu" (SMR). La dernière vague de déremboursements date du 6 octobre 2011 et porte sur 26 médicaments.

L’étude présentée vise à mesurer l’impact des déremboursements effectués entre 2002 et 2010 sur la prescription médicale, ainsi que leurs conséquences financières (pour le patient et pour la sécurité sociale) et leurs effets sur la santé publique. Après un déremboursement on constate toujours une diminution immédiate de la prescription par les médecins, ce qui entraine une baisse des ventes des médicaments concernés, l’automédication ne compensant que partiellement la baisse des prescriptions. Les patients qui continuent à utiliser ces médicaments subissent de plus la hausse des prix qui suit leur déremboursement. On assiste fréquemment à un report de la prescription médicale vers des médicaments encore remboursés, ce qui parfois augmente en fait la dépense et peut avoir un effet nocif en terme de santé publique, le report se faisant sur des médicaments dont l’effet thérapeutique peut être différent de celui du médicament déremboursé.

Dans sa conclusion, l’IRDES insiste sur le fait que la réalisation d’économies immédiates après chaque vague de déremboursements n’autorise pas à tirer de conclusions sur le long terme. Il faudrait notamment pouvoir mesurer les conséquences possibles des effets de substitution aussi bien en termes de santé (nouveau médicament inadapté) qu’en termes d’économies pour l’Assurance maladie (nouveau médicament plus cher ou mieux remboursé que l’ancien). La mise en place de nouveaux outils de prévision et de pilotage apparait de ce point de vue comme une priorité.

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