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Mémoire collective : le marqueur des attentats du 13 novembre 2015

le 13 novembre 2018

Le Crédoc publie en novembre 2018 les résultats d’une enquête, réalisée en juin 2016 et juin 2018, sur la mémorisation et la perception par la société française des attentats du 13 novembre 2015.

Trois ans plus tard, ils restent les attentats les plus marquants pour 70% des Français

70% des Français citent encore spontanément les attentats du 13 novembre 2015 comme les actes terroristes les ayant le plus marqués depuis l’an 2000 (ils étaient 80% en 2016). 93% des Français se souviennent par exemple du lieu où ils se trouvaient et 87% de la première personne à qui ils en ont parlé ("souvenirs flash").

La mémoire de ces attentats arrive loin devant d’autres événements tragiques survenus postérieurement sur le sol national : l’attentat du 14 juillet à Nice qui a fait 86 morts et 456 blessés, l’attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo en janvier 2015 qui avait pourtant donné lieu à de grandes manifestations. Ils ne sont plus cités que par 37% des Français en 2018 contre 59% en 2016.

Un événement marquant pour toutes les catégories sociales

Toutes les catégories sociales font référence aux attaques du 13 novembre, comme les évènements les plus marquants, quels que soient les classes d’âge, les catégories professionnelles, les niveaux de revenus, de diplômes ou les sexes.

80% des Français les plus diplômés et aisés les citent précisément, tandis que chez les Français à bas revenus, ils ne sont que 59%. En trois ans, l’écart s’est creusé entre les mémoires de ces deux groupes sociaux. Parmi ceux qui affichent une distance vis-à-vis du 13 novembre (20% en 2016 et 30% en 2018), les classes défavorisées sont surreprésentées.

La distance géographique ne vient pas bouleverser la hiérarchie. 63% des habitants de Provence-Alpes-Côte-d’Azur, par exemple, citent les attentats du 13 novembre comme les plus marquants, devant celui de la Promenade des Anglais à Nice (50%).

Selon le Crédoc, il est trop tôt pour expliquer tous les ressorts de la place du 13 novembre 2015 dans la mémoire collective. L’impact de la médiatisation de l’événement n’est pas avérée, mais le nombre de victimes, le lieu des attentats (en plein cœur de Paris), le regard porté par l’État (le caractère exceptionnel et médiatisé de l’état d’urgence, décrété au lendemain des attaques) jouent sûrement un rôle non négligeable.

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